Face à la candidature « ni droite, ni gauche » d’Emmabuel Macron,  quelles sont les principales propositions sur la Fonction publique de Benoît Haman,  candidat du PS (et des Verts) et celles de jean-Luc Mélenchon pour la France Insoumise ?

Benoît Hamon : davantage d’emplois publics

Une de ses mesures phares du candidat Benoit Hamon est la revalorisation du point d’indice de la fonction publique de 10%, utilisé pour calculer le salaire brut. Avant 2016, la valeur du point n’augmentait plus, elle restait au niveau fixé en 2010. L’an passé, une revalorisation de 1 ?2% avait été décidée par le gouvernement Hollande. Le candidat souhaite également  renforcer les moyens de la police et de la gendarmerie par le remplacement de tous les départs à la retraite et la création de 1.000 postes par an. «Je veux également instaurer une prime pour les forces de l’ordre présentes en zone très difficile en s’inspirant de l’Éducation nationale avec les REP et REP+», a déclaré l’ancien ministre de l’Éducation nationale après l’affaire Théo dans l’émission « C à vous ».

Priorité à l’Éducation nationale

Benoît Hamon  estimait en décembre qu’il y avait «urgence à recruter dans certains secteurs: l’éducation, la santé, la petite enfance, la prise en charge de la dépendance». Pour cela, le candidat du Parti socialiste veut embaucher 37.000 enseignants, avec une priorité pour le primaire, et il souhaite la mise en place d’un service public du soutien scolaire. «Plutôt que de démanteler l’État, ma priorité sera au contraire de réarmer les corps de contrôles qui n’ont plus les moyens de remplir leur mission au service des citoyens et de leurs droits», avait déclaré Benoît Hamon sur son site de campagne, avant sa victoire au sein de la primaire socialiste, en décembre dernier. Plus généralement, Benoît Hamon promet dans son programme économique d’abroger la loi Travail – ou loi El Khomri – afin de “rétablir la hiérarchie des normes”. Sur le temps de travail, il entend maintenir la durée légale à 35h mais souhaite inciter les sociétés à l’abaisser par “un droit inconditionnel au temps partiel”. Benoît Hamon s’oppose par ailleurs au fonctionnement des entreprises “ubérisées” et assure qu’il requalifiera leurs collaborateurs en salariés. Le candidat de la gauche entend également créer une taxe sur la richesse engendrée par les robots qui servirait, entre autres, à financer le revenu universel. Pour soutenir le pouvoir d’achat, il affirme vouloir revaloriser les minima sociaux à hauteur de 10%, le SMIC et le point d’indice de la fonction publique. En matière de santé, le candidat socialiste veut donner la priorité à la lutte contre les maladies chroniques, dont souffrent selon lui 15 millions de personnes en France. « Il s’agit de prendre le tournant de la santé environnementale », a-t-il expliquCela passe aussi, selon lui, par la lutte contre les addictions, notamment à l’alcool et au tabac, par un plan en faveur d’une alimentation équilibrée, par l’éradication des perturbateurs endocriniens, de la pollution aux particules fines, notamment des moteurs diesel.Il propose enfin le remboursement par la Sécurité sociale d’une activité physique adaptée pour tout patient souffrant d’une maladie chronique.

Jean-Luc Mélenchon : forte revalorisation du salaire des fonctionnaires

Le candidat du mouvement la France insoumise souhaited’abord une revalorisation du salaire des fonctionnaires. La promesse est inscrite dans les «10 mesures emblématiques» de son programme. Son porte-parole, Alexis Corbière, a d’ailleurs précisé que cette revalorisation sera de 6,7%. Ce dernier a aussi parlé d’un vaste plan de recrutement dans le secteur public en cas de victoire à l’élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs indiqué qu’un effort important serait fait au niveau de l’Éducation nationale.

Titularisation des précaires des fonctions publiques

Plus important, Jean-Luc Mélenchon avait annoncé en 2013 sa volonté de titulariser tous les précaires des trois fonctions publiques. Cette mesure concerne en réalité quelques 900 000 salariés.«Je commence tout de suite par titulariser tous ceux qui sont en situation de précarité dans la fonction publique (…). Il y en a presque 800.000 là-dedans, qui, enfin, vont avoir un horizon devant eux», avait-il déclaré à l’émission «On n’est pas couché», minorant involontairement le précariat dans la fonction publique. Enfin, le candidat a déclaré que le fait d’imposer un jour de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie est une «idée aberrante».

Écarts de salaires de 1 à 20

Plus généralement, l’une de ses mesures les plus emblématiques est celle visant à encadrer les salaires dans une échelle de un à vingt dans les entreprises, du patron au plus petit salaire. Les écarts de salaires dans les emplois fonctions publiques restent aujourd’hui bien plus importants.Le candidat à la présidentielle annonce 102 milliards d’euros d’investissement, financé par un emprunt, auxquels s’ajoute une hausse de 173 milliards d’euros de la dépense publique, destinés à stimuler l’activité. Cette orientation, à l’encontre des programmes d’austérité promu par la Commission européenne, très volontariste s’appuie sur l’effet multiplicateur de la dépense publique ; un euro public investit en crée trois, avance avec force le candidat.Sur la base d’un programme très keynésien, Jean-Luc Mélenchon veut financer une batterie de mesures toutes très couteuses pour les finances publiques. Hausse du Smic de 15% à 1.300 euros net par mois, remboursement à 100% de tous les soins par la sécurité sociale, retraite à 60 ans à taux plein, un plan « zéro sans-abri » à la fin du quinquennat, revalorisation de 6,7 % du point d’indice des fonctionnaires gelé depuis 2010, recrutement massif dans la fonction publique (10 000 dans la police, 60 000 dans l’éducation nationale, 5000 douaniers…), scolarisation obligatoire de 3 à 18 ans avec cantine, transport et enseignement gratuit… En tout, l’ancien sénateur de l’Essonne veut dépenser 173 milliards d’euros (33 milliards pour un plan de lutte contre la pauvreté, 24 milliards pour l’éducation, 17 milliards à la jeunesse…). Objectif principal : réduire le chômages de 10% à 6% lors du quinquennat