Suppression du ministère de la Fonction publique : les doutes d’une ministre

Suppression du ministère de la Fonction publique : les doutes d’une ministre

Invitée de France info samedi, la ministre PRG des Outres-mer Annick Girardin, et ancienne ministre de la Fonction publique dans le précédent quinquennat, s’est montrée assez réservée sur la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires  en cinq ans annoncée par Emmanuel Macron.

« Je dis au président de la République qu’on pourra en débattre, qu’il faut des assises des services publics, qu’il faut repenser nos services publics », a indiqué l’ancienne ministre de la fonction publique, précisant qu' »il faut mettre les moyens humains et matériels au service de cette fonction publique quand on l’aura redéfinie. » « Ce n’est pas une question de nombre. Il y aura peut-être des services publics qui changeront, il y en aura peut-être des nouveaux d’ailleurs. On prépare la France de demain. Nous avons à revoir nos services publics. Et surtout nous avons à faire en sorte que les services publics soient bien là où ils sont attendus dans les milieux les plus isolées », a-t-elle ajouté.

Annoncée en février dernier dans Les Échos, cette suppression de 120.000 postes de fonctionnaires en cinq ans, par le non-renouvellement de 70.000 départs à la retraite dans les collectivités locales et 50.000 dans la fonction publique d’État, s’inscrit dans l’objectif de réduction de la dépense publique française de trois points en cinq ans, soit 60 milliards d’euros d’économies

Pas de Ministère de la Fonction publique

Pas de Ministère de la Fonction publique

C’est l’une des grandes surprises de ce nouveau gouvernement, comme pour la famille ou le logement,  il n’y aura pas de ministère de la Fonction publique quelques 5,3 millions de fonctionnaires et 900 000 salariés de statut privé. Vives réactions des syndicats.

La suppression du ministère de la Fonction publique « est une erreur » qu’il faut « corriger », a estimé vendredi 19 mai le président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) Philippe Laurent.

« C’est, sinon une faute, au moins une erreur. Rattacher la Fonction publique aux comptes publics, ça veut dire que l’on considère les 5,4 millions de fonctionnaires comme une dépense. Il faut corriger cela, ça peut être corrigé », a déclaré à l’AFP Phiklippe Laurent, également maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’association des Maires de France (AMF).

« Ça aurait été faire preuve d’un vrai réformisme que de la rattacher au ministère du Travail parce qu’on a, dans la Fonction publique, de vrais sujets en matière de dialogue social, de management, d’organisation, qui sont au moins aussi importants que les questions du statut », a-t-il ajouté. Philippe.Laurent estime à cet égard que Gérald Darmanin, ministre de  l’Action et des Comptes publics qui pilotera les comptes publics (budget) et sociaux (comptes de la Sécu) ainsi que la Fonction publique et la Réforme de l’État, « ne pourra pas » être « l’interlocuteur politique » dont ont besoin les fonctionnaires, en raison de l’étendue de ses prérogatives.

Selon l’AFP, plusieurs syndicats de fonctionnaires se sont inquiétés de l’absence d’un ministère de plein exercice pour les 5,4 millions d’agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriaux et hospitaliers), et surtout du lien entre action et comptes publics dans le portefeuille de Gérald Darmanin.

– Pour la CGT (1er syndicat du secteur), « en effaçant ainsi la Fonction publique, en la rattachant à un département ministériel qui en fera avant tout une variable budgétaire et en y nommant une personnalité fortement ancrée à droite », Emmanuel Macron et Edouard Philippe « indiquent clairement leur volonté de poursuivre et d’amplifier les nocives politiques d’austérité ». « Même Nicolas Sarkozy n’avait pas franchi un tel cap », relève le syndicat face à l’absence de ministère de plein exercice.

– La CFDT (2ème): « Mais où est passée la Fonction publique ? », se demande le syndicat, qui « attend une réponse rapide à ses interrogations qui concernent plus de 5 millions de fonctionnaires et agents publics ».

– L’Unsa (4ème) évoque « un mauvais signal donné aux agents » alors qu’ils représentent « un emploi sur cinq ». « La réunion de l’action publique et des comptes publics dans un même ministère (…) renvoie à un passé (…) où la RGPP (dont la mesure phare était le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la Fonction publique d’Etat, ndlr) avait réduit la politique fonction publique à une gestion mécanique par les seuls coûts ».

