1 fonctionnaire sur 5 prêt à voter le Pen

1 fonctionnaire sur 5 prêt à voter le Pen

Un fonctionnaire sur cinq se dit prêt à voter Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2017. La proportion monte à un sur quatre au sein de la fonction publique hospitalière. Ce chiffre a quasiment doublé en cinq ans.

C’est l’un des grands enjeux de l’élection présidentielle : pour qui vont voter les quelque 5,3 millions de fonctionnaires ? En 2012, près de 14% d’entre eux avaient voté pour le Front national au premier tour. Cinq ans plus tard, selon les enquêtes du Cevipof, le Centre d’études de la vie politique française de Sciences Po, plus d’un agent de l’État sur cinq a l’intention de voter Front National en 2017. À l’hôpital, c’est près d’un agent sur quatre qui pourrait choisir Marine Le Pen, soit quasiment le double par rapport à l’élection de 2012.

La progression du vote Front national concerne en majorité les agents de catégorie C, comme les aides-soignants. Mais pas seulement : « Toutes les lois de santé qui ont été faites depuis des années vont à l’envers du bon sens, n’hésite pas à répondre à France Info, le docteur Christelle Dehaye, urgentiste à l’hôpital de Toulon. Le personnel s’épuise. Nous n’avons plus les moyens de travailler correctement. Bientôt, il y aura plus de personnels administratifs que de soignants dans les hôpitaux ». « Le FN est le seul qui prend en compte cette volonté d’arrêter de détruire notre système social. C’est le programme qui se rapproche le plus de la vérité », affirme-t-elle.

Au micro de France Info, un infirmier d’Avignon assure que « le côté religieux entre aussi à l’hôpital ». « Ces derniers jours, au sein du personnel des urgences, s’est installé un grand débat sur la décision de la maire d’Avignon de ne pas installer de crèche dans l’hôtel de ville, raconte l’infirmier. Certains disent ne pas comprendre pourquoi la crèche pose problème, alors que certaines femmes continuent à porter le voile en arrivant aux urgences, qu’on donne des allocations familiales à des musulmans, qui sont au chômage, qui ont dix enfants et qui sont des profiteurs de la société. C’est presque un mécanisme de défense. Cela entre en conflit avec les valeurs que doit prôner un soignant. »

Pour les syndicats, difficile de faire barrage à la montée du Front national au sein du personnel. Si les personnes inscrites sur des listes électorales FN sont automatiquement exclues de la CGT, les sympathisants eux ne le sont pas.

Les syndicats risquent de perdre des troupes dans la bataille, selon Graziella Lovera. Cette ancienne de la CGT est infirmière depuis plus de trente ans. « J’ai assisté à deux postures dans ce syndicat, dit-elle. Ceux qui entendent les choses et évitent les réponses, avec l’espoir de conserver des adhérents. Et ceux qui n’évitent pas le débat. Je pense que la force du FN aujourd’hui, c’est de s’appuyer sur des slogans qui peuvent se rapprocher de ceux de la CGT. Mais dès qu’on gratte un peu, on se rend compte que cela n’a rien à voir ! »

Mais tout le monde n’est pas convaincu. Pour Denis Turbet-Delof du syndicat SUD, Marine Le Pen drague les fonctionnaires pour mieux les attaquer après. « Ça se saurait si le Front national était intéressé par les services publics et la fonction publique. Rappelons que c’est un parti qui voudrait qu’il n’y ait plus d’impôt sur le revenu. Comment fait-on dans ce cas pour payer les services publics ? Il est dangereux de penser que ce parti peut répondre à nos problématiques », met-il en garde sur France Info.

Marine le Pen multiplie les propositions

« Le jugement porté sur la politique du chef de l’État explique cette évolution. Les intentions de vote des fonctionnaires, un électorat plutôt classé à gauche, sont l’un des révélateurs de ce désaveu de François Hollande », analysait il y a quelques semaines Le Figaro. En 2012, l’augmentation du vote FN s’expliquait également par le rejet du président Nicolas Sarkozy, a noté Le Monde.

