Ecole :  lecture, dictée et calcul mental au programme

Ecole : lecture, dictée et calcul mental au programme

ÉCOLE – Europe 1, Ouest-France, France TV Info, Le Monde, Public Sénat –   Les nouveaux programmes scolaires proposent que la dictée, le calcul mental et la lecture soient quotidiens, a annoncé vendredi matin la ministre Najat Vallaud-Belkacem. Nombreuses réactions dans la presse :

Ces apprentissages seront quotidiens à l’école élémentaire dès le CP, a-t-elle précisé sur Europe 1 ; «Nombreuses sont les recherches démontrant l’impact des exercices fréquents pour fixer les fondamentaux, qui consolident les savoirs les plus simples avant de développer les plus complexes », écrit la ministre de l’Éducation nationale dans une tribune qui sera publiée dans Le Monde vendredi.
C’est « la raison des entraînements quotidiens à l’écriture, la lecture, au calcul mental que les nouveaux programmes rendent obligatoires ».

«Le calcul mental est un des réflexes qu’il faut avoir »
Elle a souligné l’importance du calcul mental, même si les enfants travailleront plus tard avec une calculette, souligne Ouest France : il est « très important de s’entraîner suffisamment pour automatiser des réflexes, et le calcul mental est un de ces réflexes qu’il faut avoir », a déclaré la ministre.
Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes (CSP), l’instance chargée de composer de nouveaux programmes du CP à la 3e, présente ses textes dans la matinée.
«Ce qui est nouveau, c’est que pour la première fois, les programmes de la scolarité obligatoire, du CP à la 3e, ont été pensés ensemble, et ça n’était jamais arrivé », a ajouté Najat Vallaud-Belkacem.
Cette méthode « permet d’avoir enfin une vraie progressivité dans les apprentissages (…) en veillant à ce qu’il n’y ait pas de choses qui soient abordées trop tôt dans la scolarité », a-t-elle dit, citant l’exemple de la division, actuellement abordée en CE2. « Les enseignants nous ont fait remonter que c’était trop tôt, c’est désormais en CM1 ».

«Pas d’abandon de la notation de 0 à 20 », assure la ministre de l’Éducation
La ministre de l’Éducation nationale a fermement démenti vendredi vouloir abandonner la notation des élèves de 0 à 20, au profit d’une échelle comprise entre 1 et 4, un projet rapporté par des médias.
«Il n’a jamais été question de revoir les notations telles qu’elles existent aujourd’hui » et le zéro ne disparaît pas, a déclaré Najat Vallaud-Belkacem, rappelant que des propositions sur l’évaluation seraient présentées le 30 septembre.
«Nous travaillons à évaluer le socle commun de connaissances, compétences et cultures », qui représente « ce qu’un élève doit maîtriser à la fin de sa scolarité obligatoire », en fin de troisième, a-t-elle précisé.
Cette échelle d’évaluation indiquera si la maîtrise de ces compétences est insuffisante, suffisante, bonne ou excellente – avec une notation de 1 à 4 -, ce qui servira « à éclairer les parents » sur la situation de leur enfant, a-t-elle ajouté.
Mais « c’est la notation telle qu’elle existe aujourd’hui qui comptera pour le contrôle continu », a-t-elle conclu.

Dictée quotidienne ? Violaine Jaussent, deFrancetv info, a recueilli le sentiment des syndicats et des enseignants :

« Oui aux dictées quotidiennes à l’école ! » C’est le titre de la tribune de la ministre de l’Education nationale, publiée dans Le Monde vendredi 18 septembre. « Oui, la pratique répétée de la lecture et de l’écriture, la discipline exigée par des dictées quotidiennes, sont indispensables », détaille Najat Vallaud-Belkacem. « Absolument, une dictée chaque jour, a répété la ministre sur Europe 1 vendredi. (…) L’essentiel, c’est la maîtrise du langage. »
Francetv info a demandé aux professeurs et aux syndicats ce qu’ils pensaient de cette déclaration de la ministre.

Ce n’est pas nouveau
« Euh… Mais on le fait déjà, non ? » Après l’annonce de la ministre, les professeurs des écoles contactés sont surpris et perplexes. La dictée est tout sauf une idée nouvelle. « Tout le monde le fait déjà », estime Antoine, professeur des écoles en CE1. « On a toujours fait des dictées, ce n’est pas un scoop », ajoute Catherine Chabrun, enseignante de la pédagogie Freinet.
« Dans notre pays, la dictée, c’est un totem, un mythe ! s’exclame Christian Chevalier, secrétaire général du syndicat SE-Unsa. Elle génère des passions incontrôlées. » Le débat entre pro et anti est, de fait, virulent. Si la ministre met l’accent sur les fondamentaux, c’est semble-t-il pour couper court à de nouvelles critiques de la droite, dont les ténors insistent régulièrement sur l’importance du « lire, écrire, compter ».

