Déserts médicaux : un plan pour attirer les spécialistes

Déserts médicaux : un plan pour attirer les spécialistes

MÉDECINS – Le Parisien, Mutualité française – En 2012, le ministère de la Santé lançait un programme baptisé « Pacte santé territoire » en faveur des zones désertées par les médecins généralistes. Trois ans plus tard, la ministre de la Santé, Marisol Touraine repart à la charge dans l’optique cette fois d’encourager les spécialistes à s’installer dans les régions oubliées. Un article de Frédéric Lavignette de l’Afim :

Ce sont à présent les gynécologues, les ophtalmos, les pédiatres, les cardiologues et les dermatologues qu’elle veut voir revenir dans les campagnes.
Ce nouveau plan, dont le coût annoncé est de 200 millions d’euros « sera détaillé cet après-midi à Dijon (Côte-d’Or) par la ministre de la Santé à l’occasion du congrès des généralistes enseignants », annonce Le Parisien/Aujourd’hui qui a pu le consulter. De ces nouvelles dispositions, « on retiendra en particulier l’élargissement des mesures aux médecins spécialistes, les oubliés du pacte de 2012 », indique le quotidien.
« L’incitation se fera d’abord à l’université », notamment en permettant aux étudiants d’ »effectuer des stages en cabinet de ville ou en maison de santé pour découvrir la pratique libérale ».
En parallèle, le numerus clausus sera augmenté de 131 étudiants « au profit de facultés situées dans dix régions en pénurie ». Par ailleurs, 200 nouveaux contrats d’engagement de service public vont être mis en place d’ici à 2017 : ils permettront à un étudiant de percevoir une aide financière en échange d’un engagement pour son installation en zone de pénurie.
Le plan de Marisol Touraine prévoit également « une montée en puissance des contrats de praticien territorial de médecine générale (PTMG) », écrit Le Parisien/Aujourd’hui. Le but est de signer 1.000 contrats en 2017, soit 50% de plus que prévu actuellement. Afin d’être plus attractifs, ces contrats intégreront la prise en charge d’un congé paternité et des arrêts maladie.
Enfin, 200 postes de médecins correspondants du Samu vont être créés d’ici à 2017, ainsi que 200 maisons ou centres de santé supplémentaires, afin d’atteindre les 1.000 établissements dans deux ans. Dans le même mouvement, conclut le quotidien, « des expérimentations de télémédecine vont être lancées en 2016 dans neuf régions, au profit des maisons de retraite et de santé, qui bénéficieront d’un plan d’investissement de 40 millions d’euros ».

Source : http://www.mutualite.fr/actualites/deserts-medicaux-un-plan-pour-attirer-les-specialistes/

Hôpital : stress, burn-out, addictions… enquête du CNPS

Hôpital : stress, burn-out, addictions… enquête du CNPS

STRESS  – Le Moniteur des Pharmacies –  En partenariat avec l’association Soins aux professionnels de santé, le Centre national des professions de santé (CNPS) lance une grande enquête sur la perception par les professionnels de santé de leurs vulnérabilités. Un article de Loan Tran Thimy :

Pour y participer, il vous suffit de remplir le questionnaire en ligne : http://www.exafield.com/enquetes/survey_VULNERABILITE_DES_PROFESSIONNELS_DE_SANTE_1015_3690/Ethnos.dll
Les résultats de l’enquête seront présentés le 3 décembre lors du 1er colloque national « Soigner les professionnels de santé vulnérables », organisé à l’Académie de médecine.

La lettre du Professeur Didier Sicard, organisateur du colloque :
Chers Professionnels de Santé,
La réalité du terrain nous montre que les souffrances des Professionnels de Santé, syndrome d’épuisement (burn-out), stress, addictions, voire même suicide, constituent une préoccupation certaine, d’autant qu’elles représentent un risque évident pour la population.
Le mardi 3 décembre 2015, le 1er Colloque National « Soigner les vulnérabilités des Professionnels de Santé – Stress, épuisement, addiction, suicide : nécessite d’un parcours de soins dédiés » sera organisé à l’Académie de Médecine.
Ce Colloque, que je présiderai, se tiendra sous le Haut Patronage de l’Académie Nationale de Médecine et avec le concours du Centre National des Professions de Santé (CNPS) et l’Association Soins aux Professionnels de Santé (SPS).
Son objectif est double :
• Susciter une véritable prise de conscience de l’ensemble des acteurs afin, d’une part de renforcer une prévention de ces souffrances et, d’autre part de promouvoir l’organisation de parcours de soins dédié pour les Professionnels de Santé en souffrance grave.
• Engager sans attendre le mise en place de ces parcours de soins spécialisés.
Aussi, nous lançons une grande enquête sur la perception par les Professionnels de Santé de leurs vulnérabilités. Elle consiste en un simple questionnaire que nous vous invitons à remplir.