Marine le Pen multiplie en tous cas, ses propositions en matière de santé et de protection sociale, Vendredi, lors d’une convention consacrée à la santé et au vieillissement à Paris, la candidate du FN s’est engagée à « garantir à chaque Français un accès aux soins optimal » et notamment « à ne pas réduire la prise en charge des soins par l’Assurance maladie ». La candidate a réitéré plusieurs propositions frontistes : relèvement du numerus clausus en faculté de médecine, « tout entreprendre pour mettre fin aux déserts médicaux », suppression de l’Aide médicale d’État, tourisme médical « enrayé », « lutte contre la fraude » et notamment « les arrêts de maladie de complaisance », mise en place d’une « carte vitale biométrique combinée à une carte nationale d’identité », médicaments vendus « à l’unité », hausse des « financements de la recherche scientifique », « prise en charge ambulatoire » privilégiée, etc.

Sources : France Info, L’Etudiant, Boursorama, Le Figaro, le Monde

Hôpital: un plan pour lutter contre le malaise des soignants

Hôpital: un plan pour lutter contre le malaise des soignants

Face au malaise grandissant des infirmières et des médecins hospitaliers, Marisol Touraine dévoilé le 5 décembre sa « stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail ».

Marisol Touraine a présenté hier un plan d’action destiné à « faire de la qualité de vie au travail des professionnels de santé, une priorité politique ». Quelque 30 millions d’euros sur trois ans seront consacrés au déploiement dans chaque groupement hospitalier de territoire (GHT) de services de santé au travail, intégrant des psychologues, des conseillers en prévention des risques professionnels et des assistantes sociales.

Formation des professionnels «à la détection des risques psychosociaux et à la gestion des équipes» durant leurs études, mise en place d’un observatoire de la qualité de vie au travail, systématisation des entretiens individuels font également partie des mesures avancées.

5 suicides, cet été

Ce plan était très attendu. Promis en septembre après les suicides d’au moins cinq infirmiers pendant l’été, il devait aussi répondre à la colère des milliers d’infirmiers et d’aides-soignants qui ont défilé dans les rues le mois dernier.

«Notre système de santé» et avec lui «les 2 millions d’hommes et de femmes qui le font vivre au quotidien» sont «confrontés à des transformations, à des défis très importants» comme le vieillissement de la population, a expliqué la ministre devant la presse.

Cela «peut amener des difficultés, des tensions», or «il nous appartient de prendre soin de ceux qui nous soignent» a-t-elle insisté.

Elle a ainsi souligné la nécessité d’un suivi médical pour tous les soignants, en particulier pour les médecins, et annoncé la diffusion d’un guide de prévention des risques psychosociaux à destination des internes.

Autre point important, le lancement d’«une négociation (…) sur les contraintes particulières» rencontrées par les soignants à l’hôpital comme le «travail de nuit», qui devrait aboutir à des «revalorisations indemnitaires», a annoncé Mme Touraine.

Enfin, un médiateur national, chargé de coordonner des médiateurs régionaux, sera également nommé «prochainement» pour traiter les situations conflictuelles non résolues localement.

Une mesure qui fait écho au conflit mis au jour l’année dernière après le suicide d’un cardiologue à l’hôpital parisien Georges Pompidou.

Marisol Touraine a également annoncé la diffusion prochaine d’un guide des risques psychosociaux, la création d’un observatoire de la qualité de vie au travail et la nomination d’un médiateur national pour traiter les situations conflictuelles  non résolues localement

Les mesures préconisées par Marisol Touraine n’ont pas totalement convaincu les syndicats. La secrétaire générale de la fédération Santé de la CGT, Mireille Stivala, citée par l’Express, « émet un sérieux doute sur la faisabilité » du plan d’action de Marisol Touraine, en raison des échéances électorales. Les autres syndicats restent prudents. « L’enveloppe est beaucoup trop petite pour répondre aux attentes de terrain, estime Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière (CNI). Pour l’instant, il y a trop d’affichage, pas assez de concret. »

« Anorexia corporate »

. « Les suicides et tentatives de suicide devront être signalés afin d’analyser leur cause », a indiqué Marisol Touraine.

