Présidentielles françaises : Emmanuel Macron en tête des sondages

Présidentielles françaises : Emmanuel Macron en tête des sondages

L’ancien ministre de l’Économie de François Hollande bien placé pour le 2ème tour de la présidentielle

En avril 2002, au 1er tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen avait créé la surptise en France en prenant la seconde place, avec16,86% des voix, derrière Jacques Chirac qui se contente d’un modeste score, 19,88%. Il est vrai que Jacques Chirac était le président sortant d’un gouvernement de « cohabitation » : les socialistes ayant remporté des élections législatives, avaient imposé comme Premier ministre, Lionel Jospin. Mais comme les différentes sensibilités de gauche avaient présenté plusieurs candidats, Lionel Jospin, avec seulement 16,18% des voix avait été éliminé.

Entre les deux tours, l’opinion publique avait très vivement réagi à cette introduction surprise du Front national dans le jeu politique français. De très nombreuses et massives manifestations avaient été organisées dans tout l’hexagone.

Début juin au second tour, Jacques Chirac est plébiscité, remportant 82,21% des voix contre Jean-Marie Le Pen avec 17,79% des scrutins. Mais le Front national devient un acteur durable de la vie politique française.

15 ans plus tard, et passé trois mandats présidentielles, le 1er tour de l’actuelle élection présidentielle a vu apparaitre quatre camps principaux :celui d’Emmanuel Macron, jeune candidat « centriste », Marine Le Pen qui a pris la succession de son père, François Fillon qui mène une mauvaise campagne pour la droite et Jean-Luc Mélenchon qui incarne une gauche plus contestataire que le Parti socialiste dont le candidat benoît Hamon qui ne réunit que 6,36% des votes.

Comme en 2002, à peine 3% des voix ne sépare au 1er tour les deux candidats à la présidentielle : Emmanuel Macron a recueilli 24,81% des voix contre Marine Le Pen, seconde avec 21,30 %. Mais les sondages indiquent que l’écart entre les deux postulants sera bien plus faible que le second tour de 2002.

D’après plusieurs organismes de sondages (Cevipof/Ipsos, Elabe), Emmanuel Macron est crédité de 59 % des intentions de vote pour le second tour de la présidentielle, contre 41 % pour Marine Le Pen.

Celle-ci a reçu le soutien de Nicolas Dupont-Aignan, candidat « gaulliste » et méfiant vis-à-vis de l’actuelle Union européenne, dont elle ferait son 1er Ministre en cas de victoire.

18% des électeurs se déclarent toujours « indécis ». Autre variable, l’importance de la participation des Français à ce vote. Selon certains sondages, l’abstention approcherait les 30% dimanche, bien au-delà des chiffres enregistrés au second tour lors des précédents scrutins présidentiels, mis à part 1969 (31,1%).

Ainsi, après avoir annoncé « pas une voix pour Marine Le Pen » et sans donner de consignes de vote, Jean-Luc Mélenchon a interrogé via Internet les militants de son mouvement. Au résultat de la grande consultation des « Insoumis », seuls 35% s’apprêtent à voter Macron, les autres choisissant l’abstention ou le vote blanc.

Gouvernement de cohabitation, de coalition…

Emmanuel Macron et Marine le Pen se sont affrontés hier soir à 21heures, lors d’un face-à-face de deux heures et 20 minutes. La présente édition ne peut donner le contenu de l’affrontement. Mais les derniers jours de cette très longue campagne (qui a commencé avec la primaire de la droite en novembre dernier), ont été marqué par un durcissement du débat entre les deux finalistes. Emmanuel Macron a beaucoup attaqué sa rivale sur le peu de clarté de sa future politique européenne. Après avoir prôné la sortie pure et simple de l’UE, Marine Le Pen a plus prudemment demandé des négociations (très improbables) entre les 27 états-membres pour une réforme de l’Union européenne, la candidate du Front national s’est finalement rabattu sur un référendum en France pour interroger les Français sur une éventuelle de la France de l’UE. Après le Brexit, le Frexit. Mais si les Français sont très critiques vis-à-vis de l’Union européenne, une sortie de l’UE voire simplement de l’Euro en inquiètent beaucoup… Emmanuel Macron a également beaucoup attaqué Marine Le Pen sur sa politique économique qu’il juge beaucoup trop dépensière, irréaliste voire dangereuse dans le contexte économique international.

A l’inverse Marine le Pen a continué à mettre en avant, par conviction ou par calcul, les demandes sociales des Français et a critiqué la modestie ou l’imprécision du programme de son concurrent dans ce domaine. Elle a beaucoup insisté dans ces derniers jours de campagne sur des sujets sensibles dans la société française comme la sécurité ou le contrôle de l’immigration.