Source : http://www.lemoniteurdespharmacies.fr/actu/actualites/actus-socio-professionnelles/151123-stress-burn-out-addictions-le-cnps-lance-une-grande-enquete-en-partenariat-avec-l-association-soins-aux-professionnels-de-sante-le-centre-national-des-professions-de-sante-cnps-lance-une-grande-enquete-.html

Belgique : burn-out et infirmiers

Belgique : burn-out et infirmiers

BURN OUT – Santélog, ActuSoins – Un rapport du Service public belge, Emploi, Travail et Concertation sociale révèle des taux de prévalence de 6,6 % du burn-out chez les soignants (6,9% chez les infirmiers et 5,4% chez les médecins). Leur étude quantitative a porté sur 37 hôpitaux et 5 833 participants dont 79,5 % d’infirmiers et 20,5 % de médecins, 73,8 % de femmes et 26,2 % d’hommes. En outre, 13,5 % sont à risque élevé de burn-out (17,8 % chez les médecins et 12,4 % chez les infirmiers). Des articles d’ActuSoins et de Santélog :

Alors qu’en France, un groupe de députés vient de lancer un appel à la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, ce rapport du Service public belge, Emploi, Travail et Concertation sociale nous informe, en profondeur sur l’étendue du mal chez les personnels soignants, médecins et infirmières. Le rapport qui révèle des taux de prévalence de 6,6 % du burn-out et de 13,5 % d’un risque élevé, propose également un certain nombre de mesures concrètes pour prévenir et prendre en charge ce mal-être, aussi bien au niveau politique qu’au niveau du secteur hospitalier. Des enseignements importants, pour notre système de santé français.
Burn out – définition : Les chercheurs de l’Université de Louvain nous rappellent la définition du » burn out « , soit : un état d’esprit négatif persistant lié au travail, chez des individus normaux, caractérisé par de l’épuisement, un sentiment d’inefficacité, une démotivation et des comportements dysfonctionnels au travail. Un état d’esprit qui peut passer longtemps inaperçu, ajoutent-ils. Il en résulte une différence entre les intentions et la réalité du travail. Le burn-out se caractérise ainsi principalement par trois symptômes: un épuisement émotionnel/mental, une dépersonnalisation et une diminution de l’accomplissement personnel entraînant le sentiment de ne plus être suffisamment compétent jusqu’à une perte totale d’énergie.
Secteur hospitalier : Les chercheurs de Louvain ont effectué une revue de la littérature scientifique portant sur le burnout chez les médecins et les infirmiers du secteur hospitalier. Cette première analyse révèle que l’environnement et le vécu du travail du personnel des établissements hospitaliers sont des facteurs déterminants pour l’attraction et la rétention du personnel et pour leur bien-être aussi. Elle rappelle que le burn-out, soit un vécu du travail extrêmement négatif, entraine des conséquences non seulement graves pour la santé et le bien-être de la personne concernée, mais aussi, dans le cas des personnels soignants des conséquences pour leur entourage, les autres soignants et les patients.
Leur étude quantitative auprès des médecins et des infirmiers du secteur hospitalier a porté sur 37 hôpitaux et 5.833 participants dont 79,5 % d’infirmiers (n=4635) et 20,5 % de médecins (n=1198), 73,8 % de femmes (n=4307) et 26,2 % d’hommes (n=1531), âgés en moyenne de 41 ans. Les principales conclusions sont frappantes :
• 6,6 % souffrent de burn-out, dont
– 6,9% chez les infirmiers,
– 5,4% chez les médecins
• 13,5 % sont à risque élevé de burn-out, dont
– 17,8 % chez les médecins,
– 12,4 % chez les infirmiers.
• La prévalence de l’épuisement émotionnel, une composante du burn-out, atteint 31,1 %,
• 8,4% des participants rapportent de manière élevée les 3 facteurs épuisement émotionnel, dépersonnalisation et accomplissement personnel réduit.
Les principaux facteurs du burn-out:
– Une charge de travail élevée,
– un épuisement émotionnel élevé,
– des conflits de rôles,
Les conséquences du burn-out
– Une réduction du bien-être individuel, physique, psychique et psychosomatique
– des comportements » déviants » : augmentation de la consommation de médicaments, absentéisme, présentéisme, incidents cliniques
– des attitudes de renoncement : l’intention de quitter son poste, se sentir moins capable de travailler.
Exploiter les compétences et l’autonomie de chacun peut déjà permettre de favoriser l’enthousiasme et prévenir le burn-out, concluent les auteurs. Mais ce n’est pas tout. Il s’agit aussi de prévenir son risque, en particulier chez les personnels les plus à risque, comme ceux qui travaillent dans les unités de soins intensifs, par l’évaluation et le réajustement de la charge de travail, la résolution des conflits de rôles grâce à une meilleure organisation du travail et la révision le cas échéant des parcours de soin, la surveillance de la charge émotionnelle avec, si besoin, l’apport de soutien aux collègues les plus sollicités.