– La FSU (5ème mais 1er chez les enseignants) observe que « l’intitulé lie clairement l’action publique aux comptes publics », observe la FSU pour qui il « n’est pas acceptable de traiter des missions de services publics par le seul prisme budgétaire ».

– Solidaires (6ème): « Quand l’on sait que M. Macron envisage de supprimer au cours de son mandat 120.000 postes de fonctionnaires (…) on comprend mieux ce rapprochement » entre action et comptes publics, écrit le syndicat qui craint que la fonction publique et ses agents servent de « variable d’ajustement pour l’équilibre des comptes de la nation ».

 

 

1er tour : comment ont voté les fonctionnaires ?

1er tour : comment ont voté les fonctionnaires ?

FONCTION PUBLIQUE – A l’heure actuelle,  il n’y a pas encore d’analyses précises et détaillées du vote 1er tour de la présidentiel dans les trois fonctions publiques (fonctionnaires et contractuels), ni dans l’ensemble des salariés du service public et des entreprises publiques. Toutefois, on peut appréhender d’ores et déjà les grandes tendances.

En février une note du Cevipof, En février 2017, un processus de cristallisation électorale apparaît du fait de la stabilisation de l’offre de candidature dont la seule inconnue reste celle de François Bayrou, du moins si l’on part de l’hypothèse que François Fillon reste le candidat des Républicains. Les salariés du public voteraient pour un candidat de gauche entre 35% et 36%, ceux du privé entre 27% et 29%, cette proportion augmentant en l’absence de François Bayrou (qui pouvait encore alors se présenter). Les candidats du centre et de la droite réunissent entre 41,5% et 45% des intentions de vote des salariés du public, cette fourchette s’établissant entre 47% et 49% dans le privé. Marine Le Pen se stabilise autour de 22% dans le public et de 24% dans le privé. La droitisation de l’électorat fonctionnaire semble donc se confirmer à travers trois phénomènes : l’abandon persistant du candidat socialiste, le recentrage des intentions de vote et l’ancrage électoral du Front national dans la fonction publique. Après avoir signalé la montée en puissance du centre et de l’extrême droite, Luic Rouban, l’aiteur de cette note du Cevipof, concluait : « L’absence d’une vision claire de ce que doit être désormais le service public pèse fortement sur le vote des fonctionnaires ».

Un sondage d’’Acteurs publics fin mars, donnait les tendances de vote plus précises chez les fonctionnaires un peu plus d’un mois du 1er tour. Les intentions de votes ne sont pas si éloigné des résultats du 1er tour, avec quelques différences notables.

Emmanuel Macron est une 1ère place avec un score supérieur a son résultat dans l’ensemble des électeurs : 27% (contre 24,01%). Un leadership plutôt rassurant pour le candidat alors que celui-ci avait mis dans son programme la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires.

Dans le même sondage, Marine Le Pen est seconde chez les fonctionnaires avec 23% des voix (contre 21,30% réalisés au 1er tour. Vient ensuite Jean-Luc Mélenchon avec 18%.

1ère surprise, Benoit Hamon est 4ème dans les intentions de vote des fonctionnaires avec 15%, bien plus que les 6,38% accordés par les électeurs au 1er tour. 2ème surprise, François Fillon ne recueille que 9% des intentions de vote chez les fonctionnaires ; sa menace de suppression de 500 000 postes dans la fonction publique, le passage de 35h à 39H dans le même secteur n’a pas séduit les électeurs fonctionnaires ou contractuels. Pour le reste, les scores prtits candidats sont quasi identiques aux résultats réels : Dupont-Aignant  5% contre 4,7), Poutou (1,5%), Asselineau (1%),  Arthaud (0,5%), Lassalle (0,8%), Cheminade (0%).

Et au second tour ?

Rappelons par ailleurs les principales propositions des deux candidats qui accèdent au second tour :

Emmanuel Macron

– Suppression de 120 000 postes de fonctionnaires (50 000 pour l’Etat et 70 000 dans les collectivités locales). Retour au jour de carence. Création de 4000 à 5000 postes d’enseignants et prime de 3 000 euros net par an pour les enseignants en zone prioritaire Rep+.

– Recruter 10 000 policiers et gendarmes sur les trois prochaines années ; restaurer la police de proximité ; renforcer la coopération européenne en matière de sécurité, création de 5 000 postes de policiers aux frontières au niveau de l’UE.

