Patrons-Syndicats : le JO fixe la représentativité

Patrons-Syndicats : le JO fixe la représentativité

Deux arrêtés paru dans le journal officiel fixe la représentation des organisations patronales et syndicales

Représentation patronale

Arrêté du 22 juin 2017 fixant la liste des organisations professionnelles d’employeurs reconnues représentatives au niveau national et interprofessionnel

La ministre du travail,

Vu le code du travail, notamment ses articles L. 2151-1, L. 2152-4, L. 2152-6 et L. 2261-19 ;

Vu le VI de l’article 29 de la loi n° 2014-288 du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale ;

Vu la présentation des résultats de l’audience au Haut Conseil du dialogue social le 26 avril 2017 et le 24 mai 2017 ;

Vu l’avis du Haut Conseil du dialogue social rendu le 24 mai 2017,

Arrête :

Article 1

Sont reconnues représentatives au niveau national et interprofessionnel les organisations professionnelles d’employeurs suivantes :

– le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) ;

– la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) ;

– l’Union des entreprises de proximité (U2P).

Article 2 En savoir plus sur cet article…

Au niveau interprofessionel, pour l’opposition à l’extension des accords collectifs en application de l’article L. 2261-19 du code du travail, le poids des organisations professionnelles d’employeurs représentatives est le suivant :

– le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) : 70,82 % ;

– la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) : 24,97 % ;

– l’Union des entreprises de proximité (U2P) : 4,21 %.

Article 3

Le directeur général du travail est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 22 juin 2017.

 

Représentation des salariés

JORF n°0152 du 30 juin 2017

texte n° 33

Arrêté du 22 juin 2017 fixant la liste des organisations syndicales reconnues représentatives au niveau national et interprofessionnel

La ministre du travail,

Vu le code du travail, notamment ses articles L. 2121-1, L. 2122-9, L. 2122-10 et L. 2122-11 ;

Vu la présentation des résultats enregistrés à l’issue du cycle électoral au Haut Conseil du dialogue social le 31 mars 2017 et le 24 mai 2017 ;

Vu l’avis du Haut Conseil du dialogue social en date du 24 mai 2017,

Arrête :

Article 1

Sont reconnues représentatives au niveau national et interprofessionnel les organisations syndicales suivantes :

– la Confédération française démocratique du travail (CFDT) ;

– la Confédération générale du travail (CGT) ;

– la Confédération générale du travail-Force ouvrière (CGT-FO) ;

– la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) – la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Article 2

Au niveau interprofessionnel, pour la négociation des accords collectifs en application de l’article L. 2232-2 du code du travail, le poids des organisations syndicales représentatives est le suivant :

– la Confédération française démocratique du travail (CFDT) : 30,33 % ;

– la Confédération générale du travail (CGT) : 28,56 % ;

– la Confédération générale du travail-Force ouvrière (CGT-FO) : 17,93 % ;

– la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) : 12,28 % ;

– la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) : 10,90 %.

Article 3

L’arrêté du 30 mai 2013 fixant la liste des organisations syndicales reconnues représentatives au niveau national et interprofessionnel est abrogé.

Article 4

Le directeur général du travail est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 22 juin 2017.

La CFDT devient le 1er syndicat dans le privé….

La CFDT devient le 1er syndicat dans le privé….

… mais la CGT réaffirme sa primauté sur l’ensemble privé/public

La deuxième mesure de la représentativité des organisations syndicales du secteur privé – qui agrège les résultats du premier tour des élections DP-CE dans les entreprises de plus de onze salariés, les élections TPE et dans les chambres départementales d’agriculture – hisse la CFDT en tête des organisations syndicales représentant les salariés du secteur privé, à 26,37 %. Elle progresse ainsi de 0,37 point, mais surtout de 62 741 voix. Elle devance la CGT qui, à 24,85 %, est reléguée en deuxième position – une situation inédite depuis la constitution de cette organisation en 1895. « C’est un séisme dans le paysage syndical. Attendu, annoncé, espéré, mais non moins historique. »

« Alors que beaucoup pensaient cela impossible il y a quelques années, nous vivons un profond bouleversement du paysage syndical, souligne Laurent Berger. Et si, depuis 2013 nous étions convaincus que c’était possible, nous n’imaginions pas un tel écart aujourd’hui ! » Il faut dire que tandis que la CFDT progresse, la CGT régresse fortement en points (–1,96 point) et en nombre de voix (–58 189).