Il faut varier les dictées
Chacun applique sa méthode, avec son style. Enseignants et syndicats estiment que ce n’est pas à la ministre de leur dicter leur manière d’enseigner.
« Le problème, c’est de rendre la dictée obligatoire. Car toucher à la liberté de l’enseignement pédagogique, c’est délicat. On a des programmes à respecter, à nous de faire comme on le sent ensuite », insiste Katia, professeure des écoles en CP. Elle fait déjà des dictées, « quasiment chaque jour ». « Sur des ardoises ou des cahiers. En CP, je fais des dictées de sons et de syllabes, cela me permet de voir si les petits élèves les ont intégrés. »
Car il y a dictée et dictée. « La dictée, ce n’est pas seulement prendre un livre et lire un passage », indique Christian Chevalier. Le blog L’école de demain de son syndicat liste les différents types d’exercices qui existent, tout comme le site du SNUipp-FSU, premier syndicat dans le primaire. Dictée négociée, dictée caviardée, dictée flash… et la dernière née, la twictée, soit la dictée sur Twitter. Celle-ci commence à faire ses preuves.
Metronews expliquait son principe, en mars, dans un reportage. « Les enfants rédigent d’abord à la main et individuellement une phrase de 140 signes maximum (la longueur limite d’une publication sur le réseau social). Puis, répartis en groupes de trois, les élèves ‘négocient’ et tentent de se mettre d’accord sur la bonne orthographe. » Un principe qui reprend, en fait, la « dictée mutuelle ». « Les élèves écrivent un texte puis notent les mots mal orthographiés dans un répertoire, les apprennent et se les dictent eux-mêmes », explique Catherine Chabrun. Elle prône l’écriture « par soi-même », « le bagage de mots personnels » pour chaque élève.

Cela dépend des élèves
Le type de dictée dépend aussi du niveau. « Je m’adapte aux progrès de la classe, au fur et à mesure de l’année », explique Katia. « En CE1, j’en fais une par semaine, je n’ai pas le temps d’en faire plus. Si j’en faisais une par jour, je n’aurais pas le temps d’enseigner le reste du programme de français », témoigne Antoine.
Souvent, le vendredi, cet enseignant trentenaire fait une dictée de deux phrases qui cible des points de grammaire présentés le lundi aux élèves. « Chacun a fait ses propositions en classe et on choisit ensemble la bonne orthographe. » Aujourd’hui, il a choisi une dictée de dix mots invariables. « Il n’y a pas d’autre choix pour les apprendre. » Mais Antoine applique d’autres méthodes que la dictée pour enseigner l’orthographe. « Je les fais écrire et lire tous les jours », insiste-t-il.

Ce n’est qu’un outil pédagogique parmi d’autres
« Il faut bien évidemment faire de l’orthographe en classe, mais cela ne peut pas se réduire à une dictée », renchérit le responsable du SNUipp-FSU, Sébastien Sihr, interrogé par l’Agence France-Presse. « Ce qui est important, c’est que les élèves entrent dans la culture de l’écrit et se l’approprient », souligne Christian Chevalier.
Najat Vallaud-Belkacem a-t-elle entendu le message ? Vendredi, en fin de journée, le ministère a précisé à l’AFP qu’une dictée par jour peut signifier écrire sous la dictée un énoncé d’exercice de calcul, ou bien les consignes dans un cours d’histoire, par exemple.
La dictée ? C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups…écrit Séverin Graveleau dans le Monde
Qu’importe si la formule « dictée quotidienne » n’est pas présente une seule fois au fil des 375 pages de ces programmes : en mettant l’accent sur une « école exigeante », la ministre a réussi à focaliser l’attention sur un symbole. Fine communicante, elle tient à distance, au moins dans un premier temps, un possible retour des critiques qui avaient émaillé la divulgation de la première version des programmes, en avril. Et évite le procès en laxisme que la droite a coutume de lui faire, en reprenant à son compte le « lire-écrire-compter » traditionnellement valorisé par les tenants d’une ligne pédagogique plus conservatrice.
Pari réussi ? En tout cas, les politiques, de droite comme de gauche, étaient moins prompts à réagir que d’habitude. Contacté par Le Monde, François Fillon rappelle « la priorité des priorités » qu’est la maîtrise de la langue française. Et se souvient d’avoir été « vivement critiqué » en 2004 lorsque, ministre de l’éducation nationale, il avait « demandé que l’on fasse des dictées non seulement à l’école mais aussi au collège ». « Si vraiment cela se fait, j’applaudis, déclare-t-il, mais je crains que ce gouvernement n’ait pas assez d’autorité pour y parvenir. »

