« Le risque d’un chômage technologique de masse peut être écarté »

« Le risque d’un chômage technologique de masse peut être écarté »

NOUVELLES TECHNOLOGIES  – Rue 89 –  Des millions d’emplois supprimés, remplacés par des robots, des logiciels, des algorithmes. Plusieurs études ont dressé ces projections alarmantes au cours des trois dernières années, de l’université d’Oxford à l’institut belge Bruegel. Les économistes de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques, le « club des pays riches », qui regroupe les principaux Etats développés et prône le libre-échange et la concurrence) ont voulu reprendre les hypothèses de ces études, en particulier celles des chercheurs d’Oxford (Carl Frey et Michael Osborne) qui arrivaient à la conclusion que 47% des emplois étaient « à risque » aux Etats-Unis au cours des dix à vingt prochaines années. Selon les économistes de l’OCDE, le taux d’emplois automatisables serait plus proche de 9%. Le moindre besoin de main d’œuvre dû à l’automatisation et au numérique pourrait se traduire plutôt par… la baisse du temps de travail. Un article de Delphine Cuny, sur le site Rue 89 :  

Leur approche des jobs « automatisables » serait trop générale, a expliqué en substance Stefano Scarpetta, le directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’organisation, lors d’une présentation de l’étude cette semaine :

« Ils supposent que tous les emplois sont identiques au sein d’une profession et dans tous les pays. Il vaut mieux analyser le contenu des tâches pour chaque emploi et non en moyenne pour chaque profession. »

« Changement de la nature des tâches »

Les auteurs de l’étude de l’OCDE (l’équipe d’économistes de l’institut allemand ZEW) ont réalisé une cartographie des tâches concrètes à partir des données issues de l’enquête internationale détaillée sur les compétences des adultes (PIACC) de l’organisation. Leur conclusion :« Il est peu probable que l’automatisation et la numérisation détruisent un grand nombre d’emplois. »Stefano Scarpetta résume en chiffres : « Ce serait plutôt 9% en moyenne des emplois aux Etats-Unis et dans les pays de l’OCDE qui seraient automatisables, avec plus de 70% de tâches substituables par des machines. C’est beaucoup moins que les 47% ! »Soit tout de même de l’ordre de 2 millions de chômeurs potentiels en plus à l’échelle de la France. Sont notamment concernées toutes les tâches répétitives et les jobs intermédiaires.

Mais pour Stefano Scarpetta : « Le risque de “chômage technologique” de masse, pour reprendre l’expression mise en avant par John Maynard Keynes dès 1931, peut être écarté. En termes de volume, il n’y a pas forcément de grand risque de chômage technologique. Il faut plutôt parler de changement profond de la nature des tâches ». Si l’on regarde les jobs « à risque moyen de substitution » (soit tout de même entre la moitié et 70% des tâches pouvant être confiées à un logiciel ou un robot), on grimpe à 35% des emplois concernés en moyenne – 30% en France.

Attention aux emplois peu qualifiés

Mais l’OCDE nuance : « les travailleurs peuvent s’adapter en changeant leurs tâches », d’où la nécessité de la formation continue tout au long de la vie professionnelle, et « le changement technologique génère aussi des emplois supplémentaires », même si ces derniers ne remplacent pas les emplois perdus, car les compétences ne sont pas les mêmes. Ce sont les effets indirects :« Selon certaines estimations, chaque emploi créé par le secteur de la haute technologie entraîne la création d’environ cinq emplois complémentaires. »Pas d’angélisme pour autant : l’OCDE reconnaît qu’il y aura bien des suppressions d’emplois et « les travailleurs moins instruits sont ceux qui courent le plus de risques de voir leur emploi supprimé ». Les économistes de cette organisation libérale avancent une piste qui résonne dans le débat politique français actuel, à l’heure où les candidats à la primaire du parti Les Républicains prônent tous la fin des 35 heures et le retour aux 39 heures : « Pour s’adapter à la réduction éventuelle de la demande de main d’œuvre, il faut envisager d’autres moyens, par exemple la baisse des heures de travail. » Encore faut-il que l’on trouve une solution politique de redistribution pour maintenir le niveau de vie, comme le revenu de base universel, sur lequel l’OCDE travaille.