Quatre appels de Laurent Berger

« Cette première place confirme que notre type de syndicalisme, capable de regarder la réalité en face pour mieux la transformer, capable de faire des propositions, de s’engager dans la négociation et d’obtenir des résultats concrets, répond aux attentes des salariés »

Laurent Berger a saisi l’occasion pour lancer quatre appels. Aux futurs gouvernants de ce pays, une mise en garde : « Il n’y a pas, et il n’y aura pas de progrès économique et social durable sans un dialogue social de qualité, s’appuyant sur des organisations syndicales solides et reconnues de l’entreprise au national en passant par la branche et les territoires. » Il a invité patronat et employeurs à « donner davantage d’espaces à un dialogue social fondé sur la reconnaissance d’intérêts contradictoires mais cherchant le compromis utile à tous » et à « partager davantage le pouvoir économique avec ceux qui représentent l’intérêt des salariés » : « Le syndicalisme change… alors changez aussi ! » Aux autres organisations syndicales « qui partagent notre conception de la démocratie sociale et du progrès social », il a proposé : « Travaillons davantage ensemble, malgré nos différences et nos divergences. Les salariés attendent de nous des résultats et nous serons plus forts ensemble pour les obtenir. » Enfin, il a appelé les salariés à rejoindre la CFDT afin de « développer ensemble ce syndicalisme constructif et utile pour chacun ». Et contribuer à écrire une nouvelle page du syndicalisme. Avec l’ambition, affirmée par le secrétaire général, de « devenir première organisation syndicale dans le public comme dans le privé » lors des élections dans la fonction publique, en 2018.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a pris acte de la seconde place du syndicat sur l’ensemble du secteur privé. Il a néanmoins tenu à rappeler que son organisation reste le premier syndicat de France si l’on additionne les voix de la fonction publique.

La CGT réaffirme sa 1ere position sur l’ensemble des élections

Après l’annonce des résultats des élections professionnelles du secteur privé, le leader de la CGT Philippe Martinez a admis sa déception de voir son organisation passer à la seconde place des syndicats du privé. La CFDT vient d’emporter les élections, et met ainsi fin à une hégémonie datant de la Seconde guerre mondiale. Toutefois, Philippe Martinez a évoqué des points de réconfort: la «centrale» reste majoritaire dans les TPE, et si l’on additionne les élections professionnelles du privé et de la fonction publique, elle reste le premier syndicat de France

lors des dernières élections TPE, dont le décompte a été rendu public en février dernier, la CGT l’a emporté avec 25,12% des voix contre 15,49% pour son éternelle rivale, la CFDT. Cependant, le scrutin, ouvert sur les périodes de fin d’année et jusqu’au début du mois de janvier, s’est distingué par une abstention extrêmement forte, à plus de 92% des inscrits

La CGT avait raflé la première place, avec 23,% des suffrages contre 19,3% à la CFDT et 18,6% pour FO. 53% des 5.200.000 fonctionnaires s’étaient déplacés, donnant exactement 604.624 voix à la CGT contre 504.804 à la CFDT. La CGT avait fait ses meilleurs scores dans la fonction publique territoriale.