Il y a urgence. « 40% des infirmiers et infirmières mais aussi des médecins urgentistes craquent, explique Jean-Claude Delgènes, fondateur du cabinet Technologia spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux et interrogé par Vincent Olivier de l’Express : « Ces personnels de santé sont soumis à plusieurs enjeux qui les fragilisent. Ils exercent d’abord leur métier dans un contexte de très fortes exigences émotionnelles, devant faire preuve de disponibilité, de compassion. Mais ils sont aussi soumis à une raréfaction des équipes, ce qui accroît sans cesse l’intensité du travail. C’est une forme « d’anorexia corporate », l’organisation mise en place dévore petit à petit les effectifs soignants. »

Un constat que partage David Gruson, délégué général de la Fédération Hospitalière de France (FHF). « En parcourant le terrain, on perçoit une grande lassitude des personnels soignants de l’hôpital public, détaille-t-il. Malgré leur fort engagement et leur compréhension du contexte de rigueur économique, les personnels reçoivent beaucoup d’injonctions contradictoires et sont souvent obligés de se plier à des logiques de productivité et d’efficience dénuées de sens. »

Ces expressions de lassitude et d’absence de sens sont autant de signaux indiquant le malaise des personnels.  » L’absentéisme  est aussi un indicateur de troubles, complète David Gruson. Même si, avec 8%, le secteur public hospitalier affiche un taux plus bas que dans les autres fonctions publiques et similaire à celui du secteur privé. » Médecins, infirmières et aide-soignantes se montrent donc fidèles au poste, malgré les difficultés et les nombreux changements qui frappent l’hôpital.

« Les gens n’en peuvent plus des réformes qui tombent d’en haut et dont ils peinent à comprendre le but, poursuit Jean-Claude Delgènes. Toutes ces incertitudes sur le sort de l’hôpital sont génératrices de stress. Un stress auquel s’ajoute le manque de reconnaissance et l’absence de valorisation salariale pour des gens qu’on manage en fonction de leur capacité à se sacrifier. Quand on songe qu’environ un tiers des infirmiers et infirmières en hôpital public démissionnent, on comprend que le malaise est immense. »

Sources : Le Parisien, l’Humanité, Le Figaro, L’Express

 

Burn out : un numéro vert -0805 23 23 36-  pour les soignants

Burn out : un numéro vert -0805 23 23 36- pour les soignants

Selon une étude menée en 2015, près de la moitié des médecins interrogés estimaient avoir déjà étaient en situation d’épuisement professionnel, aussi appelé burn-out. Une association met en place un numéro vert pour répondre à la détresse des professionnels de santé.

Une détresse qu’ils ne chercheraient pas à cacher, selon la récente étude de l’association Soins aux Professionnels de Santé  (SPS). Trois-quarts des praticiens confient qu’ils chercheraient de l’aide s’ils se retrouvaient dans cette situation. Mais la quasi-totalité reconnaît ne pas savoir vers qui se tourner.

Selon cette enquête Stéthos d’octobre 2016, pour les personnels interrogés près de la moitié ne sauraient pas à qui s’adresser en effet et  leur niveau de connaissance en matière d’associations de soutien et de numéros d’écoute dédiés est extrêmement limité. De fait selon cette même étude, 95 % des 4 019 professionnels de santé interrogés ne connaissent pas d’association qui puisse prendre en charge la souffrance psychologique. Aussi, révèle l’enquête, ces derniers sont demandeurs de consultations et de structures dédiées d’écoute et de soutien, ainsi que des lieux d’accueil spécifiques. « Les résultats de la nouvelle et deuxième étude Stéthos démontrent bien l’intérêt de mettre à la disposition des professionnels rendus vulnérables et qui cherchent de l’aide un dispositif d’écoute et de soutien ainsi que des lieux d’accueil qui leur soient spécifiquement réservés », indique Henri Farina, président de Stéthos.

