2ème tour des législatives : abstention record et large majorité présidentielle

2ème tour des législatives : abstention record et large majorité présidentielle

Pour mener à bien son programme, Emmanuel Macron disposera tout au long de son quinquennat, d’une très large majorité parlementaire : 351 sièges alors que la majorité absolue en réclame 289.

Le nouveau gouvernement aura donc les coudées franches pour appliquer le programme présidentiel. Le Premier ministre Edouard Philippe devra par tradition remettre la démission du gouvernement pour en constituer un nouveau très rapidement et certainement sans changements notables : l’ensemble des ministres étaient en effet candidats et ont été élus. Sur les 351 sièges de la majorité présidentielle, le Modem de François Bayrou en obtient 41 et pourra donc constituer un groupe parlementaire indépendant.

Pour les autres formations :

  • Les Républicains (LR) et l’UDI obtiennent 131 sièges dont 113 LR : ce résultat est meilleur que ce que les sondages donnaient entre les deux tours.
  • Le Parti socialiste réussit à sauver 29 sièges, un résultat très éloigné des 284 sièges socialistes de la mandature précédente.
  • La France insoumise obtient 17 élus et le PCF en conserve 10. Reste à savoir si les deux formations opteront pour un groupe parlementaire unique. Jean-Luc Mélenchon est élu à Marseille
  • Le Front national obtient 8 sièges à l’Assemblée nationale et Marine Le Pen est élue dans le Nord.

26 millions d’abstentionnistes

Cette élection restera marquée par un record d’abstention : 57% contre 51,3% au 1er tour. Au résultat, sur les 46 millions de Français inscrits au second tour des législatives, on compte 26 millions d’abstentionnistes. Et parmi les citoyens qui se sont rendus aux urnes, il ne faut pas oublier que deux millions ont voté blanc ou nul. Pour les rest des suffrages exprimés, on compte  8,8 millions de votant pour la République En Marche et son allié, le Modem ; 4,9 millions pour Les Républicains, l’UDI et les divers droite ; 1,6 millions de voix pour le FN ; 1,35 pour le PS, le Parti radical de gauche et les divers gauche ; 1,1 millions de voix pour la France insoumise et le PCF.

Emmanuel Macron, 8ème président de la Véme République

Emmanuel Macron, 8ème président de la Véme République

Emmanuel Macron a donc remporté ce second tour de l’élection présidentielle française. Il est le huitième à la tête de l’État, dans le cadre de la Vème République française fondée en 1958, après Charles De Gaulle,  Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

La campagne pour ce scrutin présidentiel fut fort longue, débutant il y a plus de neuf mois avec une nouveauté, les « élections primaires », où les deux grands partis traditionnels, les Républicains (avec une partie des formations centristes), à droite, le Parti socialiste, ont organisé un scrutin nationale public pour choisir leur candidat officiel parmi les différents postulants qui s’étaient déclaré dans leurs propres rangs. Cette innovation d’inspiration « démocratique » fut en réalité une très mauvaise fausse-bonne idée. Ces primaires ont réussi à faire retirer de la compétition, deux présidents et ex-président de la République, François Hollande et Nicolas Sarkozy, et deux anciens premiers ministres, Alain Juppé et Manuel Valls. L’ancien 1er Ministre, François Fillon fut lui, éliminé au 1er tour de la Présidentielle.

A l’inverse, le Front national n’a pas recouru aux primaires pour désigner Marine Le Pen, ni le jeune mouvement en Marche pour nommer Emmanuel Macron, pas plus que la France insoumise, pour choisir Jean-Luc Mélenchon. Tous trois présents en tête, avec Fillon à la sortie du 1er tour.

