Maladies chroniques et travail : comment concilier

Maladies chroniques et travail : comment concilier

Maladie  – France Info, Association française des diabétiques – Comment mener une vie professionnelle normale quand on est atteint par une maladie chronique ? Un article de France Inter et les informations du site de la Fédération française des diabétiques :

Coup sur coup, une exposition du photographe Yann Arthus-Bertrand au CES, à Paris, et un livre blanc, publié par l’association française des diabétiques, attirent l’attention sur la situation des salariés atteints de maladies chroniques. Grâce aux progrès de la médecine et aussi parce qu’il faut bien continuer à travailler, même si l’on est malade, pour faire tourner le ménage, il y a en effet de plus en plus de personnes atteintes de maladies chroniques qui conservent leur emploi. Rien que pour les maladies cardio-vasculaires, la France compterait 2,8 millions de personnes touchées et en emploi.
Un autre chiffre : 4 millions de personnes vivent avec le diabète
Pas facile de concilier les exigences de la vie professionnelle et les contraintes de la maladie, surtout quand l’entreprise ne veut pas en entendre parler.

Soutenue dans sa démarche par la CFDT, l’Association Française des Diabétiques (AFD) a remis son Livre Blanc « Diabète et travail : pour en finir avec les discriminations » aux Présidents des groupes parlementaires, le 14 novembre 2015, à l’issue de Rencontres entre les parties prenantes que l’association a organisées à son siège.
4 fois plus de risque d’être exclu du monde du travail
En dépit du code du travail qui précise qu’aucun salarié ne peut être licencié en raison de son état de santé, une personne atteinte de maladie chronique comme le diabète a 4 fois plus de risque d’être exclue du monde du travail. Ainsi, le pourcentage d’actions de soutien aux victimes engagées par l’AFD est passé de 15% en 2009 à 21% en 2010. « Nous voulons pointer du doigt une législation souvent obsolète et changer les idées reçues sur l’aptitude professionnelle des personnes atteintes de diabète », affirme Gérard Raymond, président de l’AFD. Les causes tiennent essentiellement à l’ignorance qui entoure cette pathologie.
L’ignorance : principal frein à l’embauche d’un diabétique
Les progrès médicaux et techniques rendent désormais le diabétique apte à la plupart des emplois : le risque d’hypoglycémie est devenu quasi nul et les médicaments hypoglycémiants ont été fortement améliorés ; de plus les lecteurs de glycémie de nouvelle génération permettent de surveiller efficacement son taux de glycémie sans risque de déséquilibre du diabète. Dans le même temps, l’organisation du travail a été profondément modifiée grâce aux technologies et à la communication, entrainant une plus forte sécurité.
Une législation souvent obsolète
Pour certaines professions (en particulier dans le secteur public), il existe une législation ; pour d’autres (plus particulièrement liés au privé) elle n’est pas toujours présente et laisse donc une grande latitude à l’employeur et au médecin du travail. Parmi ces métiers, certains justifient d’une incompatibilité avec le diabète (notamment les métiers de sécurité), d’autres pourraient être compatibles au cas par cas, d’autres enfin devraient être accessibles à tous.
Le Livre Blanc « Diabète et travail » apporte une étude, une analyse et des propositions pour mettre un terme aux discriminations et aux freins à l’insertion sociale et professionnelle dont sont victimes les diabétiques.