« Cadeau fait aux réacs »
Au Conseil supérieur des programmes, où l’on a à cœur de valoriser ces nouveaux programmes, dits « curriculaires », organisés par cycle de trois ans et non plus par année, on s’étonnait dès jeudi soir de « l’interprétation » faite par la ministre. La remise officielle des programmes vendredi s’est accompagnée d’un tweet du président du CSP, le géographe Michel Lussault : « A lire attentivement si l’on souhaite ne pas se contenter des slogans et des a priori. » Car la formule de la ministre n’est pas sans fondements. Dans cette seconde version des programmes, l’accent est bien mis sur les « occasions d’écrire très nombreuses [qui] devraient faire de cette pratique l’ordinaire de l’écolier », d’« au moins une séance quotidienne » en écriture, etc. Mais « c’est sur la régularité des exercices que nous insistons », explique Michel Lussault. Une préconisation qui s’appuie sur les récentes recherches du chercheur Roland Goigoux, de l’Institut français de l’éducation (ENS de Lyon), ou du linguiste Alain Bentolila.
Du côté des syndicats enseignants, toutes sensibilités confondues, c’est peu de dire que l’accueil des propos de la ministre de l’éducation est mesuré. « Najat Vallaud-Belkacem fait le choix de parler à l’opinion publique plutôt qu’aux enseignants », lance Christian Chevalier, du SE-UNSA, qui évoque un « cadeau fait aux réacs ». « Quelle ambition ! On parle de refondation de l’école et on en vient à résumer ces nouveaux programmes à une dictée quotidienne », s’emporte de son côté Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat en primaire ; selon lui, « l’enjeu du lire-écrire-compter est de savoir comment on fait, avec quels outils et ressources pédagogiques ».
Les propos de la ministre sont globalement ressentis comme une injonction allant à l’encontre de la liberté pédagogique des enseignants. « Tant qu’elle y est, elle pourrait aussi prescrire l’heure à laquelle il faut la faire, cette dictée quotidienne, et la couleur des stylos » résume Sébastien Sihr.

Notation zéro : la presse dénonce une « fausse note », mais l’Éducation nationale dément, titre le site PublicSénat :

La presse est passablement critique vendredi à l’égard d’une éventuelle refonte du système de notation à l’école avec l’abandon symbolique du zéro, un projet toutefois fermement démenti par le ministère de l’Education nationale.
L’information d’une notation de 1 à 4 ou 1 à 5, censée remplacer à la prochaine rentrée la traditionnelle échelle de 0 à 20, a été donnée jeudi par Europe 1. Mais « il n’a jamais été question de revoir les notations telles qu’elles existent aujourd’hui », qui continueront de compter « pour le contrôle continu », a réagi vendredi sur la même antenne la ministre Najat Vallaud-Belkacem.
Une échelle de 1 à 4 pourra en revanche permettre d’évaluer « le socle commun de connaissances, compétences et cultures », qui représente « ce qu’un élève doit maîtriser à la fin de sa scolarité obligatoire », en fin de troisième, a-t-elle dit.
Malgré le démenti, le projet est largement commenté vendredi, jour où est présentée la version quasi-définitive des programmes scolaires du CP à la troisième.
Le Figaro décerne une « mauvaise note » au gouvernement. Motif du courroux du quotidien d’opposition: « si les disciplines continueront, comme avant, à être notées sur 20 au collège, les +compétences+, reflets du niveau acquis par un élève en troisième, pourraient être notées de 1 à 5 ».
« Ainsi va l’école de Najat Vallaud-Belkacem: une évaluation +bienveillante+ (de laquelle on aura bien sûr banni le zéro), une école plus +ludique+, un collège moins +ennuyeux+… Bienvenue dans le monde enchanté des 35 heures! », ironise Laurence de Charette dans l’éditorial du Figaro.
C’est l’éventuelle disparition symbolique du zéro qui est dénoncée avec le plus de vigueur par des éditorialistes un brin nostalgiques.
« On notera de 1 à 5, le zéro, cette grande invention babylonienne, étant supprimé, car, nous dit-on, le pire élève sait tout de même quelque chose. On croit rêver… », se désole Michel Bassi dans L’Eclair des Pyrénées.
« Certes, il est louable de faire en sorte que l’élève ne s’ennuie pas à l’école, ou qu’il ne se sente pas traumatisé par une mauvaise note, mais de là à interdire le 0, on confine au ridicule », ajoute Sébastien Lacroix dans L’Union.
Bruno Dive, de Sud-Ouest, entend recadrer le débat: « Avant de jongler avec des chiffres et des lettres, le ministère de l’Education ferait mieux de s’inquiéter de cette statistique dramatique et dont on ne sort pas: plus du tiers des élèves n’ont pas acquis les savoirs fondamentaux à l’entrée en sixième, et 15% ne savent pas lire du tout. Comment peut-on accepter cela? »

