Valls plaide pour un « pacte sécuritaire et social » européen

Valls plaide pour un « pacte sécuritaire et social » européen

CRISE – Le Point – Face à la menace terroriste, le Premier ministre souhaite imposer des règles plus strictes en matière de sécurité à échelle européenne. Manuel Valls plaide également pour un « pacte social » venant compléter ces mesures sécuritaires. Un article du Point :

Manuel Valls a plaidé samedi à Berlin pour « un pacte sécuritaire » et « social » à échelle européenne, arguant que la montée du populisme, la menace terroriste et la crise migratoire mettaient l’Europe « au pied du mur ». « Avec la crise migratoire, avec la menace terroriste, la montée partout des populismes », comme en France, où le parti du Front national est arrivé en tête au premier tour d’élections régionales, « l’Europe est au pied du mur », a déclaré le Premier ministre français, invité à s’exprimer lors du congrès du Parti social-démocrate allemand sur le thème de « l’avenir de l’Europe ». « Si elle ne réagit pas, alors elle peut être balayée, renvoyée et sortir de l’histoire », a mis en garde Manuel Valls, qui s’exprimait aux côtés des chefs de gouvernement suédois Stefan Löfven et autrichien Werner Faymann, ainsi que du chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Face à ces menaces, il faut doter « l’Europe d’un pacte de sécurité […] nécessaire pour lutter efficacement contre l’islamisme radical, contre le djihadisme », a lancé le dirigeant français, près d’un mois après les attentats du 13 novembre à Paris (130 morts).

« Mettre fin au dumping social » ?
« Nous devons montrer […] que nous maîtrisons notre espace intérieur, en contrôlant nos frontières extérieures, en créant un vrai système de gardes-frontière européens » ou « en organisant l’accueil des réfugiés » qui affluent depuis des mois vers l’Europe en aidant les pays européens « en première ligne », comme la Grèce ou l’Italie, et ceux voisins de la Syrie, la Jordanie, le Liban et la Turquie, a-t-il dit. Il faut « avancer sur cette Europe nécessaire de la sécurité », a-t-il poursuivi, insistant également sur la nécessité d’un « pacte social » venant compléter ces mesures sécuritaires. Réclamant « plus de justice sociale », il a appelé à mettre « enfin un terme au dumping social et fiscal » et a ajouté : « Avançons sur ce pacte social », avec par exemple l’instauration d’un « salaire minimum européen ». « Je suis pour la fin de cette Europe de l’austérité que les conservateurs ont voulu nous imposer. L’Europe a besoin d’un projet social, d’un projet de justice et d’un projet qui redonne de l’espoir au peuple, aux couches populaires, aux ouvriers et à la jeunesse », a estimé Manuel Valls, qui devait aussi avoir des entretiens bilatéraux avec Stefan Löfven et Federica Mogherini. « Il y a des nationalismes dont le concept est simple : si plus de gens ont peur, nous allons encourager la peur pour remporter une victoire électorale », a noté de son côté le chancelier autrichien Werner Faymann, insistant sur « la solidarité internationale et européenne » pour lutter contre « les nationalismes ». « Nous devons être ensemble contre le cynisme qui met les terroristes et les réfugiés dans un seul pot », a insisté Werner Faymann, dont le pays frontalier de l’Allemagne, principale destination des demandeurs d’asile, constitue l’un des principaux passages pour les migrants en Europe.
Stefan Löfven a aussi plaidé pour une « réforme du système d’asile » basé sur « une responsabilité partagée » ainsi que pour une Europe sociale « pour les citoyens ».

Source : http://www.lepoint.fr/politique/manuel-valls-plaide-pour-un-pacte-securitaire-et-social-europeen-12-12-2015-1989482_20.php

« Qualité de l’éducation, qualité des enseignants »

« Qualité de l’éducation, qualité des enseignants »

QUALITÉ – VousNousIls – Analyste à la direction de l’éducation de l’OCDE, Éric Charbonnier aborde l’actualité éducative ainsi que les résultats du rapport « Regards sur l’éducation » publié le 24 novembre dernier. Une interview d’Antoine Desprez, pour le site VousNousIls :