– Protection sociale : retour à 1 jour de carence

Marine Le Pen

– Dégel et calorisation du point d’indice pour les fonctionnaires

– Préservation du statut de la fonction publique

– Généralisation du 3ème concours d’accès, réservé notamment au Plus de 45 ans ayant 8 ans d’expérience dans le prive

– Recrutement de nombreux personnels liés à la sécurité (police, gendarmerie)

– Maintien de la Poste et la SNCF comme sociétés nationales

Traditionnellement acquis à la gauche, le vote des fonctionnaires pour Challenges, pourrait basculer au Front national au second tour de l’élection présidentielle. Selon en effet le dernier sondage « rolling » de l’IFOP , les agents de la fonction publique seraient 49% à voter pour la présidente du Front national contre 51% pour Emmanuel Macron si l’élection avait lieu ce dimanche (hors abstention).  Une évolution liée en partie « à la progression du Front national dans les catégories C et D où il a dépassé le PS » et au « vote FN des policiers et des militaires », selon Jérôme Sainte-Marie, cité par Challenges  » Derrière le terme de fonctionnaires, il y a des réalités très diverses qui expliquent cette progression. Ce ne sont pas que des enseignants et des infirmières ».

L’écart de deux points entre les deux candidats donnés par l’IFOP peut paraître très excessifs alors que 19 points (59% / 41%) dans les sondages second tour pour l’ensemble des électeurs. Mais la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires par E. Macron a peut-être découragé nombre de fonctionnaires et contractuels alors que Marine Le Pen n’a pas hésite à proposer un programme rose-bonbon, dont on se demande si elle voudrait ou pourrait l’appliquer dans le cas  cas de son éventuelle victoire…

Burka : le Bundestag oblige les fonctionnaires à avoir le visage découvert

Burka : le Bundestag oblige les fonctionnaires à avoir le visage découvert

FONCTION PUBLIQUE – Après la France, la Bulgarie, la Belgique, l’Allemagne se prépare à interdire, partiellement, le port du voile intégral.

Ce projet, qui doit être encore voté au Bundesrat, la chambre haute du Parlement, pour être appliqué, oblige les fonctionnaires et autres agents de la fonction publique à avoir le visage découvert dans le cadre de leurs fonctions mais n’interdit pas le port du voile dans l’espace public. Officiellement, cette loi ne vise pas directement le port du voile islamique mais, note l’AFP, « elle a été clairement rédigée pour la burqa ou le niqab ». En décembre 2016, la chancelière, lors d’une réunion de son parti – la CDU -, avait reconnu que porter un voile cachant totalement le visage devait être interdit « là où c’était légalement possible ».

Cette mesure s’inscrit dans un conteste particulier : l’accueil récent d’1million et demi  de migrants et réfugié du conflit du Moyen-Orient et le rapprochement des élections législatives  du 24 septembre prochain. « L’un des objectifs, très politique, est de contrecarrer la montée de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) qui se présente comme un parti nationaliste hostile à l’immigration. Un parti qui, après la démission de sa coprésidente Frauke Petry, est en crise mais qui était grimpé à quelque 15 % des intentions de vote avant de redescendre à environ 10 % », note Jacques-Hubert Rodier dans Les Échos.

Les 35 questions de la CFDT aux candidats à la présidentielle

Les 35 questions de la CFDT aux candidats à la présidentielle

TRAVAIL – la CFDT a envoyé 35 questions concernant le travail aux différents candidats. Certaines questions concernaient plus particulièrement la fonction publique.

Depuis trente ans, la CGT et la CFDT, ne donnent plus de consigne de vote à l’élection présidentielle. Elles avaient transgressé la règle en 2002, quand tous les syndicats, sauf FO, s’étaient prononcés contre le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen, au second tour. En 2012, Bernard Thibault avait appelé à voter pour François Hollande, ce qui n’avait pas fait l’unanimité au sein de la CGT.

En 2017, les syndicats ont confirmé l’absence de consigne de vote. Ils n’ont aucun favori parmi les candidats. En revanche, la CGT, la CFDT, l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes) et la FSU (Fédération syndicale unitaire ; fonction publique) invitent déjà leurs militants à faire barrage à Marine Le Pen si elle était qualifiée au second tour. La CFDT, qui a écarté l’extrême droite et l’extrême gauche, la CFTC et la CFE-CGC ont adressé des questionnaires aux candidats sur leurs revendications.