Sources : http://www.ouest-france.fr/ecole-nouveaux-programmes-lecture-dictee-et-calcul-mental-quotidiens-3697097 ; http://www.francetvinfo.fr/societe/education/une-dictee-tous-les-jours-a-l-ecole-primaire-l-idee-qui-rend-les-instituteurs-perplexes_1089579.html ; http://www.lemonde.fr/education/article/2015/09/19/dictee-quotidienne-le-coup-politique-de-najat-vallaud-belkacem_4763588_1473685.html#4PUAAJQjJCSekyvH.99 ; http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/notation-presse-denonce-une-fausse-note-leducation-dement-1047644

Réforme des collèges : les raisons de la nouvelle grève

Réforme des collèges : les raisons de la nouvelle grève

REFORME – Le Monde, Le Figaro, Educ.gouv.fr – Jeudi 17 septembre, les professeurs des collèges sont appelés à observer une journée de grève pour marquer leur opposition à la réforme du collège, portée par la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem. Les raisons de la mobilisation expliquée par Mattea Battaglia du Monde, la position gouvernementale par Marie-Estelle Pech et Caroline Beyer du Figaro et le communiqué de presse du ministère sur le taux de participation :

Il s’agit du premier mouvement de l’année scolaire, mais c’est la troisième mobilisation des enseignants contre ce projet depuis la présentation du projet par la ministre, le 11 mars, en conseil des ministres, précise Mattea Battaglia :

• Qui mobilise ?
Les syndicats qui appellent à la grève sont le SNES-FSU, majoritaire dans les collèges et les lycées, mais aussi le SNEP-FSU, FO, le SNALC, la CGT, SUD, la FNAEN et la CGC.
Sur le terrain, des associations d’enseignants – latinistes notamment – de même que la Société des agrégés, soutiennent ce mouvement.
Celui-ci se jouera en réalité en deux temps, puisqu’une journée de mobilisation nationale censée s’ouvrir à la société civile (notamment aux parents) est d’ores et déjà annoncée par le SNALC le 10 octobre.

• Quelles sont les revendications ?
Les syndicats réclament l’abrogation pure et simple de la réforme pour « rouvrir les discussions [sur le collège] sur de nouvelles bases ». Il veulent obtenir le retrait des textes – décret et arrêté – publiés au Journal officiel le 20 mai, au lendemain du premier appel à la grève. Ils avaient alors dénoncé un « coup de force ».
Ces textes ont entériné la mise en place du « nouveau collège » à compter de septembre 2016 – dernière rentrée avant l’échéance présidentielle de 2017 – ce que conteste toujours une partie de la communauté éducative.

• Quelles sont les grandes lignes de la réforme ?
La refonte du collège, considéré comme le « maillon faible » du système éducatif – selon la formule un peu galvaudée, car il est accusé de creuser les inégalités au lieu de les réduire –, a été inscrite dans la loi de refondation de l’école de juillet 2013.
« Mise en concurrence des personnels, des disciplines et des établissements, inégalités accrues entre les élèves, nouvelle aggravation des conditions de travail des personnels »… C’est un tableau bien sombre que dresse l’intersyndicale des conséquences de cette réforme.
De l’autonomie à l’interdisciplinarité en passant par la disparition des sections bilangues, la fragilisation des langues anciennes, de l’enseignement de l’allemand ou encore de l’histoire : plusieurs fronts se sont ouverts depuis le printemps, relayés par les politiques – de droite comme de gauche – et mêlant, en réalité, deux registres bien différents : la réforme du collège et celle des programmes scolaires. La gauche a choisi de lancer parallèlement ces deux chantiers (le fond en même temps que la forme, en somme), prenant le risque de brouiller les esprits. Et le calendrier n’est pas favorable à la clarification attendue entre les deux réformes : l’appel à la mobilisation, ce jeudi, coïncide avec l’ultime réunion de travail du Conseil supérieur des programmes (CSP) qui pourrait remettre sa copie le même jour.

