La «réserve citoyenne» se rebiffe

La «réserve citoyenne» se rebiffe

CRISE – Libération – Jeudi 4 décembre, à la Sorbonne, des citoyens bénévoles pour aller dans les écoles parisiennes se désolaient de n’avoir toujours pas été appelés, depuis les attentats de janvier. Un article de Marie Piquemal, de Libération :

Drôle de soirée. Dans un bel amphi de la Sorbonne à Paris, jeudi soir, le recteur de l’académie de Paris, François Weil, avait convié les «réservistes», ces citoyens qui se sont proposés après les attentats de janvier pour intervenir dans les écoles et aider à transmettre les valeurs de la République…
Ils étaient une bonne centaine dans l’amphithéâtre. Au début, sages comme des images. Cette «journée d’accueil» devait se dérouler le 16 novembre dernier, et avait été reportée à cause des attentats. Le recteur s’en est excusé, insistant sur «(s)a profonde gratitude. Aucune bonne volonté n’est de trop, surtout par les temps qui courent…»
A ses côtés, la ministre de l’Education : «Quel plaisir de voir vos visages !» Najat Vallaud-Belkacem raconte une nouvelle fois les milliers de courriers reçus après les attentats de janvier. «A l’époque, les regards s’étaient tournés vers l’école, souvenez-vous». De nombreux citoyens s’étaient alors proposés bénévolement. «Une dynamique spontanée», qu’elle décide d’institutionnaliser en «réserve citoyenne» : un vivier de bénévoles pour parler «engagement, solidarité, laïcité…» Sur le modèle, dit-elle, de ce qui se fait déjà de manière ponctuelle et depuis longtemps dans les cours d’histoire, quand des résistants ou d’anciens déportés viennent livrer leur témoignage.

5 400 citoyens bénévoles
La ministre en profite pour annoncer ses derniers chiffres : 5 400 réservistes sur l’ensemble du territoire, dont 10% dans l’académie de Paris. Avec une grande diversité de profils, se félicite-t-elle : des hommes, des femmes, des chefs d’entreprise, des retraités (de l’Education nationale entre autres), des avocats, des journalistes… Quelques stars, comme Edgar Morin, doyen des réservistes à 94 ans. Présent ce jeudi, il s’épanche sur «l’époque de régression dans laquelle on vit» et l’urgence à «régénérer l’humanisme». L’avocat Serge Klarsfeld tente, lui, une comparaison entre «les Justes» pendant la Seconde Guerre mondiale et les réservistes d’aujourd’hui.
Dans l’amphi, le public ne moufte toujours pas, certains piquant du nez depuis un bout de temps déjà. Vers 19 h 15, une fois la ministre partie, trois membres du rectorat de Paris causent alors «conditions pratiques» : «L’école est un lieu de vie, vous devez absolument respecter le réglement intérieur», «toute intervention devra être préparée en amont», «vous n’interviendrez pas seul mais sous la responsabilité d’un personnel enseignant»… Jusqu’à expliquer à l’auditoire la différence fondamentale entre directeur d’école et chef d’établissement du secondaire.

«Quand va-t-on entrer en action ?»
Une femme, cheveux grisonnants, bondit de sa chaise : «Nous nous sommes inscrits en janvier ou février. On est en décembre… Quand va-t-on entrer en action ? Nous avons envie d’agir, d’être utile. Pourquoi est-ce si long ?» Elle explique être journaliste à la retraite : «Combien de personnes au rectorat sont chargées d’organiser cette réserve ?» Elle n’aura pas de réponse. Les questions fusent, certains hurlant faute de récupérer un micro. Un avocat : «Le corps enseignant est bien sympathique, mais je doute qu’il veuille de nous dans leur classe. Je veux garder espoir mais permettez-moi quelques doutes.»
Une écrivaine, furieuse, embraye : «Vous présentez les choses de façon très institutionnelle, la société a besoin aussi d’un côté non institutionnel, que nous représentons. En nous enfermant dans vos mots, vous créez de la frustration, qui coupe notre enthousiasme. Vous devez nous écouter !» L’un des inspecteurs d’académie tente un «écoutez, il y a un temps pour la justice, un temps médiatique. Et il y a le temps scolaire. Ce qu’on fait là, c’est pour du long terme…» Un jeune homme au premier rang arrive à attraper le micro, et en appelle à la bienveillance. Ça donne : «S’il y a des tensions ce soir, ce n’est pas lié aux attentes, mais au climat après les attentats.» Les rangs se vident dans le brouhaha général. Le recteur et ses acolytes restent bouche bée.

