Selon une étude menée en 2015, près de la moitié des médecins interrogés estimaient avoir déjà étaient en situation d’épuisement professionnel, aussi appelé burn-out. Une association met en place un numéro vert pour répondre à la détresse des professionnels de santé.

Une détresse qu’ils ne chercheraient pas à cacher, selon la récente étude de l’association Soins aux Professionnels de Santé  (SPS). Trois-quarts des praticiens confient qu’ils chercheraient de l’aide s’ils se retrouvaient dans cette situation. Mais la quasi-totalité reconnaît ne pas savoir vers qui se tourner.

Selon cette enquête Stéthos d’octobre 2016, pour les personnels interrogés près de la moitié ne sauraient pas à qui s’adresser en effet et  leur niveau de connaissance en matière d’associations de soutien et de numéros d’écoute dédiés est extrêmement limité. De fait selon cette même étude, 95 % des 4 019 professionnels de santé interrogés ne connaissent pas d’association qui puisse prendre en charge la souffrance psychologique. Aussi, révèle l’enquête, ces derniers sont demandeurs de consultations et de structures dédiées d’écoute et de soutien, ainsi que des lieux d’accueil spécifiques. « Les résultats de la nouvelle et deuxième étude Stéthos démontrent bien l’intérêt de mettre à la disposition des professionnels rendus vulnérables et qui cherchent de l’aide un dispositif d’écoute et de soutien ainsi que des lieux d’accueil qui leur soient spécifiquement réservés », indique Henri Farina, président de Stéthos.

Une plateforme d’appel nationale

Alors pour améliorer la protection des soignants vulnérables, l’association SPS a lancé ce lundi 28 novembre, une plateforme nationale d’appel « interprofessionnelle, indépendante, tenue au secret médical, offrant écoute psychologique, aide et orientation », accessible 24h/24 au 0805 23 23 36.

Les appelants pourront bénéficier d’une première écoute pouvant déboucher vers une orientation adaptée ou un rappel immédiat par l’un des cadres de la plateforme. « Elle vise également à engager une prise en charge psychologique immédiate des soignants soumis à un choc émotionnel, par des psychologues spécialisés et expérimentés », explique l’association.

Pour les professionnels nécessitant une hospitalisation, les écoutants pourront les orienter vers l’une des structures régionales existantes, services dédiés ou unités de prise en charge. Chaque région devrait offrir une unité de 20 à 30 lits. Ces unités auront un cahier des charges commun pour assurer une qualité des soins homogène sur tout le territoire, un fonctionnement en réseau et un maillage efficace. « Les pathologies prises en charge ciblent tout particulièrement le burn-out, la dépression, les addictions, les troubles liés à des conflits interpersonnels au sein d’établissements de soins (harcèlement…) », indique l’association.

Sources : Pourquoi Docteur, Journal des femmes.com