Un revenu de base universel ?

(…)

Pour lire l’ensemble de l’article : http://rue89.nouvelobs.com/2016/05/20/risque-dun-chomage-masse-cause-les-machines-peut-etre-ecarte-264085

Bac 2016 : l’EN aide les lycéens avec  Snapchat

Bac 2016 : l’EN aide les lycéens avec Snapchat

Le compte « Quand je passe le bac » a été ouvert par l’Éducation nationale pour accompagner les lycéens avant les épreuves. des articles de RTL et du Nouvel observateur

Les épreuves du baccalauréat, c’est dans un mois., rappelle Nicolas Bamba de RTL À partir de la mi-juin, les lycéens et candidats libres plancheront sur les épreuves écrites des filières générales et professionnelles. Et à l’approche des examens, l’Éducation nationale s’engage sur le web auprès des aspirants. Après le Tumblr « Quand je passe le bac« , le ministère administré par Najat Vallaud-Belkacem a ouvert début mai un compte du même nom sur Snapchat, l’application si populaire chez les jeunes.
En suivant le compte « educationfrance » sur le réseau social, les lycéens auront accès non pas à des fiches de révisions standards mais à des GIFs humoristiques et des vidéos courtes en relation avec le baccalauréat ainsi qu’à des conseils et des informations pratiques. Entre sérieux et légèreté, « Quand je passe le bac » a pour objectif d’aider les candidats, familiers des réseaux sociaux comme Tumblr et Snapchat, en réduisant un peu leur stress habituel.

Après Facebook, Twitter, Instagram, Tumblr, Vine, Pinterest, LinkedIn…, raconte Robin Prudent, L’Education nationale débarque sur Snapchat pour aider les lycéens à réviser le bac. Une « perte de temps » pour certains professeurs.

Plus qu’un mois avant le bac. Pour encourager les lycéens à accélérer le mouvement côté révisions, le ministère de l’Education nationale a changé sa photo de profil sur Facebook.

A la place du traditionnel logo « E » violet, un petit fantôme sur fond jaune a fait son apparition. En légende, l’Education nationale invite ses lecteurs : « Rejoignez-nous sur Snapchat ».

Ce compte, baptisé « Quand je passe le bac », promet de proposer « des contenus, conseils pratiques et informations utiles durant les révisions » du bac. Une nouveauté attendue par certains :

« Si on pouvait réviser le bac sur Snapchat, tous les terminales l’obtiendraient haut la main. »

« Le bac en GIF »

Pour le moment, ce compte Snapchat se contente d’encourager les élèves à commencer leurs révisions et leur souhaite « bonne chance » pour le bac blanc.

Au service web de la Délégation à la communication du ministère, qui s’occupe de ce projet, on explique que l’essentiel des infos postées sur Snapchat provient en fait du Tumblr lancé il y a quelques semaines par l’Education nationale, en partenariat avec le site Topito. Au programme, donc :

(…)

Du côté des professeurs, les avis divergent sur cette nouvelle initiative. Mélanie Fenaert, prof de SVT au lycée, se montre assez sceptique :

« Si c’est pour donner trois conseils bateaux et s’amuser avec des gif animés, franchement, quelle perte de temps… Après, si c’est bien géré, c’est-à-dire que cela donne des conseils pertinents et des liens intéressants, vers des sites de profs, des vidéos pertinentes, des banques d’annales avec corrections, pourquoi pas. »

« On mélange tout »

C’est la notion « d’éphémère » sur ce réseau social qui gène particulièrement cette professeure de l’Académie de Versailles.

