FONCTION PUBLIQUE – A l’heure actuelle,  il n’y a pas encore d’analyses précises et détaillées du vote 1er tour de la présidentiel dans les trois fonctions publiques (fonctionnaires et contractuels), ni dans l’ensemble des salariés du service public et des entreprises publiques. Toutefois, on peut appréhender d’ores et déjà les grandes tendances.

En février une note du Cevipof, En février 2017, un processus de cristallisation électorale apparaît du fait de la stabilisation de l’offre de candidature dont la seule inconnue reste celle de François Bayrou, du moins si l’on part de l’hypothèse que François Fillon reste le candidat des Républicains. Les salariés du public voteraient pour un candidat de gauche entre 35% et 36%, ceux du privé entre 27% et 29%, cette proportion augmentant en l’absence de François Bayrou (qui pouvait encore alors se présenter). Les candidats du centre et de la droite réunissent entre 41,5% et 45% des intentions de vote des salariés du public, cette fourchette s’établissant entre 47% et 49% dans le privé. Marine Le Pen se stabilise autour de 22% dans le public et de 24% dans le privé. La droitisation de l’électorat fonctionnaire semble donc se confirmer à travers trois phénomènes : l’abandon persistant du candidat socialiste, le recentrage des intentions de vote et l’ancrage électoral du Front national dans la fonction publique. Après avoir signalé la montée en puissance du centre et de l’extrême droite, Luic Rouban, l’aiteur de cette note du Cevipof, concluait : « L’absence d’une vision claire de ce que doit être désormais le service public pèse fortement sur le vote des fonctionnaires ».

Un sondage d’’Acteurs publics fin mars, donnait les tendances de vote plus précises chez les fonctionnaires un peu plus d’un mois du 1er tour. Les intentions de votes ne sont pas si éloigné des résultats du 1er tour, avec quelques différences notables.

Emmanuel Macron est une 1ère place avec un score supérieur a son résultat dans l’ensemble des électeurs : 27% (contre 24,01%). Un leadership plutôt rassurant pour le candidat alors que celui-ci avait mis dans son programme la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires.

Dans le même sondage, Marine Le Pen est seconde chez les fonctionnaires avec 23% des voix (contre 21,30% réalisés au 1er tour. Vient ensuite Jean-Luc Mélenchon avec 18%.

1ère surprise, Benoit Hamon est 4ème dans les intentions de vote des fonctionnaires avec 15%, bien plus que les 6,38% accordés par les électeurs au 1er tour. 2ème surprise, François Fillon ne recueille que 9% des intentions de vote chez les fonctionnaires ; sa menace de suppression de 500 000 postes dans la fonction publique, le passage de 35h à 39H dans le même secteur n’a pas séduit les électeurs fonctionnaires ou contractuels. Pour le reste, les scores prtits candidats sont quasi identiques aux résultats réels : Dupont-Aignant  5% contre 4,7), Poutou (1,5%), Asselineau (1%),  Arthaud (0,5%), Lassalle (0,8%), Cheminade (0%).

Et au second tour ?

Rappelons par ailleurs les principales propositions des deux candidats qui accèdent au second tour :

Emmanuel Macron

– Suppression de 120 000 postes de fonctionnaires (50 000 pour l’Etat et 70 000 dans les collectivités locales). Retour au jour de carence. Création de 4000 à 5000 postes d’enseignants et prime de 3 000 euros net par an pour les enseignants en zone prioritaire Rep+.

– Recruter 10 000 policiers et gendarmes sur les trois prochaines années ; restaurer la police de proximité ; renforcer la coopération européenne en matière de sécurité, création de 5 000 postes de policiers aux frontières au niveau de l’UE.

– Protection sociale : retour à 1 jour de carence

Marine Le Pen

– Dégel et calorisation du point d’indice pour les fonctionnaires

– Préservation du statut de la fonction publique

– Généralisation du 3ème concours d’accès, réservé notamment au Plus de 45 ans ayant 8 ans d’expérience dans le prive

– Recrutement de nombreux personnels liés à la sécurité (police, gendarmerie)

– Maintien de la Poste et la SNCF comme sociétés nationales

Traditionnellement acquis à la gauche, le vote des fonctionnaires pour Challenges, pourrait basculer au Front national au second tour de l’élection présidentielle. Selon en effet le dernier sondage « rolling » de l’IFOP , les agents de la fonction publique seraient 49% à voter pour la présidente du Front national contre 51% pour Emmanuel Macron si l’élection avait lieu ce dimanche (hors abstention).  Une évolution liée en partie « à la progression du Front national dans les catégories C et D où il a dépassé le PS » et au « vote FN des policiers et des militaires », selon Jérôme Sainte-Marie, cité par Challenges  » Derrière le terme de fonctionnaires, il y a des réalités très diverses qui expliquent cette progression. Ce ne sont pas que des enseignants et des infirmières ».

L’écart de deux points entre les deux candidats donnés par l’IFOP peut paraître très excessifs alors que 19 points (59% / 41%) dans les sondages second tour pour l’ensemble des électeurs. Mais la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires par E. Macron a peut-être découragé nombre de fonctionnaires et contractuels alors que Marine Le Pen n’a pas hésite à proposer un programme rose-bonbon, dont on se demande si elle voudrait ou pourrait l’appliquer dans le cas  cas de son éventuelle victoire…