Souces : http://www.franceinfo.fr/emission/s-y-emploie-de-philippe-duport/2015-2016/de-plus-en-plus-de-malades-chroniques-au-travail-13-01-2016-13-32 ; http://www.afd.asso.fr/actualites/l-afd-denonce-la-realite-de-l-emploi-des-diabetiques-dans-un-livre-blanc-002537

Caniard : le numérique au secours de la réforme de la santé

Caniard : le numérique au secours de la réforme de la santé

Médecins – Telos – Crise des professions de santé, crise de l’hôpital, crise financière, rien n’y fait, chaque acteur reste étrangement replié sur lui-même, attendant un premier pas de l’autre. Etienne Caniard, Président de la Mutualité française explore les voies d’une réforme du système de sa,té, notamment à travers les apports du numérique, sur le site Telos :
Les analyses sur l’avenir de la protection sociale et l’organisation des soins n’incitent guère à l’optimisme. Si les constats convergent sur ce qu’il conviendrait de faire, la réforme pourtant jugée indispensable se fait attendre comme s’il était plus confortable de rester sur une route connue et familière plutôt que d’explorer de nouveaux chemins.
C’est ainsi que l’on se réfugie dans un passé non seulement révolu mais qui n’a jamais existé en évoquant comme une période bénie la Sécurité sociale de 1945… oubliant qu’alors la sécu ne remboursait que très peu de soins mais versait essentiellement des revenus de remplacement (à une minorité de la population) pour compenser les conséquences de la maladie.
C’est ainsi que l’on entend encore des organisations de médecins se référer à la charte de la médecine libérale de 1927, donnée comme modèle d’organisation, en oubliant que fort heureusement la médecine d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle du premier tiers du XXe siècle.
Mutations
Crise des professions de santé, crise de l’hôpital, crise financière, rien n’y fait, chaque acteur reste étrangement replié sur lui-même, attendant un premier pas de l’autre.
Le résultat en est connu : développement des déserts médicaux, hypertrophie hospitalière faute d’organisation de la médecine ambulatoire, dévalorisation des actes cliniques ou profit d’actes techniques souvent inappropriés. S’y ajoutent une mauvaise utilisation du système de soins (le recours aux urgences en est la plus frappante illustration) et des restes à charges croissants pour les patients, premier facteur de renoncement aux soins.
Chacun s’adapte à cette situation, la sécurité sociale affichant des taux de remboursements de plus en plus fictifs parce que qu’assis sur des bases de remboursement déconnectées des prix réels, les professionnels préférant une liberté des tarifs à une opposabilité négociée avec l’ensemble des acteurs qui garantirait juste rémunération des professionnels et maîtrise des restes à charge.
Peu nombreux sont ceux qui croient à un tardif mais salutaire sursaut politique, tant la politique de santé fait peur aux décideurs et est paradoxalement absente du débat alors qu’elle est une des premières préoccupations des Français. Et si le salut venait de la révolution numérique ?
Imaginons. Nous sommes en juin 2016, des négociations conventionnelles ont repris après les élections professionnelles d’octobre 2015 qui ont donné lieu à des surenchères et focalisé les débats sur la valeur de l’acte.
L’absence de marges financières pour l’Assurance maladie favorise l’émergence d’une augmentation sensible de la valeur de l’acte… mais au détriment des rémunérations forfaitaires qui se développaient depuis les années 2000 et représentent désormais plus de 10% du revenu des généralistes.
Statuts
Alors qu’un accord semble proche entre l’assurance-maladie et les syndicats de médecins libéraux, des médecins investissent les réseaux sociaux et trouvent immédiatement un soutien chez les patients. Certains réclament une rémunération forfaitaire pour les médecins qui « prescrivent » des applications santé à leurs patients en s’engageant à les conseiller et les accompagner pour l’interprétation et le suivi. D’autres revendiquent une reconnaissance et une valorisation des conseils donnés par téléphone ou de plus en plus souvent par internet, ils sont rejoints par des acteurs du maintien à domicile qui réclament un financement pérenne pour les outils de domotique et de robotique évitant une institutionnalisation prématurée. Ce mouvement fait rapidement tache d’huile, notamment chez les étudiants en médecine. Le gouvernement découvre son importance lorsque les organisations d’internes s’engagent en proposant un nouveau modèle d’organisation des soins, soucieux de la qualité de la pratique, de la préservation de la vie personnelle, fondé sur une organisation collective et pluridisciplinaire. Ils ont pris conscience que le modèle libéral peut répondre à leurs attentes, alors que l’installation libérale était massivement rejetée par les nouveaux diplômes, à condition de sortir du paiement à l’acte qui freine les coopérations professionnelles, l’organisation des parcours et surtout est incompatible avec une médecine 2.0.
Une nouvelle loi est élaborée avec les professionnels qui définit carrière, politique de revenus, déclinaisons territoriales et met ainsi fin aux rites conventionnels, pour les remplacer par des négociations avec les Agences régionales de santé qui permettent des engagements dans la durée, fondés sur une obligation de résultats.