L’étude : Service public fédéral, Emploi, Travail et Concertation sociale Une étude sur le burn-out (Visuel Southwestern University)
http://blog.santelog.com/2014/12/09/burn-out-les-medecins-et-les-infirmiers-sont-en-premiere-ligne-spf-belgique/#sthash.07YCtR0R.dpuf ; Santélog, paru dans le magazine ActuSoins n°15

Source : http://www.actusoins.com/268767/belgique-burn-out-et-infirmiers.html

revaloriser la profession de médecins scolaires

revaloriser la profession de médecins scolaires

MÉDECINS – Savoir &Connaissances – Au sein de l’Education nationale, la santé, que ce soit celle des élèves ou celle des enseignants, est bien souvent le parent pauvre de l’ensemble de cette structure qui compte des millions d’usagers. Une information du site Savoir et Connaissances :

Si les professeurs ne bénéficient même pas d’un service de santé au travail, médecins et infirmiers scolaires ont souvent des conditions d’exercice très délicates.
Afin de travailler à la revalorisation et à l’attractivité de la profession de médecins scolaires, la ministre de l’Education nationale a annoncé plusieurs mesures importantes.
Dans un communiqué, le ministère précise qu’ « afin de lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé, et notamment contre le manque de médecins scolaires, un groupe de travail métier, impliquant les organisations syndicales représentatives des médecins de l’éducation nationale, a identifié plusieurs enjeux d’attractivité de la profession. Outre le nombre de postes non pourvus, le déroulement de carrière et le niveau de rémunération par rapport à d’autres corps aux missions comparables ont été mis en évidence.
Najat Vallaud-Belkacem annonce donc quatre mesures concrètes et rapides pour revaloriser et rendre plus attractive la profession de médecin scolaire :
Premièrement, la rémunération indemnitaire des médecins de l’éducation nationale sera améliorée dès 2015 dans le cadre du passage au régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expérience et de l’engagement professionnel (RIFSEEP) : une indemnité exceptionnelle de 600€ sera versée début 2016 au titre de 2015 au très grand nombre de médecins dont la charge de travail a été augmentée du fait des emplois non pourvus.
Le montant indemnitaire moyen des médecins scolaires est également revalorisé au niveau du plafond réglementaire actuel de 8 000€, et cette revalorisation est consolidée dans le cadre du nouveau régime indemnitaire. Les médecins de l’éducation nationale conseillers techniques bénéficieront également d’une revalorisation et d’une harmonisation des niveaux indemnitaires au sein des groupes de fonctions.
Deuxièmement, le déroulement de carrière est amélioré grâce à l’augmentation du nombre de médecins de l’éducation nationale pouvant accéder à la 1ère classe.
Troisièmement, des instructions seront données aux académies afin de relever le niveau de salaire de primo-recrutement des médecins contractuels jusqu’à l’indice majoré 582, soit une hausse de plus de 4 700€ par an.
Quatrièmement, l’accueil et le tutorat d’internes en médecine dans les services de médecine scolaire sera facilité. Les médecins tuteurs des internes seront rémunérés à hauteur de 600€ par an et par interne encadré. »
Source : https://savoir.actualitte.com/article/analyses/1299/des-mesures-pour-revaloriser-la-profession-de-medecins-scolaires

Comment détecter un burn-out

Comment détecter un burn-out

L’épuisement au travail est devenu l’ennemi public numéro un. Des études réalisées en Suisse montrent que le stress est en hausse permanente. Lorsqu’il devient pathologique, c’est le burn-out. Mais comment prévenir ce mal du siècle et le diagnostiquer avant l’épuisement total? L’Institut de médecine du travail en Suisse romande développe une méthode basée sur la fréquence cardiaque. Un article de Caroline Zuercher, pour la Tribune de Genève :