Source : http://www.liberation.fr/france/2015/12/04/education-nationale-la-reserve-citoyenne-se-rebiffe_1418191

857 élèves recensés en voie de radicalisation

857 élèves recensés en voie de radicalisation

CRISE – 20 Minutes – Les équipes éducatives sont plus attentives au faisceau d’indices qui laisse penser qu’un jeune est sous emprise mentale… l’Éducation nationale a recensé 857 cas de suspicion de radicalisation chez des élèves de 27 académies (sur 30) pour l’année scolaire 2014-2015. Une information de Delphine Bancaud, pour 20 Minutes :

Plus question de passer sous silence une vérité qui dérange. Selon nos informations, l’Education nationale a recensé 857 cas de suspicion de radicalisation chez des élèves de 27 académies (sur 30) pour l’année scolaire 2014-2015. Ces cas concernent surtout des collégiens ou des lycéens de grosses académies, comme Créteil, Versailles, Marseille ou Grenoble. Un chiffre qui peut sembler alarmant, mais qui est à relativiser au regard des 5,5 millions de collégiens et de lycéens français.
« Grille de décryptage des comportements inquiétants »
Il reflète surtout la plus grande vigilance de la rue de Grenelle par rapport à ce phénomène. Quelques jours après les attentats de janvier 2015, le ministère a ainsi diffusé un livret intitulé Prévenir la radicalisation des jeunes à l’usage des équipes éducatives. Une sorte de guide pratique leur permettant de repérer les signes d’une radicalisation en cour d’un élève. « On leur demande d’être attentifs à tous les signes d’une rupture brutale et significative chez l’élève, qu’il s’agisse d’une rupture relationnelle ou dans les apprentissages », explique-t-on au ministère.
Et l’outil semble être efficace à en croire Céline Rigaud, chargée de la laïcité au SE-UNSA : « Les équipes disposent désormais d’une grille de décryptage des comportements inquiétants qui, lorsqu’ils se cumulent, peuvent clairement montrer qu’un élève est en train de basculer. Cela permet de distinguer ce qui tient de la provocation, propre à l’âge adolescent et de l’endoctrinement », explique-t-elle.
Des équipes éducatives plus vigilantes
« Nous sommes par exemple, attentifs aux élèves ayant un nouveau comportement alimentaire et vestimentaire combiné par exemple, avec un changement de comportement vis-à-vis des femmes, une contestation systématique de certains enseignements (notamment en histoire, science de la vie et de la terre), des positions doctrinaires qui empêchent toute ouverture d’esprit, des discours de rejet de la société occidentale, un soudain intérêt pour la religion… », énumère Michel Richard, secrétaire général adjoint du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale).
Les équipes éducatives prêtent aussi davantage l’oreille aux témoignages des camarades qui révèlent un discours de haine d’un élève sur les réseaux sociaux ou le fait qu’il fréquente des sites djihadistes. L’inquiétude des familles qui alertent parfois le chef d’établissement, est aussi mieux prise en compte depuis un an. Et si certains enseignants se montraient au départ réfractaires à l’idée de signaler des attitudes inquiétantes, le pas semble désormais être franchi : « ils ont compris qu’il ne s’agissait pas de délation, mais de prévention et de protection des mineurs », affirme Michel Richard.
La réinsertion au bout du chemin
Chaque académie dispose aussi désormais d’un référent « radicalisation », à qui les chefs d’établissement font remonter les informations. Lorsque les signaux inquiétants concernant un jeune se confirment, ce dernier prévient une cellule préfectorale de suivi pour la prévention de la radicalisation et l’accompagnement des familles, mise en place depuis près d’un an.
« Ces structures travaillent sur les solutions pour amener ces jeunes à sortir de l’embrigadement, en mettant en place un accompagnement personnalisé », précise le ministère. Pas question d’exclure les élèves en voie de radicalisation de leur établissement. La démarche est au contraire de les réinsérer, en faisant intervenir à la fois le chef d’établissement, une assistante sociale, un éducateur, une association d’aide à la parentalité… Une prise en charge globale qui fonctionne, car la plupart des élèves prêts à déraper, retrouvent finalement la voie de la raison.

