Le Prix du roman d’entreprise et du travail : Catherine Poulain

Le Prix du roman d’entreprise et du travail : Catherine Poulain

Le Prix du roman d’entreprise et du travail, huitième du genre, initié par Technologia et l’ANDRH (Association nationale des directions de relations humaines) a été décerné le 16 mars au  récit de Catherine Poulain, Le grand marin, paru aux éditions de l’Olivier. Le compte-rendu du site de Gestion Sociale :

C’est l’histoire d’une femme qui part en Alaska pêcher la morue noire, le crabe et le flétan, sur un bateau, en tant que marin, au milieu de collègues hommes. Et c’est dur : il lui faut dormir à même le sol, supporter l’humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, la peur, les blessures. Et c’est dur. Pour tenir, l’héroïne se fait aider, parfois, par des substances dopantes.

D’une écriture âpre et alerte, le livre aborde plusieurs thématiques auxquelles les DRH, patrons de PME, syndicalistes et inspecteurs du travail sont habitués : pénibilité du travail, mixité, addiction en milieu professionnel, et même la condition de travailleur sans-papiers. Ce premier roman sera traduit dans plusieurs langues et un projet de film est en chantier.

L’auteure a beaucoup voyagé et pas mal bourlingué. Elle a été, au gré de ses voyages, employée dans une conserverie de poissons en Islande et sur les chantiers navals aux États-Unis, travailleuse agricole au Canada, barmaid à Hong-Kong, et marin pêcheur en Alaska. Elle l’emporte face à 11 autres livres sélectionnés par un jury auquel ont participé FO, la CGT, la CPME, la CFE-CGC, la CFTC, l’Unsa. Le Cercle des DRH européens et la mutuelle UMC ainsi que l’hebdomadaire Marianne sont aussi partenaires. Créé en 2009 par La place de la médiation, orchestré chaque année avec Technologia et l’ANDRH, le prix a été remis pour la deuxième fois par la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

L’article : La pénibilité, la mixité et les addictions au travail, là où on ne les imagine pas  – www.gestionsociale.fr

Manifestation nationale le 7 mars, les hôpitaux fortement mobilisés

Manifestation nationale le 7 mars, les hôpitaux fortement mobilisés

Mardi, à l’appel de plusieurs syndicats, les fonctionnaires étaient appelés à faire grève pour « défendre le service public ». Ils demandent notamment plus de moyens.

Réduction des moyens, dégradation des conditions de travail et du service public, pouvoir d’achat : la colère monte dans les secteurs de la santé, de l’action sociale, de la Sécurité sociale, et plus largement dans la fonction publique territoriale et d’État. De nombreux secteurs professionnels et les retraités ont répondu à l’appel national à la grève et à une manifestation à Paris le 7 mars, lancé par les fédérations FO, CGT et SUD de la santé et du social.

Ils étaient entre 10.000 et 12.000 à Paris, selon la police, 35.000 selon FO services publics et santé et « au moins 30.000 », selon la CGT de la fonction publique, qui annonçait 1.500 manifestants à Marseille. A Lyon, ils étaient plusieurs centaines, environ 300 à Grenoble, près de 450 à Dijon, 600 à Perpignan selon la police, 800 à 1.000 selon les syndicats. De nombreux rassemblements se sont également tenus en province.

Suppression des moyens et malaise au travail

Le secteur de la santé était le plus mobilisé. Trois grands sujets d’inquiétudes dominaient les personnels et syndicats mobilisés : a réduction du nombre des hôpitaux avec les groupements hospitaliers de territoire (GHT) prévue dans la Loi Santé, aboutirait pour les organisations syndicales la fusion de 850 hôpitaux au sein de 135 GHT. Les 3,5 milliards d’économie budgétés sur les dépenses de santé  font craindre aux organisations syndicales la fermeture de 16 000 lits et la suppression de 22 000 postes.

Ces dispositions viendraient accroître le malaise au travail déjà ressenti dans la quasi-totalité des professions hospitalières. « Faire toujours plus avec moins », la systématisation des manques de personnels et de moyens, la course à la rentabilité, aboutissent à des tensions au sein des personnel et la multiplication de signes d’épuisement professionnel.

Selon Sud Santé sociaux, quelque 200 manifestants se sont réunis le même jour en fin d’après-midi devant l’hôpital Cochin, après avoir appris le suicide dans la matinée du 7 mars, d’une infirmière affectée au département de l’information médicale. Après le suicide d’un moins cinq infirmière l’été dernier, %Marisol Touraine avait dévoilé en décembre un plan pour l’amélioration des conditions de travail des hospitaliers mais les mesures budgétaires envisagées en limite évidemment beaucoup la portée.