Mélenchon a réalisé un très bon score, s’imposant, après la déconfiture du PS comme principal candidat de la gauche et futur opposant dans son camp à Emmanuel Macron. François Fillon, après une mauvaise campagne, se retire de la politique, laissant Les Républicains dans une grande crise existentielle : comme au PS, où une partie des dirigeants et des élus ont rejoint le mouvement En Marche d’Emmanuel Macron, une partie de l’appareil des Républicains, notamment des partisans d’Alain Juppé, est très tentée par une alliance directe avec Macron, d’autres y étant très rétifs.

Macron à l’Élysée, qui va-t-il nommé à l’Hôtel Matignon comme Premier ministre ? Le choix sera loin d’être neutre. Ira-t-il chercher un chef du gouvernement plutôt à droite ou plutôt à gauche ? L’indication est d’autant plus importante qu’Emmanuel Macron est souvent resté imprécis sur la politique qu’il entend menée dans les cinq années qui viennent. Candidat « ni droite, ni gauche », jeune et dynamique, très bon orateur, il parle bien et beaucoup mais ne dit pas grand-chose.

Sa principale adversaire, Marine Le Pen s’est elle, plutôt mal tirée du débat qui les a opposé mercredi dernier dans un face-à-face télévisuel. La candidate d’extrême-droite du Front national qui avait mené une campagne plutôt modérée et à fort contenu social, s’est laissé emportée par des polémiques plutôt violentes et le retour à des positions très d’extrême-droite sur la sécurité ou l’immigration. Ce qui l’a fait reculer dans les intentions de vote.

Mais quelques soient ses erreurs, elle restera à droite, dans les mois prochains, comme la principale opposante à Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon incarnera lui, l’opposition de gauche, bien plus que le parti socialiste en pleine implosion.

Les législatives et les premières mesures

Mais cette très longue campagne politique n’est pas terminée. Dans cinq semaines se dérouleront en deux tours, les élections législatives qui vont renouveler ou confirmer les 577 députés actuels. Dans ce domaine, toutes les hypothèses sont ouvertes et il y a fort à parier qu’Emmanuel Macron avec son mouvement En marche ne disposera pas d’une majorité parlementaire. D’autant qu’il veut présenter pour moitié de ses candidats des personnalités non,-politique, issues de la société civile mais pas nécessairement aguerries aux joutes politiciennes. Fera-t-il alors alliance et avec qui ? Plutôt à droite, ou plutôt à gauche ? Sera-t-il contraint de se contenter d’un régime de cohabitation avec un 1er Ministre choisi par son opposition ?

Son premier mois présidentiel sera très indicatif sur ces choix futurs. Emmanuel Macron a donné ses cinq premières priorités. Une loi de « moralisation de la vie politique » sera mise sur la table pour être ratifiée après les législatives : elle voudrait limiter les « affaires financières » qui ont touchés beaucoup d’élus, interdirait le cumul de mandat et peut-être l’introduction d’une dose de proportionnelle dans le Parlement ; une réforme de l’école primaire serait également initiée ; un « droit à l’erreur » sera institué en faveur des citoyens dans leurs rapports à l’administration, notamment fiscale. Vaste programme quand on connait le pointillisme comme tradition dans la fonction publique française.

Beaucoup plus sensible, Emmanuel Macron veut lancer par ordonnance, c’est-à-dire très rapidement et sans débat parlementaire, une nouvelle réforme du Code du Travail destiné destinées à « simplifier le droit du travail » et de « donner plus de place à l’accord majoritaire d’entreprise ou de branche ». « Le tout par ordonnances, pour procéder de manière rapide et efficace »,  a précisé Emmanuel Macron.  La précédente Loi Travail de Myriam El Khomri avait divisée la majorité socialiste et entrainé une forte réaction du mouvement syndical. Il y fort à parier qu’une nouvelle réforme par ordonnance, c’est-à-dire, sans aucun débat, soit un chiffon rouge agité devant les syndicats. Dernière mesure : la réorganisation de la lute anti-terroriste : Emmanuel Macron veut la création d’un état-major permanent des opérations de sécurité intérieure, de renseignement et de lutte contre le terrorisme, ainsi que d’une cellule spéciale du renseignement dédiée à Daesh. Pourquoi pas ? Mais cette proposition souligne paradoxalement une très grande absence dans cette très longue campagne électorale : la politique étrangère française (à part un peu sur l’Europe), ses interventions militaires dans quatre pays n’ont jamais été abordées dans les innombrables débats qui ont eu lieu pendant ces neuf longs mois.