Source : http://www.20minutes.fr/societe/1743399-20151203-education-nationale-recense-857-eleves-voie-radicalisation-annee-2014-2015

Concours enseignants : augmentation des inscriptions

Concours enseignants : augmentation des inscriptions

EMPLOI  – education.gouv.fr –  Les inscriptions à la session 2016 des concours de recrutement d’enseignants des premier et second degrés, de conseillers principaux d’éducation et de conseillers d’orientation-psychologues, ouvertes depuis le 10 septembre, sont closes depuis le 15 octobre et font apparaître, de nouveau, une nette augmentation du nombre des candidats inscrits. Le communiqué du ministère :

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, se félicite de cette progression qui est supérieure à celle des postes ouverts aux concours. Elle vient confirmer que la priorité donnée à l’Éducation par le Gouvernement ainsi que les nombreuses créations de postes ont permis de convaincre une nouvelle génération de faire le choix d’une carrière professionnelle dans l’Éducation nationale.
Cette année encore, plus de 25 000 postes ont été ouverts aux concours 2016.
Dans le premier degré, le nombre d’inscrits a progressé de 14,03% avec 81 140 inscrits contre 71 155 en 2015, soit un rythme supérieur à l’augmentation des postes ouverts au concours (+10,9%). À ce bon chiffre s’ajoutent ceux des progressions très nettes des académies habituellement les moins attractives : Reims (+34%), La Guyane (+26%), Créteil (+17%), Amiens (+15%).
Dans le second degré, le nombre d’inscrits progresse de 9,89% avec 99 169 inscrits contre 90 245 en 2015, soit – là aussi – un rythme supérieur à l’augmentation des postes ouverts au concours (+4,5%). Il est particulièrement intéressant de noter une progression très sensible dans les disciplines dites déficitaires : ainsi, le nombre d’inscrits au concours de mathématiques progresse de 16,3%, au concours de lettres modernes de 8,2%, au concours d’anglais de 7,8%. Seuls l’allemand et les lettres classiques poursuivent une stagnation.
Ces bons chiffres permettent d’espérer un nombre de lauréats à la hauteur des besoins de recrutement.

Source : http://www.education.gouv.fr/cid94522/inscriptions-aux-concours-enseignants-pour-l-annee-2016-l-augmentation-se-confirme.html

Conseil supérieur de l’éducation : rejet des programmes de la ministre

Conseil supérieur de l’éducation : rejet des programmes de la ministre

ÉCOLE  – Libération, éducation.gouv;fr –  Les nouveaux programmes scolaires du CP à la troisième, prévus pour une entrée en vigueur à compter de la rentrée 2016, ont été rejetés à une courte majorité par la «communauté éducative», incarnée par le Conseil supérieur de l’éducation (CSE), une instance qui réunit syndicats de profs, cadres de l’Education nationale, représentants de parents d’élèves, étudiants, lycéens, collectivités territoriales… lors d’un vote jeudi 8 octobre. Une information de Libération :

Si ce vote, consultatif, ne contraint pas le gouvernement à revoir sa copie, il est politiquement embarrassant pour Najat Vallaud-Belkacem, que ce désaveu place dans une situation délicate. Au plus fort de la tempête contre la réforme du collège, en mai, la ministre de l’Education nationale s’était en effet appuyée sur le vote du CSE qui s’était prononcé pour (malgré l’opposition des principaux syndicats enseignants). «La réforme a été validée par la communauté éducative, elle s’appliquera», a-t-elle répété à plusieurs reprises. Cette fois, ce sera plus compliqué, d’autant que la contestation contre la réforme du collège est encore vivace, notamment avec une nouvelle manifestation prévue samedi à Paris.

Le CSE sur le site de l’Education nationale :

Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE)
Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) est une instance consultative placée sous la présidence du ministre chargé de l’éducation nationale. Il comprend 97 membres représentant les personnels, les usagers et les partenaires de l’État dans l’action éducative.
Le Conseil supérieur de l’éducation a été créé en application de la loi n° 89-486 du 10 juillet 1989 d’orientation sur l’éducation.
Missions du CSE
Présidé par le ministre chargé de l’éducation nationale ou son représentant, désigné par arrêté, le Conseil supérieur de l’éducation constitue une instance consultative appelée à émettre des avis sur :
• les objectifs et le fonctionnement du service public de l’éducation
• les règlements relatifs aux programmes, aux examens, à la délivrance des diplômes et à la scolarité
• les questions intéressant les établissements d’enseignement privés et les personnels de ces établissements placés sous contrat
• toutes les questions d’intérêt national concernant l’enseignement ou l’éducation, quel que soit le département ministériel concerné.
Composition du CSE
La formation plénière
Le Conseil supérieur de l’éducation comprend dans sa formation plénière délibérant en matière consultative 97 membres titulaires, et leurs suppléants, représentant :
• les personnels : enseignants, enseignants-chercheurs, personnels d’orientation, d’éducation, de direction et d’inspection, personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service
• les usagers : parents d’élèves, étudiants, lycéens
• les partenaires de l’État dans l’action éducatrice : collectivités territoriales, associations périscolaires et familiales, grands intérêts éducatifs, économiques, sociaux et culturels.
Leur mandat est de quatre ans, à l’exception de celui des représentants des usagers et des lycéens qui siègent pour une durée de deux années.