Antoine Desprez : le rapport Regards sur l’éducation montre que ce sont les élèves français qui passent le plus de temps à apprendre les fondamentaux. Selon vous, cette quantité d’heures de cours est-elle gage de qualité ?
Éric Charbonnier : vraisemblablement pas autant qu’elle ne devrait l’être. En général, on ne voit pas de corrélation évidente entre le temps passé à apprendre les fondamentaux et la réussite des systèmes d’éducation. En France, on a tendance à penser qu’on ne passe pas assez de temps sur le français ou la compréhension de l’écrit. Ce n’est pas du tout le cas en réalité. La publication montre que le temps passé à la compréhension de l’écrit dans l’enseignement primaire est le plus élevé de l’OCDE (37% du temps scolaire contre 22% en moyenne). C’est d’autant plus intéressant que la France fait partie des pays où les élèves reçoivent le plus d’heures de cours par an (864 heures dans l’enseignement primaire contre 8o4 heures en moyenne OCDE). En théorie ce volume horaire devrait permettre à la France de s’en sortir mieux dans les comparaisons internationales, et pourtant elle est juste au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE.
Pensez-vous qu’il soit nécessaire d’accentuer encore plus l’apprentissage de ces fondamentaux, comme le prônent régulièrement certains politiques ?
Non, je pense que cette statistique montre que l’on passe déjà beaucoup de temps sur les fondamentaux. Cela invite plutôt à réfléchir sur la manière dont on travaille avec les élèves, et la manière de gérer leurs difficultés. Cela veut dire qu’il faut réfléchir à comment mieux utiliser ce volume horaire, trouver des plages horaires où les élèves seront plus réceptifs pour travailler de façon plus personnalisée avec eux. Il faut également que les enseignants évoluent dans leur façon de travailler, pour aller vers quelque chose de plus individualisé qui permettra aux élèves en retard d’avoir davantage de chances de s’en sortir.
Les nouvelles technologies sont de plus en plus présentes à l’école. Pensez-vous qu’elles puissent offrir aux élèves une meilleure qualité d’enseignement des fondamentaux ?
Les nouvelles technologies ne sont pas un outil miracle. Ce que l’on a pu voir dans nos derniers rapports, c’est qu’elles peuvent améliorer les performances. Mais en général, les pays qui s’en sortent bien les ont intégrées de façon modérée dans les apprentissages. Ce n’est donc pas en utilisant des tablettes à tous les cours qu’on sera forcément meilleurs. En revanche, elles peuvent être un support supplémentaire qui va permettre de travailler différemment et de capter l’attention. Ce qui est intéressant, c’est que nous avons remarqué grâce aux tests Pisa qu’en France, les garçons réussissaient mieux en compréhension de l’écrit quand les tests étaient informatisés. Dans ce cas, le numérique pourrait aider à l’apprentissage de tout ce qui touche à l’écrit.
Malgré la réforme des rythmes scolaires, la France reste le pays de l’OCDE qui compte le moins de jours d’écoles. Ce temps de cours concentré est-il dommageable aux élèves français ?
Oui je pense que c’est dommageable. C’est d’abord dommage que l’on ait fait un débat aussi long sur les rythmes scolaires et que l’on continue encore d’en parler, en mettant en avant à quel point l’année scolaire est fatigante pour les élèves au primaire alors qu’elle ne l’est pas plus qu’ailleurs. On voit même que la France a le plus petit nombre de jours d’école, même après la réforme (162 jours par an contre 185 jours en moyenne OCDE). Ce qui est fatigant, ce sont les devoirs à la maison, l’accumulation des évaluations, les situations d’échec et de ne pas progresser au cours de l’année scolaire. La semaine de 4,5 jours était