L’association « Services Publics » revient sur l’engagement pris par plusieurs candidats de réduire les effectifs de la fonction publique.,ans  une tribune parue le 28 février dans Lisions sociales.

Pour l’association, cette promesse de réduction des effectifs est basé sur trois présupposés erronés : le nombre de fonctionnaires serait anormalement élevé en France ; il serait possible réduire les effectifs en augmentant les horaires de travail ; cette réduction pourrait sans dommage être opérée au rythme des départs en retraite. « Services publics » conteste ces trois affirmations.

Sur les effectifs : « il ressort qu’en 2013, on compte en France 87,6 agents pour 1.000 habitants. Ce « taux d’administration » se situe au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE mais il est largement dépassé dans les pays nordiques (159 pour 1.000 en Norvège, presqu’autant en Suède et au Danemark). Il place la France légèrement au-dessus du Royaume Uni (84) mais nettement en deçà du Canada (100). Si l’on ajoute à ce chiffre, qui est celui des agents directement employés par les collectivités publiques, celui du personnel travaillant en sous-traitance, c’est-à-dire employé par une entreprise privée mais financé sur crédits publics, la France se situe en position tout à fait médiane, derrière le Royaume-Uni (qui utilise fortement cette formule) et le Portugal, légèrement devant l’Autriche, la Belgique et les États-Unis ». De même l’association souligne que le niveau de rémunérations des fonctionnaires français par tête se situe au-dessous de la moyenne de l’OCDE et au total, les dépenses directes des administrations publiques (rémunération plus consommation intermédiaires) situent la France au 8ème rang sur les 19 pays recensés par l’OCDE.

Sur le volume de travail et le salaire : l’augmentation autoritaire du temps de travail qui sera mal vécue dans certains secteurs, imposent une augmentation des rémunérations. Ce qui fait problème ou absence de précisions dans les programmes de plusieurs candidats.

Le non-remplacement des départs en retraite, notamment avancé par le candidat François Fillon : « il saute aux yeux que cette démarche est à la fois irréaliste et dangereuse. Irréaliste car il ne sera pas possible de la mettre en œuvre à 100 %. Dangereuse car, à vouloir s’en approcher, on compromettra nécessairement la qualité du service. À l’évidence, il n’y a aucune corrélation entre la pyramide des âges des fonctionnaires en service dans une administration donnée et l’échelle des besoins auxquels cette administration doit répondre. Les situations des différents services concernés sont différentes et doivent être traitées spécifiquement : non-remplacement ici, remplacement, voire recrutement supplémentaire, ailleurs. Le candidat François Fillon a d’ailleurs lui-même rendu encore plus difficile la tâche du futur président puisqu’il propose d’augmenter les « moyens de fonctionnement » des activités régaliennes (défense, justice et sécurité). Autant d’emplois en plus à supprimer ailleurs, y compris dans l’éducation et la santé. On n’en sortira pas », constate l’association « Services publics ».

Lire l’ensemble de l’étude : http://www.miroirsocial.com/actualite/14329/les-trois-faux-presupposes-d-une-reduction-drastique-du-nombre-de-fonctionnaires