Service civique : 37000 missions à l’EN

Service civique : 37000 missions à l’EN

ACTION SOCIALE  – Localtis, education.gouv.fr –  Le gouvernement n’en finit plus de structurer ses grands programmes de service civique. Pour atteindre les objectifs fixés par le président de la République – 110.000 jeunes volontaires en 2016 et 350.000 jeunes par an à partir de 2018 -,une nouvelle convention de partenariat a ainsi été signée, le 25 avril, entre Najat Vallaud-Belkacem, Patrick Kanner, ministre de la Jeunesse, et François Chérèque, haut-commissaire à l’engagement civique. Un article de Caroline Megglé dans Localtis et les précisions sur les missions des volotaires sur le site de l’Éducation nationale :

A ce jour, 4.657 jeunes ont déjà été volontaires au sein de l’Education nationale. Par rapport à l’ensemble des 130.000 jeunes ayant réalisé une mission de service civique depuis la création du dispositif en 2010, la contribution de l’Education nationale est encore modeste (3,6%). D’ici à 2017, l’objectif de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, est de créer 37.000 missions : 25.000 directement proposées par les académies – « 5.000 en 2015-2016, 10.000 à la rentrée scolaire 2016, 10.000 à la rentrée scolaire 2017 » – et 12.000 « au sein des associations partenaires de l’Ecole » – « 3.000 en 2015, 4.000 en 2016, 5.000 en 2017 ».

Priorité aux écoles, à l’éducation prioritaire et aux internats

« Les missions de service civique au sein du ministère de l’Education nationale s’effectuent en écoles, collèges, lycées, centres d’information et d’orientation ou rectorats. » Le ministère précise toutefois que « la priorité est donnée à des missions en écoles, en éducation prioritaire ainsi qu’en internat ». En outre, un quart des missions proposées par l’Education nationale doivent être réservées à des jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Jusqu’à présent, les jeunes accueillis dans l’Education nationale ont en moyenne 21 ans et sont majoritairement des filles. Le plus souvent, ces volontaires ont le baccalauréat et sont demandeurs d’emploi au moment de leur mission.
Près des deux tiers des missions réalisées jusqu’à présent sont liées à des « activités de l’école primaire ». D’autres volontaires ont été impliqués dans des projets d’éducation à la citoyenneté, dans la lutte contre le décrochage scolaire, dans l’animation de temps libre d’élèves internes ou encore dans des projets d’éducation artistique, culturelle et sportive.

Quel rôle pour les volontaires dans l’animation du périscolaire ?

(…)

Le site gouvernemental education.gouv.fr précise les missions des volontaires :

  • contribution aux activités éducatives, pédagogiques et citoyennes de l’école primaire
  • accompagnement des projets d’éducation à la citoyenneté
  • soutien aux actions et projets dans le domaine de l’éducation artistique et culturelle et du sport
  • soutien aux actions et projets d’éducation au développement durable
  • animation de la Réserve citoyenne de l’Éducation nationale
  • contribution à l’organisation du temps libre des internes en développant des activités nouvelles
  • contribution à la prévention des addictions
  • lutte contre le décrochage scolaire
  • aide à l’information et à l’orientation des élèves.

Dans la pratique, les volontaires investissent massivement les champs de l’école primaire et de la promotion de la citoyenneté dans les collèges. Les activités proposées incluent par exemple :

  • la préparation au sein d’une école des rencontres avec les parents
  • la recherche de possibilités d’activités offertes par les classes accueillant des enfants de moins de trois ans en maternelle
  • l’accompagnement des jeunes décrocheurs à travers l’information des jeunes et de leurs familles sur le rôle et les activités des plateformes de lutte contre le décrochage.

Pour lire l’ensemble des article s: http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250270691771&cid=1250270689139 ; http://www.education.gouv.fr/cid101358/le-service-civique-dans-l-education-nationale.html

Pourquoi les enseignants font grève

Pourquoi les enseignants font grève

CONFLIT – Le Monde – Des écoles fermées, des cours annulés, des professeurs absents… Mardi 26 janvier, c’est jour de grève dans l’éducation nationale. Le mouvement national couvre plusieurs revendications : les professeurs du secondaire demandent l’abrogation de la réforme du collège, qui doit entrer en vigueur à la rentrée scolaire 2016. Les professeurs des écoles réclament une revalorisation salariale, dans le cadre de la mobilisation de toute la fonction publique pour l’augmentation des salaires et la défense du service public. Un article d’Aurélie Colas :

