COLLECTIVITÉS – Le Parisien – Confrontés à une baisse des dotations de l’État conjugué à une hausse des dépenses sociales, les départements tirent la sonnette d’alarme. Un article de Boris Cassel et Vincent Vérier :

Les 102 départements proches de la jacquerie. A seize mois de la présidentielle, le ton monte entre les présidents des conseils départementaux et le gouvernement. Pris à la gorge par des dépenses sociales qui ne cessent d’augmenter — en particulier le RSA — tandis que les dotations de l’Etat suivent un mouvement inverse, les élus départementaux organisent la riposte.
Hier, les quatre présidents les Républicains de Seine-et-Marne, du Val-d’Oise, des Yvelines et de l’Essonne ont non seulement exigé « l’arrêt de la baisse des dotations de l’Etat », mais surtout annoncé des hausses d’impôts conséquentes pour continuer à financer la politique sociale de L’État. Un sujet qui sera au centre des discussions entre les deux parties aujourd’hui à Matignon. Car le temps presse : un accord doit être trouvé sur le financement de ces aides d’ici au 31 mars, date butoir pour voter les budgets des départements…
Le RSA, premier poste de dépenses
« L’Etat cherche à mettre les comptes des départements dans le rouge, pour que les siens apparaissent moins mauvais », accuse Alain Lambert, président UDI du conseil départemental de l’Orne et ancien ministre du Budget, qui participe aux discussions. Même le nouveau patron PS de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, tape du poing sur la table. Alors que le cap des 100 000 allocataires au RSA vient d’être franchi dans son département, l’élu a décidé de ne plus augmenter ses financements au RSA.
« Une quinzaine de départements font face à des difficultés financières imminentes. Et, si rien n’est fait, dans quatre ou cinq ans, quasiment tous les autres se retrouveront dans une situation similaire », alerte Michel Klopfer, président du cabinet de conseil aux collectivités locales Michel Klopfer. Le problème n’est pas nouveau. Il est né avec la décentralisation du RMI, revenu minium d’insertion, organisée par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, en 2004, et devenu depuis RSA (revenu de solidarité active). Le mécanisme était sur le papier simple : les départements versent les allocations et L’État les rembourse ou leur donne les moyens de compenser cette nouvelle dépense. Mais les promesses n’ont tenu qu’un temps. L’écart s’est creusé entre l’argent versé par les départements aux allocataires et les moyens octroyés par L’État. Et la crise a joué le rôle d’accélérateur. « Dans certains départements, la croissance des dépenses du RSA a été de 10 % par an, c’est sans commune mesure avec l’évolution de leurs recettes », explique Michel Klopfer.

Source : http://www.leparisien.fr/economie/aides-sociales-les-departements-n-ont-plus-les-moyens-19-01-2016-5464627.php