Si l’on additionne les chiffres officiels à ceux d’aujourd’hui 31 mars, le total des voix de la CGT tous secteurs confondus publics/privés est de 1.907.400, et reste donc bien le plus élevé, dépassant le score de la CFDT et ses 1.887.450 suffrages

 

Loi El-Khomri : Les cinq points qui coincent

Loi El-Khomri : Les cinq points qui coincent

REFORME  – 20 Minutes –  Le très chahuté projet de loi Travail arrive ce mardi à l’Assemblée nationale. Les députés ont jusqu’au 17 mai pour se prononcer sur ce texte qui a déjà été modifié début avril par les députés siégeant à la commission des Affaires sociales. Les discussions s’annoncent animées puisque près de 5.000 amendements ont été déposés – soit autant que lors de l’examen du projet de loi sur le mariage pour tous. Les débats seront d’autant plus vigoureux que le gouvernement a engagé une « procédure accélérée  »  pour ce texte, obligeant les députés à l’examiner en une seule lecture, contre deux habituellement. 20 Minutes revient sur les cinq points qui font le plus débat.

1) Licenciement dans les PME

Ce que prévoyait le projet de loi : Il voulait préciser dans quelles conditions une entreprise peut procéder à un licenciement économique  en donnant une définition à la difficulté économique. Le gouvernement n’avait pas fait de distinction entre les petites et les grandes entreprises : il donnait la même définition à la difficulté économique, à savoir enchaîner « une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires » pendant « plusieurs trimestres consécutifs, en comparaison à la même période de l’année précédente ». Il confiait aux syndicats le soin de définir, dans chaque branche, le nombre de « trimestres consécutifs » à retenir et, à défaut d’accord, souhaitait que le quota de quatre trimestres s’applique.

Ce que la commission des Affaires sociales a changé : Ses députés ont introduit des distinctions selon la taille des entreprises. Ainsi, pour procéder à des licenciements économiques, une entreprise devra avoir subi une baisse de ses commandes ou de son chiffre d’affaires pendant un trimestre si elle compte de moins de 11 salariés, pendant deux trimestres consécutifs si elle dénombre moins de 50 salariés, pendant trois trimestres consécutifs si elle a moins de 300 salariés, et pendant quatre trimestres consécutifs au-delà. Le tout étant comparé par rapport à l’année précédente.

Ce qu’en pense l’expert : Pascal Lokiec, professeur de droit social à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense : « Cette évolution peut conduire à des effets pervers. J’en note deux. Primo, une difficulté économique étant désormais caractérisée par une simple baisse du chiffre d’affaires, une entreprise pourra procéder à des licenciements si ses résultats sont bons mais qu’ils se révèlent moins exceptionnels que ceux de l’année précédente. Secundo, une start-up de quatre salariés pourra plus facilement licencier qu’une PME de 30 personnes même si la première réalise un chiffre d’affaires trois fois plus conséquent que la seconde. Il me semble plus pertinent de conserver la souplesse du système actuel qui donne au juge le pouvoir d’apprécier, au cas par cas, la difficulté réelle d’une entreprise. En outre, il est possible que le Conseil constitutionnel revienne sur ces dispositions, les jugeant inconstitutionnelles puisqu’elles créent des différences de traitement entre petites et grandes entreprises. »

2) Licenciement dans les groupes

Ce que prévoyait le projet de loi : Il voulait qu’une multinationale rencontrant des difficultés économiques en France puisse licencier même si ses autres filiales à l’étranger se portent bien.

Ce que la commission des Affaires sociales a changé : Rien. Toutefois, le député PS Christophe Sirugue, membre de la commission des Affaires sociales  et rapporteur de la loi Travail à l’Assemblée nationale, a déposé un amendement pour revenir au système actuel, c’est-à-dire à l’appréciation des difficultés économiques d’une entreprise au niveau international.