Ce mouvement sera-t-il suivi ?
Si l’intersyndicale représente une majorité d’enseignants, beaucoup de professeurs ne sont pas syndiqués. Avant l’été, la mobilisation avait marqué le pas : entre 12 % et 30 % de grévistes (selon les estimations) avaient été décomptés le 11 juin, alors que le taux se situait entre 30 % et 50 % le 19 mai. Quelque 15,8 % des enseignants des collèges publics étaient en grève jeudi, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’éducation nationale.
Par ailleurs, certains syndicats ne sont pas hostiles à cette réforme, comme le SE-UNSA et le SGEN-CFDT. (…)

Réussira-t-elle à insuffler un second souffle aux opposants à la réforme du collège ? s’interrogent également Marie-Estelle Pech et Caroline Beyer dans Le Figaro : La première grève de la rentrée, organisée ce jeudi 17 septembre par une intersyndicale faite du Snes, premier syndicat du secondaire, du Snalc, de FO, de la CGT et de SUD, fera office de baromètre de la mobilisation entamée ce printemps contre ce texte. Prévue pour s’appliquer en 2016, la réforme, qui supprimera en grande partie les classes bilangues et européennes, affaiblira la place du latin et instaurera des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires), a été fortement contestée par l’opposition, un certain nombre d’intellectuels, les associations disciplinaires enseignantes et une partie des syndicats. Le premier rapport de force, avec les deux grèves enseignantes du printemps dernier, était néanmoins tangent. Le 11 juin, le ministère et les syndicats avaient respectivement compté 12 et 30 % de grévistes. (…)

Au cabinet de la ministre comme à l’Élysée, on considère, ou l’on aimerait faire croire, que l’affaire est réglée, mais elle ne l’est pas à moyen terme, d’un point de vue électoral. En juillet dernier, un sondage OpinionWay pour Le Figaro révélait que seuls 21 % des enseignants voteraient pour François Hollande s’ils étaient appelés aux urnes. En 2012, 44 % avaient voté pour lui… «Beaucoup de professeurs ne feront pas grève. Ils restent attentistes. Pour autant, cela ne signifie pas qu’ils soutiennent la réforme», analyse Claude Lelièvre, historien de l’éducation. (…)

Taux de participation de 15,6% : le Ministère de l’Education nationale publiait en fin de journée du 17 septembre , ses chiffres sur le taux de participation à la grève des collèges :
Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche communique les taux de participation à la journée de grève de ce jour, à la suite de l’ensemble des remontées académiques.
Le taux de participation pour les enseignants des collèges publics s’élève à 15,8 %.
Pour rappel, la mobilisation du mois de mai dans les collèges publics s’élevait à 27,6%, au mois de juin à 11,9%.

Sources : http://www.lemonde.fr/education/article/2015/09/16/nouvelle-journee-de-greve-des-enseignants-contre-la-reforme-des-colleges_4759927_1473685.html#MTUTRQXoISQAveze.99 ; http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/09/16/01016-20150916ARTFIG00381-greve-test-sur-la-reforme-du-college-ce-jeudi.php ;http://www.education.gouv.fr/cid93017/taux-de-participation-a-la-greve-du-17-septembre-2015.html

Le numérique à l’école ne fait pas de miracle

Le numérique à l’école ne fait pas de miracle

NOUVELLES TECHNOLOGIES  – Le Nouvel Observateur, La Nouvelle République, Education.gouv.fr –  L’introduction des technologies de l’information et de la communication (TIC) est-elle utile à l’école ? Réponse en demi-teinte dans une enquête Pisa (OCDE). La réaction de Caroline Brizard du Nouvel Observateur, le point de vue de la Nouvelle République, le communiqué du Ministère et le texte  du rapport :

Dans tous les pays, les écoles et les familles ont donc investi des fortunes pour s’équiper en informatique, en connexion internet et en logiciels. Pour quels résultats ? s’interroge Caroline Brizard :
Une enquête PISA (Program for International Student Assessment) menée en 2012, a évalué la façon dont les élèves maîtrisent l’écrit sur internet. C’est une première, et une douche froide. Le rapport, qui sort le 15 septembre, révèle  » l’immense décalage entre la réalité de notre école et les promesses des nouvelles technologie « , résume Andreas Schleicher, directeur de l’éducation et des compétences à l’OCDE, dans l’avant-propos.
En 2012, dans la plupart des pays de l’OCDE, 96% des élèves de 15 ans ont un ordinateur à la maison, mais 72% seulement déclarent utiliser un ordinateur de bureau, un ordi portable ou une tablette à l’école. Comment maîtrisent-ils cet outil ? Les enquêteurs de l’OCDE ont conçu autour de Seraing, une ville fictive en Belgique, une simulation de navigateur, avec des sites web, des onglets et des hyperliens, qui a permis d’offrir aux jeunes un environnement numérique contrôlé, et de comparer la façon dont ils l’utilisaient. 38 000 élèves de 32 pays de l’OCDE ont planché sur des épreuves communes.
Sans surprise, on constate d’abord que là où il y a une bonne maîtrise de l’écrit  » papier « , il y a une bonne maîtrise de l’écrit  » en ligne « . Savoir comprendre et exploiter un texte, qu’il soit sur le papier ou sur un écran, requiert les mêmes compétences. Mais il faut en outre savoir naviguer entre des page/écrans, discerner les sources utiles et dignes de confiance dans la kyrielle des offres d’informations, évaluer la pertinence des liens proposés, et ne pas se perdre en chemin. Le test Seraing permettait d’évaluer tout cela. Par exemple, mesurer pour une des tâches qui leur était donnée, combien de pages hors-sujet les élèves ont u ouvrir. Une manière de mesurer leur discernement et leur concentration.