Présidentielles françaises : Emmanuel Macron en tête des sondages

Présidentielles françaises : Emmanuel Macron en tête des sondages

L’ancien ministre de l’Économie de François Hollande bien placé pour le 2ème tour de la présidentielle

En avril 2002, au 1er tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen avait créé la surptise en France en prenant la seconde place, avec16,86% des voix, derrière Jacques Chirac qui se contente d’un modeste score, 19,88%. Il est vrai que Jacques Chirac était le président sortant d’un gouvernement de « cohabitation » : les socialistes ayant remporté des élections législatives, avaient imposé comme Premier ministre, Lionel Jospin. Mais comme les différentes sensibilités de gauche avaient présenté plusieurs candidats, Lionel Jospin, avec seulement 16,18% des voix avait été éliminé.

Entre les deux tours, l’opinion publique avait très vivement réagi à cette introduction surprise du Front national dans le jeu politique français. De très nombreuses et massives manifestations avaient été organisées dans tout l’hexagone.

Début juin au second tour, Jacques Chirac est plébiscité, remportant 82,21% des voix contre Jean-Marie Le Pen avec 17,79% des scrutins. Mais le Front national devient un acteur durable de la vie politique française.

15 ans plus tard, et passé trois mandats présidentielles, le 1er tour de l’actuelle élection présidentielle a vu apparaitre quatre camps principaux :celui d’Emmanuel Macron, jeune candidat « centriste », Marine Le Pen qui a pris la succession de son père, François Fillon qui mène une mauvaise campagne pour la droite et Jean-Luc Mélenchon qui incarne une gauche plus contestataire que le Parti socialiste dont le candidat benoît Hamon qui ne réunit que 6,36% des votes.

Comme en 2002, à peine 3% des voix ne sépare au 1er tour les deux candidats à la présidentielle : Emmanuel Macron a recueilli 24,81% des voix contre Marine Le Pen, seconde avec 21,30 %. Mais les sondages indiquent que l’écart entre les deux postulants sera bien plus faible que le second tour de 2002.

D’après plusieurs organismes de sondages (Cevipof/Ipsos, Elabe), Emmanuel Macron est crédité de 59 % des intentions de vote pour le second tour de la présidentielle, contre 41 % pour Marine Le Pen.

Celle-ci a reçu le soutien de Nicolas Dupont-Aignan, candidat « gaulliste » et méfiant vis-à-vis de l’actuelle Union européenne, dont elle ferait son 1er Ministre en cas de victoire.

18% des électeurs se déclarent toujours « indécis ». Autre variable, l’importance de la participation des Français à ce vote. Selon certains sondages, l’abstention approcherait les 30% dimanche, bien au-delà des chiffres enregistrés au second tour lors des précédents scrutins présidentiels, mis à part 1969 (31,1%).

Ainsi, après avoir annoncé « pas une voix pour Marine Le Pen » et sans donner de consignes de vote, Jean-Luc Mélenchon a interrogé via Internet les militants de son mouvement. Au résultat de la grande consultation des « Insoumis », seuls 35% s’apprêtent à voter Macron, les autres choisissant l’abstention ou le vote blanc.