La CFDT a fait de même en envoyant 35 questions aux différents candidats Trois candidats ont à ce jour répondu François Fillon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Deux questions concernaient plus précisément la fonction publique :

  • Êtes-vous prêt à donner toute sa place au dialogue social dans les fonctions publiques, notamment en termes d’organisation et de conditions du travail ?
  • Comptez-vous mettre en place une politique RH dans les fonctions publiques qui accompagne le travail et la carrière des agents ? Si oui, sous quelle forme ?

Une troisième question portait davantage sur les relations des usagers aux services publics

  • Quelles propositions concrètes défendez – vous pour assurer la proximité des services publics sur tout le territoire et l’amélioration de l’accompagnement des usagers ?

François Fillon

Curieusement, le candidat des Républicains n’a pas insisté dans ses réponses sur son objectif de suppression de 500 000 postes dans la fonction et les services publics. Il a en revanche réaffirmé sa volonté d’extension de la durée hebdomadaire de travail : « Pour ce qui est de la fonction publique, je souhaite augmenter progressivement le temps de travail à 39 heures hebdomadaires, sur une base annualisée permettant aux administrations d’organiser les cycles de travail les plus adaptés à leurs missions ». De même, François Fillon souhaite en matière de retraite harmoniser « les règles entre les régimes publics et privés

Sur la question de la CFDT sur le renforcement du dialogue social pour améliorer les conditions de travail, le candidat des Républicains s’affirme positivement mais reste très général : « C’est en effet l’un des axes de ma réforme de la fonction publique: conduire rapidement une négociation associant toutes les organisations syndicales représentatives et portant sur la progression de carrière, la modernisation de la gestion des ressources humaines et la qualité de vie au travail au sein des différentes administrations. Je réaffecterai une partie des économies réalisées à l’amélioration des rémunérations.

Les agents publics devront être associés plus directement à la réflexion sur l’administration de demain et la modernisation au plus près des services, en s’appuyant sur la révolution numérique ».

Un grand plan de modernisation des ressources humaines

Sur la seconde question, portant sur la politique RH, François Fiçllon est plus précis : « Nous avons l’une des meilleures fonctions publiques du monde mais le déroulement des carrières et l’organisation du travail sont trop souvent sources de frustration. Je compte mettre en œuvre à compter de 2018 un grand plan de modernisation de la gestion des ressources humaines au sein des administrations, dans tous les domaines clés (recrutement, évaluation, formation, accompagnement des carrières, dialogue social).

Ce plan sera articulé autour de plusieurs priorités : simplifier et élargir pour les administrations le recrutement des contractuels de droit public, afin d’en faire un outil complémentaire au statut; mieux organiser la mobilité au sein et entre les fonctions publiques, en accélérant en particulier le travail de simplification statutaire, ainsi qu’entre public et privé; instituer 2 jours de carence dans la fonction publique; récompenser le mérite et valoriser les compétences plus que l’ancienneté, que ce soit en termes de salaire, d’avancement, de promotion ou de changement d’affectation des agents publics ».

Le candidat a par ailleurs dans une autre question, insister la nécessite de proximité et de l’ouverture des services publics aux usagers : ouverture de « maisons de services au publics » ; création de maisons de sante pluri-professionnelles ; services de sécurité renforcée  sur la base d »e réservistes de la gendarmerie nationale dans chaque intercommunalité, meilleurs qualité de transports entre les bassins de vie et les bassins de travail

Emmanuel Macron

Le candidat  réaffirme toput d’abord sa volonté de réduire le nombre des fonctionnaires, (notamment du fait de la dématérialisation de nombreux actes administratifs)  mais « l’objectif de 120 000 départs à la retraite non remplacés, indispensable pour rendre un meilleur service à un meilleur cout, doit s’accompagner de créations d’emplois dans des secteurs essentiels à la cohésion de notre pays : enseignement et sécurité notamment ».

Le candidat appelle à « un renforcement du dialogue social sur les questions d’intérêt collectif, notamment par le développement de la place de la négociation dans les fonctions publiques : encore aujourd’hui, le dialogue social reste cantonné à des pratiques de concertation faute d’incitations à négocier ni de responsabilisation des acteurs. Aucune réforme de la rémunération ou de la carrière des agents publics ne devrait pouvoir être décidée sans l’adhésion majoritaire des personnels concernés ».