Selon les chiffres communiqués par le ministère mardi, un peu plus de 12 % des professeurs des écoles sont en grève (alors que le SNUipp-FSU, majoritaire, annonçait la veille une participation bien plus élevée, de près d’un tiers). Dans le secondaire, 13,66 % des enseignants font grève, selon le ministère, dont 22,32 % au collège. Les cantines, les activités périscolaires et les crèches sont également perturbées.
La réforme du collège toujours dans le viseur
Après trois journées de grève en 2015 (en mai, juin et septembre) et la manifestation parisienne du samedi 10 octobre, l’intersyndicale forte d’une douzaine d’organisations – dont le SNES-FSU, majoritaire –, entend « monter d’un cran dans la mobilisation » contre la réforme du collège. Elle demande son abrogation, alors que le ministère de l’éducation nationale « a de plus en plus recours à l’autoritarisme » pour tenter de faire passer sa réforme, dénoncent les organisations dans un communiqué. A sept mois de son application, plusieurs fronts restent ouverts.
L’interdisciplinarité
Dans l’architecture du « collège 2016 », les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) concentrent les critiques. Ces modules sont censés, à partir de la 5e et à raison d’une à trois heures par semaine, croiser les disciplines autour d’une thématique commune, tout en privilégiant la pédagogie par projet. Huit thèmes ont été définis, du « développement durable » à la « citoyenneté », en passant par les « langues et cultures de l’Antiquité ».
L’interdisciplinarité se pratique déjà dans certains collèges, mais sur la base du volontariat. Pour beaucoup de professeurs, ce principe, loin d’être la solution miracle à tous les maux, ne peut être généralisé, surtout si cela doit se faire sur le mode de l’injonction. Certains craignent que les EPI menacent les disciplines scolaires, en grignotant les heures qui y sont dédiées. Ils y voient une atteinte à leur liberté pédagogique et à leur identité professionnelle. Spécialistes de leur discipline avant tout, beaucoup disent ne pas avoir été formés à ces méthodes.
Par ailleurs, les EPI font craindre une dégradation des conditions de travail, dans la mesure où ils nécessitent un temps de préparation, de coordination entre collègues, qui n’est pas prévu dans la réforme.
L’autonomie
C’est un des grands principes de la réforme, et une des principales cibles des « anti-réforme ». A la rentrée 2016, les collèges disposeront d’une marge de manœuvre de 20 % du temps d’enseignement pour organiser du travail en petits groupes ou des interventions de plusieurs enseignants en classe.
Le ministère de l’éducation défend cette autonomie comme le moyen de mieux s’adapter aux besoins des élèves, mais beaucoup d’enseignants l’entendent plutôt comme un principe libéral, redoutant que des « pouvoirs accrus » soient donnés aux chefs d’établissement. Autre danger soulevé par certains syndicats : le développement d’une offre éducative à géométrie variable – un collège « à plusieurs vitesses » –, plus inégalitaire encore qu’il ne l’est aujourd’hui.
Les langues anciennes
A compter de la rentrée prochaine, le latin et le grec ne seront plus une option à part entière. Ils seront enseignés via l’EPI « langues et cultures de l’Antiquité ». Les collèges pourront également proposer un « enseignement de complément » latin – sorte d’option allégée qui sera enseignée à raison d’une heure en 5e et deux heures en 4e et 3e (contre aujourd’hui deux heures en 5e, trois heures en 4e et 3e).
Syndicats et associations professionnelles continuent de dénoncer une « relégation » des langues anciennes. Notamment parce que l’enseignement de complément latin n’est pas inscrit dans la grille horaire et n’a pas de financement spécifique. Pour le mettre en place, les collèges qui le souhaitent devront « prendre » des heures sur leur marge d’autonomie. Le latin et le grec se retrouveraient ainsi « mis en concurrence » avec d’autres disciplines.
Les classes bilangues
La réforme du collège n’enterrera finalement pas les classes bilangues. Alors que la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, avait initialement annoncé la fin de ce dispositif, « rendu obsolète » par l’apprentissage « par tous les élèves » d’une seconde langue vivante dès la 5e (au lieu de la 4e), elle a confirmé, vendredi 22 janvier, leur maintien en 6e pour les élèves qui ont appris au primaire une autre langue que l’anglais.
Au final, 70 % des sections bilangues seront maintenues, avec de fortes disparités d’un territoire à un autre : alors que les collèges parisiens vont conserver toutes leurs sections, certaines académies en perdraient la majorité. Chez les professeurs d’allemand, pour qui ces sections ont permis, depuis dix ans, d’enrayer la chute des effectifs dans cette discipline, l’inquiétude demeure.
Au primaire, une revalorisation salariale
Au primaire, c’est le SNUipp-FSU qui appelle à la grève pour une augmentation des salaires et une revalorisation de la prime des professeurs des écoles. Le syndicat majoritaire rappelle que le salaire de la profession est parmi les plus bas d’Europe : après quinze ans d’exercice, les enseignants du 1er degré français sont payés 16 % de moins que leurs voisins européens. Leur salaire mensuel net est de 2 102 euros, contre 2 495 euros en moyenne dans l’Union européenne, et jusqu’à 3 968 euros en Allemagne.
Après plusieurs années de gel du point d’indice, qui sert de base au calcul des salaires des fonctionnaires, le SNUipp entend peser sur la négociation salariale prévue en février entre les organisations représentatives des fonctionnaires et le ministère de la fonction publique.
Seconde revendication du SNUipp : la revalorisation de l’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves, créée en 2013 et d’un montant annuel de 400 euros. La profession réclame que cette prime soit rehaussée, comme le ministère de l’éducation s’y était engagé, à hauteur de 1 200 euros – soit le montant équivalent de l’indemnité de suivi et d’orientation des élèves dont bénéficient leurs collègues du secondaire.
Source : http://www.lemonde.fr/education/article/2016/01/25/pourquoi-les-enseignants-font-greve-mardi_4853383_1473685.html#SlwYIr7rHT9EsCLX.99