Plus généralement, la dernière phase de cette élection a vu l’affrontement du mondialiste Macron contre la souverainiste Le Pen ; du très libéral candidat  d’En Marche, contre l’étatisme en matière économico-social que défend la candidate du Front national.

Il y a enfin le choc de deux personnalités. Les deux candidats sont de bons orateurs mais il faut qu’il « présidentialise » leur image, « au-dessus des partis et des clivages partisans». Mais Marine Le Pen est capable d’emportements très polémiques et Emmanuel Macron, d’engouements rhétoriques parfois ou très exaltés ou peu compréhensibles sur la ligne réelle qu’il suivrait comme président.

Si Marine Le Pen n’a reçu de nouveau soutien que celui de Dupont -Aignan, Emmanuel Macron « ni de droite, ni de gauche » a reçu de très nombreux soutiens de responsables des deux grands partis traditionnels, ces deux grande formation étant rentrées en criseen crise, le PS réduit à la proportion congrue, « Les Républicains » à droite, très secoué après la mauvaise campagne de François Fillon.

Au Parti Socialiste, c’est à la fois le Président sortant, François Hollande et son Premier Ministre, Bernard Cazeneuve qui a appelé officiellement les François à voter Macron, ancien ministre  de l’économie de l’actuel gouvernement socialiste.

La droite traditionnelle est plus partagée. Juppé et d’autres appellent à voter clairement pour Macron mais la plupart de ses leaders appellent d’abord à ne pas voter Marine Le Pen. Après plusieurs journées de débats, Les Républicains appelle à «voter contre Marine Le Pen» tout en précisant que «l’abstention ne peut être un choix» . Selon le président du Sénat Gérard Larcher, cette formulation permettrait d’éviter «l’éclatement» de LR.

Mais cette positions ne satisfait pas tout le monde notamment beaucoup de candidats_députés aux prochaines législatives : « comment appeler à voter Macron au deuxième tour et à voter aux législatives,  un mois après seulement après, contre ses candidats pour défendre les nôtres ? » s’interrogent-ils. Dans ce parti, après le départ des dirigeants historiques (Sarkozy, Juppé, Fillon…), c’est François Baroin, le Premier ministre hypothétique du candidat Fillon qui va diriger la bataille législative, persuadé que la droite peut gagner ses élections et imposer d’emblée un régime de »cohabitation » cohabitation, marquée par une opposition politique entre le président fraichement élu et la nouvelle majorité de l’Assemblée nationale.  Au Parti socialiste, on serait plutôt favorable à une alliance avec le mouvement En Marche de Macron  et un « gouvernement de coalition ». Reste le nombre d’élus que pourrait obtenir le Front National.

Donc, à part l’avance dans les derniers sondages d’Emmanuel Macron, beaucoup de questions restent en suspens sur le futur gouvernement de la France.

Code du Travail : les propositions d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen

Code du Travail : les propositions d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen

TRAVAIL – Le site de l’Ifrap, dans une analyse concernant les onze candidats a étudié les réformes du code du travail proposées. Nous retenons ici les deux finalistes du second tour de la présidentielle.

La Fondation iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) est un Think tank français d’inspiration obérale. La fondation iFRAP affirme avoir pour but« [d’]effectuer des études et des recherches scientifiques sur l’efficacité des politiques publiques, notamment celles visant la recherche du plein emploi et le développement économique, de faire connaître le fruit de ces études à l’opinion publique, de proposer des mesures d’amélioration et de mener toutes les actions en vue de la mise en œuvre par le Gouvernement et le Parlement des mesures proposées. »

Emmanuel Macron

Pour la stabilité du droit du travail : « Une fois une réforme engagée, ne modifions plus les mesures prises et laissons-les s’appliquer avant de les évaluer ».

Favorable au plafonnement les dommages et intérêts aux prud’hommes.

Ouvrir davantage de possibilités à la négociation dans l’entreprise en permettant aux accords de branche et aux accords d’entreprise de déroger à la loi par accord majoritaire sur tous les sujets souhaités. Le code du travail doit définir les grands principes, comme l’égalité hommes/femmes, le temps de travail et le salaire minimum.

Création sur Internet d’un nouveau service d’explication de la réglementation pour les entreprises. Un site Internet unique donnera à chaque TPE ou PME les obligations légales et conventionnelles qu’elle doit respecter en fonction de sa situation. Les réponses fournies en ligne seront valables face à l’administration.