Source : http://www.liberation.fr/politiques/2015/10/09/le-conseil-superieur-de-l-education-rejette-les-programmes-de-la-ministre_1400929 ; http://www.education.gouv.fr/cid56490/organismes-consultatifs.html

Le lycée trop cher ? Moins d’options, moins de vacances…

Le lycée trop cher ? Moins d’options, moins de vacances…

BUDGET  – Le Nouvel Observateur, éducation.gouv.fr –  La Cour des Comptes s’est penchée sur le coût des lycées et l’efficacité des budgets dépensés. Les principales mesures d’économies préconisées : la simplification de l’offre éducative, moins d’heures de cours et une rationalisation de la gestion. Un article de Caroline Brizard, dans le Nouvel Observateur et le communiqué du ministère :

Après avoir évalué en 2010 comment l’Éducation nationale parvenait à faire réussir les élèves (plutôt pas) et en 2015, l’efficacité de l’aide personnalisée (faible), rappelle Caroline Brizard, la Cour des Comptes se penche sur le coût du lycée : la Cour des comptes ne s’est pas cantonnée aux fleurons des lycées de centre-ville dont la réputation occulte le reste du paysage. Les magistrats, qui ont conduit un vaste audit sur le coût du lycée en France, dévoilent ce mardi 29 septembre la conclusion suivante : le lycée est cher et peu efficace.
Bien sûr, il faut applaudir au fait que 80% d’une classe d’âge parvienne au niveau du baccalauréat, c’est-à-dire qu’elle aille jusqu’à la Terminale sans nécessairement décrocher le diplôme. Mais à quel prix ! Le lycéen français coûte 38% plus cher que la moyenne de l’OCDE. Et il n’est pas pour autant mieux formé. Car après avoir atteint ce palier, l’intéressé réussit plutôt moins bien que la moyenne de l’OCDE ses études supérieures, ou s’il s’agit d’un bac pro, son insertion professionnelle.

La préférence au lycée
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En France en 2012, la dépense intérieure d’éducation était de 139 milliards d’euros, soit 6,9% du PIB. Avec une répartition déséquilibrée qui est désormais bien connue : le pays consacre moins que la moyenne des pays de l’OCDE à l’élève du primaire. Mais ce sont des chiffres de 2012, qui ne font pas apparaître les effets de la loi de Refondation de l’école de juillet 2013 qui met le paquet sur les premières années de la scolarité.
Ensuite, la France débourse autant que la moyenne pour le collégien, et beaucoup plus pour le lycéen. Le fait que les enseignants en France soient moins bien payés qu’ailleurs ne suffit pas à réduire les écarts de coûts.

Simplifier l’offre de cours
Le lycéen français coûte cher d’abord parce qu’il a beaucoup d’heures de cours: 1108 heures en moyenne en France, contre 933 heures en Allemagne, 950 heures en Angleterre et 750 heures en Suède. Ces heures sont concentrées sur un petit nombre de semaines: 36 heures en théorie, 33 à 34 heures en pratique à cause de l’organisation du bac. Avec une telle organisation, les cours sont moins efficaces. Le lycéen français coûte également cher parce qu’on lui propose une kyrielle d’options pour lesquelles les professeurs peuvent n’avoir qu’une poignée d’élèves. Selon les calculs de la Cour des comptes, le coût moyen par élève et par an de huit matières obligatoires est de 504 euros. Mais le coût par élève pour quatre matières à option (langues anciennes et disciplines artistiques) est de 1.030 euros ! Soit deux fois plus cher. L’observation est la même dans les lycées professionnels.
Deuxième constat: le lycéen coûte plus cher dans les établissements de petite taille, la taille optimale retenue par la Cour des Comptes étant 800 élèves.
Troisième constat: le lycéen coûte moins cher dans le privé que dans le public, du fait que les enseignants y sont moins bien payés, d’une part, et que la gestion y est plus rationnelle.
La Cour des comptes préconise donc de réduire le nombre d’options, et de réorganiser l’année scolaire en diminuant la journée de classe, et en rallongeant l’année scolaire – ce qui rendrait les journées de cours moins indigestes et plus efficaces. Mais une telle refonte se solderait fatalement par un raccourcissement des congés des professeurs, ce qui reste un point délicat. Aujourd’hui, les obligations de service des enseignants les font travailler 648 heures par an en France, ce qui est peu par rapport à l’Allemagne (718 heures) et l’Angleterre (692 heures).

