Mardi, à l’appel de plusieurs syndicats, les fonctionnaires étaient appelés à faire grève pour « défendre le service public ». Ils demandent notamment plus de moyens.

Réduction des moyens, dégradation des conditions de travail et du service public, pouvoir d’achat : la colère monte dans les secteurs de la santé, de l’action sociale, de la Sécurité sociale, et plus largement dans la fonction publique territoriale et d’État. De nombreux secteurs professionnels et les retraités ont répondu à l’appel national à la grève et à une manifestation à Paris le 7 mars, lancé par les fédérations FO, CGT et SUD de la santé et du social.

Ils étaient entre 10.000 et 12.000 à Paris, selon la police, 35.000 selon FO services publics et santé et « au moins 30.000 », selon la CGT de la fonction publique, qui annonçait 1.500 manifestants à Marseille. A Lyon, ils étaient plusieurs centaines, environ 300 à Grenoble, près de 450 à Dijon, 600 à Perpignan selon la police, 800 à 1.000 selon les syndicats. De nombreux rassemblements se sont également tenus en province.

Suppression des moyens et malaise au travail

Le secteur de la santé était le plus mobilisé. Trois grands sujets d’inquiétudes dominaient les personnels et syndicats mobilisés : a réduction du nombre des hôpitaux avec les groupements hospitaliers de territoire (GHT) prévue dans la Loi Santé, aboutirait pour les organisations syndicales la fusion de 850 hôpitaux au sein de 135 GHT. Les 3,5 milliards d’économie budgétés sur les dépenses de santé  font craindre aux organisations syndicales la fermeture de 16 000 lits et la suppression de 22 000 postes.

Ces dispositions viendraient accroître le malaise au travail déjà ressenti dans la quasi-totalité des professions hospitalières. « Faire toujours plus avec moins », la systématisation des manques de personnels et de moyens, la course à la rentabilité, aboutissent à des tensions au sein des personnel et la multiplication de signes d’épuisement professionnel.

Selon Sud Santé sociaux, quelque 200 manifestants se sont réunis le même jour en fin d’après-midi devant l’hôpital Cochin, après avoir appris le suicide dans la matinée du 7 mars, d’une infirmière affectée au département de l’information médicale. Après le suicide d’un moins cinq infirmière l’été dernier, %Marisol Touraine avait dévoilé en décembre un plan pour l’amélioration des conditions de travail des hospitaliers mais les mesures budgétaires envisagées en limite évidemment beaucoup la portée.

D’autres secteurs de la fonction publique d’état et de la territoriale se sont également mobilisés le 7 mars. Et la manifestation d7 mars coïncidait avec une grève à Air Franc portant principalement sur les rémunérations. Le contexte de la campagne électorale inquiète car de nombreux candidats réclament une réduction du nombre de fonctionnaires, notamment dans l’objectif d’une réduction du coût financier du service public : les 5,5 millions de fonctionnaires dans les trois fonctions publiques confondues, représentent une masse salariale d’environ 250 milliards d’Euros.