Violences dans l’éducation : trois chiffres à retenir

Violences dans l’éducation : trois chiffres à retenir

VIOLENCE – FranceTv Info – Si les atteintes aux personnes et les vols sont en baisse en 2014-2015, la consommation de drogues continue d’augmenter, selon un document dévoilé mercredi 6 janvier. Une synthèse de Marie-Violette Bernard,de France Info :

Le nombre de violences signalées dans le secondaire, en 2014-2015, est stable par rapport à l’année scolaire précédente. La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Education nationale a dévoilé, mercredi 6 janvier, une note (en PDF) sur les incidents déclarés par les professeurs, les conseillers principaux d’éducation (CPE) et les proviseurs des établissements publics. Voici trois statistiques à retenir de ce document.
Les incidents graves en baisse de 0,7 point
La baisse est presque imperceptible. Durant l’année scolaire 2014-2015, le taux moyen d’incidents graves dans les établissements publics s’élève à 12,4 incidents pour 1 000 élèves. Ce chiffre est en retrait de 0,7 point par rapport à 2013-2014, selon la DEPP.
Le taux d’incidents s’est, en outre, stabilisé « quel que soit le type d’établissement ». « Les variations observées ne sont, en effet, pas statistiquement significatives » dans les collèges, les lycées d’enseignement général et technologique (LEGT) et les lycées polyvalents (LPO).
« La tendance à la hausse constatée depuis plusieurs années dans les lycées professionnels semble enrayée, poursuit la DEPP. Le niveau de violence y reste néanmoins bien plus élevé que dans les autres types d’établissements, avec 24,2 incidents pour 1 000 élèves. »
Les violences verbales représentent 42% des atteintes aux personnes
La violence en milieu scolaire se manifeste principalement par des atteintes aux personnes, qui constituent 79% des incidents déclarés. Dans le détail, les violences verbales représentent 42% des faits, « dont plus de la moitié à l’encontre des enseignants », indique la DEPP. Les violences physiques, « généralement entre élèves », suivent avec 30% des incidents constatés.
Ces incidents sont concentrés dans certains établissements : 5% des collèges et lycées déclarent à eux seuls 24% des incidents graves, « soit autant que les 70% d’établissements les moins touchés par la violence ». Dans ces 5% d’établissements sensibles, les violences verbales représentent 53% des actes signalés.
Les 5% d’établissements « les plus violents » enregistrent en revanche deux fois moins de violences sexuelles, de racket ou de bizutage. Les violences physiques représentent, en outre, 32% des faits signalés dans les collèges et lycées les moins affectés, contre 27% dans les établissements sensibles, selon la DEPP.
La consommation de stupéfiants en hausse de 0,7 point
Le rapport de la DEPP se penche enfin sur « les atteintes à la sécurité » dans les établissements publics. Il s’agit de « comportements illégaux ou à risque, n’impliquant généralement aucune victime », comme les intrusions sans violence ou la consommation d’alcool.
Parmi ces actes, la consommation de stupéfiants est en hausse pour la troisième année consécutive : elle atteint 3,8% du nombre total d’incidents déclarés en 2014-2015, contre 3,1% en 2013-2014. Cette augmentation est particulièrement visible dans les lycées d’enseignement général et technologique et les lycées polyvalents, où la part d’incidents liés à la consommation de drogues est passée de 4% à 10% en trois ans.
Le trafic de stupéfiants dans les collèges et lycées publics est, en revanche, en légère baisse. Il représentait 0,9% des incidents constatés en 2014-2015, contre 1,1% l’année précédente.