nécessaire pour au moins rapprocher la France de ses voisins. Maintenant il faut avoir une réflexion pour mieux utiliser ces nouveaux rythmes scolaires. Il faut travailler différemment, mettre en place des pratiques pédagogiques innovantes pendant ces 5 matinées d’école. Si on veut avoir une réflexion sur les rythmes scolaires, je crois qu’il ne faut pas revenir en arrière et au contraire aller plus loin et réfléchir à raccourcir les vacances scolaires, pour justement avoir les élèves plus longtemps scolarisés. Cela laissera aux enseignants plus de temps pour gérer leurs difficultés ou pour travailler de manière plus espacée sur l’année scolaire.
Le rapport montre une certaine frilosité des étudiants français pour le doctorat. Comment expliquez-vous cela ?
Cela peut être à la fois une frilosité ou une conséquence de la difficulté académique des programmes. Ou alors cela peut-être aussi un problème de débouchés, car quand on fait un doctorat, on peut souvent devenir enseignant chercheur et il y a peu de places, ce qui veut dire que l’on n’est pas garanti de réussite. A contrario les doctorats sont très attractifs pour les étudiants étrangers, ce qui met en avant la qualité de nos programmes. La France est également un pays où les frais d’inscription sont modérés, donc quand on a le choix entre aller au Royaume-Uni ou en France, les étudiants sont tentés d’aller en France car cela va coûter moins cher.
Le président Hollande s’était fixé l’objectif de 500 000 apprentis avant 2017. À la vue de ce rapport, l’apprentissage français se porte-t-il comme prévu ?
Si par apprenti on parle de jeunes qui produisent à la fois du travail à l’école et un apprentissage en entreprise, alors la France est toujours en retard par rapport à des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, ou la Suisse. Les filières professionnelles (CAP, BEP, BAC pro) ne permettent pas forcément de s’insérer aussi bien que l’on peut l’imaginer sur le marché du travail en France et n’offrent guère plus de possibilités de poursuivre des études supérieures. Il y a un véritable déficit aujourd’hui, il y a des réformes mises en place qui portent leurs fruits, comme sur le nombre de décrocheurs, mais il y a encore du travail à faire. Les élèves qui entrent dans ces filières ont souvent de grandes difficultés scolaires qui n’ont pas été gérées avant leur entrée, donc aujourd’hui il s’agit de donner plus de valeur à ces formations, car on voit que dans certains pays elles permettent à des jeunes de s’insérer très bien sur le marché du travail avec des bons niveaux de revenus.
Vous vous déclariez favorable à une revalorisation salariale des professeurs en zone sensible. Est-ce toujours votre avis ?
Oui, et dans Regards sur l’éducation on insiste sur le fait qu’il faut revaloriser les enseignants du primaire en priorité. Leur salaire moyen est 12% inférieur à la moyenne de l’OCDE alors que si on regarde au collège et au lycée, les salaires des enseignants ne sont inférieurs que de 2 % à cette même moyenne. Donc il faut mieux rémunérer les enseignants du primaire, puis réfléchir à valoriser également ceux qui vont travailler dans les établissements qui concentrent une grande difficulté scolaire. Il faut créer des incitations financières, améliorer l’environnement pédagogique dans ces établissements et permettre à tous ceux qui iront y travailler d’être mieux formés par un accès à une formation continue. On dit depuis longtemps que l’on peut mesurer la qualité d’un système d’éducation en fonction de la qualité de ses enseignants, et je crois qu’en France il faut continuer les réformes qui aident à avoir des enseignants mieux formés à faire face à des classes de plus en plus hétérogènes.