« Si l’on veut pousser les élèves à planifier et organiser leurs révisions, sachant que tous n’ont pas le même rythme, cela ne me semble pas l’outil adapté. La popularité d’un outil ne fait pas sa pertinence. »

(…)

Des professeurs craignent aussi un simple « coup de com’ » du ministère. Contactée par Rue89, une professeure en lycée professionnel a pu observer le Tumblr et les premiers « Snaps » envoyés par le ministère :

« Je suis assez perplexe. Je l’observe depuis trop peu de temps pour pouvoir juger formellement, mais j’ai des doutes sur l’intérêt. Pour les jeunes, Snapchat c’est surtout pour s’amuser. Donc j’ai l’impression qu’on se trompe de support et qu’on mélange tout. »

Sources : http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/bac-2016-l-education-nationale-aide-les-lyceens-a-reviser-sur-snapchat-7783268759 ; http://rue89.nouvelobs.com/2016/05/13/snapchat-leducation-nationale-veut-faire-reviser-bac-gifs-263986

Le droit d’être déconnecté

Le droit d’être déconnecté

Nouvelles Technologies  – Impact Campus –  Aujourd’hui, les téléphones intelligents et les courriels permettent un contact constant entre salariés et employeurs, tandis que le travail à distance est devenu chose commune. Malgré les retombées que ces avancées peuvent avoir sur le plan de la productivité et de la flexibilité, certains critiquent ardemment cette connexion illimitée. Dans cette même optique, la ministre française du Travail, Myriam El Khomri, propose d’intégrer un « droit à la déconnexion » dans sa refonte du Code du travail. Aptrès une alerte de technologia. Un article d’Alexandre Thibault dans Impact Campus :

L’article 25 du projet de loi, déposé fin mars, obligerait les entreprises à encadrer l’usage des outils numériques dans leurs négociations collectives, dans le but « de garantir l’effectivité du droit au repos [et aux congés] ». Le droit à la déconnexion voudrait alors permettre aux travailleurs de refuser de répondre aux appels et courriels professionnels en dehors de leurs heures habituelles de travail. Il s’agit ici d’un rare point sur lequel le mouvement syndical semble être d’accord pour ce qui est d’une réforme pour le moins controversée.

L’introduction de cette nouvelle disposition fait suite aux recommandations d’un rapport déposé en septembre 2015 par Bruno Mettling, directeur des ressources humaines de la firme Orange. Selon lui, « la révolution numérique implique un changement de paradigme dans le monde du travail ». D’ailleurs, ses propositions se reflètent dans le titre II du projet de loi, qui cherche à dynamiser le marché du travail pour réduire le chômage structurel en France.

Certaines compagnies ont déjà emboîté le pas pour accorder ce « droit à la déconnexion » à leurs employés. C’est le cas, notamment, du géant automobile Volkswagen, qui offre de ne pas contacter ses employés sur leurs téléphones de travail entre 18h15 et 7h le lendemain, d’après le rapport Mettling.

Là où la loi innove, c’est qu’elle contraindrait toutes les entreprises du pays à faire ainsi, sans nécessairement spécifier la nature ou l’étendue de la déconnexion requise. Pour les firmes de plus de 300 employés, il serait exigé qu’on adopte une charte d’entreprise à cet effet.

Changer notre conception du travail

Serait-ce envisageable de copier l’initiative des cousins français ici au Québec? Anne-Marie Laflamme, professeure en droit du travail à l’Université Laval ne le croit pas. « L’objectif [de la loi française] est louable, mais je ne suis pas sûre que le moyen choisi soit le bon, explique t-elle. Il existe d’autres moyens de régler les difficultés sous-jacentes [à la déconnexion], qui sont plutôt liées à la charge de travail et à la rémunération. »

Il faudrait plutôt rémunérer le travail effectué hors du temps et des lieux habituels et alléger la charge de travail. Elle cite l’exemple de BMW, qui, à l’inverse de Volkswagen, a décidé de rémunérer les heures supplémentaires de ceux qui se voient obliger de répondre aux courriels en dehors des heures régulières.

