Dans les trois fonctions publiques, les départs  à la retraite vont dans les prochaines années. Restent les questions des  non-remplacements  des personnels partant et l’équilibre financier à trouver pour assurer les pensions.

Dans la fonction publique d’État, le nombre de retraités de droit direct va ainsi grimper de 2 à 2,2 millions en 2035, avant de décroître. Dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale, il faut s’attendre à un doublement de l’effectif actuel, à plus de 2 millions de pensionnés en 2045. La croissance demeurera soutenue jusqu’en 2025, à plus de 3 % par an, et se poursuivra pour se stabiliser à un niveau élevé.

« En face, le nombre de cotisants ne suivra pas. En 2020, il n’y aura plus que 9 actifs pour financer la pension de 10 retraités d’État, et ils ne seront plus que 8 actifs en 2030-2040. Sur les deux autres versants de la fonction publique, la situation est bien plus enviable, et cela s’explique par le transfert massif de personnel de l’État vers les collectivités territoriales durant le quinquennat Sarkozy. Mais ce dynamisme ne durera pas, car ces fonctionnaires, eux aussi, finiront par prendre leur retraite. Le ratio passera de 17 cotisants pour 10 pensionnés en 2020 à 12 pour 10 en 2030, puis il n’y aura plus qu’un actif pour un retraité en 2040 », note Solveig Godeluck dans les Échos.

Même son de cloche chez Christian Ménanteau (RTL) : « Les départs en retraite des employés de la fonction publique vont croissants et, avec eux, le rapport entre contribuables et pensionnés se trouve de plus en plus déséquilibré » (…) «     En 2020, 9 actifs devront financer 10 fonctionnaires retraités ». « Dossier alarmant » conclut le chroniqueur de cette radio.

Risques de dérapage du financement des pensions

En 2016, la pension brute moyenne des nouveaux retraités de la fonction publique civile d’État s’est élevée à 2.134 euros, et celle des hospitaliers à 1.526 euros mensuels. C’est plus que la moyenne de 1.375 euros chez les salariés du privé, notamment en raison d’un niveau de qualification plus élevé. L’âge moyen de départ à la retraite continue à grimper alors que celui des salariés du privé stagne : il a gagné 2 mois en un an, à un peu plus de 61 ans. Mais si l’on exclut les catégories actives, qui partent à l’approche de 60 ans (État, collectivités) ou de 59 ans (hôpital), les fonctionnaires d’État partent sept mois après les salariés du privé, à 63 ans.

Dans les mesures récentes, le gel du point d’indice jusqu’en 2016 a privé les caisses de retraites de cotisations qui auraient été providentielles. Avec la démographie et la croissance économique, la faible croissance de la masse salariale de la fonction publique est l’une des raisons  citées par le Conseil d’orientation des retraites pour expliquer que l’équilibre du système risque d’être repoussé de 15 ans, au-delà de 2040.

En 2020, note Solveig Godeluck dans les Échos, le besoin de financement « technique » du régime de la fonction publique d’État devrait ainsi s’établir à 4,1 milliards d’euros, en prenant l’hypothèse d’une croissance de 1,3 % de la contribution de l’État-employeur (proportionnelle à l’augmentation de la masse des traitements bruts). Soit un trou de 4,2 milliards en y ajoutant le déficit des fonctions publiques hospitalière et territoriale.

En 2030, le besoin de financement deviendrait encore plus criant : respectivement 10,6 et 6,8 milliards pour les deux régimes, c’est-à-dire plus de 17 milliards d’euros à deux, alors qu’ils versent 70 milliards des prestations par an en 2016.

L’équilibre n’est pas envisagé avant la fin des années 2050, et encore, pour la seule fonction publique d’État. Les hospitaliers et les territoriaux, eux, verront leur besoin de financement s’alourdir jusqu’à 13 milliards en 2070.