Une plateforme d’appel nationale

Alors pour améliorer la protection des soignants vulnérables, l’association SPS a lancé ce lundi 28 novembre, une plateforme nationale d’appel « interprofessionnelle, indépendante, tenue au secret médical, offrant écoute psychologique, aide et orientation », accessible 24h/24 au 0805 23 23 36.

Les appelants pourront bénéficier d’une première écoute pouvant déboucher vers une orientation adaptée ou un rappel immédiat par l’un des cadres de la plateforme. « Elle vise également à engager une prise en charge psychologique immédiate des soignants soumis à un choc émotionnel, par des psychologues spécialisés et expérimentés », explique l’association.

Pour les professionnels nécessitant une hospitalisation, les écoutants pourront les orienter vers l’une des structures régionales existantes, services dédiés ou unités de prise en charge. Chaque région devrait offrir une unité de 20 à 30 lits. Ces unités auront un cahier des charges commun pour assurer une qualité des soins homogène sur tout le territoire, un fonctionnement en réseau et un maillage efficace. « Les pathologies prises en charge ciblent tout particulièrement le burn-out, la dépression, les addictions, les troubles liés à des conflits interpersonnels au sein d’établissements de soins (harcèlement…) », indique l’association.

Sources : Pourquoi Docteur, Journal des femmes.com

Hôpital : un volcan en ébulition

Hôpital : un volcan en ébulition

HÔPITAL  – Pourquoi Docteur –  Le site Pourquoi docteur a lancé une grande enquête sur l’Hôpital aujourd’hui. La tarification à l’activité, unique mode de financement des hôpitaux, a changé les rapports entre l’administration et les personnels médicaux. Soumis à une pression toujours plus forte, beaucoup sont à bout. Avec le sentiment que le pouvoir est désormais dans la main de gestionnaires.  Qu’ils soient patients, internes, médecins ou infirmiers, les reproches fusent. Leurs propos sont rapportés dans un 1er volet (regards croisés sur l’hôpital  – voir références). Le second porte plus particulièrement sur la gestion de l’hôpital. Une série d’articles de Bruno Martrette :

Brest, célèbre pour sa rade, mais aussi, depuis peu, pour ses urgences. En février dernier, un vieil homme est mort sur un brancard alors qu’il attendait des soins depuis des heures. Quelques jours plus tard, la direction reçoit la lettre d’une patiente racontant le calvaire de sa tante dans ce service. Des faits divers qui se multiplient partout en France, et qui témoignent de l’exaspération grandissante des patients vis-à-vis de leur hôpital. Et la colère est contagieuse, les personnels soignants sont eux aussi au bord de la crise de nerfs.

Certains chirurgiens de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) n’hésitent ainsi plus à quitter le navire. Elle a enregistré 15 démissions en 2013, 19 en 2014, et 23 sur les neuf premiers mois de 2015 ! Au total, ce sont plus de 4 % de ces troupes d’élite qui ont émigré vers le privé, en France, ou à l’étranger. Un constat peu reluisant pour le vaisseau amiral de notre si cher hôpital public. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoidocteur a arpenté les couloirs des hôpitaux pour comprendre.

L’âge d’or de l’hôpital, un vieux rêve

Au départ, il y avait une promesse. L’hôpital public se construit en offrant un égal accès aux soins pour tous les Français. L’âge d’or de l’institution connaît son apogée avec la loi Debré de 1958 censée mettre en place l’hôpital d’ « excellence ». Les CHU, créés à cette date, permettraient aux médecins de soigner, mais aussi de faire de la recherche et de l’enseignement. Presque 60 ans plus tard, la promesse semble bien lointaine.