D’autres secteurs de la fonction publique d’état et de la territoriale se sont également mobilisés le 7 mars. Et la manifestation d7 mars coïncidait avec une grève à Air Franc portant principalement sur les rémunérations. Le contexte de la campagne électorale inquiète car de nombreux candidats réclament une réduction du nombre de fonctionnaires, notamment dans l’objectif d’une réduction du coût financier du service public : les 5,5 millions de fonctionnaires dans les trois fonctions publiques confondues, représentent une masse salariale d’environ 250 milliards d’Euros.

Service public : des syndicats appellent à la mobilisation le 7 mars

Service public : des syndicats appellent à la mobilisation le 7 mars

Les fédérations de fonctionnaires CGT, FO, Solidaires et FA-FP ont appelé lundi 13 février à participer à la mobilisation du 7 mars lancée par le secteur de la santé, pour « défendre le service public ».

« Les fédérations de fonctionnaires CGT, FO, Solidaires et FA-FP soutiennent pleinement toutes les initiatives prises par les différents secteurs de la fonction publique, sous forme de mobilisations, actions et grèves le 7 mars », déclarent les syndicats dans un communiqué commun.

Initiée par le secteur de la santé, cette journée de mobilisation nationale également annoncée dans la fonction publique territoriale, sera « l’occasion de porter nos revendications en matière de défense du service public hospitalier et de la sécurité sociale », ajoutent-ils.

Les syndicats dénoncent un secteur de la santé « en péril en termes d’égalité d’accès aux soins », « asphyxié par les déremboursements, les dérégulations, les suppressions de postes et les réorganisations permanentes, auxquels s’ajoutent les regroupements d’hôpitaux imposés par la loi Touraine ».

Ils s’en prennent également à la « réforme territoriale et ses conséquences : fusion de communes, de conseils régionaux, création de métropoles », qui « entrainent des mobilités forcées et des inquiétudes grandissantes chez les agents et dégradent le service public ».

« La fonction publique de l’État n’est pas épargnée », soulignent encore les syndicats qui rappellent que plusieurs secteurs ministériels (Enseignement, Environnement, Culture…) ont déjà annoncé leur participation à la « grève » du 7 mars.

Une intersyndicale (Sud, CGT, FO Santé sociaux) appelle le personnel hospitalier à une journée de mobilisation nationale à la même date pour protester notamment contre la dégradation de ses conditions de travail.

Le 8 novembre, plusieurs milliers d’infirmiers et d’aide-soignants avaient défilé partout en France à l’appel d’un mouvement unitaire, inédit depuis 1988, afin de dénoncer des cadences infernales, le manque de temps passé auprès de malades et demander une meilleure reconnaissance de leur travail.

« Le risque d’un chômage technologique de masse peut être écarté »

« Le risque d’un chômage technologique de masse peut être écarté »

NOUVELLES TECHNOLOGIES  – Rue 89 –  Des millions d’emplois supprimés, remplacés par des robots, des logiciels, des algorithmes. Plusieurs études ont dressé ces projections alarmantes au cours des trois dernières années, de l’université d’Oxford à l’institut belge Bruegel. Les économistes de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques, le « club des pays riches », qui regroupe les principaux Etats développés et prône le libre-échange et la concurrence) ont voulu reprendre les hypothèses de ces études, en particulier celles des chercheurs d’Oxford (Carl Frey et Michael Osborne) qui arrivaient à la conclusion que 47% des emplois étaient « à risque » aux Etats-Unis au cours des dix à vingt prochaines années. Selon les économistes de l’OCDE, le taux d’emplois automatisables serait plus proche de 9%. Le moindre besoin de main d’œuvre dû à l’automatisation et au numérique pourrait se traduire plutôt par… la baisse du temps de travail. Un article de Delphine Cuny, sur le site Rue 89 :  

Leur approche des jobs « automatisables » serait trop générale, a expliqué en substance Stefano Scarpetta, le directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’organisation, lors d’une présentation de l’étude cette semaine :

« Ils supposent que tous les emplois sont identiques au sein d’une profession et dans tous les pays. Il vaut mieux analyser le contenu des tâches pour chaque emploi et non en moyenne pour chaque profession. »

« Changement de la nature des tâches »

Les auteurs de l’étude de l’OCDE (l’équipe d’économistes de l’institut allemand ZEW) ont réalisé une cartographie des tâches concrètes à partir des données issues de l’enquête internationale détaillée sur les compétences des adultes (PIACC) de l’organisation. Leur conclusion :« Il est peu probable que l’automatisation et la numérisation détruisent un grand nombre d’emplois. »Stefano Scarpetta résume en chiffres : « Ce serait plutôt 9% en moyenne des emplois aux Etats-Unis et dans les pays de l’OCDE qui seraient automatisables, avec plus de 70% de tâches substituables par des machines. C’est beaucoup moins que les 47% ! »Soit tout de même de l’ordre de 2 millions de chômeurs potentiels en plus à l’échelle de la France. Sont notamment concernées toutes les tâches répétitives et les jobs intermédiaires.