Ce qu’en pense l’expert : Pascal Lokiec, professeur de droit social à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense : « L’amendement de M. Sirugue est une bonne chose car la proposition du gouvernement va à l’encontre de toute la jurisprudence française. Elle relève également du contresens historique : puisque les entreprises se mondialisent, n’est-il pas pertinent d’apprécier leurs difficultés sur tous les territoires plutôt que sur un seul ? Si le gouvernement fait une telle proposition, c’est parce qu’il estime que le droit du travail français est un frein à l’investissement étranger. Or, ce n’est pas le cas : les étrangers continuent d’investir en France comme le prouvent les enquêtes».

3) Taxation des CDD

Ce que prévoyait le projet de loi : Rien. Mais le Premier ministre Manuel Valls l’a assuré aux organisations de jeunesse fin mi-avril : le gouvernement introduira un amendement visant à surtaxer les contrats courts lors de l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale.

Ce que la commission des Affaires sociales a changé : Rien, le gouvernement ayant fait cette annonce trois jours après que la Commission des affaires sociales a fini d’examiner le texte. Toutefois, Christophe Sirugue prévient : il n’est pas favorable  à la mesure et ne la défendra pas en séance.

Ce qu’en pense l’expert : Pascal Lokiec, professeur de droit social à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense : « Rien, dans la mesure où les conditions de la surtaxation des CDD, c’est-à-dire les types de contrats courts concernés et le barème de la surcotisation, ne devraient pas figurer dans la loi puisqu’elles ont vocation à être négociées par les partenaires sociaux. La surtaxation des CDD fait d’ailleurs partie des discussions que les organisations conduisent actuellement dans le cadre de la réforme de l’assurance chômage. »

4) Accords offensifs sur l’emploi

Ce que prévoyait le projet de loi : De permettre aux entreprises, après avoir signé un accord avec leurs syndicats ou après avoir obtenu un « oui » à un référendum, de réorganiser les jours/horaires de travail et/ou d’augmenter le temps de travail de leurs salariés et ce, à rémunération constante,  si elles affirment le faire en vue de « préserver » ou de « développer » l’emploi. Si un ou plusieurs salariés refusent de se plier à ces nouvelles règles, ils peuvent être licenciés pour « cause réelle et sérieuse ».

Ce que la commission des Affaires sociales a changé : Les salariés devront être licenciés non pas pour « cause réelle et sérieuse » mais dans le cadre d’un licenciement individuel pour « motif économique ». Ce qui leur permettra d’être mieux accompagnés dans leur reclassement. Christophe Sirugue affirme également, dans un entretien au Parisien, avoir déposé un amendement prévoyant la création d’une « sorte de comité de surveillance » qui examinera « une fois par an » les accords d’entreprises passés et « fera des recommandations, y compris pour demander des corrections ».

Ce qu’en pense l’expert : Pascal Lokiec, professeur de droit social à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense : « La correction apportée n’est pas du tout suffisante. Des entreprises florissantes vont pouvoir modifier le temps de travail de leurs salariés, changer leurs périodes de congés, revoir leurs astreintes ou encore instaurer le travail le dimanche à la seule condition qu’elles promettent de préserver ou de développer l’emploi… Juridiquement, il n’existe rien de plus souple comme formulation. De plus, les salariés qui ne seront pas d’accord n’auront pas la possibilité de contester leur licenciement devant les prud’hommes. Enfin, si plus de 10 salariés sont licenciés parce qu’ils refusent l’accord, l’entreprise ne sera pas tenue d’organiser un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE)  alors que ce dispositif est le meilleur en termes de reclassement. »

5) Référendum des salariés

Ce que prévoyait le projet de loi : De permettre la tenue d’un référendum dans l’entreprise sur tous les types de sujets. Concrètement, les salariés seraient appelés à valider ou à rejeter un accord proposé par la direction mais n’ayant pas trouvé de majorité, c’est-à-dire n’ayant pas été signé par des syndicats représentant plus de 50 % des salariés ayant voté aux dernières élections professionnelles, à condition qu’il soit défendu par des syndicats représentant plus de 30 % des salariés.

