PRÉVENTION  – 20 Minutes, Ouest-France – Le risque routier est responsable de 44 % des décès au travail, ce qui en fait la première cause d’accident mortel en entreprise. Alors que les chiffres de la mortalité routière en 2015 révélés ce mercredi montrent qu’elle est repartie à la hausse (+ 2,3 % par rapport à 2014), les regards se tournent non seulement vers les automobilistes, mais aussi vers leurs employeurs. des articles de 20 Minutes et Ouest France :

Tous ne semblent pas conscients des dangers de la route pour leurs salariés, constate Delphine Bancaud de 20 minutes  Selonune étude menée par l’Ifop pour MMA  auprès des dirigeants d’entreprises de moins de 50 salariés dévoilée dans le Figaro mardi, 75 % d’entre eux n’ont pas conscience que le risque routier est la première cause d’accident mortel en entreprise. « Ils ignorent que leur responsabilité peut être engagée si un de leurs salariés a un accident au volant sur un trajet professionnel et ont souvent peu de temps à consacrer à la prévention routière », constate Stéphane Daeschner, en charge de la prévention des risques routiers chez MMA. « Et tant qu’une PME n’est pas touchée par un accident, elle a tendance laisser le sujet de côté », renchérit Jean-Claude Robert de l’ association PSRE (Promotion et suivi du risque routier en entreprise). Le sujet est davantage abordé dans les grands groupes, surtout quand il y a une flotte automobile importante, liée à l’activité commerciale, par exemple.

La validité des permis pas toujours vérifiée

Premier fait surprenant : toutes les entreprises ne vérifient pas systématiquement et régulièrement que leurs salariés devant conduire dans le cadre professionnel sont bien titulaire du permis. Selon l’enquête Ifop/MMA, 75 % des patrons de PME interrogés le font avant les premiers déplacements de leurs collaborateurs. Mais sur la longueur les choses se gâtent : « les patrons devraient vérifier une fois par an que leurs salariés ont bien toujours leur permis, mais seulement une minorité le font », constate Jean-Claude Robert. Une démarche dont ne s’exonère pas le groupe SGS, spécialiste de l’inspection, du contrôle et de la certification, où 2.000 salariés font des déplacements professionnels et où 1.250 véhicules d’entreprise sont en fonction. « Tous les ans, nous demandons une attestation sur l’honneur aux salariés via laquelle ils nous assurent être toujours titulaires du permis », indique Francis Bergeron, le DRH. Alors, bien sûr, ces derniers peuvent faire une fausse déclaration, mais à leurs risques et périls : « car en cas d’accident, leur mensonge pourra être reconnu comme une faute professionnelle », souligne Jean-Claude Robert.

La situation sur ce point pourrait cependant changer, commente Yann Besoule dans Ouest France : une mesure prévue dans la loi relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs, devrait permettre à certains employeurs, en particuliers les transporteurs, de connaître la validité ou l’invalidité du permis de conduire de leurs employés affectés à la conduite (à l’exclusion du solde de points). Selon nos informations, un décret serait actuellement en préparation pour préciser les modalités de communication de ces informations.

La route est la première cause d’accident mortel au travail, commente Yann Besoule dans Ouest France : une mesure prévue dans la loi relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs, devrait permettre à certains employeurs, en particuliers les transporteurs, de connaître la validité ou l’invalidité du permis de conduire de leurs employés affectés à la conduite (à l’exclusion du solde de points). Selon nos informations, un décret serait actuellement en préparation pour préciser les modalités de communication de ces informations. C’est une donnée méconnue mais combien réelle : les accidents de la route sur le temps de travail sont la première cause de décès au travail (20 % des accidents mortels du travail). Une étude exclusive de l’assureur MMA, réalisée par l’Ifop, explique le phénomène.

Près de 20 000 accidents par an

L’étude de MMA annonce que, chaque année, près de 20 000 accidents du travail sont des accidents de la route.« Trop souvent sous-estimé, le risque routier est un risque professionnel majeur qui se caractérise par la gravité des accidents », indique MMA qui précise que s’il est à l’origine de 3 % des accidents du travail, « il représente plus de 20 % des accidents ».En 2012, 19 565 accidents routiers se sont soldés par 115 décès et 1 878 incapacités permanentes.

Des règles pas respectées

Premier constat qui fait un peu froid dans le dos : les comportements des conductrices et conducteurs au travail.« Alors qu’ils connaissent les règles de sécurité et les conséquences de leur non-respect, une large majorité des actifs déclarent adopter des comportements à risques lors de leurs déplacements professionnels : téléphone au volant, vitesse excessive, conduite en état de fatigue… », explique l’étude.
C’est d’autant plus inquiétant que d’autres facteurs peuvent intervenir. Comme l’indique MMA, « le risque routier est d’autant plus complexe à appréhender que ses origines sont multifactorielles ». En cause, notamment : «l’environnement (météo, route…), le véhicule (entretien…), l’organisation du travail (horaires…), mais aussi le conducteur lui-même (fatigue, stress…). »

On sait, mais bon…

85 % des conducteurs admettent avoir déjà eu un comportement dangereux lors de leurs déplacements professionnels.3 sur 4 ont déjà utilisé leur téléphone au volant.7 sur 10 ont déjà dépassé la vitesse autorisée. À noter que le dépassement de la vitesse autorisée est principalement lié à un manque d’attention (pour 32 %). Ce dépassement apparaît plus important pour ceux qui ont des responsabilités managériales : 85 % des encadrants de plus de 10 personnes.
Près de 8 sur 10 ont déjà conduit en état de fatigue. Ce chiffre est directement lié au temps passé au volant lors d’une journée de travail (66 % des actifs passant moins de 30 minutes au volant contre 85 % lorsque les trajets durent 4 heures).L’usage du téléphone au volant concerne 74 % des actifs et il arrive encore à 32 % d’entre eux de tenir le téléphone à la main. En revanche, les actifs utilisent déjà majoritairement le kit mains libres sans fil (53 %). 8 conducteurs sur 10 connaissent les sanctions encourues pour, par exemple, conduire en tenant son téléphone à la main.La majorité connaît, également, les sanctions encourues pour un dépassement de vitesse de 10 km/h (58 %) et le taux maximum d’alcool autorisé dans le sang (55 %).Les professions libérales et cadres supérieurs (44 %) ainsi que les professionnels de la construction (41 %) se révèlent plus concernés que la moyenne par ces accidents et sanctions.

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Sources : http://www.20minutes.fr/societe/1847511-20160518-pourquoi-entreprises-traine-securite-routiere ; http://www.ouest-france.fr/societe/securite-routiere/accidents-du-travail-la-route-est-mortelle-4233354