RPS – RTBF – Les statistiques de l’INAMI montrent que les cas de dépressions et de burn-out ont plus que doublé, presque triplé, entre 2007 et 2014: on est passé de 29 112 à 83 155 cas par an. Un article de la RTBF :

Il ne s’agit que des Belges sortis du marché du travail pour une période supérieure à un an et indemnisés par la Sécurité sociale. A côté de cela, on peut estimer que les arrêts maladie inférieurs à un an sont au moins aussi nombreux. Et c’est sans compter les cas qui échappent au radar de la Sécu: des personnes ne faisant pas usage de leurs droits, des indépendants qui ne répondent pas aux critères de l’assurance invalidité et qui n’ont pas droit au chômage, des personnes alternant des périodes de travail et des périodes de maladies inférieures à un mois qui sont rémunérées par leurs employeurs.
Le monde du travail en cause
Le constat s’étend au monde industrialisé. Le monde du travail est largement mis en cause.
Le Dr Michel Muller, médecin du travail, explique que le concept de « burn-out » n’était pas connu de telle façon il y a vingt ans et que l’extension du phénomène est lié à l’importance de la charge de travail, son organisation, avec dans certaines entreprises un contrôle très important sur l’activité de travail, très peu de moments de récupération et peu de soutien des collègues et de la hiérarchie.
Deuxième cause de maladie chronique
Selon l’OMS, la dépression constituera en 2020 la deuxième cause de maladies chroniques derrière les maladies cardio-vasculaires et devant le cancer. La crise économique sans fin et son corollaire, les conditions de travail, en sont les causes majeures : on prévoit qu’un quart des adultes souffrira dans sa vie d’un épisode dépressif.
Autre signal alarmant : de plus en plus d’enfants et d’adolescents présentent des troubles mentaux. Ils sont les adultes de demain. « On a de plus en plus d’enfants pauvres en Belgique, explique François Perl, directeur à l’INAMI. Cela a un effet direct sur la prévalence de la dépression. Par ailleurs, on a d’autres causes plus surprenantes, comme l’addiction aux réseaux sociaux, le développement de comportements comme le harcèlement, peu présents il y a quelques années, et qui augmentent les risques psychologiques chez les enfants et les adolescents ».
Face à ce phénomène, les soins de première ligne sont limités: 276 médecins conseils, équivalent temps plein, pour traiter 750 000 cas d’incapacité de travail par an.

Source : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-nombre-de-depressions-et-de-burn-out-ne-cesse-d-augmenter-en-belgique?id=9166141