« On est loin du compte », estime le Pr Michaël Peyromaure, à la tête du service d’urologie de l’Hôpital Cochin (Paris). Après 15 années de carrière à l’AP-HP, et une consécration comme chef de service arrivée il y a un mois, ce spécialiste semble désabusé : « J’en ai assez de l’inertie hospitalière. Alors que j’exerce dans un CHU, je rencontre aujourd’hui d’énormes difficultés à mettre en place des projets de soins et de recherches attractifs ».

Et le médecin de dénoncer la lenteur administrative et le pouvoir trop dissolu au sein de la structure. « On ne sait plus qui décide de quoi, ou parfois personne ne décide », ajoute-t-il. Comme lui, d’autres grands médecins de l’AP-HP ont été tentés par le privé. Les cliniques sont aux aguets. Plusieurs praticiens nous ont confié avoir reçu des offres de rémunération 4 à 5 fois supérieure à celle qu’ils touchent dans le public, avec, en plus, la possibilité de faire de la recherche.

Ce sentiment d’exaspération est largement partagé. Avec cette impression que le médical cède de plus en plus de place à l’administratif. Médecins et personnels soignants y sont confrontés tous les jours. Si on y ajoute la pénibilité du métier, le burn-out toucherait 35 à 50 % des anesthésistes en fonction des services. Les autres salariés n’ont pas l’air d’aller mieux. Ce jeudi, Le Figaro révélait que la moyenne des arrêts maladie cumulés avoisine les 24 jours par employé à l’hôpital. « Un phénomène dû aux conditions de travail », selon les syndicats. Olivier Youinou, infirmier anesthésiste à l’Hôpital Henri-Mondor (Créteil), évoque ces cadences infernales : « Il y a 20 ans, quand j’ai commencé au bloc opératoire, nous étions un médecin anesthésiste et un infirmier anesthésiste dans chaque salle d’opération. Aujourd’hui, on a un médecin pour deux trois, voire quatre salles ». Instaurées en 2002 à l’hôpital, les 35 heures ont fini de désorganiser les services, entraînant dans leur sillage une perte de moyens et surtout de personnels.

Des déficits abyssaux depuis 30 ans

Comme le moral des praticiens, la situation financière des établissements est morose. Après l’âge d’or, les comptes sont vite passés au rouge, dès les années 80. Et la situation est allée de mal en pis. Frédéric Bizard, économiste de la santé, relate : « Entre le début des années 2000 et aujourd’hui, le niveau d’endettement de l’hôpital public est passé de 10 à 30 milliards. Cela malgré une hausse sensible du budget de plus d’1,2 milliard d’euros chaque année ». Une enveloppe que personne ne voit, ou plutôt, pas au bon endroit. La répartition des dépenses à l’hôpital reste un sujet épineux.

Pour le Pr Peyromaure, l’argent ne va tout simplement pas où il faut. Il cite l’exemple des congés bonifiés donnés à beaucoup d’agents du service hospitalier qui coûtent une somme colossale à l’AP-HP. « Par peur des conflits sociaux, la direction a maintenu cette vieille tradition ». De son côté, Frédéric Bizard énumère pêle-mêle, des coûts de production du soin hospitalier « historiquement élevés » dans le public. Et des durées de séjour des malades 20 % plus longues en France que chez nos voisins européens. Résultat, en 2014, chaque Français coûte, en moyenne, 1 346 € en soins d’hospitalisation : c’est près de la moitié de ses dépenses de santé (45,7 %).

Mais à ces problèmes financiers internes à l’hôpital se greffe une autre actualité beaucoup plus politique. Jusqu’à un passé récent, le maire était aussi président du conseil d’administration de l’hôpital, bien souvent premier employeur de la ville. Pas question donc de mettre à la porte des milliers d’agents hospitaliers. Une surcapacité hospitalière que dénonce Frédéric Bizard. « Nous avons 30 % de lits excédentaires comparés aux autres pays de l’OCDE (2) », souligne-t-il.