Gouvernement de cohabitation, de coalition…

Emmanuel Macron et Marine le Pen se sont affrontés hier soir à 21heures, lors d’un face-à-face de deux heures et 20 minutes. La présente édition ne peut donner le contenu de l’affrontement. Mais les derniers jours de cette très longue campagne (qui a commencé avec la primaire de la droite en novembre dernier), ont été marqué par un durcissement du débat entre les deux finalistes. Emmanuel Macron a beaucoup attaqué sa rivale sur le peu de clarté de sa future politique européenne. Après avoir prôné la sortie pure et simple de l’UE, Marine Le Pen a plus prudemment demandé des négociations (très improbables) entre les 27 états-membres pour une réforme de l’Union européenne, la candidate du Front national s’est finalement rabattu sur un référendum en France pour interroger les Français sur une éventuelle de la France de l’UE. Après le Brexit, le Frexit. Mais si les Français sont très critiques vis-à-vis de l’Union européenne, une sortie de l’UE voire simplement de l’Euro en inquiètent beaucoup… Emmanuel Macron a également beaucoup attaqué Marine Le Pen sur sa politique économique qu’il juge beaucoup trop dépensière, irréaliste voire dangereuse dans le contexte économique international.

A l’inverse Marine le Pen a continué à mettre en avant, par conviction ou par calcul, les demandes sociales des Français et a critiqué la modestie ou l’imprécision du programme de son concurrent dans ce domaine. Elle a beaucoup insisté dans ces derniers jours de campagne sur des sujets sensibles dans la société française comme la sécurité ou le contrôle de l’immigration.

Plus généralement, la dernière phase de cette élection a vu l’affrontement du mondialiste Macron contre la souverainiste Le Pen ; du très libéral candidat  d’En Marche, contre l’étatisme en matière économico-social que défend la candidate du Front national.

Il y a enfin le choc de deux personnalités. Les deux candidats sont de bons orateurs mais il faut qu’il « présidentialise » leur image, « au-dessus des partis et des clivages partisans». Mais Marine Le Pen est capable d’emportements très polémiques et Emmanuel Macron, d’engouements rhétoriques parfois ou très exaltés ou peu compréhensibles sur la ligne réelle qu’il suivrait comme président.

Si Marine Le Pen n’a reçu de nouveau soutien que celui de Dupont -Aignan, Emmanuel Macron « ni de droite, ni de gauche » a reçu de très nombreux soutiens de responsables des deux grands partis traditionnels, ces deux grande formation étant rentrées en criseen crise, le PS réduit à la proportion congrue, « Les Républicains » à droite, très secoué après la mauvaise campagne de François Fillon.

Au Parti Socialiste, c’est à la fois le Président sortant, François Hollande et son Premier Ministre, Bernard Cazeneuve qui a appelé officiellement les François à voter Macron, ancien ministre  de l’économie de l’actuel gouvernement socialiste.

La droite traditionnelle est plus partagée. Juppé et d’autres appellent à voter clairement pour Macron mais la plupart de ses leaders appellent d’abord à ne pas voter Marine Le Pen. Après plusieurs journées de débats, Les Républicains appelle à «voter contre Marine Le Pen» tout en précisant que «l’abstention ne peut être un choix» . Selon le président du Sénat Gérard Larcher, cette formulation permettrait d’éviter «l’éclatement» de LR.

Mais cette positions ne satisfait pas tout le monde notamment beaucoup de candidats_députés aux prochaines législatives : « comment appeler à voter Macron au deuxième tour et à voter aux législatives,  un mois après seulement après, contre ses candidats pour défendre les nôtres ? » s’interrogent-ils. Dans ce parti, après le départ des dirigeants historiques (Sarkozy, Juppé, Fillon…), c’est François Baroin, le Premier ministre hypothétique du candidat Fillon qui va diriger la bataille législative, persuadé que la droite peut gagner ses élections et imposer d’emblée un régime de »cohabitation » cohabitation, marquée par une opposition politique entre le président fraichement élu et la nouvelle majorité de l’Assemblée nationale.  Au Parti socialiste, on serait plutôt favorable à une alliance avec le mouvement En Marche de Macron  et un « gouvernement de coalition ». Reste le nombre d’élus que pourrait obtenir le Front National.