Selon elle, il faudrait plutôt changer les conceptions « désuètes » de lieu et temps de travail pour s’adapter à la réalité actuelle.

« Une belle usine carrée, les gens qui poinçonnent à l’entrée et à la sortie, ce n’est pas compliqué. Mais on a dépassé ça, on n’est plus là. Le lieu de travail n’existe plus dans bien des secteurs. On considère qu’un travailleur peut être payé trois heures s’il se rend sur son lieu de travail, mais s’il doit attendre un appel chez lui, il n’est pas nécessairement rémunéré. C’est pareil pour le temps de travail. Notre étalon de mesure de la valeur du travail, c’est le temps. On est payés à taux horaire. Il faut s’ouvrir à une nouvelle manière d’évaluer le travail, soit une rémunération fondée sur les résultats, en laissant plus de flexibilité aux employés pour atteindre ces résultats. »

La professeure souligne également l’effet traître que peuvent avoir les outils numériques sur la vie privée et la conciliation travail-famille. « C’est beau de pouvoir finir à cinq heures, mais si c’est pour arriver à la maison pour retourner travailler sur l’ordinateur, l’objectif n’est pas atteint. » Alors qu’ils sont censés offrir une plus grande flexibilité aux salariés, les appareils électroniques peuvent au contraire devenir une contrainte additionnelle.

Faute d’une intervention législative claire à cet effet, les tribunaux québécois pourraient constituer un rempart pour les travailleurs submergés par leurs courriels. En 2005, la Cour d’appel avait déclaré que l’obligation de travailler à domicile imposée à ses employés par un Centre jeunesse constituait une atteinte au droit à la vie privée, accueillant les prétentions du syndicat.

Il reste à voir comment il serait possible d’étendre cette protection pour favoriser une déconnexion, qui reste plus difficile à mesurer et contrôler. De plus, il sera question d’évaluer la possibilité qu’un travailleur renonce à son droit à la vie privée, préférant la flexibilité que lui offrent les outils numériques.

Surcharge psychologique

Ce qui a sonné l’alarme du gouvernement français, c’est l’augmentation des cas d’épuisement professionnel au fil des ans, rapportée par la firme Technologia. En 2012, un sondage d’Ipsos Reid avait reconnu un fléau similaire au Québec, alors que le pourcentage des cas d’absentéisme liés à la maladie mentale avoisinait les 60 %. Le phénomène, mieux connu sous le nom de burn-out, aurait non seulement un impact sur la vie personnelle du travailleur, mais il ferait aussi chuter la productivité des entreprises, et menacerait le bon fonctionnement des régimes de santé et sécurité au travail.

(…)

Pour lire l’ensemble de l’article : http://impactcampus.ca/sciences-et-technologies/le-droit-detre-deconnecte/

NUMERIQUE : vers un droit à la déconnexion ?

NUMERIQUE : vers un droit à la déconnexion ?

NOUVELLES TECHNOLOGIES  – JuriTravail – Le projet de loi Travail/ El Khomri comporte un chapitre intitulé « Adaptation du droit du travail à l’Ère du numérique ».

Dans ce chapitre III du projet de loi (article 25), il est prévu des modalités d’exercice par le salarié de son droit à la déconnexion dans l’utilisation des outils numériques en vue d’assurer des temps de repos et de congés. Frédéric Chhum fournit une étude juridique sur le projet et sur les antécédents à cette démarche sur le site JuriTravail :

L’article n’entrera en vigueur qu’au 1er janvier 2018, selon l’article 25 du projet de loi.

1) L’accord SYNTEC du 1er avril 2014 prévoit une « obligation de déconnexion » des salariés

En effet, la convention collective SYNTEC (telle que révisée par l’avenant du 1er avril 2014 qui a été par arrêté du 26 juin 2014) prévoit déjà, en son article 4.8.1 une véritable obligation de déconnexion dont l’employeur doit assurer le suivi :

« Article 4.8.1 – Temps de repos et obligation de déconnexion

 Les modalités définies ci-dessous seront intégrées au règlement intérieur de l’entreprise

Les salariés concernés ne sont pas soumis aux durées légales maximales quotidiennes et hebdomadaires. Ils bénéficient d’un repos quotidien minimum de 11 heures consécutives et d’un repos hebdomadaire de 35 heures (24 heures + 11 heures) minimum consécutives.