Et les tentatives de fermer les petites structures (en périphérie des grandes villes) parce que leur activité ne permet pas d’offrir les conditions de sécurité aux patients avortent. Grèves, manifestations, comme à Valognes (Manche) : les usagers n’hésitent plus à faire pression sur les autorités. Dans un rapport remis fin juillet 2015 à la ministre de la Santé, le Dr Jean-Yves Grall, directeur d’une ARS (3), estimait pourtant qu’il faudrait « éviter la présence inutile de médecins [urgentistes] lors de périodes de faible activité ou sur des structures à faible activité globale ». En métropole, 67 services d’urgences seraient menacés.

De calife à exécutant 

Alors, pour boucher les trous, l’hôpital public a tenté de rendre plus rentable son activité. Lancée en 2004, la tarification à l’activité (T2A) s’attache plus à mesurer le volume d’actes et d’interventions pratiqués dans un service que la pertinence du travail effectué, estiment plusieurs personnels soignants. Le sociologue Frédéric Pierru raconte : « Avant, les chefs de service avaient très peu de contraintes. Ils faisaient souvent ce qu’ils voulaient, un peu comme des patrons dans leurs fiefs ». Un changement radical par rapport à l’époque actuelle où ceux-ci doivent présenter des business plans à leur directeur d’hôpital. « De calife dans leur unité, ils se sont transformés en simples exécutants d’une politique gestionnaire ». Un peu comme dans une entreprise où les salariés doivent avoir une activité rentable.

(…)

Pour lire l’ensemble des articles : http://www.pourquoidocteur.fr/Enquette/10097-Hopital-un-volcan-en-ebullition ; http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/15257-Regards-croises-sur-l-hopital

 

L’absentéisme plus élevé dans les centres hospitaliers

L’absentéisme plus élevé dans les centres hospitaliers

ABSENTEISME  – infirmiers.com, RTL –  Le taux d’absentéisme s’est élevé à 3,4% pour le personnel médical dans les établissements publics de santé (EPS) en 2014, montre l’analyse de bilans sociaux effectuée par l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH), Ce bilan a été transmis aux membres du Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière (CSFPH) qui doivent se sont réuni le 14 avril 2016.Au début de son rapport, l’ATIH précise que 488 établissements publics de santé (EPS) ont répondu à l’enquête sur le bilan social de 2014, soit 55,5% de la totalité des établissements interrogés et 84,1% des établissements concernés par l’enquête de façon obligatoire. Elle note que les données 2014 présentent une exhaustivité de presque 10 points supérieure à celle des données 2013. Parallèlement, les hôpitaux qui connaissent le plus fort absentéisme ont été rendu publics. Des articles du site Infirmiers.com et de RTL :

Au sein des 302 établissements étudiés, précise Infirmiers ?com, le taux d’absentéisme pour motif médical et non médical est de 3,4% pour le personnel médical, dont 0,1% pour l’absentéisme inférieur à six jours, et 3,3% pour l’absentéisme supérieur ou égal à six jours.

En ce qui concerne le personnel non médical, le taux d’absentéisme est de 8%, dont 0,4% pour l’absentéisme inférieur à six jours, et 7,6% pour l’absentéisme supérieur ou égal à six jours.

Au niveau du personnel médical, le taux d’absentéisme est plus élevé dans les centres hospitaliers (CH) que les autres catégories d’établissements, soit 4,1%. Pour le personnel non médical, l’absentéisme est le plus élevé, à 8,3%, dans les CH de petite taille (produits inférieurs à 20 millions d’euros).

Le taux d’absentéisme augmente de +0,1 point pour le personnel médical entre 2013 et 2014. Cette évolution varie cependant entre -0,3 point pour les CH de petite taille et +0,2 point pour les CH de taille financière moyenne (produits entre 20 millions et 70 millions).

Concernant le personnel non médical, l’ensemble des catégories d’établissements présentent une augmentation de leur taux d’absentéisme (augmentation globale de +0,2 point).

