Les syndicats de fonctionnaires sont toutefois sortis globalement «déçus» lundi 16 octobre, de leur «rendez-vous salarial» avec le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, certains d’entre eux n’excluant pas une nouvelle mobilisation.

Alors qu’ils espéraient un geste en faveur de leur pouvoir d’achat, moins d’une semaine après avoir manifesté en ce sens, les représentants des syndicats de la fonction publique ce sont également vu confirmer par le ministre que la hausse de la CSG serait compensée, sans gain de pouvoir d’achat.

« Ce soir, pour la FSU, nous sommes profondément déçus », a déclaré la secrétaire générale du syndicat de l’enseignement, Bernadette Groison, à la sortie d’une réunion qui a duré plus de trois heures et demie.

Un sentiment partagé par Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa-Fonction publique, qui a évoqué « un mauvais signal donné à l’ensemble des agents de la fonction publique », tandis que Denis Turbet Delof, délégué général de Solidaires-Fonction publique, s’est déclaré « déçu mais pas surpris ».

«Le ministre a exclu tout geste à ce stade sur le point d’indice, il a même laissé entendre que lorsque nous discuterons salaire, nous discuterons avant tout rémunération au mérite (…) Une grande insatisfaction qui se manifeste pour la CGT. Ce qui est à l’ordre du jour, c’est le prolongement de la journée» de grève et manifestations du 10 octobre, a déclaré Baptiste Talbot de la CGT. «Nous sommes profondément déçus puisqu’il n’y a pas de mesures nouvelles. Nous avons juste une compensation CSG qui semble un peu meilleure. Par contre on nous annonce le report d’une année des mesures du protocole PPCR (…). Nous avons redit que nous étions dans un rendez-vous salarial, que nous voulions parler salaire et que nous voulions parler amélioration du pouvoir d’achat des agents (…) Le gouvernement n’a pas répondu à ces attentes», a de son côté regretté Bernadette Groison de la FSU.

Les syndicats dénoncent unanimement le « tour de passe-passe mensonger » de l’exécutif qui affirme que leur pouvoir d’achat a augmenté de 2% en moyenne en 2016 et de 4% en 2017. Ils s’insurgent aussi contre les 120.000 suppressions de postes annoncées par le gouvernement d’ici 2022.

Les réactions des agents

Y aura-t-il de nouvelles mobilisations ? Rien n’est à exclure mais la relative unité syndicale constatée lors des manifestations du 10 octobre (mobilisation qui fut un demi-succès au niveau du nombre de grévistes et de manifestants)ne se prolongera peut-être pas.

Mais l’essentiel dépendra des réactions «  de la base » des agents publics, fonctionnaires en très grande majorité dans les trois grands secteurs, fonction public d’’Etat, fonction publique hospitalière, fonction publique territoriale mais également des autres catégories, salariés des secteurs publics, vacataires… L’ensemble de ces salariés commencent à ressentir négativement la stagnation, voire le recul de leurs rémunérations dans un contexte politique ou le gouvernement les présente souvent comme des catégories « protégées ».