POLITIQUE  –  La Gazette des Communes –  Les programmes des différents candidats de la droite classique abordent tous la question des fonctionnaires. Et tous convergent pour une réduction du nombre et une restriction des statuts :

– Sur un mandat, baisser le nombre de fonctionnaires avec un gel total des embauches : 75 000 partent à la retraite. Économie de 2,4 milliards d’euros. JF Copé

– Réduction importante des recrutements, revoir les automatismes de déroulement de carrière, augmenter le temps de travail à 39 heures pour les 5,5 millions de fonctionnaires, ce qui représente l’équivalent de 600 000 postes. F. Fillon

– Affiliation au régime général pour les fonctionnaires recrutés après 2018. Maintien du statut si très fortes contreparties. Renforcement des textes prévoyant le licenciement. Recrutement avec contrat de droits privés. A. Juppé

– Fin du statut pour les nouveaux embauchés. Seuls les magistrats doivent bénéficier d’un statut protecteur. Instituer une politique de ressources humaines et les allers-retours public-privé. N. Kosciusko-Morizet- Suppression du statut de la fonction publique territoriale pour préserver le statut de la fonction publique à ceux qui ont besoin d’une réelle indépendance (police, justice, etc.). B. Le maire

– Augmentation du temps de travail à 37 heures, voire 39 heures si volontariat. Objectif 12,7 milliards d’€ en 5 ans. Abandon de l’avancement automatique (950 M€), fin de la sur-rémunération du temps partiel (1,5 milliard).N. Sarkozy.

Les candidats à la primaire de la droite, qui doit se dérouler à la fin de novembre, sont décidément inspirés par la fonction publique ! s’exclame Emilie Denètre, de la Gazette des communes : enchaînant les plateaux de télévision et de radio, les différents prétendants au titre de « présidentiable » dévoilent ainsi leur recette pour « faire faire des économies » à la France… et immanquablement la suppression du nombre de fonctionnaires et la refonte du statut en fait partie. Quitte à en rajouter un peu à chaque fois !

300 000…600 000… 1 000 000… Qui dit mieux ? Invité mercredi 18 mai sur Radio Classique, Alain Juppé, qui a déclaré, il y a plusieurs mois déjà, vouloir supprimer entre250 000 et 300 000 fonctionnaires sur 5 ans, s’est amusé des prétentions affichées dans ce domaine par l’un de ses concurrent direct dans la course à la primaire, à savoir François Fillon.

Revenant sur les propositions de ce dernier, qui envisage quant à lui de détruire 600 000 postes de fonctionnaires sur un mandat, le maire de Bordeaux a ironisé en direct : « [la suppression de 250 000 à 300 000 fonctionnaires ] Cela représente 4,5%. François Fillon propose d’en supprimer 600 000, je lui dis bonne chance et chiche » .

Mais dans cette grande « casse » au service public, le champion demeure pour le moment Bruno Le Maire. Le député de l’Eure prévoit de son côté de supprimer 1 million de postes de fonctionnaires, s’il était élu président de la République !

La fin du statut ?

Des candidats qui ont tous  par ailleurs affirmé leur souhait de voir le statut  être réformé. Selon Alain Juppé, par exemple, le statut de fonctionnaire ne peut être réservé qu’à ceux qui exercent des fonctions régaliennes comme les militaires, les policiers, les magistrats ou les enseignants.

« Mais le statut ne doit pas être un prétexte pour maintenir des rigidités de gestion qui accroissent le coût du service et dégradent sa qualité » déclarait-il à la Gazette en novembre dernier. Citant l’exemple de France Télécom, le maire de Bordeaux proposait donc que les nouveaux entrants prennent un statut de droit privé et que les agents déjà en place puissent eux « choisir ». « C’est sans doute une piste qu’il faut tracer pour la fonction publique territoriale… », concluait-il.

Et pour Bruno Le Maire : « Il n’y a pas de lien automatique entre service public et emploi à vie et je ne vois pas ce qui justifie que l’on donne un statut à des personnes en charge de politiques culturelles ou des espaces verts, dans une ville ou dans toute autre collectivité locale.

Le statut, un bon créneau de campagne ?

Si cette surenchère politique autour de la fonction publique est devenue, au fil des ans,  un grand « classique » de nos campagnes électorales, pour Jérôme Lenoir, directeur général des services du Grand Narbonne, « donner en pâture aux salariés du privé et aux chômeurs, les « privilégiés » du secteur public est peut-être un bon créneau électoral mais [c’est] surtout une une fausse bonne solution ».

Rappelant que les fonctionnaires publics territoriaux avec un salaire moyen de 1880 euros net par mois (primes comprises) ne sont « objectivement pas privilégiés », Jérôme Lenoir détaille ainsi ce que représente pour ces fonctionnaires le statut.

« Objet de fierté pour des salariés convaincus d’exercer un métier différent des autres et d’offrir non pas un bien de consommation mais du « vivre ensemble », de l’humain, de l’utile, du lien social, il est une parcelle de la reconnaissance que la collectivité renvoie à ses serviteurs en guise de gratification » écrit-il dans nos colonnes.

Réunis en congrès les 18 et 19 mai à Nice,  les administrateurs territoriaux ont également tenu à évoquer leur attachement au statut.

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Sources : http://www.ladepeche.fr/article/2016/05/17/2346152-primaires-a-droite-le-programme-des-candidats-les-republicains.html ; http://www.lagazettedescommunes.com/442694/fonction-publique-la-droite-en-pleine-surenchere-pre-electorale/