Les agents médicaux absents pendant 9 jours

L’analyse des bilans sociaux de 2014 pour 324 établissements révèle également que le nombre moyen de jours d’absence par agent (pour des motifs médicaux et non médicaux) est neuf jours pour le personnel médical et de 27 jours pour le personnel non médical.

S’agissant du personnel médical, ce nombre moyen de jours d’absence par agent est le plus élevé dans les CH, soit 12 jours. Pour le personnel non médical, les CH de petite taille et de grande taille (produits supérieurs à 70 millions d’euros) présentent les ratios les plus élevés, soit 28 jours d’absence par agent en moyenne.

Par ailleurs, le taux de rotation du personnel est de 23,3% pour le personnel médical et de 9,2% pour le personnel non médical, d’après les données de 352 établissements.

Des métiers sous tension

Dans le domaine médical, les trois corps de métiers les plus cités comme étant « sensibles » sont les autres spécialités médicales (42% des établissements), l’anesthésie-réanimation (41,1%) et la radiologie imagerie (34,3%).

Un métier est dit « sensible » lorsqu’il se caractérise par des éléments quantitatifs (un nombre important d’agents dont la pénurie pourrait mettre en difficulté le bon fonctionnement des établissements) et/ou qualitatifs (des compétences en évolution/mutation, par exemple).

Pour le personnel non médical, les métiers les plus sensibles sont ceux de masseur-kinésithérapeute (62,8%), d’infirmier en soins généraux (28,3%) et d’aide-soignant (20,6%).

Une vingtaine d’établissements sont pointés du doigt pour leurs agents qui sont absents plus de 30 jours par an en moyenne, poursuit la rédaction de RTL : Les hôpitaux sont malades de l’absentéisme. En 2014, les agents de 22 établissements français ont cumulé plus de 30 jours d’absentéisme, selon les données de l’outil publique Hospi Diag. Le total est alarmant lorsqu’il est comparé à la moyenne dans le secteur privé qui s’élève à 16,7 jours. Pour établir ce constat, les absences liées aux RTT et aux arrêts maladies ont été prises en compte. Le Figaro rapporte ainsi que les régions les plus touchées par l’absentéisme des agents hospitaliers sont la Corse, la Guyane, la Haute-Normandie, le Nord-Pas-de-Calais et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
C’est justement en PACA que se trouve le plus mauvais élève : le centre hospitalier Louis-Raffali de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) avec une moyenne de 39,7 jours d’arrêts par agent. Dans le bas du classement, cet établissement est accompagné par : le groupe hospitalier de Carnelle Portes de l’Oise (37 jours) ainsi que les centres hospitaliers de Fontainebleau (34,6 jours), de Brignoles (34 jours), de Castellucio (33,5 jours) et de Hénin-Beaumont (33,5 jours).

L’absence de jour de carence en cause ?

Le CHU de Marseille, le centre hospitalier universitaire le plus touché par l’absentéisme, se trouve également dans un état critique. Chaque jour, 1.100 agents hospitaliers manquent à l’appel sur un effectif de 12.000. « Ça a toujours été comme ça. Au début, peut-être qu’il n’y a pas eu assez de gens contrôlés », estime une aide-soignante travaillant depuis 15 ans à l’hôpital de la Conception. Audrey Jolibois, du syndicat FO des hôpitaux de Marseille, met en avant un manque chronique d’effectif. Il peut ainsi arriver qu’une aide-soignante soit remplacée au pied levé par une infirmière devant assurer les deux postes. « Ça peut durer pendant deux ou trois jours, on se rend compte que l’aide-soignante ne manque pas tellement et on continue comme ça pendant des mois. Et ça ne gêne personne », explique-t-elle.

Sources : http://www.infirmiers.com/profession-infirmiere/infirmiere-dans-la-fonction-publique/fph-27-jours-absence-personnel-non-medical-2014.html ; http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/hopitaux-les-6-etablissements-les-plus-touches-par-l-absenteisme-en-2014-7782915146