La fédération des fonctionnaires de Force ouvrière (FGF FO) représente l’ensemble des fonctionnaires d’Etat à l’exception des hospitaliers et des territoriaux. La fédération a tenu son congrès à  Arras du 13 au 17 mars, sur le mot d’ordre « défendre le service public ».

Ce congrès, réunissant quelques 300 délégués, est placé dans un contexte particulier, à quelques semaines des élections présidentielles. Comme c’est le cas à chaque élection, FO ne donnera aucune consigne de vote, ni au premier ni au second tour, quels que soient les candidats en lice. Mais les inquiétudes étaient vives notamment en rapport à la volonté de réduction des effectifs réclamés par certains candidats.

Dans la Voix du Nord, le secrétaire général de la fédération, Christian Grolier a résumé les principales revendication de Fo dans la Fonction publique : «  Les revendications porteront d’abord sur la défense du statut des fonctionnaires. Il souffre d’une image péjorative : celle d’une sécurité de l’ emploi . Or, un fonctionnaire peut être révoqué et il lui est interdit de faire un second boulot (sauf dérogation) pour compléter son salaire. Il faut garantir l’égalité des droits des usagers et des agents. Défendre la fonction publique, c’est défendre la République . Après deux ans de négos, les avancées sur les carrières des fonctionnaires sont très loin de ce qu’on attendait. Il faut défendre l’attractivité du fonctionnariat. On embauche actuellement des jeunes surdiplômés, légèrement au-dessus du SMIC. Ce n’est pas normal. Autre point, le service public de proximité. Il semble que l’on prenne enfin conscience de ce manque après les fermetures des bureaux de poste, des trésoreries … On revient à des maisons de services au public. Nous soutenons cette démarche mais nous restons attentifs aux choix qui sont faits. On ne doit pas tout mélanger… Ni galvauder le statut et la fonction. », conclut le secrétaire fédéral.

L’intervention de Jean-Claude Mailly

Le secrétaire général de Force Ouvrière est intervenu jeudi 16 mars dans le Congrès. Dans le même quotidien régional il a rappelé que « la réduction des effectifs dans le service public c’est stupide ! L’administration et les statuts des fonctionnaires sont une garantie pour la démocratie, la garantie pour tous les citoyens d’être traités de la même façon. J’ai fait cette demande de longue date : un grand débat sur le rôle et les missions des services publics ». Le dirigeant de FO a également rappelé l’opposition de son syndicat à la Loi Travail et notamment la priorité donnée aux accords d’entreprise : « cela va introduire des inégalités chez les salariés ».

Et si FO ne donnera pas de consignes de vote, Jean-Claude Mailly mais met en garde contre certains points du programme d’Emmanuel Macron : « J’ai rencontré mercredi un proche de Fillon et la semaine dernière Emmanuel Macron pour leur dire que nous sommes en désaccord avec certains points de leur programme : le passage même restreint à la retraite à 65 ans ou un système de retraite égalitaire (à minima). La prise en main par l’État de la Sécurité sociale (proposée par Emmanuel Macron,) c’est la fin du système paritaire et on a vu comment l’État gère Pôle Emploi… Donc nous réagissons sur les questions économiques et sociales ».