Source : http://www.vousnousils.fr/2015/12/03/eric-charbonnier-mesurer-la-qualite-dun-systeme-deducation-en-fonction-qualite-enseignants-579919

Voile : la neutralité des agents publics confirmée

Voile : la neutralité des agents publics confirmée

JURIDIQUE  – La Gazette des Communes, Localtis –  La Cour européenne des droits de l’homme a validé, le 26 novembre 2015, le non-renouvellement du contrat, dans un établissement public, d’une assistante sociale qui refusait d’ôter son voile. Des articles de Brigitte Menguy deLa Gazette des Communes et de Jean-Noël Escudié, de Localtis :

L’occasion pour la Cour de Strasbourg, selon Brigitte Menguy, de démontrer que le droit à la liberté de religion inscrit à l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme n’est pas incompatible avec le statut français de la fonction publique.
Recrutée sous contrat à durée déterminée en qualité d’agent de la fonction publique hospitalière au service de psychiatrie du Centre d’accueil et de soins hospitaliers de Nanterre, un établissement public de la ville de Paris, une assistante sociale a vu son contrat de travail non renouvelé suite à son refus d’enlever le voile qu’elle portait malgré plusieurs plaintes formulées par des patients.
Pour motiver sa décision, le directeur des ressources humaines de l’établissement public rappela par écrit à l’agent l’avis du Conseil d’État du 3 mai 2000 selon lequel « si la liberté de conscience des agents publics est garantie, le principe de laïcité de l’État fait obstacle à ce qu’ils disposent, dans l’exercice de leurs fonctions, du droit de manifester leurs croyances religieuses ». Ce qui implique donc que le port d’un signe destiné à marquer une appartenance à une religion constitue un manquement, pour l’agent, à ses obligations.
Cette décision fut confirmée par le tribunal administratif puis en appel jugeant tous deux que le non-renouvellement du contrat était conforme aux principes de laïcité et de neutralité des services publics. Même son de cloche au Conseil d’Etat, c’est pourquoi, la requérante introduit devant la Cour européenne des droits de l’homme un recours pour violation de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme garantissant le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion.
Pas d’ingérence au droit à la liberté de manifester sa religion
La Cour relève que le non-renouvellement du contrat de l’agent est motivé par son refus d’enlever son voile, expression de son appartenance à la religion musulmane. Cette mesure doit donc s’analyser comme une ingérence dans son droit à la liberté de manifester sa religion tel qu’il se trouve garanti par l’article 9 de la Convention.
Or, la Cour note tout d’abord que cette ingérence est prévue par la loi considérant « qu’à compter de la publication de l’avis du Conseil d’État du 3 mai 2000, rendu plus de 6 mois avant la décision litigieuse, les modalités de l’exigence de neutralité religieuse des agents publics dans l’exercice de leur fonction étaient prévisibles et accessibles ». La Cour juge donc que l’ingérence litigieuse poursuivait le but légitime qu’est la protection des droits et libertés d’autrui.
Ensuite, sur la question de savoir si l’ingérence litigieuse est nécessaire dans une société démocratique à la protection des droits et libertés d’autrui, la Cour estime que l’obligation de neutralité des agents publics peut être considérée comme justifiée dans son principe : « l’État qui emploie la requérante au sein d’un hôpital public peut juger nécessaire qu’elle ne fasse pas état de ses croyances religieuses dans l’exercice de ses fonctions pour garantir l’égalité de traitement des malades ».
Enfin, concernant la proportionnalité de l’interdiction litigieuse par rapport à ce but, la Cour rappelle que « si la liberté de conscience des agents publics est totale, il leur est cependant interdit de manifester leurs croyances religieuses dans l’exercice de leurs fonctions ». Une telle restriction trouve sa source dans le principe de laïcité de l’État, et de celui de neutralité des services publics, principes dont la Cour a déjà approuvé une stricte mise en œuvre lorsqu’il s’agit d’un principe fondateur de l’État.
Ainsi, la Cour estime que le fait que les juridictions françaises aient accordé plus de poids au principe de laïcité-neutralité et à l’intérêt de l’État qu’à un intérêt particulier de ne pas limiter l’expression de ses croyances religieuses ne pose pas de problème au regard de la Convention.

La protection des droits et libertés d’autrui : un but légitime, note cependant Jean-Noël Escudié, sur le site Localtis :
Dans son arrêt du 26 novembre, la CDEH reconnaît que le non renouvellement du CDD de l’intéressée « doit s’analyser comme une ingérence dans son droit à la liberté de manifester sa religion tel qu’il se trouve garanti par l’article 9 de la Convention ». Elle estime également que « si l’article 1er de la Constitution [française, ndlr] et la jurisprudence du Conseil d’Etat et du Conseil constitutionnel constituaient une base légale pour restreindre la liberté religieuse de Mme Ebrahimian, elles ne lui permettaient toutefois pas de prévoir que le refus d’ôter son voile constituait une faute l’exposant à une sanction disciplinaire car le contenu de l’obligation de neutralité ne comportait pas de mention explicite à la profession qu’elle exerçait ».
Néanmoins, « la Cour admet que l’ingérence litigieuse poursuivait le but légitime qu’est la protection des droits et libertés d’autrui ». En l’occurrence, le fait que le souci de cette dernière – correspondant aux principes de neutralité et de laïcité – l’emporte sur l’expression des croyances religieuses « ne pose pas de problème au regard de la Convention ». La CDEH retient toutefois « qu’il incombe au juge administratif de veiller à ce que l’administration ne porte pas une atteinte disproportionnée à la liberté de conscience des agents publics lorsque la neutralité de l’Etat est invoquée », ce qui n’était pas le cas en l’espèce.