Ce que la commission des Affaires sociales a changé : Elle a ajouté deux précisions. Primo, les syndicats défendant l’accord disposeront d’un mois pour demander la tenue d’un référendum. Secundo, le référendum devra se tenir dans un délai maximal de deux mois.

Ce qu’en pense l’expert : Pascal Lokiec, professeur de droit social à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense : « Le sujet est délicat. Le référendum offre une légitimité démocratique évidente, mais le proposer, c’est sous-entendre que les syndicats ne sont plus à même de défendre l’intérêt collectif des salariés. Il me semble très dangereux d’ouvrir cette voie. Par ailleurs, l’avis des salariés sera la plupart du temps sollicité dans un contexte de chantage à l’emploi, ce qui ne peut qu’inquiéter. »

Pour lire l’ensemble de l’article : http://www.20minutes.fr/economie/1838339-20160503-loi-travail-cinq-points-projet-loi-coincent

+ 800 euros : retraite plus favorable dans le public

+ 800 euros : retraite plus favorable dans le public

RETRAITE  – Tout sur la retraite –  L’écart de pensions entre les salariés du secteur privé et du secteur public uni-pensionnés, c’est-à-dire qui n’ont connu qu’un seul statut professionnel durant leur carrière, avoisine 800 euros par mois. Un différentiel déterminé par les calculs de Toutsurmesfinances.com, effectués à partir de la dernière enquête de la Drees (1) publiée le 28 avril 2016 et portant sur les retraités français résidant dans l’Hexagone ou à l’étranger au 31 décembre 2014. Un article du site Tout sur la retraite :

1.180 euros pour un salarié versus 2.210 euros pour un fonctionnaire. Dans le détail, explique Jean-Philippe Dubosc, les 8,06 millions de salariés retraités uni-pensionnés ont perçu en moyenne 1.180 euros de retraite mensuelle (pensions de base et complémentaires confondues) en 2014. Les 210.000 salariés agricoles retraités uni-pensionnés ont, eux, touché 540 euros par mois, toujours cette année-là. Soit 1.164 euros par mois en moyenne pondérée (2) pour les salariés du privé.
Du côté du secteur public, le montant moyen de la retraite mensuelle des 900.000 fonctionnaires civils d’Etat s’est élevé en 2014 à 2.210 euros, celui des 230.000 militaires à 1.670 euros et celui des 330.000 agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière à 1.410 euros. Soit une moyenne pondérée de 1.944 euros par mois pour les salariés du public uni-pensionnés. En comparant avec leurs homologues du privé, on arrive ainsi à une différence de 780 euros par mois. Rapportée sur 20 ans (la durée moyenne de retraite), elle atteint 187.200 euros !

Près de 200.000 euros d’écart sur 20 ans

Le « gap » est encore plus important si l’on prend en compte tous les actifs du public et du privé, toujours uni-pensionnés. En ajoutant les 330.000 agents des régimes dits « spéciaux » retraités qui ont travaillé en grande majorité dans des établissements ou des entreprises publics (EDF, SNCF, RATP, Banque de France…) et qui perçoivent une pension moyenne de 2.020 euros par mois, le montant moyen pondéré de la retraite mensuelle publique est porté à 1.958 euros (voir tableau).
A l’inverse, en prenant en compte les travailleurs non-salariés (artisans, commerçants, agriculteurs, professions libérales), le montant moyen de la retraite mensuelle privée est abaissé à 1.136,50 euros. On arrive à un écart de 821,50 euros par mois. Le manque à gagner du côté privé grimpe alors à 197.100 euros sur 20 ans de retraite.