C’est alors que, dépassant la remise en cause des modes d’allocations de ressources « traditionnels », une réflexion s’engage pour élaborer un nouveau statut pour les médecins. À l’origine de cette initiative on trouve des médecins libéraux exerçant dans les hôpitaux locaux, modèle peu connu d’organisation des soins qui permet à un patient hospitalisé dans un hôpital local d’être pris en charge par son médecin traitant, qui exerce sous un double statut.
Des médecins libéraux et leurs correspondants hospitaliers qui ont expérimenté des télé-consultations à l’origine organisées dans les Ehpad d’un territoire pour leurs résidents mais rapidement ouverts à tous les libéraux et à l’ensemble de la population, prennent la mesure de la valeur ajoutée d’un tel partage des compétences et proposent l’organisation d’Etats Généraux chargés d’élaborer un nouveau statut qui permette de sortir du carcan de la fonction publique hospitalière et de l’exercice isolé et inorganisé de la médecine libérale. Avant même d’avoir défini ce que pourrait être ce nouveau statut, les médecins arrachent aux pouvoirs publics la promesse que si ce statut est approuvé par plus de 30% des médecins en exercice il sera automatiquement adopté. Ce statut intermédiaire est aussitôt plébiscité par les jeunes médecins qui l’adoptent à plus de 90%.
Parallèlement les organismes complémentaires d’assurance-maladie, contestés depuis plusieurs années parce que devenus indispensables en même temps que difficilement accessibles pour les plus fragiles, connaissent une nouvelle crise. La segmentation des offres, nourrie par les informations issues d’une analyse du risque de plus en plus précise, par le traitement de données toujours plus nombreuses, conduit à vider de son sens une activité d’assurance dans laquelle l’aléa est considérablement réduit. Transformés en préfinanceurs de dépenses quasi certaines, ils voient leurs marges de manœuvre se restreindre encore au-delà de l’encadrement des contrats mis en œuvre par les pouvoirs publics pour répondre aux critiques.
Connectique
Devant l’ampleur de cette crise la Mutualité Française organise des forums citoyens avec les autres complémentaires, les associations de patients dont les conclusions sont discutées avec les professionnels de santé qui s’interrogeaient sur leur statut et leur pratique. Très vite chacun comprend que la valeur ajoutée des organismes complémentaires réside autant dans leur capacité à accompagner, à innover, à proposer des services aux patients comme aux médecins, à organiser les parcours que dans le remboursement de dépenses sans souci de leur pertinence, de leur efficacité ou de leur coût.
Les professionnels, soucieux de garder la maîtrise de leur pratique s’engagent à mettre en place les mécanismes d’évaluation et de régulations indispensables pour attester de la pertinence et de la qualité des prises en charge. Des accords se nouent avec les complémentaires qui en contrepartie s’engagent dans une politique résolue de diminution des restes à charge et de revalorisation des actes cliniques.
De telles évolutions sont-elles du domaine du rêve ? Certainement pas. Comment imaginer une organisation figée face au développement des applications qui redonnent de l’autonomie aux patients, aux possibilités offertes par la télémédecine offrant à tous l’accès à une expertise partagée, à des coopérations professionnelles facilitées par les outils permettent dialogues et échanges d’informations, valorisent les compétences, plutôt que de tirer les professions vers le bas dans des logiques de défense de territoires, aux possibilités offertes par l’impression 3D au service de la santé.
Demain le traitement des données, le deep learning va transformer l’évaluation du médicament, faisant perdre la prééminence de l’évaluation avant la commercialisation, limitée parce qu’effectuée sur des populations sélectionnées, sans interactions médicamenteuses, sans pathologies multiples, sans problèmes d’observance, au profit d’une surveillance en temps réel, dans la vraie vie, grâce à la possibilité de discerner des effets délétères même avec de faibles signaux et d’intervenir même directement par le retrait d’un produit dangereux, contrepartie de la mise à disposition plus rapide de l’innovation.
C’est sous la pression des objets connectés, d’une information disponible et partagée que l’on va engager la plus profonde transformation de notre système de santé et de protection sociale, celle qui permet de passer d’une logique de moyens à une logique de résultats, du quantitatif au qualitatif.
L’État va devoir changer de posture, passer d’un contrôle tatillon et inefficace à un rôle de régulateur, d’Etat stratège.
Tous nos outils vont être remis en cause. La surveillance des épidémies passait hier par le développement de réseaux sentinelles, le travail de collecte de données de nombreuses agences, l’analyse en temps réel de quelques mots clés sur les moteurs de recherches suffit désormais à détecter le moindre épisode grippal.
Le mouvement de démocratie sanitaire qui s’est développé dans les années 2000 est à la recherche d’un second souffle. C’est la révolution numérique qui va lui offrir, bousculant les représentations institutionnelles qui devront se projeter dans l’avenir ou disparaitre.