L’arrêt de la Cour : http://hudoc.echr.coe.int/fre#{« itemid »:[« 001-158878 »]}

Sources : http://www.lagazettedescommunes.com/420799/quand-la-cour-europeenne-confirme-lobligation-de-neutralite-des-agents-publics/ ; http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250269950423&cid=1250269947346

Belgique : burn-out et infirmiers

Belgique : burn-out et infirmiers

BURN OUT – Santélog, ActuSoins – Un rapport du Service public belge, Emploi, Travail et Concertation sociale révèle des taux de prévalence de 6,6 % du burn-out chez les soignants (6,9% chez les infirmiers et 5,4% chez les médecins). Leur étude quantitative a porté sur 37 hôpitaux et 5 833 participants dont 79,5 % d’infirmiers et 20,5 % de médecins, 73,8 % de femmes et 26,2 % d’hommes. En outre, 13,5 % sont à risque élevé de burn-out (17,8 % chez les médecins et 12,4 % chez les infirmiers). Des articles d’ActuSoins et de Santélog :

Alors qu’en France, un groupe de députés vient de lancer un appel à la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, ce rapport du Service public belge, Emploi, Travail et Concertation sociale nous informe, en profondeur sur l’étendue du mal chez les personnels soignants, médecins et infirmières. Le rapport qui révèle des taux de prévalence de 6,6 % du burn-out et de 13,5 % d’un risque élevé, propose également un certain nombre de mesures concrètes pour prévenir et prendre en charge ce mal-être, aussi bien au niveau politique qu’au niveau du secteur hospitalier. Des enseignements importants, pour notre système de santé français.
Burn out – définition : Les chercheurs de l’Université de Louvain nous rappellent la définition du » burn out « , soit : un état d’esprit négatif persistant lié au travail, chez des individus normaux, caractérisé par de l’épuisement, un sentiment d’inefficacité, une démotivation et des comportements dysfonctionnels au travail. Un état d’esprit qui peut passer longtemps inaperçu, ajoutent-ils. Il en résulte une différence entre les intentions et la réalité du travail. Le burn-out se caractérise ainsi principalement par trois symptômes: un épuisement émotionnel/mental, une dépersonnalisation et une diminution de l’accomplissement personnel entraînant le sentiment de ne plus être suffisamment compétent jusqu’à une perte totale d’énergie.
Secteur hospitalier : Les chercheurs de Louvain ont effectué une revue de la littérature scientifique portant sur le burnout chez les médecins et les infirmiers du secteur hospitalier. Cette première analyse révèle que l’environnement et le vécu du travail du personnel des établissements hospitaliers sont des facteurs déterminants pour l’attraction et la rétention du personnel et pour leur bien-être aussi. Elle rappelle que le burn-out, soit un vécu du travail extrêmement négatif, entraine des conséquences non seulement graves pour la santé et le bien-être de la personne concernée, mais aussi, dans le cas des personnels soignants des conséquences pour leur entourage, les autres soignants et les patients.
Leur étude quantitative auprès des médecins et des infirmiers du secteur hospitalier a porté sur 37 hôpitaux et 5.833 participants dont 79,5 % d’infirmiers (n=4635) et 20,5 % de médecins (n=1198), 73,8 % de femmes (n=4307) et 26,2 % d’hommes (n=1531), âgés en moyenne de 41 ans. Les principales conclusions sont frappantes :
• 6,6 % souffrent de burn-out, dont
– 6,9% chez les infirmiers,
– 5,4% chez les médecins
• 13,5 % sont à risque élevé de burn-out, dont
– 17,8 % chez les médecins,
– 12,4 % chez les infirmiers.
• La prévalence de l’épuisement émotionnel, une composante du burn-out, atteint 31,1 %,
• 8,4% des participants rapportent de manière élevée les 3 facteurs épuisement émotionnel, dépersonnalisation et accomplissement personnel réduit.
Les principaux facteurs du burn-out:
– Une charge de travail élevée,
– un épuisement émotionnel élevé,
– des conflits de rôles,
Les conséquences du burn-out
– Une réduction du bien-être individuel, physique, psychique et psychosomatique
– des comportements » déviants » : augmentation de la consommation de médicaments, absentéisme, présentéisme, incidents cliniques
– des attitudes de renoncement : l’intention de quitter son poste, se sentir moins capable de travailler.
Exploiter les compétences et l’autonomie de chacun peut déjà permettre de favoriser l’enthousiasme et prévenir le burn-out, concluent les auteurs. Mais ce n’est pas tout. Il s’agit aussi de prévenir son risque, en particulier chez les personnels les plus à risque, comme ceux qui travaillent dans les unités de soins intensifs, par l’évaluation et le réajustement de la charge de travail, la résolution des conflits de rôles grâce à une meilleure organisation du travail et la révision le cas échéant des parcours de soin, la surveillance de la charge émotionnelle avec, si besoin, l’apport de soutien aux collègues les plus sollicités.