Donc, à part l’avance dans les derniers sondages d’Emmanuel Macron, beaucoup de questions restent en suspens sur le futur gouvernement de la France.

Remaniement : le nouveau gouvernement Valls

Remaniement : le nouveau gouvernement Valls

POLITIQUE GOUVERNEMENTALE  – Europe 1, France 3 – Attendu depuis plusieurs semaine,s le remaniement du gouvernement a été annoncé le 11 février. Le nouveau gouvernement Valls comprend ainsi 38 ministres et secrétaires d’État contre 32 dans le précédent avec 19 hommes et 19 femmes. La parité est donc respectée.

Les principales informations :

Ministère des Affaires étrangères : Jean-Marc Ayrault qui hérite du portefeuille des affaires étrangères, après le départ de Laurent Fabius à la présidence du Conseil constitutionnel. Celui qui fut nommé Premier ministre par François Hollande en mai 2012 revient donc au gouvernement, et c’est une première sous la 5e République.

Deux départs importants : outre Laurent Fabius, Fleur Pellerin quitte son poste de ministre de la Culture et de la Communication. Elle est donc remplacée par Audrey Azoulay, la conseillère à la culture de François Hollande. La ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise Lebranchu quitte elle aussi son poste. Annick Girardin, ancienne secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, la remplace. Toujours dans les fonctions publiques, . Jean-Michel Baylet (PRG) est nommé ministre de l’Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales.

Trois écologistes font leur entrée: Jean-Vincent Placé (Secrétaire, d’E. réforme de l’état), Barbara Pompili (Secrétaire d’E. Bio-diversité), Emanuelle Cosse (Ministre du Logement)

« Le président François Hollande, plombé par une impopularité record, a annoncé un remaniement gouvernemental qui lui permet d’élargir sa majorité sans pour autant renier son orientation libérale dans l’optique de l’élection présidentielle de 2017″ pointe France 3. Commentaire similaire à Europe 1 ;  « Avec ce remaniement, le chef de l’État lance le sprint final vers la présidentielle de 2017. La cote de popularité du chef de l’État s’est effondrée ces dernières semaines après une remontée spectaculaire au lendemain des attentats du 13 novembre. Et la majorité a étalé au grand jour ses divisions lors de la discussion de la révision constitutionnelle à l’Assemblée. Autant de sujets qui seront abordés dans la soirée par le président de la République en personne, lors des 20-Heures de TF1 et France 2 ».

F. Rebsamen démissionne du ministère du Travail

F. Rebsamen démissionne du ministère du Travail

POLITIQUE GOUVERNEMENTALE – Public Sénat, 20 minutes – Après 16 mois au ministère du Travail, François Rebsamen, qui doit remettre sa démission mercredi à l’issue du conseil des ministres, laissera à son successeur le dossier le plus miné du quinquennat: un chômage record. Un article Sarah Brethes de Public Sénat, avec l’AFP, et le point de vue de Victor Point de 20 minutes sur les éventuels successeurs :

De son passage au gouvernement, resteront une réforme du dialogue social, mais aussi une série de couacs et polémiques, pointe Sarah Brethes :

Un échec sur le front du chômage…
A son arrivée rue de Grenelle, en avril 2014, le nouveau ministre du Travail hérite d’un dossier empoisonné: la « courbe du chômage », que son prédécesseur, Michel Sapin, a échoué à inverser.
François Rebsamen n’y parviendra pas davantage. Depuis sa prise de fonction, Pôle emploi a vu affluer plus de 200.000 chômeurs supplémentaires et recensait fin juin 3,55 millions de demandeurs d’emploi sans activité en métropole.
« Nous sommes sur une tendance baissière », assurait-il pourtant, optimiste, à ses débuts. Avant de reconnaître quelques mois plus tard un « échec » du gouvernement.
Ces derniers mois, ce fidèle de François Hollande tablait sur une baisse à « la fin de l’année », espérant que le rebond de croissance se refléterait enfin sur le marché du travail.
Les prochains chiffres de Pôle emploi seront publiés le 26 août, peut-être les derniers commentés par M. Rebsamen qui a retrouvé son fauteuil de maire de Dijon, avant qu’il ne passe le relais. Parmi les successeurs possibles, plusieurs noms sont cités comme Alain Vidalies, l’actuel secrétaire d’État aux Transports, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, ou Jean-Marc Germain, proche de Martine Aubry.