«Ce phénomène est perfide: ses conséquences sur la santé ne sont visibles que tardivement, s’inquiète Patrik Hunziker, directeur de l’Institut de médecine du travail en Suisse romande (Ifa). Une personne peut vivre durant des années dans une tension extrême sans le réaliser… Et un jour, elle passe à la caisse.»
Le casse-tête du diagnostic
Pour les spécialistes, c’est un casse-tête. Traditionnellement, ils soumettent les actifs à des questionnaires d’auto¬évaluation. Mais beaucoup (se) cachent la vérité et amenuisent leurs risques. Pour dépasser cette difficulté, l’Institut de médecine du travail (Ifa) s’est tourné vers une technique avant-gardiste développée en Autriche: la mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque. Enregistrées durant vingt-quatre heures, vos constantes permettent de déterminer si le stress est déjà un problème.
Mesurer votre énergie
En Suisse, plus de 800 employés de quatre entreprises ont participé aux premiers tests. Durant une journée, ils portent un électrocardiogramme et se livrent normalement à leurs activités. L’appareil mesure le rythme cardiaque, sa variabilité et la respiration. Les médecins peuvent ensuite déduire de ces données l’activité des systèmes sympathique et parasympathique. Le premier fournit l’énergie, stimule et tient éveillé. C’est aussi lui qui génère le stress. Le second assure le repos, la régénération et garantit notamment la qualité du sommeil.
L’équilibre entre ces éléments est chamboulé chez les personnes trop stressées. On peut ainsi déterminer que quelque chose ne tourne pas rond et repérer un épuisement. «Ces informations indiquent quelle est votre énergie vitale de façon générale, précise Patrik Hunziker. Elles sont mesurées durant vingt-quatre heures mais sont la conséquence d’un processus beaucoup plus long. Par exemple, le fait d’avoir passé une bonne ou mauvaise nuit lors du test ne joue pas de rôle.»
Le résultat se présente sous forme de lignes bleues, orange et jaunes. Il est analysé par un médecin qui discute ensuite le profil établi avec le patient. Cette lecture révèle une multitude d’informations. Là, des pics jaunes indiquent que le sujet traverse plusieurs phases de sommeil profond durant la nuit: c’est bien, il récupère. Ici, on voit une petite pointe du système parasympathique vers 14 h. Traduction, le cadre fait la sieste. Chez un autre, le système sympathique est à plat en fin de journée: il a tout donné et ne peut plus aller de l’avant. On discerne encore le cas d’une personne qui n’a plus de sommeil réparateur. Ou celui d’un patient dont la stimulation cérébrale disparaît par moments du radar. Explication: il s’ennuie au travail.
«Informations venant du corps»
Les données réservent des surprises. Certains employés disent tenir le coup alors que leurs constantes indiquent un épuisement superavéré. «Au terme de nos entretiens, toutefois, personne ne s’est opposé à nos conclusions», assure Patrik Hunziker. Peter, cadre supérieur dans un groupe électronique, s’est prêté au jeu. «J’ai fait un burn-out en 2011 qui m’avait éloigné du travail durant six mois, explique-t-il. Je pensais avoir récupéré: mon objectif était de faire le point sur mon état de santé autrement qu’en discutant avec un psychologue. Je voulais aussi des informations venant de mon corps.»
L’examen a confirmé que le quinquagénaire a trouvé un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle, avec un sommeil réparateur et «des batteries bien rechargées au matin». Mais il a aussi révélé un problème cardiaque quand Peter faisait du vélo. «Au final, on a découvert que mes artères étaient bouchées à 80%, raconte-t-il. Je n’avais aucun symptôme, mais il a fallu effectuer six pontages. Je suis encore en train de récupérer de l’opération.»
Quand on lui demande ce qu’il tire de cette expérience, un cadre d’une autre grande entreprise répond: «La vie signifie se réjouir d’être là, de travailler et de récupérer. Le vieux dicton «Un esprit sain dans un corps sain» est vrai.» Cet homme a appris qu’il devait prévoir suffisamment d’exercice et de temps de récupération. Quand le temps le permet, il se rend à vélo au travail et pédale ainsi sur 56 kilomètres. Et désormais, il a ajouté une chaise longue à ses outils de jardinage…
Burn-out ou dépression ?
Cette analyse, qui coûte 500 francs, est en partie prise en charge par certaines assurances complémentaires. Les psychothérapeutes de l’Ifa l’emploient avant d’entamer une thérapie. Ils la répètent ensuite au terme de la prise en charge pour confirmer une amélioration. Patrik Hunziker espère surtout que davantage d’entreprises la proposeront à leurs employés.
Que se passe-t-il en cas de mauvais résultat? La prise en charge peut être légère, en fournissant par exemple des conseils pour mieux dormir ou intégrer des temps de régénération dans son quotidien. Ou beaucoup plus lourde. L’extrême étant d’éloigner la personne épuisée du travail. «C’est un autre avantage de cette métho¬de: elle permet de différencier le burn-out de la dépression, souligne Patrik Hun¬ziker. Dans le premier cas, nos données mon¬trent que le patient a littéralement épuisé son énergie vitale.»
La dépression et le burn-out sont en effet difficiles à distinguer lors d’une consultation et, souvent, les diagnostics sont confondus. Or ces troubles n’agissent pas de la même manière sur le cerveau et leur traitement devrait aussi être différent. En cas de burn-out, le patient doit souvent être éloigné durant une longue période de son travail, s’il est la cause principale de son problème. En cas de dépression, ce n’est pas forcément la solution et les médecins pourront par exemple privilégier un temps partiel. Parfois même, le travail est bénéfique, puisqu’il structure et donne un sens à la journée. (TDG)