Source : http://www.telos-eu.com/fr/reforme-du-systeme-de-sante-le-numerique-au-secour.html#sthash.1Ys0O4tT.dpuf

Les agents, « grands oubliés » de la complémentaire santé

Les agents, « grands oubliés » de la complémentaire santé

PRESTATIONS SOCIALES – Miroir Social – En 2012, François Hollande, alors candidat à la présidentielle, s’est engagé devant les mutualistes rassemblés au Congrès de la Mutualité, à généraliser l’accès à la complémentaire santé pour tous les citoyens d’ici 2017. Où les agents en sont-ils de cette promesse ? Un article de Valérie Gramon, de la MGEN, dans Miroir social :

A ce jour, cette généralisation point phare du quinquennat présidentiel se décline en deux temps :
• Avec l’ANI, pour les salariés, dans le cadre des contrats complémentaires d’entreprise obligatoires (mise en œuvre au 1er janvier 2016) ;
• Pour les plus de 65 ans, via un dispositif de labellisation, mesure qui vient d’être portée au PLFSS 2016.

Dans ce schéma, quid des agents publics ?
Rappelons que sur 5 milliards annuels d’aides publiques consacrées à l’aide à l’accès à la complémentaire santé, seuls 50 millions d’euros bénéficient aux 5,6 millions d’agents publics révélant ainsi une véritable iniquité : soit 1%….
On ne peut que constater que OUI les Agents de la Fonction publique sont les « grands oubliés » de l’aide à la complémentaire santé… Mais pas les « grands oubliés » des mesures visant à remettre en cause leur statut.
Aussi, alors même que les fonctionnaires financent presque intégralement leur complémentaire santé, que leur point d’indice de rémunération est gelé depuis 2010, les sénateurs ont adopté le 3 décembre dernier l’instauration de 3 jours de carence dans les 3 Fonctions publiques. Où sont les privilèges faussement attribués aux fonctionnaires dans l’imaginaire collectif ?