Mais pour Stefano Scarpetta : « Le risque de “chômage technologique” de masse, pour reprendre l’expression mise en avant par John Maynard Keynes dès 1931, peut être écarté. En termes de volume, il n’y a pas forcément de grand risque de chômage technologique. Il faut plutôt parler de changement profond de la nature des tâches ». Si l’on regarde les jobs « à risque moyen de substitution » (soit tout de même entre la moitié et 70% des tâches pouvant être confiées à un logiciel ou un robot), on grimpe à 35% des emplois concernés en moyenne – 30% en France.

Attention aux emplois peu qualifiés

Mais l’OCDE nuance : « les travailleurs peuvent s’adapter en changeant leurs tâches », d’où la nécessité de la formation continue tout au long de la vie professionnelle, et « le changement technologique génère aussi des emplois supplémentaires », même si ces derniers ne remplacent pas les emplois perdus, car les compétences ne sont pas les mêmes. Ce sont les effets indirects :« Selon certaines estimations, chaque emploi créé par le secteur de la haute technologie entraîne la création d’environ cinq emplois complémentaires. »Pas d’angélisme pour autant : l’OCDE reconnaît qu’il y aura bien des suppressions d’emplois et « les travailleurs moins instruits sont ceux qui courent le plus de risques de voir leur emploi supprimé ». Les économistes de cette organisation libérale avancent une piste qui résonne dans le débat politique français actuel, à l’heure où les candidats à la primaire du parti Les Républicains prônent tous la fin des 35 heures et le retour aux 39 heures : « Pour s’adapter à la réduction éventuelle de la demande de main d’œuvre, il faut envisager d’autres moyens, par exemple la baisse des heures de travail. » Encore faut-il que l’on trouve une solution politique de redistribution pour maintenir le niveau de vie, comme le revenu de base universel, sur lequel l’OCDE travaille.

Un revenu de base universel ?

(…)

Pour lire l’ensemble de l’article : http://rue89.nouvelobs.com/2016/05/20/risque-dun-chomage-masse-cause-les-machines-peut-etre-ecarte-264085

Accident de la route, accident du travail…

Accident de la route, accident du travail…

PRÉVENTION  – 20 Minutes, Ouest-France – Le risque routier est responsable de 44 % des décès au travail, ce qui en fait la première cause d’accident mortel en entreprise. Alors que les chiffres de la mortalité routière en 2015 révélés ce mercredi montrent qu’elle est repartie à la hausse (+ 2,3 % par rapport à 2014), les regards se tournent non seulement vers les automobilistes, mais aussi vers leurs employeurs. des articles de 20 Minutes et Ouest France :

Tous ne semblent pas conscients des dangers de la route pour leurs salariés, constate Delphine Bancaud de 20 minutes  Selonune étude menée par l’Ifop pour MMA  auprès des dirigeants d’entreprises de moins de 50 salariés dévoilée dans le Figaro mardi, 75 % d’entre eux n’ont pas conscience que le risque routier est la première cause d’accident mortel en entreprise. « Ils ignorent que leur responsabilité peut être engagée si un de leurs salariés a un accident au volant sur un trajet professionnel et ont souvent peu de temps à consacrer à la prévention routière », constate Stéphane Daeschner, en charge de la prévention des risques routiers chez MMA. « Et tant qu’une PME n’est pas touchée par un accident, elle a tendance laisser le sujet de côté », renchérit Jean-Claude Robert de l’ association PSRE (Promotion et suivi du risque routier en entreprise). Le sujet est davantage abordé dans les grands groupes, surtout quand il y a une flotte automobile importante, liée à l’activité commerciale, par exemple.

La validité des permis pas toujours vérifiée

Premier fait surprenant : toutes les entreprises ne vérifient pas systématiquement et régulièrement que leurs salariés devant conduire dans le cadre professionnel sont bien titulaire du permis. Selon l’enquête Ifop/MMA, 75 % des patrons de PME interrogés le font avant les premiers déplacements de leurs collaborateurs. Mais sur la longueur les choses se gâtent : « les patrons devraient vérifier une fois par an que leurs salariés ont bien toujours leur permis, mais seulement une minorité le font », constate Jean-Claude Robert. Une démarche dont ne s’exonère pas le groupe SGS, spécialiste de l’inspection, du contrôle et de la certification, où 2.000 salariés font des déplacements professionnels et où 1.250 véhicules d’entreprise sont en fonction. « Tous les ans, nous demandons une attestation sur l’honneur aux salariés via laquelle ils nous assurent être toujours titulaires du permis », indique Francis Bergeron, le DRH. Alors, bien sûr, ces derniers peuvent faire une fausse déclaration, mais à leurs risques et périls : « car en cas d’accident, leur mensonge pourra être reconnu comme une faute professionnelle », souligne Jean-Claude Robert.

