Internes anglais en grève totale

Internes anglais en grève totale

CONFLIT  – Le Quotidien du Médecin –  Les internes des hôpitaux anglais ont entamé ce mardi la première grève totale de leur histoire dans l’espoir de faire échouer une réforme de leurs conditions de travail défendue par le gouvernement conservateur de David Cameron. Le bras de fer entre les internes et le gouvernement entre dans son quatrième mois. Les précédentes grèves avaient déjà entraîné l’annulation de plusieurs milliers consultations et interventions.Un articlerdu Quotidien du médecin :

Cette réforme impose aux « junior doctors » un nouveau contrat qui prévoit certes une augmentation du salaire de base de 13,5 % mais aussi une réduction des heures majorées le week-end. Certains horaires qui étaient auparavant considérés comme étant en dehors des horaires normaux, par exemple le samedi, ne le seront plus et donneront donc lieu à des rétributions plus faibles. Le gouvernement dit vouloir ainsi améliorer le service rendu dans les hôpitaux sept jours sur sept et cite huit rapports évoquant un taux de mortalité plus élevé le week-end.

Les internes anglais dénoncent de leur côté un risque de démotivation et de dégradation de leurs conditions de travail susceptible de nuire aux soins apportés aux patients. Ils demandent le retrait de cette réforme. « Si le gouvernement annule la mise en place (de la réforme), nous annulerons la grève », a assuré le Dr Mark Porter, président de la British Medical Association (BMA), qui représente les internes en médecine.

110 000 consultations et 12 500 opérations annulées

Ce débrayage, qui a débuté ce mardi 26 avril, doit se poursuivre mercredi dans le service public de santé anglais (NHS), qui emploie près de 53 000 internes. La grève – la cinquième en quatre mois – paralysera tout le système de santé. Plus de 110 000 consultations et 12 500 opérations ont été annulées.

Face au risque de pagaille, le NHS a publié une liste de recommandations appelant la population à ne pas solliciter outre mesure les hôpitaux, sauf « véritable urgence ».

Appel à Cameron

Signe de la crise, une dizaine de présidents de facultés de médecine ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre David Cameron l’appelant à intervenir directement pour débloquer le dossier.

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Source : http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/04/26/conditions-de-travail-les-internes-anglais-entament-une-greve-totale_807766#sthash.ZuWSRv5O.dpuf

Loi Khomri : l’inspiation du Medef et de la Commission européenne

Loi Khomri : l’inspiation du Medef et de la Commission européenne

REFORME  – Mediapart –  Jacques Nikonoff, professeur à l’Institut d’études européennes a cherché les sources d’inspiration de la loi Khomri sur le travail. La thématique de la « refondation sociale » défendue par le Medef semble, selon l’universitaire,  avoir inspiré les rédacteurs du projet. Mais l’autre pôle générateur pourrait être l’Union européenne elle-même : L’Union européenne impose en effet, pour Jacques Nikonoff,  « des politiques d’austérité (notamment des « réformes structurelles du marché du travail ») qui consistent à affaiblir les droits et les protections des salariés face aux risques sociaux ». La Commission européenne a fait de nombreuses recommandations que l’on retrouve dans le projet Khomri. L’ensemble de cette étude très complète est parue dans son blog, sur Mediapart :

Le projet de loi El Khomri correspond à la mise en œuvre d’une partie du projet du grand patronat français (le Medef). C’est à l’occasion de son Assemblée générale du 18 janvier 2000 que le Medef a décidé de lancer l’idée de la « refondation sociale ». Il ne veut plus de lois constitutives de droits pour les salariés, il veut généraliser la notion de « contrat » entre l’employeur et le salarié.