Le colloque de Rouen
C’est sur la base de cette question que la délégation MFP Haute-Normandie avait décidé d’organiser le 8 décembre à Rouen un débat animé par Jacky Lesueur de la rédaction de Miroir Social sur le thême « Les agents publics, les oubliés de l’aide à la complémentaire santé ».
Ce colloque a été ouvert par Anne Marie DEL SOLE, conseillère Métropolitaine en charge de la Santé. Ce fut l’occasion d’échanges nourris avec des « grands témoins » des trois versants de la Fonction Publique ( FP Territoriale, FP Hospitalière et FP d’Etat) : Yvon Robert, Maire de Rouen, Catherine Auger, DRH du CHU de Rouen, Bernard Houteer, Administrateur Général de Finances Publiques, avec la participation de Serge Brichet, Président de la Mutualité Fonction Publique…
Les exposés et les débats ont démontré clairement que les agents des services publics étaient loin d’être des privilégiés et qu’il importait, face aux idées reçues , aux menaces ou attaques de sortes qui pèsent sur le devenir d’un modèle social qui a largement fait ses preuves et démontré ses capacités d’adaptation, de poursuivre plus que jamais la mobilisation engagée depuis des mois par la MFP tant en interne qu’auprès du public, des parlementaires et des employeurs publics.
En conclusion, Serge Brichet confirmait cette volonté et annonçait le lancement dans les semaines à venir d’une large campagne publique de la MFP avec l’ensemble des fédérations syndicales de la Fonction Publique pour une large sensibilisation, sur la place et le rôle majeur du mouvement mutualiste ainsi que sur la défense de notre modèle de protection sociale qui a fait la preuve de son efficacité depuis maintenant 70 ans…

Rappel :
La Mutualité Fonction Publique – présidée par Serge BRICHET – regroupe aujourd’hui 23 mutuelles ou unions de mutuelles professionnelles relevant des Livres II et III du Code de la Mutualité, issues des trois fonctions publiques.
En 2015, les mutuelles de la Fonction publique, réunies au sein de la MFP, représentent :
• au titre du régime obligatoire : 5 millions d’assurés et ayants-droit, et 6 milliards d’euros par an de prestations versées.
• au titre du régime complémentaire : 4 millions d’adhérents actifs et retraités, et 6,5 millions de personnes protégées ; 3,6 milliards de cotisations encaissées (vie et non vie) ; plus de 3 milliards de prestations servies (vie et non vie).

Source : http://www.miroirsocial.com/membre/vgramon/post/agents-de-la-fonction-publique-les-grands-oublies-de-l-aide-a-la-complementaire-sante

Carrière : le Sénat à contre-courant du gouvernement

Carrière : le Sénat à contre-courant du gouvernement

CARRIÈRE  – Localtis –  Le Sénat a saisi l’occasion de l’examen du projet de loi de finances pour 2016 pour s’opposer à la politique du gouvernement en matière de fonction publique, qu’il soit question de mesures « PPCR », de temps de travail ou de jours de carence. Un article de T.B. de Localtis :

Lors de la discussion, le 3 décembre, de la mission du budget de l’Etat consacrée à la gestion des finances publiques et des ressources humaines, la Haute Assemblée a supprimé les dispositions du projet de budget pour 2016 prévoyant la transformation d’une partie des primes perçues par les agents en points d’indice et l’unification des rythmes d’avancement dans les trois versants de la fonction publique. L’Assemblée nationale avait voté en faveur de ces dispositions proposées par amendement par le gouvernement et qui mettent en œuvre les décisions prises à la suite de la négociation sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations. Albéric de Montgolfier, rapporteur général de la commission des finances, a regretté que les mesures ne prennent pas en compte la valeur professionnelle des agents. Il a aussi pointé leur coût, rappelant que selon la Cour des comptes, l’application de l’ensemble du projet d’accord coûterait 4,5 à 5 milliards d’euros par an pour l’ensemble de la fonction publique, à l’horizon 2020.