…malgré la consolidation de l’arsenal pour relancer l’emploi
A peine arrivé, François Rebsamen présente en juin 2014 un plan contre le chômage des seniors, en explosion de +11,6% sur un an. Doublement des aides du contrat de génération, renforcement du suivi par Pôle emploi, développement de l’alternance… Le ministre espère alors une « stabilisation » de la situation « d’ici 6 mois ». Elle ne viendra pas.
L’ex-chef de file des sénateurs PS dévoile ensuite, en février 2015, 20 mesures de lutte contre le chômage de longue durée. Pour remettre le pied à l’étrier des quelque 2,2 millions de chômeurs qui pointent à Pôle emploi depuis plus d’un an, le ministre annonce des formations gratuites, des garanties de loyer ou encore des places en crèche.
Ces deux plans viennent compléter les outils mis en œuvre au début du quinquennat (emplois d’avenir, contrat de génération…), qui ciblaient surtout les plus jeunes.
Mais aussi le pacte de responsabilité: François Rebsamen n’aura de cesse d’appeler le patronat, jugé trop frileux, à s’y engager en créant des emplois en échange des baisses de charges.

Une réforme du dialogue social
Il laisse une loi qui porte son nom, une réforme du dialogue social simplifiant les règles dans les entreprises, qui constitue selon lui « un levier de performance économique et sociale ».
D’aucuns lui prédisaient pourtant les pires difficultés, après le parcours chaotique de la loi Macron, adoptée sans vote grâce à l’article 49-3 de la Constitution.
Adopté fin juillet, le texte offre une représentation aux 4,6 millions de salariés des très petites entreprises (TPE, moins de 11 salariés), permet de regrouper des instances ou encore de sécuriser le régime des intermittents du spectacle.

Des polémiques en série
Le passage de François Rebsamen restera marqué par une kyrielle de couacs. Comme lorsqu’il fait dépublier une interview à un magazine bourguignon dans laquelle il affirmait « se battre depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie ».
Ou quand il assure que le gouvernement allongera la durée de cotisation pour la retraite « s’il le faut », avant d’être aussitôt démenti.
Il provoquera aussi un tollé en appelant à renforcer le contrôle des chômeurs et à les sanctionner. Des propos qui aboutiront toutefois quelques mois plus tard à la mise en place à Pôle emploi d’un nouveau dispositif de contrôle de la recherche d’emploi.
Parmi les mots maladroits, le qualificatif de « petit syndicaliste » attribué au patron du Medef, Pierre Gattaz, accusé de « nuire à l’image de l’entreprise » avec ses « postures ». Le ministre du Travail présentera ses excuses… aux syndicats.
Il quittera le ministère sur un dernier impair, en assurant qu’il ne démissionnerait pas du gouvernement dans l’immédiat s’il redevenait maire de Dijon. Une hypothèse immédiatement écartée par l’entourage du président et Manuel Valls.