La situation sur ce point pourrait cependant changer, commente Yann Besoule dans Ouest France : une mesure prévue dans la loi relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs, devrait permettre à certains employeurs, en particuliers les transporteurs, de connaître la validité ou l’invalidité du permis de conduire de leurs employés affectés à la conduite (à l’exclusion du solde de points). Selon nos informations, un décret serait actuellement en préparation pour préciser les modalités de communication de ces informations.

La route est la première cause d’accident mortel au travail, commente Yann Besoule dans Ouest France : une mesure prévue dans la loi relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs, devrait permettre à certains employeurs, en particuliers les transporteurs, de connaître la validité ou l’invalidité du permis de conduire de leurs employés affectés à la conduite (à l’exclusion du solde de points). Selon nos informations, un décret serait actuellement en préparation pour préciser les modalités de communication de ces informations. C’est une donnée méconnue mais combien réelle : les accidents de la route sur le temps de travail sont la première cause de décès au travail (20 % des accidents mortels du travail). Une étude exclusive de l’assureur MMA, réalisée par l’Ifop, explique le phénomène.

Près de 20 000 accidents par an

L’étude de MMA annonce que, chaque année, près de 20 000 accidents du travail sont des accidents de la route.« Trop souvent sous-estimé, le risque routier est un risque professionnel majeur qui se caractérise par la gravité des accidents », indique MMA qui précise que s’il est à l’origine de 3 % des accidents du travail, « il représente plus de 20 % des accidents ».En 2012, 19 565 accidents routiers se sont soldés par 115 décès et 1 878 incapacités permanentes.

Des règles pas respectées

Premier constat qui fait un peu froid dans le dos : les comportements des conductrices et conducteurs au travail.« Alors qu’ils connaissent les règles de sécurité et les conséquences de leur non-respect, une large majorité des actifs déclarent adopter des comportements à risques lors de leurs déplacements professionnels : téléphone au volant, vitesse excessive, conduite en état de fatigue… », explique l’étude.
C’est d’autant plus inquiétant que d’autres facteurs peuvent intervenir. Comme l’indique MMA, « le risque routier est d’autant plus complexe à appréhender que ses origines sont multifactorielles ». En cause, notamment : «l’environnement (météo, route…), le véhicule (entretien…), l’organisation du travail (horaires…), mais aussi le conducteur lui-même (fatigue, stress…). »

On sait, mais bon…

85 % des conducteurs admettent avoir déjà eu un comportement dangereux lors de leurs déplacements professionnels.3 sur 4 ont déjà utilisé leur téléphone au volant.7 sur 10 ont déjà dépassé la vitesse autorisée. À noter que le dépassement de la vitesse autorisée est principalement lié à un manque d’attention (pour 32 %). Ce dépassement apparaît plus important pour ceux qui ont des responsabilités managériales : 85 % des encadrants de plus de 10 personnes.
Près de 8 sur 10 ont déjà conduit en état de fatigue. Ce chiffre est directement lié au temps passé au volant lors d’une journée de travail (66 % des actifs passant moins de 30 minutes au volant contre 85 % lorsque les trajets durent 4 heures).L’usage du téléphone au volant concerne 74 % des actifs et il arrive encore à 32 % d’entre eux de tenir le téléphone à la main. En revanche, les actifs utilisent déjà majoritairement le kit mains libres sans fil (53 %). 8 conducteurs sur 10 connaissent les sanctions encourues pour, par exemple, conduire en tenant son téléphone à la main.La majorité connaît, également, les sanctions encourues pour un dépassement de vitesse de 10 km/h (58 %) et le taux maximum d’alcool autorisé dans le sang (55 %).Les professions libérales et cadres supérieurs (44 %) ainsi que les professionnels de la construction (41 %) se révèlent plus concernés que la moyenne par ces accidents et sanctions.

(…)

Sources : http://www.20minutes.fr/societe/1847511-20160518-pourquoi-entreprises-traine-securite-routiere ; http://www.ouest-france.fr/societe/securite-routiere/accidents-du-travail-la-route-est-mortelle-4233354