C’est l’une des grandes surprises de ce nouveau gouvernement, comme pour la famille ou le logement,  il n’y aura pas de ministère de la Fonction publique quelques 5,3 millions de fonctionnaires et 900 000 salariés de statut privé. Vives réactions des syndicats.

La suppression du ministère de la Fonction publique « est une erreur » qu’il faut « corriger », a estimé vendredi 19 mai le président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) Philippe Laurent.

« C’est, sinon une faute, au moins une erreur. Rattacher la Fonction publique aux comptes publics, ça veut dire que l’on considère les 5,4 millions de fonctionnaires comme une dépense. Il faut corriger cela, ça peut être corrigé », a déclaré à l’AFP Phiklippe Laurent, également maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’association des Maires de France (AMF).

« Ça aurait été faire preuve d’un vrai réformisme que de la rattacher au ministère du Travail parce qu’on a, dans la Fonction publique, de vrais sujets en matière de dialogue social, de management, d’organisation, qui sont au moins aussi importants que les questions du statut », a-t-il ajouté. Philippe.Laurent estime à cet égard que Gérald Darmanin, ministre de  l’Action et des Comptes publics qui pilotera les comptes publics (budget) et sociaux (comptes de la Sécu) ainsi que la Fonction publique et la Réforme de l’État, « ne pourra pas » être « l’interlocuteur politique » dont ont besoin les fonctionnaires, en raison de l’étendue de ses prérogatives.

Selon l’AFP, plusieurs syndicats de fonctionnaires se sont inquiétés de l’absence d’un ministère de plein exercice pour les 5,4 millions d’agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriaux et hospitaliers), et surtout du lien entre action et comptes publics dans le portefeuille de Gérald Darmanin.

– Pour la CGT (1er syndicat du secteur), « en effaçant ainsi la Fonction publique, en la rattachant à un département ministériel qui en fera avant tout une variable budgétaire et en y nommant une personnalité fortement ancrée à droite », Emmanuel Macron et Edouard Philippe « indiquent clairement leur volonté de poursuivre et d’amplifier les nocives politiques d’austérité ». « Même Nicolas Sarkozy n’avait pas franchi un tel cap », relève le syndicat face à l’absence de ministère de plein exercice.

– La CFDT (2ème): « Mais où est passée la Fonction publique ? », se demande le syndicat, qui « attend une réponse rapide à ses interrogations qui concernent plus de 5 millions de fonctionnaires et agents publics ».

– L’Unsa (4ème) évoque « un mauvais signal donné aux agents » alors qu’ils représentent « un emploi sur cinq ». « La réunion de l’action publique et des comptes publics dans un même ministère (…) renvoie à un passé (…) où la RGPP (dont la mesure phare était le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la Fonction publique d’Etat, ndlr) avait réduit la politique fonction publique à une gestion mécanique par les seuls coûts ».

– La FSU (5ème mais 1er chez les enseignants) observe que « l’intitulé lie clairement l’action publique aux comptes publics », observe la FSU pour qui il « n’est pas acceptable de traiter des missions de services publics par le seul prisme budgétaire ».

– Solidaires (6ème): « Quand l’on sait que M. Macron envisage de supprimer au cours de son mandat 120.000 postes de fonctionnaires (…) on comprend mieux ce rapprochement » entre action et comptes publics, écrit le syndicat qui craint que la fonction publique et ses agents servent de « variable d’ajustement pour l’équilibre des comptes de la nation ».