Trois jours de carence en cas d’absence pour maladie
Le Sénat souhaite au contraire que la fonction publique et en particulier celle de l’Etat se serre la ceinture. S’appuyant sur un rapport relatif à la masse salariale de l’Etat que la Cour des comptes a récemment remis à sa commission des finances (voir notre article du 11 septembre 2015), le rapporteur général pointe l’augmentation du temps de travail parmi les leviers d’économies à utiliser. « Une augmentation de 1% du temps de travail se traduirait par une économie de 700 millions d’euros pour l’ensemble de la fonction publique », explique-t-il. Autre piste avancée par la droite : le ralentissement du rythme des promotions individuelles des agents publics, qui est le principal facteur du « glissement vieillesse technicité ».
Enfin, le Sénat est attaché au jour de carence pour les maladies ordinaires dans la fonction publique. Il a déjà eu à maintes reprises l’occasion de le montrer. Mais l’Assemblée nationale a fait échec à toutes ses tentatives d’instauration de ce dispositif qui, rappelons-le, a été en place en 2012 et 2013. Mais sans se décourager, le Sénat a, lors de la discussion du PLF 2016, voté en faveur de trois jours de carence pour les agents publics. Selon les sénateurs, la mesure répond à un enjeu d’équité entre les secteurs privé et public et permettrait aux employeurs publics d’économiser 500 millions d’euros.
Le Sénat achèvera le 8 décembre prochain l’examen du projet de loi et se prononcera le même jour sur l’ensemble du texte. Le désaccord entre les deux assemblées étant très probable, le projet de loi retournera à l’Assemblée nationale, laquelle aura le dernier mot.

Source : http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250269976209&cid=1250269974196

Maladies chroniques au travail : dispositif d’aide

Maladies chroniques au travail : dispositif d’aide

MALADIE  – L’Express –  Près d’un Français sur quatre souffre de maladie chronique, dont 50% en âge actif: face à ce constat, entreprises et collectivités peuvent bénéficier d’un dispositif visant à les aider à maintenir dans l’emploi leurs salariés malades.Un article de l’Express :

Présenté jeudi à Paris, ce dispositif a été initié alors « qu’on recense chaque jour 1.000 nouveaux cas de cancer dont plus de la moitié concerne la population active occupée, 40.000 nouveaux cas d’épilepsie chaque année et qu’en 2014, on comptait plus de 4 millions de diabétiques », selon le fonds de dotation Cap santé Entreprise, à l’initiative de ce dispositif. Ce fonds regroupe des acteurs de la prévention de la santé, de la médecine du travail et du monde de l’entreprise.
S’y ajoutent « 2,8 millions de salariés affectés de maladies cardio-vasculaires », selon Olivier Liaroutzos de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact).
En 2009, 28 millions de personnes ont déclaré suivre un traitement périodique (au moins six fois par an) pour une même pathologie (Haut conseil de la santé publique).
Le nouveau dispositif, « en trois étapes et sur trois ans », vise à « accompagner les entreprises et leurs salariés confrontés aux conséquences humaines, organisationnelles et financières des maladies chroniques, encore +tabou+, au sein des équipes de travail », explique Damien Kunegel, membre du conseil d’orientation du fonds.
Il passe notamment par une formation des managers, un questionnaire à l’ensemble des salariés et la mise en place d’un réseau d’interlocuteurs au sein de l’entreprise pour aider le salarié malade, ajoute-t-il.
L’enjeu est de taille, quand on sait que le poids économique et social des maladies chroniques « devrait doubler au cours des vingt prochaines années ».
« Les seuls arrêts maladie dus à des diagnostics de cancer coûteraient aux employeurs environ 525 millions d’euros par an avec un coût moyen d’environ 9.000 euros par arrêt et les pertes de productivité sont estimées à 17 milliards d’euros », selon Cap santé Entreprise.
A contrario, souligne M. Liaroutzos de l’Anact, « un euro investi dans la prévention » pour la santé se traduirait, pour l’employeur, par « cinq euros gagnés ».
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « les maladies chroniques sont des affectations de longue durée qui en règle générale, évoluent lentement » (cardiopathies, accidents vasculaires cérébraux, cancer, affections respiratoires chroniques, diabète…).

Source : http://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/maladies-chroniques-au-travail-dispositif-d-aide-aux-entreprises-et-collectivites_1742227.html