Par ailleurs, dans le cadre du « Semestre européen », la Commission européenne publie des rapports par pays. Rappelons que le Semestre européen est un cycle de coordination des politiques économiques et budgétaires au sein de l’Union européenne (UE), à l’occasion desquels les États membres alignent leurs politiques économiques et budgétaires sur les règles et les objectifs arrêtés au niveau de l’UE. Il s’inscrit dans le cadre de la « gouvernance » économique de l’Union européenne. Ce cycle se concentre sur les six premiers mois de chaque année, d’où son nom. La Commission européenne a fait cette proposition en mai 2010, les ministres de l’Économie et des Finances l’ont adopté et introduit en septembre 2011. Le processus consiste à coordonner les politiques économiques et budgétaires de la zone euro, en lien avec le Pacte de stabilité et de croissance et la stratégie Europe 2020. Dans ce but, un calendrier d’intégration des budgets des États membres de l’UE au niveau européen a été mis en place en 2011 (le semestre européen). Concrètement, il s’agit de faire « dialoguer » la Commission, chargée du respect du pacte de stabilité et de croissance, et les États membres tout au long de leur processus d’élaboration budgétaire. Des prévisions économiques sont produites trois fois par an par la Commission qui, en janvier, présente un « Examen annuel de croissance » (EAC) pour chaque État membre. Cet EAC met au jour les « réformes » et les « efforts » à effectuer par ces pays. Il débouche sur l’établissement de priorités par le Conseil européen, transmises ensuite, en mars, aux États. En avril, ces derniers doivent élaborer à partir de ces priorités, un « programme de stabilité » qui est ensuite transmis à la Commission (comprendre un programme d’austérité. Celle-ci transmet alors en juin des recommandations pour chaque pays au Conseil européen qui les adopte en juillet. Dès lors, les États doivent intégrer ces recommandations dans leurs projets budgétaires pour l’année suivante. Le semestre européen correspond à une nouvelle étape dans le démantèlement de la souveraineté des États membres.

I- LE COMMUNIQUE DE PRESSE DU 26 FEVRIER 2016 DE LA COMMISSION EUROPEENNE PRESENTANT LE « RAPPORT SUR LA FRANCE »

La Commission européenne a publié le 26 février 2016 son analyse annuelle « des défis économiques et sociaux, auxquels font face les États membres de l’UE », à savoir les « rapports par pays ». Ces rapports sont un instrument destiné à suivre les « réformes » engagées (comprendre la mise en œuvre de politiques néolibérales). Ils servent de base au « dialogue » avec les États membres concernant leurs choix nationaux en vue de l’adoption de leurs programmes nationaux en avril et conduiront à la formulation, à la fin du printemps, des recommandations de la Commission par pays.

Étrangement, le rapport sur la France n’est disponible qu’en anglais. La charge symbolique est très forte, comment inciter au « dialogue » si une partie de la population, du fait de la barrière de la langue, ne peut accéder à des données, analyses ou recommandations concernant son propre pays ?

A.- Décentralisation de la négociation collective à l’échelle de l’entreprise conformément au projet du Medef

La Commission européenne constate avec gourmandise qu’un « glissement » s’est produit vers la décentralisation de la négociation collective. Le cadre introduit en 2004 par la loi n° 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social (dite loi Fillon) a étendu la portée de la négociation collective aux entreprises moyennes. Les accords d’entreprise ou de branche ont été autorisés à déroger aux accords de branches ou interprofessionnels, même si les conditions sont moins favorables aux travailleurs. Néanmoins, regrette la Commission européenne, le principe de faveur, qui établit qu’une révision à la baisse des conditions d’emploi ne peut pas se produire, reste valable « pour le salaire minimum, les classifications, les mesures supplémentaires de protection sociale, les fonds interprofessionnels de la formation professionnelle ». On comprend que la Commission européenne va agir pour continuer la délocalisation vers l’entreprise de la négociation collective sur ces sujets.

Depuis que les dérogations aux accords de branche ou interprofessionnels ont été autorisées, la Commission européenne constate avec regret que les résultats ont été particulièrement faibles. Depuis 2013, seulement 10 accords d’entreprise ont été conclus (accords de maintien de l’emploi), couvrant moins de 2 000 travailleurs. Pour tenter de redresser la situation, la loi n°2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques (dite loi Macron) a étendu la durée de ces accords à 5 ans et a introduit la notion de cause « réelle et sérieuse  » pour licencier les salariés refusant les termes de l’accord, réduisant de ce fait l’incertitude pour les entreprises dans les litiges avec leurs salariés.

