ABSENTEISME – D’après une étude du courtier en assurance Sofaxis, le taux d’absentéisme dans la fonction publique territoriale, s’est établi à 9,3% en 2015 contre 8,8% en 2014.

Depuis 2007, la progression atteint 26%. L’étude repose sur l’analyse de plusieurs statistiques portant sur les absences pour maladie dans les collectivités territoriales,  sur la base d’un échantillon de 368.000 agents territoriaux répartis dans 18.400 collectivités. Selon BFM business, cinq grandes chiffres sont à retenir :

20 jours d’arrêt pour une maladie « ordinaire »

Le nombre moyen de jours d’absence d’un agent territorial mis en arrêt maladie par son médecin a progressé entre 2014 et 2015: En moyenne, les absences durent 36 jours, contre 35 l’année précédente, notamment par les maladies de longue duréequi  représentent à elles seules entre 31 % et 36 % du taux global d’absences pour raisons de santé dans les collectivités territoriales. Car ce chiffre inclut tous les types d’arrêt de santé, que ce soit pour un accident du travail, une naissance, ou une affection de longue durée (infarctus, diabète). Pour une maladie « ordinaire » (grippe, gastro-entérite) la moyenne est de 20 jours.

À titre de comparaison, selon une étude de l’an dernier de l’assureur Malakoff-Médéric,  la durée moyenne d’un arrêt maladie, toutes causes confondues, dans le privé était de 18,1 jours en 2014.

1 arrêt sur 2 lié à une maladie ordinaire

47% des jours d’arrêt maladie dans la fonction publique territoriale, ont pour origine des maladies « ordinaires » (grippe, gastro-entérite…). 31% sont dus à des maladies longue durée (infarctus), 14% à des accidents du travail, 8% à des congés maternité.

 72 arrêts pour 100 fonctionnaires

Sofaxis estime par ailleurs à 72 le nombre d’arrêt maladie pour 100 agents de la fonction publique territoriale en 2015. Ce chiffre global avait sensiblement baissé entre 2011 et 2013 (de 70 à 62), chute que le courtier attribue à la mise en place du jour de carence que François Fillon entend rétablir s’il arrive au pouvoir en mai prochain.

Dans le secteur privé, Malakoff Médéric, arrivait à un chiffre de 0,63 jours d’absence (et non d’arrêt) par personne soit 63%.

Plus de 4 agents sur 10 absents au moins une fois par an

En 2015, 44% des agents ont, au moins une fois dans l’année, justifié leur absence par un arrêt maladie. Là encore ce chiffre est nettement supérieur à celui du secteur privé (32,6%) selon l’étude de Malakoff Médéric.

2.067 euros, le coût moyen pour chaque agent arrêté

Au total, le coût moyen pour les collectivités territoriales des absences pour raison de santé atteindrait selon Sofaxis, 2.067 euros par agent. Si l’on distingue les différents types d’arrêt, une maladie ordinaire « coûte » 1.150 euros en moyenne, un congé maternité 8.472 euros, un arrêt pour maladie de longue durée 40.280 euros et un accident du travail 3.370 euros.

Contestation du ministère

Cette enquête de Sofaxis intervient dans le cadre des premiers pas de l’élection présidentielle. François Fillon, désigné par la primaire « de la droite et du centre » est intervenu pour défendre un programme prévoyant la suppressions de 500 000 postes dans la Fonction publique, faire passer aux39 heures (payées 37) et surtout rétablir un jour de carence, c’est-à-dire un jour d’arrêt pour maladie non payé par l’employeur (donc l’État en l’occurrence).

De son côté, le ministère de la Fonction publique a publié un argumentaire sur l’absentéisme dans les collectivités locales, en réponse à l’étude de Sofaxis. Le ministère reproche notamment au courtier  d’assurances d’intégrer dans son taux d’absentéisme global les congés de longue maladie et les congés de longue durée, ainsi que les congés pour maternité « qui ne sont pas des absences pour maladie ». le même communiqué fait également remarqué que « les modalités de calcul des taux d’absentéisme ne sont pas comparables d’une fonction publique à l’autre et entre le secteur public et le secteur privé dans la mesure où les différents motifs d’absence ne sont pas comptabilisés de la même façon ». Le ministère estime toutefois qu’il est « essentiel de responsabiliser les employeurs publics » et de « les contraindre » à présenter leur politique en matière de prévention de la pénibilité et d’amélioration des conditions de travail. « Il est demandé aux employeurs d’intégrer le plan d’action mené en matière d’absentéisme dans la présentation de leur bilan social annuel, auprès du comité technique compétent », précise le document. Il ajoute que « les indicateurs de suivi seront par ailleurs harmonisés entre les trois versants de la fonction publique et entre ceux-ci et le secteur privé ». Le ministère précise  qu’une « circulaire, constitutive du plan d’action sur l’absentéisme, viendra rappeler les obligations des employeurs publics en terme de prévention et de contrôles des arrêts pour maladie ».

Le ministère rappelle que plusieurs autres actions sont prévues pour améliorer le contrôle médical. Il cite notamment la possibilité donnée aux collectivités de recourir aux médecins-conseils de l’assurance maladie et à l’ensemble des médecins, ou, l’utilisation des référentiels de pratique médicale élaborés par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie.

Sources : BFM Business, La Gazette des Communes