Des négociations au niveau local

Emmanuel Macron souhaite également une décentralisation des négociations au niveau local : « Je veux redonner des marges de

manœuvre aux responsables locaux pour définir le mode d’organisation des services le plus adapté aux spécificités du territoire. Il est indispensable, en contrepartie, que les représentants des personnels soient bien, à ce niveau, force de proposition et disposent de moyens d’actions ».

Sur la nécessité de préciser une politique RH, le candidat affiche une volonté : « Recruter et gérer les agents publics, non pas en fonction de leurs statuts mais de leurs compétences, est une des clés de transformation de notre action publique. Je ne remettrai pas en cause le statut de la fonction publique mais je veux m’attaquer à ses rigidités, en offrant plus de souplesse sur le recrutement notamment sur les postes d’encadrement, en développant les passerelles filières professionnelles, y compris au niveau inter-fonctions publiques, en redonnant des perspectives d’évolution de carrière à tout nouvel agent de la fonction publique et en réorientant la politique de rémunération ».

Parallèlement, il est selon lui urgent d’améliorer les conditions de travail dans les Fonctions publiques : « d’ici à 2022, 5 Mds€ seront ainsi consacrés à l’amélioration des conditions et des outils de travail, à la simplification des procédures administratives afin de libérer du temps et d’améliorer la qualité de vie au travail des agents et de leurs encadrants ».

Benoît Hamon

Pour le candidat socialiste, la période de réformes nécessaires qui s’ouvre appelle à un renforcement d’un dialogue social équilibré entre les parties : « Le rôle des instances de représentation des personnels doit donc être valorisé dans les périodes de réformes. La participation équilibrée des représentants des employeurs et de ceux des agents est un élément indispensable à l’existence d’un dialogue. Cela passe par une plus grande implication de l’ensemble des employeurs et une préoccupation constante de favoriser la représentativité des organisations syndicales ». Il attire l’attention dans les négociations nationales sus la sous-estimation de la fonction publique territoriale : « Il ne me semble pas acceptable que les quelques 50000 employeurs publics territoriaux, qui mobilisent près de 35% des agents publics, soient simplement « consultés ». Ils doivent, de droit, être associés aux négociations qui les concernent ». Benoît Hamon s’est également inquiété d’une participation insuffisante aux élections professionnelles dans la fonction publique. Il souhaite également renforcer le rôle des CHSCT : « le rôle des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), primordial dans les démarches d’amélioration de la qualité de vie au travail et de lutte contre les risques psychosociaux, doit être reconnu à sa juste valeur. Ainsi, je souhaite que les CHSCT soient systématiquement parties prenantes de ces démarches. Ils devront être associés très en amont de l’ensemble des réflexions relatives à l’organisation du travail, et notamment des rythmes de travail ».

Permettre les évolutions de carrière

Le candidat propose « en premier lieu la reconnaissance d’un droit à la reconversion personnelle des agents publics ». L’exercice de ce droit à la reconversion professionnelle s’appuiera sur :

  • L’obligation pour les employeurs publics de mettre en œuvre pour tous les agents le bilan de compétences
  • La modification des conditions d’ancienneté requises pour bénéficier du bilan de compétences dans la fonction publique d’Etat et dans la fonction publique territoriale (5 ans de serviceseffectifs au lieu de 10 ans actuellement contre 2 seulement dans la fonction publique hospitalière) ;
  • L’obligation de mettre en œuvre un dispositif d’accompagnement du parcours de reconversion
  • La mobilisation des dispositifs existants notamment le droit individuel à la formation, en s’appuyant notamment sur les acteurs de la formation professionnelle que sont les universités et le CNFPT
  • La définition, le cas échéant, d’un parcours de formation.

Enfin, le candidat du parti socialiste est également favorable « à une plus grande ouverture des recrutements dans la fonction publique, afin que le corps ou le cadre d’emplois ne représente plus un frein, mais une opportunité pour les agents qui émettent le souhait de changer de fonction publique de rattachement ».

 

 

 

Fonction publique : les cas de l’Espagne et de l’Allemagne

Fonction publique : les cas de l’Espagne et de l’Allemagne

FONCTION PUBLIQUE – L’Espagne va titulariser massivement ses contractuels. l’Allemagne a réduit le nombre de ses fonctionnaires mais ceux-ci bénéficient d’avantages sociaux certains.