À la suite du rapport Combrexelles de septembre 2015, la Commission européenne donne un coup de chapeau au gouvernement qui aurait ainsi manifesté « son intention de réformer progressivement le code du travail pour renforcer l’autonomie de négociation au niveau de l’entreprise » et annoncé qu’une loi serait présentée (le projet de loi El Khomri).

Le projet de loi El Khomri correspond à la mise en œuvre d’une partie du projet du grand patronat (le Medef)

La Commission européenne ne s’arrête pas aux encouragements à détruire le Code du travail, elle insiste également sur la nécessité de poursuivre la destruction du modèle social européen issu de l’après-guerre, reprenant ainsi toutes les exigences du grand patronat.

L’organisation sociale idéale, pour le Medef, est celle dans laquelle les entreprises pourraient définir les contenus des contrats de travail sans aucune contrainte, comme au XIXe siècle avec le contrat de louage où les ouvriers se présentaient en place de Grève… Démunis de tous droits individuels et collectifs, les salariés n’auraient plus aucun recours légal. Car placer le contrat au-dessus de la loi revient à remettre en cause le principe de la hiérarchie des normes juridiques. Selon ce principe la Constitution se place au sommet de notre architecture juridique. Tous les autres textes en découlent en formant une hiérarchie : les traités internationaux, les lois, les règlements… Un arrêté municipal, par exemple, reste subordonné aux principes généraux du droit et ne peut contrevenir aux stipulations d’un texte d’un niveau supérieur. Si la loi fixe le SMIC à 1 500 euros mensuels, aucun accord de branche ou d’entreprise ne peut aujourd’hui fixer un seuil inférieur. Le Medef veut pourtant obtenir la possibilité, avec l’appui de la Commission européenne, de signer des accords de branche ou d’entreprise qui fixeraient le SMIC à 1 000 euros par exemple pour les salariés de cette branche ou de cette entreprise… C’est ce qu’il exprime clairement quand il critique le système actuel qui « hiérarchise les règles sociales suivant le principe de la clause dite la plus favorable » (le principe de faveur). Le Medef a trouvé dans le Parti socialiste et le gouvernement Hollande-Valls un agent beaucoup plus efficace que le dernier gouvernement Sarkozy-Fillon qui n’avait pas osé aller si loin.

La « refondation sociale » engagée par le MEDEF est une tentative de coup d’État

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Pour lire l’ensemble de l’étude : https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/310316/la-double-inspiration-du-projet-de-loi-el-khomri-sur-le-demantelement-du-code-du-tra

 

SNCF : Guillaume Pépy veut des 35 heures plus efficaces

SNCF : Guillaume Pépy veut des 35 heures plus efficaces

ENTREPRISES PUBLIQUES – RTL-Le Figaro, Le Monde – Guillaume Pepy, a présenté, dimanche 20 décembre, lors du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, les enjeux sociaux d’une année cruciale. Au Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, le président de la SNCF a fixé la feuille de route pour les mois à venir. « Nous avons à renégocier à la SNCF la façon de faire les 35 heures pour que nos 35 heures soient plus efficaces. Plus efficaces dans l’intérêt des clients, pour avoir des trains plus à l’heure, plus fiables, moins chers. Il n’y a pas d’autre stratégie possible que de faire baisser les coûts », a-t-il poursuivi.. Deux articles de Philippe Jacqué, du Monde :