C’est bien connu : à l’approche d’une désignation ministérielle, des rumeurs un peu folles commencent à sortir, constate Victor Point dans 20 minutes. La succession de François Rebsamen n’échappe pas à la règle. Aux dernières nouvelles, celui qui tiendrait la corde ne serait autre que… Emmanuel Macron. Improbable ? Tout autant que sa nomination au poste de ministre de l’Economie il y a tout juste un an…
Il faut dire que la démission du ministre du Travail, remise aujourd’hui au chef de l’Etat, est une sacrée épine dans le pied de François Hollande. Alors que les chiffres du chômage – mantra de la politique gouvernementale – ne sont toujours pas bons, cela ressemble même à s’y méprendre à un abandon de poste. Au-delà de ça, Hollande aurait préféré attendre les régionales de décembre pour effectuer un vrai remaniement en vue de 2017. Ou tout du moins le départ de Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, pressenti pour mener la campagne de fin d’année en Bretagne.
Alors choisir le successeur de Rebsamen ne va pas du tout de soi. Les favoris, 20 Minutes en a déjà parlé, sont Alain Vidalies, Jean-Marc Germain et Stéphane Le Foll. Ce dernier semble disqualifié par la crise porcine dans laquelle il est englué depuis plusieurs semaines. Le premier, actuel ministre des Transports, même s’il semble le mieux placé, paraît déjà usé par une fonction dans laquelle il ne s’est pas illustré. Le deuxième est un député frondeur qui n’a pas caché son hostilité à la loi Macron : difficile dans ce cas de cohabiter avec le ministre de l’Economie, l’une des stars du gouvernement.
Pour un ministère aussi exposé que celui du Travail, il faut donc trouver l’alliage entre la compétence, une certaine fidélité et un solide tour d’épaules. Une denrée rare qui risque d’ailleurs de ne pas être trouvée avant plusieurs jours. Tour d’horizon des derniers prétendants.

Bruno Le Roux, l’ambitieux
Le président du groupe PS à l’Assemblée nationale ne cache pas sa volonté de monter en grade. Fidèle hollandais, il ne présente pourtant pas un bilan très flatteur à son poste actuel, n’ayant pas réussi, à plusieurs reprises, à contenir la colère des frondeurs. Fera-t-il le poids face aux organisations syndicales et patronales ? Rien n’est moins sûr.

Laurent Grandguillaume, l’inconnu du grand public
Député de la Côte-d’Or, il a fait ses armes dans le monde du travail au moment de la loi Pinel. Il avait habilement réussi à apaiser le conflit entre artisans et auto-entrepreneurs. Mais à part ça, son CV paraît bien léger pour occuper un tel poste. Un homme de dialogue poids plume.
Dans le même genre, le nom de Christophe Sirugue circule. Député de Saône-et-Loire et rapporteur du projet de loi sur la réforme du dialogue social, c’est un proche de Moscovici. Mais il est tout aussi inconnu du grand public.

Emmanuel Macron, toujours outsider
Plus besoin de présenter le ministre de l’Economie. Il incarne, depuis sa prise de fonctions, la ligne sociale-démocrate défendue par Hollande, en faisant l’un de ses plus sérieux atouts. Il a prouvé sa compétence et sa pugnacité lors de la défense de la loi qui porte son nom. Quel intérêt aurait-il à prendre le ministère du Travail ? Cela le ferait probablement monter dans l’ordre protocolaire du gouvernement mais l’exposerait davantage. Un nouveau défi pour l’ex-banquier de Rothschild ?

Source : http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/chomage-reforme-dialogue-social-polemiques-bilan-rebsamen-ministere-travail-1012583

Loi Macron : les propositions retoquées de nouveau présentées au Parlement

Loi Macron : les propositions retoquées de nouveau présentées au Parlement

REFORME – Les Échos – Le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel de la loi Macron mais censuré 18 articles. Parmi eux figurent la réforme des prud’hommes. Dans un communiqué Manuel Valls a indiqué que les mesures annulées seront représentées au Parlement. Le bilan proposée par Les Échos :