Encadré : L’épuisement en quelques points
Origine
Trois critères définissent le burn-out: l’épuisement émotionnel, la baisse de performance, la dépersonnalisation ou cynisme. «Des études ont montré que le stress sévère et chronique est nocif pour les cellules du cerveau, décrit Patrik Hunziker. La taille de l’hippocampe se réduit et les télomères (ndlr: qui envoient des signaux aux connexions nerveuses) se raccourcissent ou disparaissent. C’est pour cela que le traitement d’un burn-out prend du temps: ces enzymes doivent se reconstruire.»
Pression
Selon une enquête de Travail.Suisse, 40% des employés se sentent souvent ou très fréquemment sous pression. En 2010, une étude du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) révélait déjà que 34% des personnes actives se disaient souvent, voire très souvent stressées – elles n’étaient que 27% en 2000. Le phénomène, en hausse constante, est lié à une dégradation de l’état de santé général (douleurs dorsales, maladies cardiovasculaires…).
Épuisement
Dans la même étude du SECO, un quart des personnes actives disent se sentir concernées par l’affirmation «Dans mon travail, j’ai de plus en plus souvent le sentiment d’être vidé émotionnellement», 21% se disent «plutôt concernées» et 4% «tout à fait concernées». Dans une étude présentée en 2014 par Promotion Santé Suisse, 16,1% des actifs se disaient déjà «légèrement épuisés», 17,9% «assez épuisés» et 6,1% «très épuisés».

Visualiser le problème le rend plus concret
La firme ABB participe à cette opération, au moins jusqu’à fin 2016. Tous les collaborateurs ont la possibilité d’arranger un rendez-vous médical online. Leurs supérieurs peuvent aussi suggérer des personnes à tester: ils ne sauront pas alors si la requête a été acceptée par l’employé.
«Nous sensibilisons le personnel à ces questions, mais la communication et la formation ne permettent pas un dépistage précoce du burn-out, explique Markus Gamper, responsable de la communication. Cet électro¬cardiogramme peut mesurer les effets du stress dès l’apparition des premiers symptômes, la plupart du temps avant que les principaux concernés en aient conscience.»
Les ingénieurs ont l’habitude des faits et des chiffres. «Et ils les entendent bien quand ceux-ci peuvent en plus être visualisés, poursuit Markus Gamper. L’implication des personnes stressées et leur volonté de changer leur comportement nous ont positivement étonnés.» Le but est de leur conseiller les meilleurs instruments pour gérer leurs problèmes, mais l’opération a aussi permis de déceler d’autres soucis de santé comme l’apnée du sommeil, des problèmes cardiaques et des dépressions.
«Il est important que les entreprises sensibilisent leurs collaborateurs et leurs cadres à la problématique du burn-out, conclut Markus Gamper. Cette méthode est un bon complément à d’autres outils, comme les questionnaires: elle a un sens pour les personnes qui présentent un risque face au stress.»

Source : http://www.tdg.ch/sante/sante/Comment-detecter-le-burnout/story/29285775