Il s’agit du dernier volet de la réforme ferroviaire, votée en août 2014. Cela devrait se traduire par une convention collective nationale, dont les premières réunions de négociation ont déjà eu lieu entre l’Union des transports publics (UTP, réunissant la SNCF et l’ensemble des sociétés privées) et les syndicats. Concernant la SNCF, Guillaume Pepy a indiqué, dimanche, qu’il fallait « renégocier la façon de faire les trente-cinq heures » des 148 000 cheminots, et « remettre à plat l’organisation du travail » pour baisser les coûts et préparer le groupe à l’ouverture totale à la concurrence.
En clair, poursuit le patron, la SNCF doit « faire tomber un certain nombre de tabous et, parmi ces tabous, il y a le fait que l’organisation du travail serait figée, qu’on ne pourrait pas réformer la SNCF ». Pour l’instant, M. Pepy se refuse à chiffrer publiquement « l’écart » de productivité entre cheminots SNCF et salariés du fret privé. « Je crois au dialogue social, et le dialogue social, ça se fait aussi par le respect, donc je ne lance pas d’anathème en donnant des chiffres ou lançant des ultimatums » aux syndicats, indique-t-il.
Trente-huit jours de congés payés
Cet écart est connu. Entre la société publique et les sociétés privées qui opèrent dans le fret depuis 2006, il existe un différentiel de 30 % de productivité. Bref, la SNCF est près d’un tiers plus chère que ses concurrents. Il ne s’agit pas ici d’une différence de salaires des cheminots, mais d’un différentiel d’organisation ainsi que d’avantages obtenus historiquement.
En moyenne, un cheminot roulant de la SNCF dispose de 38 jours de congés payés (entre les congés et les jours fériés) et de 22 jours de repos complémentaires au titre des trente-cinq heures, tandis qu’un agent roulant dans le privé dispose de 35 jours de congés payés et aucun repos complémentaire.
Mais un ensemble de règles concernant les cheminots – le RH 0077 qui précise l’amplitude horaire de travail, les règles de repos journalier ou périodiques – complexifient l’organisation du travail de la SNCF par rapport à ses concurrents. Par exemple, si un conducteur termine son service après 20 heures, il ne peut être remis sur le planning dès le lendemain. Cela demande donc d’importants effectifs pour avoir des trains qui roulent tous les jours.
Selon une note d’étude de l’UTP de 2014, il faut en moyenne 30 % de personnels de moins au privé pour offrir le même service de transport de fret que la SNCF. De même, pour offrir le même service de transport de passagers, les sociétés privées auraient besoin de moins de personnel que la SNCF, la différence se situant entre 15 % et 18 %.
1400 suppressions d’emplois prévues en 2016
Si les syndicats de la SNCF entendent ces arguments, ils estiment cependant que c’est le secteur privé qui devrait s’aligner sur l’organisation de la compagnie ferroviaire. Cette perspective horrifie les acteurs privés. « Beaucoup mettraient la clé sous la porte, confirme l’un d’eux. Nous sommes prêts à un compromis avec la SNCF sur beaucoup de choses, mais il ne faut pas pousser… »
Selon Guillaume Pepy, « tout le monde, y compris les syndicats de cheminots, a intérêt à ce que la SNCF réussisse. Si on ne réussissait pas, cela voudrait dire qu’au moment où la concurrence va arriver, la SNCF serait perdante et perdrait des postes ». L’ouverture de la concurrence dans le transport voyageur est prévue au plus tôt en 2020 pour les grandes lignes et 2026 pour les trains régionaux.
Alors que les syndicats du groupe public sont encore froissés par les annonces du budget 2016, qui prévoit 1 400 suppressions nettes d’emplois, ils devront rapidement se positionner sur ce sujet. Beaucoup prédisent déjà une grande grève au printemps pour défendre les acquis cheminots.