Il est rappelé que ces limites n’ont pas pour objet de définir une journée habituelle de travail de 13 heures par jour, mais une amplitude exceptionnelle maximale de la journée de travail.

À cet effet, l’employeur affichera dans l’entreprise le début et la fin d’une période quotidienne et d’une période hebdomadaire au cours desquelles les durées minimales de repos quotidien et hebdomadaire visées ci-dessus devront être respectées.

L’effectivité du respect par le salarié de ces durées minimales de repos implique pour ce dernier une obligation de déconnexion des outils de communication à distance.

L’employeur veillera à mettre en place un outil de suivi pour assurer le respect des temps de repos quotidien et hebdomadaire du salarié.

Il s’assurera des dispositions nécessaires afin que le salarié ait la possibilité de se déconnecter des outils de communication à distance mis à sa disposition.

Il est précisé que, dans ce contexte, les salariés en forfait annuel en jours, en concertation avec leur employeur, gèrent librement le temps à consacrer à l’accomplissement de leur mission.

L’amplitude des journées travaillées et la charge de travail de ces salariés devront rester raisonnables et assurer une bonne répartition, dans le temps, du travail des intéressés.

Si un salarié en forfait annuel en jours constate qu’il ne sera pas en mesure de respecter ces durées minimales de repos, il peut, compte tenu de l’autonomie dont il dispose dans la gestion de son temps, avertir sans délai son employeur afin qu’une solution alternative lui permettant de respecter les dispositions légales soit trouvée ».

2) Le projet de Loi Travail vise à garantir un « droit à la déconnexion » du salarié pour assurer le respect des temps de repos et de congés

2.1)23% des cadres disent ne jamais se déconnecter et 63% affirment que les Technologies de l’information et de la communication perturbent leur vie personnelle et familiale.

L’utilisation du numérique dans le monde du travail est désormais incontournable mais mène bien souvent à une véritable dérive : le « grignotage » de la vie privée par la vie professionnelle qui, porté à son paroxysme, peut  déboucher sur les biens connus Risques Psycho Sociaux (stress, burn-out, harcèlement moral voire suicide lié au travail).

La situation en France est particulièrement alarmante à cet égard : plusieurs sondages ont fait état de l’intrusion du numérique dans la vie privée des salariés.

Entre autres, un sondage APEC publié en décembre 2014 dévoile que 23% des cadres disent ne jamais se déconnecter, 22% rarement et 63% affirment que les TIC (Technologies de l’information et de la communication) perturbent leur vie personnelle et familiale.

Aussi, après une prise en compte croissante des risques psychosociaux, il semblait opportun, dans le cadre d’une réforme de grande ampleur du Code du travail, de déterminer les contours d’un droit à la déconnexion des salariés.

2.2)Rapports Combrexelle et Mettling

Dans cette optique, le Gouvernement s’est vu remettre deux rapports :

Le premier, de l’ancien Directeur général du travail Jean Denis Combrexelle, préconise le développement de la négociation collective dans l’élaboration des normes sociales visant à assurer aux salariés un droit à la déconnexion.

Le second et plus récent, dit rapport Mettling, du nom du Directeur général adjoint d’Orange chargé des ressources humaines, préconise une prise de conscience collective et met notamment en avant le fait que « savoir se déconnecter est une compétence qui se construit également à un niveau individuel, mais qui a besoin d’être soutenu par l’entreprise ».