Toujours les mêmes
Dans le classement PISA publié aujourd’hui, on retrouve en tête de liste les pays qui ont traditionnellement les meilleurs scores en compréhension de l’écrit « papier » : Singapour, la Corée, Hong-Kong (Chine), le Japon, le Canada et Shanghai (Chine).
Pourtant, les deux classements –compréhension de l’écrit électronique, compréhension de l’écrit sur papier- ne sont pas toujours raccord. Singapour, par exemple, avec un score de 567 en lecture sur le net (la moyenne de l’OCDE est à 500), fait mieux en maîtrise de l’écrit sur le web, qu’en compréhension de l’écrit sur papier. Même chose pour la Corée (555), l’Australie (521), le Canada (532), les Etats-Unis (511). La France (511) est aussi dans ce cas : elle est classée entre les 10e et 14e rangs pour la compréhension de l’écrit électronique, et entre les 12e et 16e rangs seulement pour la lecture papier. L’honneur est sauf : la France reste au-dessus de la moyenne. Des résultats à rapprocher aussi du suréquipement des familles, dans tous les milieux.
Pas d’effet notable
L’utilisation d’internet à l’école dessine une courbe en cloche : l’absence totale d’ordinateur est associée à un faible niveau de lecture sur le net ; les performances sont optimales quand l’élève utilise la machine une à deux fois par semaine; au-delà, elles s’effondrent, d’autant plus que l’usage de l’ordinateur est plus fréquent.
Pour autant, et c’est la leçon essentielle de ce rapport, les investissements dans les TIC (technologies de l’information et de la communication) éducatifs ont un faible impact sur les résultats scolaires des élèves, tant en sciences, en maths qu’en maîtrise de l’écrit. L’usage de l’ordinateur ne réussit pas non plus à combler les écarts entre élèves favorisés et élèves défavorisés. (…)

Bien que les écoles françaises soient moins bien équipées que celles d’autres pays, note la Nouvelle République, la France est plutôt bien classée par l’OCDE dans sa première enquête sur les compétences numériques des élèves.
En 2012, la France n’avait guère brillé au dernier classement PISA de l’OCDE, qui compare les systèmes éducatifs du monde entier. La toute première enquête de l’Organisation de coopération et de développement économique sur « Les élèves et les nouvelles technologies », publiée mardi soir, est un peu plus flatteuse.
Cette étude, réalisée à partir des mêmes données que celles recueillies en 2012 pour la dernière enquête PISA, compare les compétences numériques des élèves de 15 ans de 63 pays.
Alors que dans cette dernière, le système éducatif obtenait tout juste la moyenne, se classant 25e en mathématiques et 21e en compréhension de l’écrit, cette fois il flirte avec le Top 10 mondial.
Les élèves français se classent ainsi 13e en « compréhension de l’écrit électronique », 11e à « l’évaluation informatisée des mathématiques » et même 10e en navigation web.
« Ils sont légèrement meilleurs que la moyenne pour évaluer, lorsqu’ils lisent en ligne, quels sont les liens pertinents à suivre. Quand ils cherchent une information sur le web, seuls 12 % des élèves naviguent de manière très peu ciblée ou pas du tout – contre 15 %, en moyenne », remarque par exemple l’OCDE dans sa note sur la France.
Pourtant, la France est loin de figurer parmi les pays dont les établissement scolaires sont les mieux équipées : elle n’est que 26e avec, en moyenne, un ordinateur pour 2,9 élèves contre un pour 0,9 élèves en Australie, le pays le mieux classé.
Par contre, les élèves français ont quasiment tous accès à Internet chez eux : 99 % des élèves de 15 ans en France − et même 96 % des élèves défavorisés − ayant au moins un ordinateur à la maison.
« Pas la quantité qui compte mais la qualité »
De toute façon, « ce n’est pas la quantité de l’utilisation » du numérique « qui compte mais la qualité », note Francesco Avvisati, expert à l’OCDE. « Ce n’est pas forcément parce qu’on utilise le numérique de façon intensive à l’école qu’on réussit bien aux tests numériques », ajoute son collègue Eric Charbonnier.
La preuve, des pays comme la Pologne, qui a « donné la priorité à l’équipement », ou l’Espagne, dont les élèves « consacrent plus de 30 minutes par jour au numérique pour leur apprentissage », n’obtiennent pas de meilleur résultat que la France.
Pour que l’enseignement des nouvelles technologies soit efficace, « il faut partir des usages », « répondre à des finalités pédagogiques », estime Francesco Avvisati.
Le grand plan numérique pour l’école, annoncé par François Hollande en septembre dernier, « ne fonctionnera que si les enseignants y adhérent, s’ils sont bien formés et si une culture de la collaboration se met en place », prévient Eric Charbonnier.