L’étude : Service public fédéral, Emploi, Travail et Concertation sociale Une étude sur le burn-out (Visuel Southwestern University)
http://blog.santelog.com/2014/12/09/burn-out-les-medecins-et-les-infirmiers-sont-en-premiere-ligne-spf-belgique/#sthash.07YCtR0R.dpuf ; Santélog, paru dans le magazine ActuSoins n°15

Source : http://www.actusoins.com/268767/belgique-burn-out-et-infirmiers.html

Le dialogue social en fin de course ?

Le dialogue social en fin de course ?

CLIMAT SOCIAL  – Focus RH –  Les récents événements d’Air France ont révélé la fragilité du dialogue social en France. Est-il pour autant à bout de souffle, en fin de cycle ? Comment redonner envie aux salariés de s’impliquer ? Réponses avec Sébastien Vernède, chef de projet au sein de la practice RH-Management de Kurt Salmon, cabinet spécialisé dans l’accompagnement RH sur les problématiques de dialogue social. Propos recueillis par Frédérique Guénot :

Le dialogue social en France est-il aujourd’hui en panne ?
S’il est vrai que le dialogue social peut être parfois violent et difficile, les évènements récents sont loin d’être représentatifs de la réalité. En effet, pas moins de 37 000 accords de branche et d’entreprise ont été signés en 2014. En France, le dialogue social fonctionne tous les jours entre IRP et DRH. Seulement, il semble de plus en plus déconnecté de la réalité des salariés. Pour preuve, ceux-ci se tournent de moins en moins vers le syndicalisme, et le taux de syndicalisation a été divisé par 4 depuis 60 ans pour arriver à 7% en 2013, selon des sources OCDE. Par ailleurs, l’on note un vieillissement des élus, ce qui pose la question du renouvellement de la population syndicale.
Quelle est l’origine de ce décalage avec d’autres pays ?
En France, la culture du dialogue ne fonctionne pas à plein. D’un côté, les DRH n’en attendent plus grand-chose, et sont principalement attentifs au respect de leurs obligations légales. De l’autre, les représentants des salariés croient de moins en moins à leur capacité à infléchir les projets de la direction. C’est pourquoi l’exécutif a récemment multiplié les lois pour redonner un nouveau souffle au dialogue social.
Que permettent ces dispositions ?
La Loi Rebsamen, par exemple, donne plus de visibilité au dialogue social en créant trois grands temps forts dans l’année*. Il serait judicieux, et c’est le souhait des DRH avec lesquelles nous travaillons, de remettre les salariés au centre de ces temps forts. Cela étant, pour les intéresser réellement à ce dialogue, il faut travailler en amont de ces rencontres en adressant, par exemple, des questionnaires à l’attention des salariés pour comprendre leurs attentes. Il s’agit pour la DRH et les IRP de remettre la collaboration au cœur du dialogue social afin de redonner de la force à ce dernier.
Faudrait-il s’inspirer d’expériences étrangères ?
Pourquoi pas ? Si l’expérience allemande est souvent donnée en exemple, les modèles belge et scandinaves sont également à regarder de près : les accords passés entre syndicats et patronat s’y appliquent uniquement aux salariés membres des syndicats qui les ont signés, ce qui est une façon adroite de responsabiliser les organisations syndicales et de leur redonner les moyens d’être au cœur du dialogue social.
Autre initiative récente de la CFDT : la mise en place d’une hotline offrant des services et des conseils aux adhérents. Enfin, l’idée du chèque syndical, selon lequel l’entreprise finance la moitié de la cotisation syndicale, peut également inciter les salariés à s’impliquer davantage.

Source : http://www.focusrh.com/strategie-rh/organisation-et-conseil/a-la-une/le-dialogue-social-en-france-est-il-en-fin-de-course.html