CONTRACTUEL – Le Nouvel Observateur – Contrairement à ce que l’on pourrait penser, donner un cours n’est pas réservé à ceux qui ont réussi un concours. Au collège ou au lycée, certains remplaçants sont de simples contractuels, parfois sans la moindre expérience. C’est le cas de Jean Chapon (nom d’emprunt), en reconversion professionnelle, qui a passé deux semaines dans la peau d’un prof. Son témoignage, dans le Nouvel Observateur :

J’ai souvent pensé à devenir « prof ». Cette idée a même été mon premier projet professionnel post-bac. Alors avec mon bac de sciences économiques et sociales en poche et mon inscription validée en fac d’économie gestion, le chemin me semblait tout tracé : une licence (eh oui, c’était avant la « masterisation »), le Capes de sciences économiques et sociales et finalement, l’enseignement. Mais les études supérieures m’ont poussé à aller voir d’autres horizons et à travailler dans d’autres secteurs.
Mais voilà, dix ans après avoir fini mes études et multiplié les expériences dans le milieu journalistique, j’ai décidé de revenir à mes premières amours.
Ce n’est pas rien. Je n’ai aucune connaissance de la réalité de ce métier, dont le rôle social est primordial. Je me lance dans la préparation du Capes via le Cned (Centre national d’enseignement à distance) et me dis qu’une confrontation au terrain pourrait être positive, ne serait-ce que pour vérifier que mon choix de réorientation professionnel va me plaire.
Inscription, entretien, CDD
Une simple inscription sur le site de l’académie souhaitée – Créteil pour ma part, qui regroupe les départements de la Seine-et-Marne, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis (et qui est sans surprise plus en demande de professeurs remplaçants que l’académie de Paris) – et un rendez-vous est fixé avec l’inspecteur en charge du recrutement des « contractuels ».
Loin du statut de fonctionnaire, c’est un CDD, comme on en trouve partout. Aucun dépaysement pour moi, c’est un entretien comme on peut en faire dans le secteur privé, qui se conclut par ma « validation en tant que professeur remplaçant ». Je suis dans le vivier, on va faire appel à moi. Fantastique.
Un appel et je commence dans deux jours
L’appel ne tarde pas. Un poste m’est proposé. Je dois donner des cours d’éco à des secondes et des terminales ES. Quand même.
Il faut vite que je contacte le lycée qui est dans le besoin. Le jour-même, je rencontre le chef d’établissement, un professeur de la matière qui avait pallié en partie l’absence de son collègue (au prix de nombreuses heures supplémentaires). Il me prête immédiatement ses cours pour que je m’inspire. Je commence dans deux jours. Ça va vite, peut-être même trop.
J’ai les compétences théoriques requises pour le poste, je n’ai aucune inquiétude sur ce point. Mais la pédagogie… Il semblerait que cette notion pourtant si importante, s’apprenne sur le tas. Tant mieux. De toute façon, je ne suis pas moins bien loti qu’un étudiant suivant la filière spécialisée, visiblement la pédagogie n’est pas au cœur du concours de recrutement des professeurs. Alors c’est parti.
Je suis comme les élèves, j’apprends
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