Des règles de calcul différentes

(…)

Pour lire l’ensemble de l’article : http://www.toutsurlaretraite.com/retraite-environ-800-euros-par-mois-d-ecart-entre-le-public-et-le-prive.html#ycAq3PQYHDWRDJFz.99

 

L’ubérisation favorise les inégalités scolaires

L’ubérisation favorise les inégalités scolaires

NOUVELLES TECHNOLOGIES – SLATE – « Des start-ups envahissent le marché des cours particuliers, pris de plus en plus facilement par des étudiants de plus en plus qualifiés, toujours au bénéfice des enfants les plus favorisés »: Louise Touret s’inquiéte de l’ubérisation, sur le site Slate

Le marché des cours particuliers en France c’est, tenez-vous bien, 40 millions d’heures de cours chaque année, 1,5 milliards d’euros (celui de l’Éducation nationale c’est 65 milliards) en moyenne 1.500 euros par famille, ainsi que nous l’apprenait l’ex Centre d’analyse stratégique (aujourd’hui France Stratégie) en 2013.
À ce sujet il faut absolument lire le très instructif ouvrage d’Arnaud Parienty School business: les chiffres détaillés par ce professeur d’économie sont franchement effrayants, et pas seulement pour les «petits cours». Qu’on soit scolarisé dans le privé ou le public, des cours particuliers aux prépas privées (il y en a pour préparer Science Po comme pour préparer le concours d’aide soignante… ou de professeur des écoles) la réussite scolaire peut revenir très cher.
On peut évidemment se désoler que ce marché soit si juteux: que l’école ne suffise pas et que les plus aisés puissent ajouter à l’avantage culturel, l’avantage économique. Mais ni l’Éducation nationale ni ses enseignants ne semblent être en mesure de réagir face à ces abus. Plus les enfants grandissent, plus l’angoisse scolaire monte et les dépenses avec. Dans une société où les diplômes initiaux jouent le rôle de sésame pour la réussite, l’école devient un univers concurrentiel. Tout comme le marché des cours particulier qui évolue à vitesse grand V.
Petites annonces sur Le Bon Coin pour des cours particuliers
Traditionnellement les familles qui cherchent des cours particuliers ont plusieurs solutions. Les petites annonces (de la boulangerie de votre quartier au Bon coin, site sur lequel on trouve pléthore de cours), avec une mise en relation gratuite. Les organismes comme Acadomia, le Cours Legendre ou Complétude… Ils ne donnent pas le choix du professeur, les tarifs sont plus élevés (jusqu’à 75 euros chez Acadomia).
Enfin, certains professeurs de l’Éducation nationale proposent aussi des cours, surtout dans les disciplines scientifiques. Notons que de nombreux collèges organisent un suivi des devoirs avec des assistants pédagogiques après les cours et même, parfois, le mercredi après-midi.
A partir du moment où ils sont donnés à domicile, les cours particuliers donnent droit à un crédit d’impôt, comme on peut le lire sur le site d’Acadomia:
«En tant que particulier, au titre de l’emploi d’une personne à domicile et dans les conditions posées par l’article 199 sexdécies du CGI (sous réserve de modifications de la législation), vous pouvez bénéficier: si vous êtes imposable: de 50% de réduction d’impôt, sur les heures de cours effectuées à votre domicile et sur les frais d’inscription. Si vous êtes non imposable: de 50% de crédit d’impôt, sur les heures de cours effectuées à votre domicile et sur les frais d’inscription. Ainsi une heure de cours à 34 € vous revient à 17 € après réduction ou crédit d’impôt.»
C’est une des conséquences de la loi Borloo (2005), véritable aubaine pour les entreprises de cours particuliers qui avancent toutes cet avantage fiscal comme un argument de vente.
L’aide scolaire est donc considérée comme un service de personne à personne, auquel on fait appel au gré de besoins momentanés. Comme pour les transports (Über, Blablacar) l’hôtel (Airb’nb) ou les sites de location de matériel de bricolage ou de femme de ménage, le secteur éducatif a aujourd’hui ses sites de mise en relation entre particuliers. Exemple: Studizen, qui propose d’échanger et de vendre, oui vendre, des notes de cours.