Qu’est-ce que l’ouverture du rail à la concurrence ? précisait Philippe Jacqué dans un article du 8 octobre dernier
Le conseil des ministres européens des transports a adopte, jeudi 8 octobre, le « quatrième paquet ferroviaire », la dernière mouture réformant le système ferroviaire européen. Après l’ouverture de la concurrence dans le fret et sur les lignes internationales, la Commission européenne avait lancé, en 2013, le processus de libéralisation des réseaux nationaux afin de réduire les coûts des systèmes ferroviaires et de relancer le secteur.
Deux ans plus tard, l’ambition d’origine a été revue largement à la baisse. Si huit pays ont déjà ouvert tout ou partie de leur réseau à des acteurs privés, ceux qui rechignent à ouvrir leur marché, notamment pour les lignes subventionnées (comme les TER), pourront toujours trouver une argutie juridique pour repousser ad vitam æternam cette libéralisation.
La libéralisation suscite de tels débats, et est porteuse de tels fantasmes, qu’il est important de préciser de quoi on parle. A terme, dans le domaine ferroviaire, deux types de concurrence existeront : l’« open access », qui concerne les lignes TGV, et les concessions de service public, qui recouvrent les autres lignes.
• Le cas des lignes TGV
Comme dans le transport de passagers par autocar, toute société pourra offrir, à partir de décembre 2019, des trajets sur les réseaux nationaux de n’importe quel pays (c’est l’« open access »). Par exemple, sur des lignes longue distance type TGV.
Cependant, sur ce marché, les barrières à l’entrée sont très importantes. Il faut, pour un opérateur, acquérir ou louer son matériel, mettre en place un réseau de distribution de billets, s’implanter dans les gares ou à proximité et développer son dispositif de maintenance, recruter ses personnels, etc. Le tout à ses risques et périls.
Aujourd’hui, en Europe, seulement une demi-douzaine de pays expérimentent cette forme de concurrence. La France n’en fait pas partie. En Italie, NTV est venu concurrencer la société nationale, Trenitalia, sur le TGV entre Rome et Milan. Mais la société privée accumule les pertes et ne sait toujours pas quand elle arrivera à devenir rentable. En Autriche, Westbahn s’oppose à l’opérateur public ÖBB sur le trajet Vienne-Salzbourg. A noter que la SNCF a pris une participation dans ces deux opérateurs privés.
« A l’avenir, cette forme de concurrence va peut-être se développer un peu sur certaines lignes très rentables, mais il ne faut pas rêver, mobiliser plusieurs milliards d’euros pour cela sera difficile pour n’importe quel acteur, assure un observateur. Les sociétés historiques pourront se permettre d’aller sur ce terrain, mais aujourd’hui, elles sont majoritairement liées entre elles, comme la DB et la SNCF qui opèrent ensemble sur certains trains. Demain, ils pourront changer d’avis… Et puis peut-être que Trenitalia se lancera un jour sur le Paris-Lyon-Milan. Il faut voir. » Fut un temps, Veolia et Air France avaient caressé l’idée d’offrir en France des TGV en concurrence de la SNCF.
A lire (édition abonnés) : En Europe, de nouveaux opérateurs s’attaquent aux trains de voyageurs
• Le cas des autres lignes
Depuis de nombreuses années, les villes ont le choix entre une régie propre et un contrat de gestion de service public avec un spécialiste du secteur.
Dans le cadre de la libéralisation du transport ferroviaire pour les réseaux ou les lignes subventionnées, les régions, qui gèrent les TER, ou l’Etat, qui gère les Intercités, pourront ouvrir leur réseau à la concurrence lors d’appels d’offres.
Ce système de concession est bien moins cher que l’« open access » pour les opérateurs. Généralement, c’est l’autorité organisatrice des transports qui investit dans le matériel, mais aussi dans l’outil de maintenance. Une fois gagné un appel d’offres, l’opérateur gère l’organisation du transport et ses personnels dans le cadre d’un contrat qui peut aller de cinq à dix ans selon les territoires.
Déjà exploité depuis plus d’une dizaine d’années par le Royaume-Uni, ce système est extrêmement cadré et plébiscité par les acteurs privés du secteur, car il mobilise bien moins de capitaux. Keolis, la filiale de la SNCF, ne tarit pas d’éloge. Reste que sa maison mère est toujours réticente à la mise en œuvre du système en France, qui interviendra au plus tard en… 2026, soit dix ans après l’adoption attendue du texte.
Cependant, la réglementation en discussion propose tellement d’exemptions à la règle que beaucoup d’Etats pourront toujours passer les contrats ferroviaires en gré à gré avec les opérateurs nationaux.