Source : http://www.francetvinfo.fr/societe/education/violences-dans-les-colleges-et-lycees-trois-chiffres-a-retenir-du-rapport-de-l-education-nationale_1255563.html

Les parents d’élèves délégués indemnisés : 7,10 €

Les parents d’élèves délégués indemnisés : 7,10 €

ÉCOLE – RTL, Causeur – Les parents d’élèves délégués seront indemnisés dès la rentrée prochaine. Une somme de 7,10 euros nets par heure sera reversée aux parents d’élèves pour la préparation et la participation aux réunions. Un article de RTL et un commentaire de Samuel Piquet dans Causeur :

Najat Vallaud-Belkacem a présenté une nouvelle mesure à l’attention des parents d’élèves élus aux instances départementales, académiques et nationales. Ils seront indemnisés, dès la rentrée prochaine, à hauteur de 7,10 euros net par heure. Cette somme est reversée pour leur participation aux réunions, mais aussi pour la préparation qu’elles nécessitent.
La ministre de l’Éducation nationale a expliqué, mardi 15 décembre, que cette indemnisation sera effective dans le cadre d’un décret sur le statut des parents délégués. 900 parents pourront en bénéficier, qu’ils soient parents, salariés, ou encore à la recherche d’emploi, précise-t-elle. Une aide de 500.000 euros a été débloquée afin de mettre en place cette mesure. À cela s’ajoute aussi des modules de formation ainsi qu’une charte de reconnaissance des parents délégués. Cette dernière devra permettre de mesurer les compétences acquises.

Si la nouvelle peut surprendre au premier abord, s’interroge Samuel Piquet, quoi de plus juste, en fin de compte, que de payer les seules personnes ayant un peu de pouvoir au sein de l’Education nationale ? Les seules capables, grâce à leurs pleurs, d’influer sur les décisions du chef d’établissement et de le convaincre de faire passer tel élève dans la classe supérieure, ou de retirer à tel autre un avertissement de travail délivré hâtivement par l’équipe éducative ?
Une ex-collègue m’a appris récemment qu’une mère d’élève lui avait demandé si elle pouvait effectuer l’heure de colle à la place de sa fille. C’est bien la preuve que les parents sont les mieux placés pour mettre en pratique la théorie de l’élève au centre…
« Cette indemnisation interviendra dans le cadre d’un décret sur le statut des parents délégués, en cours d’élaboration », a d’ailleurs indiqué la ministre de l’Education nationale, confirmant par là le rôle grandissant des parents au sein de l’école. Après l’avoir entendue assurer que sa réforme du collège était « appélée de ses vœux par la FCPE » le 23 mai lors du 69e congrès de l’association des parents d’élèves, on ne pouvait s’attendre à moins de la part de Najat Vallaud-Belkacem.
Le terme même choisi pour désigner cette journée est extrêmement révélateur : « co-éducation ». La confusion créée par la rebaptisation de l’Instruction publique en Education nationale laisse croire que parents et professeurs auraient le même rôle.
Cette reconnaissance des parents délégués est une vieille revendication des fédérations comme la FCPE ou la PEEP.
Gageons que la ministre saura satisfaire également une autre de leurs revendications : l’organisation des conseils de classe à des horaires compatibles avec leur vie professionnelle. Il serait vraiment dommage, en effet, de se priver de la présence de ces parents qui transforment chaque jour un peu plus le conseil de classe en une instance destinée à évaluer non plus les élèves mais les professeurs.
Le seul regret, c’est qu’on ne soit pas allé un peu plus loin. On aurait aimé, par exemple, que les parents puissent intervenir librement pendant les cours, lorsqu’ils le désirent, afin de prolonger cette co-éducation. On aurait aimé également qu’ils suppléent les inspecteurs, qui n’ont l’occasion de passer que trop rarement dans les classes. Fort heureusement, les parents n’attendent pas les ordres d’en haut pour distiller leurs précieux conseils didactiques et pédagogiques aux enseignants.
« Journée fructueuse consacrée aux représentants de parents d’élèves et co-éducation » a tweeté la ministre. Quand l’école détruit peu à peu les élèves et les enseignants, il est agréable de pouvoir au moins satisfaire les parents.
Car qu’est-ce que la co-éducation sinon l’aveu, en creux, de l’impuissance de l’école ?
On peut toutefois se consoler en se disant qu’on ne pouvait former plus belle équipe que celle constituée par les parents et l’Education nationale. Les uns ont renoncé à éduquer, l’autre a renoncé à instruire.