Le communiqué du ministère :
En matière d’équipement, l’étude révèle des résultats globalement favorables en 2012 :
• 99% des élèves de 15 ans avaient au moins un ordinateur à la maison
• 96% des élèves les plus défavorisés avaient accès à Internet à la maison
• les établissements scolaires disposaient d’un ordinateur pour trois élèves, ratio proche de la valeur médiane pour les pays de l’OCDE, et 96% de ces ordinateurs étaient connectés à Internet
• les établissements accueillant le plus fort taux d’élèves défavorisés avaient, en moyenne, de meilleures ressources en matière de TICE que ceux accueillant des élèves plus favorisés
En ce qui concerne les performances des élèves, l’étude révèle des résultats plus encourageants que les enquêtes PISA classiques :
• en lecture sur support numérique, les élèves de 15 ans en France se situaient au-dessus de la moyenne de l’OCDE
• lorsqu’il leur est demandé de chercher des informations sur Internet, 12% des élèves français naviguent de façon incohérente, contre 15% en moyenne dans les pays de l’OCDE
• en culture mathématique évaluée par ordinateur (résoudre un problème mathématique avec un ordinateur etc.), les élèves français se situent au-dessus de la moyenne de l’OCDE
• l’origine sociale et la performance sont aussi liées en lecture numérique qu’en lecture de textes sur support papier. Si, grâce aux nouvelles technologies, les élèves
• défavorisés peuvent accéder à une richesse de ressources et de connaissances, ce bénéfice demeure limité pour ceux dont les compétences en lecture sont faibles

l’Enquête de l’OCDE sur « Les élèves et les nouvelles technologies » (2015) : http://www.youscribe.com/Product/Download/2653175?embed=true&key=38dcb3a2739b10cbebf15551445e31f11827f18f&format=1

Sources : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20150915.OBS5805/le-numerique-a-l-ecole-ne-fait-pas-progresser-les-eleves-pour-l-instant.html ; http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/Education/n/Contenus/Articles/2015/09/15/Ecole-et-numerique-la-France-s-en-sort-pas-mal-du-tout-2465243 ; http://www.education.gouv.fr/cid92876/rapport-pisa-de-l-ocde-sur-l-equipement-et-les-competences-numeriques-des-eleves.html

Enfants de réfugiés: l’EN jugée « bien armée »

Enfants de réfugiés: l’EN jugée « bien armée »

ACTION SOCIALE – France Info, BFMTV – Son ministère est prêt à faire face à « la prise en charge d’enfants qui ne parlent pas français », a assuré à France Info Najat Vallaud-Belkacem, mardi 15 septembre . Et en cas « d’afflux important » la « fameuse réserve citoyenne » pourrait même être mobilisée, ajoute-t-elle. Un article de David Namia, sur BFMTV :

« S’il y a un service public qui est relativement bien armé pour faire face à l’arrivée des réfugiés, c’est l’Education nationale », a tranché Najat Vallaud-Belkacem, mardi matin au micro de France Info. « On estime à 4.500 le nombre de mineurs qui seront accueillis par an. L’Education nationale dispose en son sein de professionnels qui ont une expérience et un savoir-faire en la matière qui datent des années 70 lorsque nous avons accueilli en nombre les boat-people. Des dispositifs avaient été créés à ce moment-là, les Centres Académiques pour la Scolarisation des enfants allophones », a continué la ministre. « On sait prendre en charge des enfants qui ne parlent pas le français », a continué la ministre.
Plusieurs unités pédagogiques ont été mises en place pour procéder à l’intégration progressive des élèves dans les classes au cursus ordinaire ». Pour l’académie de Paris, 50 de ces structures accueillent les enfants de 6 à 10 ans, et 39 autres les enfants devant intégrer collèges et lycées.

Si besoin « mobiliser la fameuse réserve citoyenne »
La ministre de l’Education a aussi évoqué les bonnes volontés qui se sont manifestées à elle. Ainsi, les « bénévoles qui se sont spontanément proposés comme, par exemple, des enseignants à la retraite ».
Elle a aussi fait valoir que « si l’afflux est particulièrement important », elle pourrait être amenée à mobiliser « la fameuse réserve citoyenne créée cette année qui permet à des citoyens de bonne volonté d’aller aider à l’école ». Pour rejoindre cette réserve citoyenne, un portail mis en place par le gouvernement permet de s’inscrire en ligne. Des réservistes qui seront, le cas échéant, directement contactés par les enseignants qui avaient préalablement formulé une demande d’intervention auprès du chef d’établissement.