Sources : http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2015/12/21/pour-faire-baisser-les-couts-le-patron-de-la-sncf-veut-revoir-la-facon-de-faire-les-35-heures_4835544_1656994.html ; http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/10/08/qu-est-ce-que-l-ouverture-du-rail-a-la-concurrence_4785614_3234.html#kI0GMHa2PKBkzFYY.99

Belgique : dépressions et burn-out en nette progression

Belgique : dépressions et burn-out en nette progression

RPS – RTBF – Les statistiques de l’INAMI montrent que les cas de dépressions et de burn-out ont plus que doublé, presque triplé, entre 2007 et 2014: on est passé de 29 112 à 83 155 cas par an. Un article de la RTBF :

Il ne s’agit que des Belges sortis du marché du travail pour une période supérieure à un an et indemnisés par la Sécurité sociale. A côté de cela, on peut estimer que les arrêts maladie inférieurs à un an sont au moins aussi nombreux. Et c’est sans compter les cas qui échappent au radar de la Sécu: des personnes ne faisant pas usage de leurs droits, des indépendants qui ne répondent pas aux critères de l’assurance invalidité et qui n’ont pas droit au chômage, des personnes alternant des périodes de travail et des périodes de maladies inférieures à un mois qui sont rémunérées par leurs employeurs.
Le monde du travail en cause
Le constat s’étend au monde industrialisé. Le monde du travail est largement mis en cause.
Le Dr Michel Muller, médecin du travail, explique que le concept de « burn-out » n’était pas connu de telle façon il y a vingt ans et que l’extension du phénomène est lié à l’importance de la charge de travail, son organisation, avec dans certaines entreprises un contrôle très important sur l’activité de travail, très peu de moments de récupération et peu de soutien des collègues et de la hiérarchie.
Deuxième cause de maladie chronique
Selon l’OMS, la dépression constituera en 2020 la deuxième cause de maladies chroniques derrière les maladies cardio-vasculaires et devant le cancer. La crise économique sans fin et son corollaire, les conditions de travail, en sont les causes majeures : on prévoit qu’un quart des adultes souffrira dans sa vie d’un épisode dépressif.
Autre signal alarmant : de plus en plus d’enfants et d’adolescents présentent des troubles mentaux. Ils sont les adultes de demain. « On a de plus en plus d’enfants pauvres en Belgique, explique François Perl, directeur à l’INAMI. Cela a un effet direct sur la prévalence de la dépression. Par ailleurs, on a d’autres causes plus surprenantes, comme l’addiction aux réseaux sociaux, le développement de comportements comme le harcèlement, peu présents il y a quelques années, et qui augmentent les risques psychologiques chez les enfants et les adolescents ».
Face à ce phénomène, les soins de première ligne sont limités: 276 médecins conseils, équivalent temps plein, pour traiter 750 000 cas d’incapacité de travail par an.

Source : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-nombre-de-depressions-et-de-burn-out-ne-cesse-d-augmenter-en-belgique?id=9166141

Santé au travail : l’Allemagne innove

Santé au travail : l’Allemagne innove

PRÉVENTION  – Euronews –  L’Allemagne veut être en pointe sur la santé au travail avec l’adoption d’une loi fédérale sur la prévention qui entre en vigueur en janvier. L’application de la loi fédérale doit se faire avec le soutien des complémentaires santé obligatoires qui couvrent tous les actifs dans le pays. Un article d’Euronews :