Sources : http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/education-nationale-les-parents-d-eleves-delegues-seront-indemnises-des-la-rentree-prochaine-7780878138 ; http://www.causeur.fr/education-nationale-parents-eleves-35866.html

20 établissements musulmans inspectés

20 établissements musulmans inspectés

CRISE  – Le Figaro, Yalibadi – L’Éducation nationale va procéder au contrôle de 20 établissements musulmans hors-contrat, essentiellement des écoles primaires, soupçonnés de favoriser la radicalisation. Conformément au principe de liberté des familles, ces établissements hors contrat français n’ont pas à respecter les programmes scolaires. Un article de Caroline Beyer, du Figaro et des craintes exprimées par Ibrahima Bayo sur le site Yabiladi.com  :

Dans un contexte d’état d’urgence, après les attentats de novembre, et d’entre deux tours des élections régionales, le ministère de l’Éducation lance un contrôle sur une vingtaine d’établissements scolaires hors contrat. Dans le viseur: les établissements musulmans, précise Caroline Beyer :

Soupçonnés de contribuer à la radicalisation ou insuffisamment contrôlés par l’Éducation nationale, les établissements concernés sont surtout des écoles primaires.
Selon l’information donnée ce 11 décembre par RTL et confirmée par la Rue de Grenelle, une vingtaine d’établissements sont concernés, dont huit seront contrôlés ce vendredi même par des inspecteurs de l’Éducation nationale. Sur cette liste figurent des établissements sur lesquels pèsent des soupçons de radicalisation, ainsi que des établissements où les contrôles prévus par la législation n’ont pas eu lieu. Six académies sont particulièrement visées, parmi lesquelles Paris, Marseille et Lyon.
«Les effectifs en inspecteurs sont insuffisants pour assurer un contrôle .»
Paul Devin, secrétaire général du Syndicat national des personnels d’inspection (FSU)
En France, toutes confessions confondues, quelques 300 établissements gravitent dans la galaxie hors contrat. Comment sont-ils contrôlés ?
«Le hors contrat existe dans une perspective de liberté de choix des familles, rappelle préalablement Paul Devin, secrétaire général du Syndicat national des personnels d’inspection (FSU). Ces établissements ne sont pas tenus de respecter les programmes scolaires. Les contrôles ne portent que sur ce qui pourrait être contraire à la morale et à la loi, poursuit-il. Les raisons religieuses ne peuvent pas être invoquées en tant que telles. Si l’enseignement incite à la haine, cela suffit pour obtenir une fermeture. Mais dans les faits, les choses sont plus complexes à évaluer.»
Surtout des écoles primaires
Le code de l’éducation indique que l’inspection «ne peut porter sur l’enseignement que pour vérifier s’il n’est pas contraire à la morale, à la Constitution, aux lois…». Pour le reste, elle concerne «la moralité, l’hygiène, la salubrité et l’exécution des obligations imposées à ces établissements».
Les contrôles sont-ils fréquents? La réponse est clairement non. «Les effectifs en inspecteurs sont insuffisants pour assurer un contrôle a priori, explique Paul Devin. Mais lorsqu’il y a un problème, que des famille signalent par exemple des dysfonctionnements, l’administration devient alors très réactive.»
«Il faut respecter les programmes de l’Éducation nationale, mais on peut garder un enseignement de l’éthique musulmane.»
Makhlouf Mamèche, président de la Fédération nationale de l’enseignement musulman
C’est ce qui se passe aujourd’hui pour la vingtaine d’établissements visés. Président de la jeune Fédération nationale de l’enseignement musulman créée en 2014 – elle réunit cinq établissements sous contrat (dont le lycée Averroès à Lille) et 51 hors contrat- Makhlouf Mamèche explique avoir eu, il y a quinze jours, une réunion avec les services de l’éducation nationale pour évoquer le hors contrat musulman et la question de la radicalisation.