L’Espagne a traversé une période de forte austérité où les effectifs de la fonction publique ont été fortement réduite, puisque les départs en retraite  n’étaient pas remplacés. Cela a produit une forte hausse des contrats temporaires renouvelés dans des conditions mises en doute récemment par la Cour européenne de justice.

L’Espagne vient d’annoncer la création de 250 000 emplois publics  d’ici trois ans, qui passe pour l’essentiel par la titularisation de personnes en contrats précaires. Le plan proposé prévoit notamment de réduire le recours à l’emploi temporaire dans l’administration publique à 8% d’ici trois ans.

Le gros du recrutement se fera dans le domaine de la santé, avec l’ouverture de 130.000 postes, dans l’éducation (100.000) et dans la justice (10.000). Cette annonce tombe alors que le ministre de l’Économie, Luis de Guindos anticipe un fort rythme de croissance cette année : « Notre prévision dans le projet de budget 2017 est de 2,5% ce qui est très prudent, mais nous pensons qu’elle pourrait être beaucoup plus élevée », prévient-il.   Le gros du recrutement se fera dans le domaine de la santé, avec l’ouverture de 130.000 postes, dans l’éducation (100.000) et dans la justice (10.000). Cette annonce tombe alors que le ministre de l’Économie, Luis de Guindos anticipe un fort rythme de croissance cette année : « Notre prévision dans le projet de budget 2017 est de 2,5% ce qui est très prudent, mais nous pensons qu’elle pourrait être beaucoup plus élevée », prévient-il.

« Reste que cette annonce de déblocage de postes pour la fonction publique doit encore passer un écueil. Celui de l’approbation du budget 2017. L’exécutif de Mariano Rajoy qui gouverne en minorité au Parlement, est dans la dernière ligne droite avant de présenter vendredi son projet de budget. Il aura pour lui les votes des centristes de Ciudadanos et espère aussi compter sur les voix des nationalistes basques du PNV », note Cécile Thibaud correspondante des Echos à Madrid

Allemagne : moins de fonctionnaires mais mieux protégés

Selon le syndicat DGB, le nombre de fonctionnaires allemands a diminué de deux millions depuis 1991. L’Allemagne compte environ 1,9 million de fonctionnaires auxquels il faut ajouter 2,9 millions d’employés des services publics qui ne se sont pas soumis aux obligations du statut et ne bénéficient pas de ses avantages. Soit 60 salariés de la fonction publique pour 1000 habitants (contre 100 en France). Ils sont répartis entre l’État fédéral (12%), les Länder (50%), les communes (30%)  et les services de la sécurité sociale (8%). 13,6% des actifs allemands travaillent dans le secteur public. La parité entre hommes et femmes est dans l’ensemble à peu près respectée.

La semaine de travail d’un fonctionnaire fédérale est de 41 heures. Elle varie entre 40 et 42 heures selon les Länder, avec en général la possibilité d’avoir recours à des horaires flexibles. « Les fonctionnaires et salariés non-fonctionnaires des services publics travaillent en moyenne 12% de plus que les employés du secteur privé et leur salaire brut est en moyenne plus de 5% inférieur. De plus celui-ci augmente plus lentement sur le long terme (deux fois moins vite entre 1970 et 2000). Les fonctionnaires stricto sensu n’ont donc pas le droit de faire grève mais les grands syndicats sont associés par le ministre fédéral de l’intérieur et ses collègues des Länder aux discussions sur les salaires et les conditions de travail , note Daniel Vernet sur le site Slate qui remarque toutefois (dans son article « Comment l’Allemagne a rénové la fonction publique »), outre l’emploi à vie et malgré des rémunérations sans doute plus faible que dans le privé, ils bénéficient d’avantages sociaux non négligeables. Ils ne paient de cotisations sociales pour la retraite ou l’assurance maladie, qui sont prises en charge directement par les budgets publics. (…) L’Etat fédéral consacre 26 milliards d’euros aux retraites des fonctionnaires (ceux qui bénéficient du statut). L’âge de départ en pension est de 65 ans, contre 67 dans le privé, mais surtout le montant de la retraite est calculé sur le salaire des trois dernières années alors que c’est la moyenne de tous les salaires touchés durant la vie active qui est prise en compte dans le secteur marchand. Avec 73% de leur dernier salaire, on estime que les fonctionnaires ont en général une retraite deux fois supérieure à celle d’un salarié du privé. ».