Meetic de l’éduc
J’ai pu échanger avec les représentants de deux entreprises de ce type: Superprofs et Clevermate. Il s’agit de plateformes de mise en relation avec des professeurs. Le système est simple: les utilisateurs paient un droit d’entrée (c’est gratuit pour les professeurs putatifs) et peuvent consulter les profils de profs. Chez ces Meetic de l’éducation, on choisit les enseignants en fonction de leur discipline, de leurs prix, de leur(s) diplôme(s) et… éventuellement de leur bonne tête puisqu’on peut voir leur photo. Les élèves ou les familles peuvent aussi évaluer les professeurs/ répétiteurs et laisser des appréciations sur le réseau.
Interrogé il y a quelques semaine, Simon Azoulay en charge de la stratégie digitale de Superprofs revendiquait déjà un certain succès:
«En septembre 2015, nous étions la plus grande communauté qualifiée de professeurs particuliers en France: 250 000 professeurs disponibles sur tout le territoire. Nous accueillons 400.000 visites mensuelles, et comptons 450.000 membres.»
Pour info Acadomia emploie 20.000 «professeurs particuliers». Mais, chez Superprof, on ne parle plus de famille, d’élève, de prof mais de «communauté». Cela convient mieux à l’ambiance 2.0 que la plateforme donne souhaite donner au vieux cours particulier.
Quant au slogan de Clevermate, je vous laisse juge: «on a tous besoin de soutien» et visiblement, surtout dans les matières scientifiques, 70% des cours donnés par les enseignants de la plateforme concerne ces disciplines.
Super profs nous donne aussi plein d’informations sur ce marché: la moyenne nationale serait de 21,50 euros. Les cours sont plus chers en région parisienne, les hommes font payer en moyenne un euro de plus que les femmes et un quart des cours payants seraient donnés à des professeurs à leurs propres élèves. Pareil, je vous laisse juge.
Le prix c’est justement l’atout des plateforme. Elles se disent moins chers que les gros acteurs du secteurs. Pas de coûts fixes, une simple interface. Et un argument choc: la démocratisations des cours particuliers. C’est ce que m’a expliqué Jules Autelin, cadre chez Clevermate.
Externalisation
Le modèle de ces plateformes est simple. Chez Superprofs comme chez Clevermate, les clients paient un droit d’entrée. Ensuite il n’y a plus de frais. Sauf si on passe en mode premium avec des services supplémentaires.
Concernant le recrutement des enseignants. Si vous êtes diplômés de quelque chose vous pouvez proposer vos services!
Jules Autelin m’a expliqué le processus de sélection de ses enseignants. La plateforme n’accepte que des étudiants de grandes écoles:«On externalise la certification du niveau».
Ils ont été triés par l’Éducation nationale (et de ce fait admis en classe préparatoire) et obtenu un concours. Il n’y a pas d’étudiants d’université proposés sur le site, qui met sans complexe, au cas où vous n’auriez pas compris, une photo du fronton de l’ancien bâtiment de l’école Polytechnique sur son site afin que les visiteurs puissent lire ce nom prestigieux.
Derrière tout cela, un discours presque social: les étudiants, dont certains auraient peu de moyens, financent leurs études en donnant des cours.
Ironie
L’angoisse scolaire est-elle au cœur de la démarche? Certainement. Jules Autelin le confirme:
«Les mamans [sic] que j’ai au téléphone demande parfois des cours dans trop de disciplines, nous sommes obligé de les réfréner. Et, pour certains élèves c’est davantage un luxe qu’une nécessité.»
Des étudiants brillants mais modestes, qui ont besoin d’argent pour financer leurs études vont aider les élèves dont les parents peu regardant à la dépense, à prendre un avantage scolaire grâce aux moyens financiers de leur famille. Triste ironie de notre «méritocratie scolaire», favorisée par l’ubérisation de l’économie.
Source : http://www.slate.fr/story/112843/uberisation-education