 2.3) Article 25 de la loi Travail : Droit à Déconnexion dans la NAO

Conformément à l’esprit de ces deux rapports, l’actuel projet de Loi Travail prévoit en son article 25 (inséré dans le chapitre II intitulé « adaptation du droit du travail à l’Ere du numérique ») que la négociation annuelle obligatoire (NAO) prévue à l’article L. 2242-8 du Code du travail portera sur « Les modalités d’exercice par le salarié de son droit à la déconnexion dans l’utilisation des outils numériques en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congés.

 A défaut d’accord, l’employeur définit ces modalités et les communique par tout moyen aux salariés de l’entreprise.

 Dans les entreprises d’au moins trois cents salariés, ces modalités font l’objet d’une charte élaborée après avis du comité d’entreprise ou à défaut, des délégués du personnel, qui prévoit notamment la mise en ½uvre d’actions de formation et de sensibilisation des salariés à l’usage des outils numériques à destination des salariés et du personnel d’encadrement et de direction. ».

3) Un « droit à la déconnexion » timide et inabouti

(…)

Pour lire l’ensemble de l’étude : http://www.juritravail.com/Actualite/internet-travail/Id/239831

French weigh ‘right’ to disconnect from work emails at home

French weigh ‘right’ to disconnect from work emails at home

NOUVELLES TECNOLOGIES  – USA Today  Usa Today est un quotidien national américain fondé en 1982 par Allen Neuharth et publié par Gannett Corporation. Il s’agit du journal le plus diffusé aux États-Unis avec plus de 2,25 millions d’exemplaires écoulés par jour. Maya Vidon a réalisé un article sur l’abord français de la déconnexion nécessaire de l’internet professionnel, pour les salariés. La journaliste d’USA Today cite une étude de Technolgia en appui de son enquête :

(…)Recent technology has dealt a tremendous blow to the French laissez-faire way of life that emphasizes enjoying time off.

But a controversial new bill could give workers the « right to disconnect » during off hours and vacations. The measure is one of a series of changes introduced by President François Hollande’s government to change France’s over-regulated labor market.

Other measures, allowing overtime on top of France’s 35-hour workweek and granting employers more power to hire and fire, have spurred hundreds of thousands of protesters into the streets in recent weeks. Protesters say the government is caving to business interests in hopes of reducing France’s 10% unemployment rate.

The « right to disconnect » legislation, which would go into effect in 2018 if passed, would require companies to encourage employees to turn off phones and other devices after they leave work.

« As a business owner, my life today is to be connected to my company 24/7, » said Nicolas Potier, founder of ACSEO, a start-up that builds Web and mobile applications. « We are already vigilant to the quality of life of our employees. »

He said some of his workers have no problem staying online until a customer is satisfied. « We don’t have a time clock or any equivalent system. It really is a state of mind, » he added.

The law reflects the sense in France that white-collar workers in the digital age are vulnerable to burnout.

Technologia, a risk analysis firm, found that 3.2 million French workers were emotionally exhausted from work and at risk of developing burnout symptoms like exhaustion and chronic stress.

« It is a real problem, » said Yves Lasfargue, a sociologist who specializes in teleworking. « Twenty years ago, before emails had been invented and we could not reach colleagues, we would have to go and knock on their doors. Traditional courtesy teaches you to abstain from disturbing people. With these new tools, this form of courtesy has totally disappeared. This is why we need to legislate. »

France’s powerful labor unions don’t support most of the government’s labor overhauls, but they at least partially support the disconnect measure.

A union survey in November found that 75% of its managers worked at home in the evening. More than 50% of managers said they worked on weekends and holidays, according to UGICT-CGT, a union of engineers, managers and technicians.

The union became aware of the problem after it heard that German automaker Volkswagen shuts down its servers after work so employees can’t send emails. « It made us reflect upon our own work conditions, so we launched our own campaign, » said Sophie Binet, the union’s secretary-general. (…)

Pour lire l’ensemble de l’article : http://www.usatoday.com/story/news/world/2016/03/25/france-technology-time-off-work-emails/82070906/?utm_source=feedblitz&utm_medium=FeedBlitzRss&utm_campaign=usatoday-newstopstories