Source : http://www.bfmtv.com/politique/scolarisation-d-enfants-de-refugies-la-ministre-juge-l-education-nationale-bien-armee-914943.html

De plus en plus d’enseignantes

De plus en plus d’enseignantes

HOMME / FEMME  – Savoirs & Connaissances –  70% d’enseignantes : c’est l’un des résultats de la dernière étude menée par la DEPP entre 2012 et 2013. Dans une Note d’information publiée en septembre 2015, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) s’est intéressée à l’évolution du nombre d’enseignants au sein de l’Education nationale entre 2012 et 2013. Durant cette période, le nombre d’enseignants augmente de près de 2 % et l’effectif global de l’Education nationale de 1,3 %. Un article de Victor de Sepausy sur le site Savoirs & Connaissances

Pour la rentrée 2013, l’Education nationale comptait 1,05 million de personnes, ce qui représente 44,3 % des effectifs de la fonction publique d’Etat. Au sein de ce million d’employés, on compte 81,4 % d’enseignants.
Parmi les profs, « le nombre des titulaires marque un léger fléchissement (- 0,3 %) tandis que celui des non-titulaires (15,4 % des effectifs), dont plus de la moitié sont des assistants d’éducation, a fortement augmenté en 2013 (+ 10,9 %). Les agents titulaires appartiennent très majoritairement à la catégorie A (93,8 %) et représentent environ les trois quarts des effectifs de cette même catégorie dans la fonction publique d’État. »
La hausse du nombre d’enseignants est plus marquée dans le premier degré que dans le second. « En 2013, 16 400 enseignants ont pris leur retraite et 19100 postes ont été pourvus par des admis au concours externe. En 2012, pour 15 900 départs, 12 400 enseignants ont été recrutés par la même voie. »
Avec un renouvellement qui se poursuit au fil des départs à la retraite, la profession d’enseignant continue de se féminiser toujours davantage, à hauteur de 70 %. Mais « cette féminisation est plus forte dans le secteur privé (74,3 % contre 69,2 % dans le public) et dans le premier degré (privé : 91,1 %, public : 81,4 %).

81,6% d’institutrices, aujourd’hui professeurs des écoles
Dans le secteur public, les femmes sont massivement représentées dans le corps des professeurs des écoles (81,6 % en 2013), dont le salaire net mensuel est inférieur à celui des personnels exerçant dans le secondaire. Ce sont principalement les primes et heures supplémentaires qui expliquent ce décalage salarial. Mais les femmes sont beaucoup moins présentes « parmi les professeurs agrégés (51,6 %) et les professeurs de chaire supérieure (32,8 %). »
La DEPP constate que « la féminisation se renforce avec l’arrivée de nouvelles générations. La part des femmes est d’autant plus forte que les enseignants sont jeunes, quel que soit le secteur : parmi les professeurs des écoles par exemple, 88,8 % des moins de 30 ans sont des femmes et 72,4 % des 50 ans et plus. Ces parts sont de 71,3 % et 59,9 % chez les professeurs certifiés, 59,6 % et 48,4 % chez les agrégés. »
Le premier degré compte davantage d’enseignants jeunes, avec une moyenne d’âge de 41,4 dans le public et de 42,9 ans dans le privé. Dans le second degré, la moyenne d’âge est de 43,3 ans dans le public et 44,8 dans le privé.
« En moyenne, 11,4 % des enseignants du premier degré public sont âgés de moins de 30 ans et 23,9 % ont 50 ans ou plus. » Mais le ratio entre ces deux tranches d’âge varie fortement entre les départements. Ainsi, les académies d’Ile-de-France, d’Amiens ou du Centre sont plus jeunes que celle du littoral ouest, ou encore de Montpellier.
De manière générale, les jeunes enseignants sont surreprésentés parmi les remplaçants, les affectations sur plusieurs établissements et l’éducation prioritaire.
Les effectifs des personnels non enseignants baissent très légèrement, avec 195 800 personnes (- 0.4 % par rapport à 2012). « Les personnels de direction, d’éducation, d’inspection et d’orientation constituent la population la plus importantes, représentant 62,4 % des non-enseignants ». Un tiers des non-enseignants sont des agents administratifs, sociaux et de santé.

Source : https://savoir.actualitte.com/article/analyses/1099/de-plus-en-plus-d-enseignantes-au-sein-de-l-education-nationale