Après un parcours parlementaire mouvementé, la loi Macron, emblématique pour l’exécutif, a franchi mercredi soir l’étape du Conseil Constitutionnel. L’essentiel de la loi pourra donc s’appliquer à l’exception de certaines mesures qui ont été refusées par les Sages et ont censuré certaines dispositions importantes.
Le Conseil a censuré en tout ou partie 18 articles « adoptés selon une procédure contraire à la Constitution », c’est-à-dire considérés comme des « cavaliers législatifs », en d’autre termes, des dispositions n’ayant rien à voir avec l’objet du projet de loi.
Le Premier ministre Manuel Valls a indiqué que la loi sera « mise en oeuvre sans délai », et que les mesures annulées par le Conseil constitutionnel seront présentées de nouveau au Parlement « dans les prochains mois ».
Interrogé sur Europe 1 , le ministre de l’économie Emmanuel Macron, a souligné qu’il n’était pas déçu. « Non pas du tout (…) nous avions une loi de plus de 300 articles et 98% des mesures sont validées et vont pouvoir entrer en vigueur », s’est félicité le ministre.

Les syndicats saluent la décision sur les Prud’hommes
Parmi les articles retoqués figurent des mesures importantes. Y figurent notamment les articles relatifs à la réforme de la justice prud’homale et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement sans cause réelle ou sérieuse, que la loi voulait variable selon la taille de l’entreprise et l’ancienneté du salarié.
S’il a validé le critère d’ancienneté, le Conseil constitutionnel a rejeté celui lié à la taille de l’entreprise, jugeant qu’ « il devait retenir des critères présentant un lien avec le préjudice subi par le salarié ». Des décisions saluées par les syndicats qui y voient une « première victoire » et une « très bonne nouvelle ». « C’est une première victoire dans la mesure où le Conseil constitutionnel retoque la distinction entre la taille de l’entreprise, c’est-à-dire qu’il retoque le critère d’inégalité qui est dans la loi Macron. Ce qui signifie que, dans l’immédiat, le plafonnement des indemnités ne peut pas s’appliquer (…) car un des critères est retoqué », a expliqué par exemple à l’AFP Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.
De son côté, Sophie Binet, membre de la commission exécutive de la CGT et secrétaire générale adjointe de l’UGICT-CGT attend désormais « que le gouvernement prenne acte de cette décision et renonce à toute forme de barémisation des recours » (devant les prud’hommes). « Les articles relatifs à la réforme des chambres de commerce et des métiers ont également été retoqués par le Conseil constitutionnel qui a estimé, là encore, qu’il s’agissait d’un « cavalier législatif ».

Déchets nucléaires et communication sur l’alcool
Deux autres sujets phares on également été remis en cause. D’une part l’article relatif au projet Cigéo d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure dans la Meuse, que le gouvernement souhaitait entériner, « pour clarifier la totalité des coûts » de la filière nucléaire comme l’expliquait le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, mi-juillet juste, avant l’adoption finale du texte. Les écologistes avaient, eux, dénoncé « un coup de force ».
D’autre part, l’article visant à assouplir la communication sur l’alcool et remettant en cause la loi Evin, selon les autorités sanitaires et plusieurs associations, n’a pas été accepté par le Conseil constitutionnel. Cet article affirmait que « ne sont pas considérés comme une publicité ou une propagande (…) les contenus, images, représentations (…) relatifs à une région de production, à une toponymie, (…) à un terroir, à un itinéraire, à une zone de production, au savoir-faire, à l’histoire ou au patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique (…) ».

Permis de conduire, professions réglementées …
Par contre, la réforme du passage du permis de conduire, des mesures sur la vie des entreprises, ou encore la lutte contre la fraude aux travailleurs détachés qui ne faisaient pas l’objet de contestation pourront entrer en vigueur telles que prévues, une fois la loi promulguée et les décrets d’application pris par le gouvernement.
Le Conseil a également validé la quasi-totalité des articles relatifs à la réforme des professions réglementées du droit, comme les notaires, huissiers de justice, etc.

Source : http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/021248133101-loi-macron-le-conseil-constitutionnel-valide-lessentiel-mais-censure-plusieurs-articles-1142595.php?PzbrCPoAT5bbsWD7.99