Le rôle de la médecine du travail évolue. Le docteur Wolfgang Panter est en première ligne de ce bouleversement que l’on observe particulièrement en Allemagne. Aux côtés de l’analyse des conditions de travail, il s’agit de donner une plus large place à la prévention. Dans la région de Düsseldorf, ce médecin s’intéresse aux risques comme le diabète, l’obésité et les troubles musculo-squelettiques avant qu’ils ne posent véritablement problème. “On voit des gens qui à première vue, se sentent bien, explique Dr Wolfgang Panter, mais grâce au check-up, on se rend compte que par exemple, le sucre, le poids ou la tension artérielle atteint un niveau limite et qu’il faut faire quelque chose : je crois, poursuit-il, que les médecins du travail ont une mission essentielle à remplir ici en soutenant notre système de sécurité sociale.”
Prévention, un mot à la mode partout
Le service du Dr Panter n’est pas le seul où le mot “prévention” est à la mode, comme nous l’explique notre reporter Jeremy Wilks. Cette évolution est visible à d’autres échelons : dans les entreprises, au niveau politique et du côté des assurances santé.
Dans le champ politique, l’Allemagne est à la pointe de cette démarche avec l’adoption d’une loi fédérale sur la prévention qui entre en vigueur en janvier. Un texte soutenu par Rudolf Henke, député des conservateurs de la CDU. “On a passé dix ans en Allemagne à discuter de savoir s’il fallait promouvoir la prévention au niveau individuel ou améliorer les dispositifs existants là où les gens se trouvent, dit-il. Ce débat s’est achevé sur ce résultat : il faut faire les deux, les deux démarches conviennent, ajoute-t-il, cela veut dire que sur le lieu de travail, dans l’entreprise, on doit mener des programmes qui mettent en avant la santé et où la prévention occupe une place centrale.”
Une nouvelle loi et des innovations techniques
L’application de la loi fédérale doit se faire avec le soutien des complémentaires santé obligatoires qui couvrent tous les actifs dans le pays. Nous nous rendons dans l’une d’entre elles à Leverkusen. Ses responsables prônent des solutions individualisées. “L’aspect intéressant, souligne Ulrich Rosendahl, directeur de la médecine du travail chez pronova BKK, c’est qu’on touche les collaborateurs là où ils travaillent : un employé de bureau n’a pas les mêmes besoins qu’un en poste sur une machine, on regarde quel est l’environnement dans les entreprises : comment les individus travaillent, indique-t-il. De cette manière, poursuit-il, on peut établir très tôt, en collaboration avec les employeurs et les médecins du travail que ce collaborateur a besoin de tel programme.”
Mettre en place des programmes sur-mesure, cela peut aussi passer par l’utilisation de techniques innovantes. L’Institut des sciences appliquées du travail (IFAA) a mis au point des accessoires qui permettent aux salariés et aux employeurs de prendre conscience des effets de l‘âge. Anna Peck, membre de l‘équipe de recherche, nous présente une veste comportant de nombreux poids : “La personne qui la porte, assure-t-elle, se trouve limitée dans ses déplacements et elle ressent les choses comme si elle était beaucoup plus âgée. (…) Les jeunes collaborateurs qui portent ces accessoires ressentent le poids des années de manière concrète, poursuit-elle, ils ont la possibilité de se sentir trente à quarante ans plus âgés et de faire l’expérience des difficultés qui peuvent apparaître quand on avance en âge.”
“Reste à ancrer la prévention dans l’esprit des gens”
Retournons dans le cabinet du Dr Panter où ce jour-là, il conseille un électricien sur les méthodes pour arrêter de fumer. Le médecin n’a pas attendu l’application de la nouvelle loi pour s’intéresser à ses patients dans leur globabilité. Il se félicite malgré tout de cette avancée. “Pour moi, le plus important, c’est tout d’abord que la loi a été adoptée, insiste-t-il. Le deuxième point, c’est que les politiques doivent faire encore plus d’efforts pour ancrer dans l’esprit des gens, cette prise de conscience en matière de prévention et ce n’est pas encore fait,” regrette-t-il.Car parfois, sensibiliser ne suffit pas : chacun doit aussi se sentir responsable de sa propre santé.

Source : http://fr.euronews.com/2015/12/16/sante-au-travail-l-allemagne-innove-en-misant-sur-la-prevention/