Rationaliser la gestion
La Cour des Comptes constate que le lycéen coûte plus cher dans les établissements de petite taille. Elle recommande donc de rationaliser le réseau des lycées en privilégiant les établissements de 800 élèves environ, la taille optimale. D’autre part, la gestion peut être améliorée. L’intervention partagée de l’Etat et de la Région dans le pilotage des lycées, tirant à hue et à dia, est compliquée. Le chef d’établissement aurait la vie plus facile s’il avait un contrat unique avec ses autorités de tutelle, plutôt que des contrats multiples. La Cour des comptes propose aussi une méthode plus précise pour calculer le coût du lycéen, en partant des données réelles fournies par le lycée, et en recensant précisément les dépenses directes et indirectes pour chacun des lycéens, plutôt que de procéder par grands blocs, au niveau du Rectorat.
La Cour des Comptes suggère donc « le renforcement de l’autonomie des établissements et des pouvoirs des chefs d’établissement ». Ses conseillers ne vont pas se faire des amis au Snes, le principal syndicat du secondaire, farouchement opposé à ce qu’il appelle la « caporalisation » des lycées. En tout cas, ce rapport ressemble fort à un ballon d’essai pour la future réforme du lycée qui devrait suivre celle du collège. Tout en rappelant que des économies ont déjà été réalisées au lycée ces dernières années, le Ministère de l’Éducation a d’ailleurs pris acte de ces constats et de ces recommandations.

Najat Vallaud-Belkacem avait commenté les remarques de la Cour des Comptes dans un communiqué, le 29 septembre :
Didier Migaud, Premier président de la Cour des comptes, Sophie Moati, présidente de la 3e chambre, et Henri Paul, rapporteur général, ont présenté ce mardi 29 septembre 2015 le rapport public consacré au coût du lycée. Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche prend acte de ce rapport qui constituera un élément d’analyse venant nourrir l’évaluation des réformes des lycées que le ministère engagera à l’automne.
Le ministère tient néanmoins à rappeler plusieurs faits qui viennent répondre à certaines analyses de la Cour des comptes.
Le ministère de l’Éducation nationale réalise chaque année des efforts pour réduire le coût du lycée général et technologique. Une meilleure organisation des enseignements a permis de réduire régulièrement l’indicateur heures d’enseignement par élève (H/E), passant entre 2008 et 2015 de 1,39 à 1,30, soit une diminution de -6,5%.
En ce qui concerne le lycée professionnel, un nouveau cycle de référence d’accès au baccalauréat en 3 ans après la classe de troisième a remplacé l’ancien parcours en 4 ans. Si jusqu’à la fin de l’année scolaire 2011-2012 la coexistence des deux parcours a pu générer les surcoûts observés par la Cour, ils ont à ce jour disparu, la réduction d’une année portant son plein effet depuis 2013.
Par ailleurs, les académies ont engagé un effort de rationalisation de la carte des formations en s’attachant, ces dernières années, à résorber les surcapacités dans l’enseignement professionnel.
Le ministère de l’Éducation nationale partage l’objectif de la Cour des comptes de renforcer les outils communs à l’État et aux Régions d’aide à la décision en matière d’allocation des moyens aux lycées, de planification des formations et de programmation des opérations d’investissement.
La mise en place, du côté de l’Éducation nationale, des recteurs de région académique permettra une coordination renforcée.

Sources : http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20150928.OBS6680/le-lycee-coute-trop-cher-moins-d-options-moins-de-vacances-la-cour-des-comptes-a-la-solution.html ; http://www.education.gouv.fr/cid93557/rapport-de-la-cour-des-comptes-sur-le-cout-du-lycee.html