«Je ne connais pas tous les établissements hors contrats. Beaucoup se créent – pas moins de 16 cette année – de manière parfois anarchique, il faut le dire», reconnaît-t-il. Makhlouf Mamèche explique que sur cette liste figurent surtout des écoles primaires. «On parle d’école, mais il s’agit souvent de 15-20 élèves. Ce sont des familles qui se mettent d’accord entre elles. Elles ne sont pas satisfaites du programme de l’Éducation nationale. Elles estiment que les valeurs de l’islam ne sont pas respectées», poursuit-il évoquant notamment les questions de sexualité. «Parmi ces écoles, deux ou trois refusent clairement de passer sous contrat, estimant qu’elles perdront en liberté.»
Peut-on parler de radicalisation? «C’est peut-être lié», répond le président de la fédération. «Quoiqu’il en soit, on ne peut pas jouer avec l’avenir des enfants», poursuit-il, évoquant par ailleurs des «locaux limite».
«Excellence scolaire et valeurs fondamentales de l’islam»
Directeur adjoint du lycée Averroès et vice-président de l’Union des organisation islamiques de France (UOIF), Makhlouf Mamèche ajoute que les établissements visés ont «tout à gagner à passer sous contrat». Et il tient à les rassurer: «Il faut respecter les programmes de l’Éducation nationale, mais on peut garder un enseignement de la langue arabe, de l’éthique musulmane, et organiser des fêtes religieuses au sein de l’établissement.»
L’objectif de la fédération des établissements musulmane est précisément de répondre à «la puissante aspiration des familles musulmanes à instruire et éduquer leurs enfants dans des établissements mêlant excellence scolaire et valeurs fondamentales de l’islam».
Huit établissements veulent passer sous contrat
«Le meilleur moyen de contrôle pour l’état, c’est le passage sous contrat. Je demande donc à l’État d’accélérer le processus de passage sous contrat, comme ça, on n’en parle plus», conclut Makhlouf Mamèche.
Sur les 51 établissements que compte la fédération, huit souhaitent, cette année, passer sous contrat. Parmi eux, le collège Éducation et Savoir à Vitry-sur-Seine qui en fait la demande depuis plusieurs années. «Le dossier est irréprochable sur la pédagogie», explique Makhlouf Mamèche qui décrit des «problème de locaux». Sans compter que le passage sous contrat, dans le cadre duquel l’état prend en charge les salaires des enseignants, implique un investissement financier de la part de l’État.

Un contrôle effectué dans le contexte de l’état d’urgence, note Ibrahima Bayo :
Au total, l’Éducation nationale va procéder au contrôle de 20 établissements musulmans hors-contrat, essentiellement des écoles primaires, soupçonnés de favoriser la radicalisation. Un contrôle qui cache en fait une extension de l’état d’urgence à tout ce qui concerne de près ou de loin à la communauté musulmane de France.
Directeur adjoint du lycée Averroès et vice-président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), Makhlouf Mamèche, juge que le meilleur moyen pour l’Etat de contrôler ces écoles serait d’accélérer leur passage sous contrat. Mais des établissements sont réticents à ce changement estimant qu’ils y perdraient plus de libertés. Pourtant le passage sous contrat peut parfois être bénéfique puisqu’à titre de contribution, l’Etat prend en charge les salaires des enseignants.
Ces contrôles interviennent dans un contexte post-attentats de Paris marqué par l’état d’urgence. Un état d’urgence qui a conduit à des perquisitions parfois violentes qui ont visé des commerces halal ou des mosquées. Occasion de ratisser large contre les libertés des musulmans de France, cet état d’urgence semble maintenant s’élargir d’une certaine manière aux établissements scolaires musulmans (20 écoles musulmanes sur 300 hors-contrat) de surcroît des écoles primaires.

Sources : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/12/11/01016-20151211ARTFIG00172-l-education-nationale-inspecte-une-vingtaine-d-etablissements-musulmans-hors-contrat.php ; http://www.yabiladi.com/articles/details/40909/france-ecoles-musulmanes-hors-contrat.html