Sur le temps de travail : Favorable au maintien des 35 heures dans la loi, mais pour donner la possibilité de déroger au niveau de l’entreprise ou de la branche par accord majoritaire.

  Sur les contrats de travail :

Mise en place d’un système de bonus-malus dans les cotisations d’entreprise selon le recours au CDI par rapport au CDD. Mise à jour de mars 2017 : aux contrats courts paieront plus de charges. Ainsi ceux qui créent des emplois stables en paieront moins.

Création des emplois francs pour encourager l’embauche des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville. « Quel que soit le lieu où elle se situe, une entreprise qui recrutera en CDI un habitant de l’un de ces quartiers bénéficiera d’une prime de 15 000 euros sur 3 ans: c’est comme si elle ne payait plus de charges. »

Marine Le Pen

Créer un secrétariat d’État dédié aux mutations économiques rattaché au ministère des Finances afin d’anticiper les évolutions des formes de travail liées aux nouvelles technologies (ubérisation, robotisation, économie du partage…). En coopération avec les secteurs concernés, établir une nouvelle régulation pour préserver une concurrence loyale.

Supprimer sur notre territoire la directive «détachement des travailleurs». Mettre en place une taxe additionnelle sur l’embauche de salariés étranger  afin d’assurer effectivement  la  priorité nationale à l’emploi des Français.

Créer un dispositif «premier emploi» qui exonère totalement de charges la première embauche d’un jeune de moins de 21 ans par une entreprise et ce pour un délai maximum de deux ans.

 Sur le temps de travail :

Maintenir la durée légale hebdomadaire du travail à 35heures. Autoriser la négociation sur l’allongement du temps de travail exclusivement au niveau des branches professionnelles et à la condition d’une compensation salariale intégrale (37heures payées 37 ou 39heures payées 39).

Défiscaliser les heures supplémentaires et maintenir leur majoration.

 

Les 35 questions de la CFDT aux candidats à la présidentielle

Les 35 questions de la CFDT aux candidats à la présidentielle

TRAVAIL – la CFDT a envoyé 35 questions concernant le travail aux différents candidats. Certaines questions concernaient plus particulièrement la fonction publique.

Depuis trente ans, la CGT et la CFDT, ne donnent plus de consigne de vote à l’élection présidentielle. Elles avaient transgressé la règle en 2002, quand tous les syndicats, sauf FO, s’étaient prononcés contre le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen, au second tour. En 2012, Bernard Thibault avait appelé à voter pour François Hollande, ce qui n’avait pas fait l’unanimité au sein de la CGT.

En 2017, les syndicats ont confirmé l’absence de consigne de vote. Ils n’ont aucun favori parmi les candidats. En revanche, la CGT, la CFDT, l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes) et la FSU (Fédération syndicale unitaire ; fonction publique) invitent déjà leurs militants à faire barrage à Marine Le Pen si elle était qualifiée au second tour. La CFDT, qui a écarté l’extrême droite et l’extrême gauche, la CFTC et la CFE-CGC ont adressé des questionnaires aux candidats sur leurs revendications.

La CFDT a fait de même en envoyant 35 questions aux différents candidats Trois candidats ont à ce jour répondu François Fillon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

Deux questions concernaient plus précisément la fonction publique :

  • Êtes-vous prêt à donner toute sa place au dialogue social dans les fonctions publiques, notamment en termes d’organisation et de conditions du travail ?
  • Comptez-vous mettre en place une politique RH dans les fonctions publiques qui accompagne le travail et la carrière des agents ? Si oui, sous quelle forme ?

Une troisième question portait davantage sur les relations des usagers aux services publics

  • Quelles propositions concrètes défendez – vous pour assurer la proximité des services publics sur tout le territoire et l’amélioration de l’accompagnement des usagers ?

François Fillon

Curieusement, le candidat des Républicains n’a pas insisté dans ses réponses sur son objectif de suppression de 500 000 postes dans la fonction et les services publics. Il a en revanche réaffirmé sa volonté d’extension de la durée hebdomadaire de travail : « Pour ce qui est de la fonction publique, je souhaite augmenter progressivement le temps de travail à 39 heures hebdomadaires, sur une base annualisée permettant aux administrations d’organiser les cycles de travail les plus adaptés à leurs missions ». De même, François Fillon souhaite en matière de retraite harmoniser « les règles entre les régimes publics et privés

Sur la question de la CFDT sur le renforcement du dialogue social pour améliorer les conditions de travail, le candidat des Républicains s’affirme positivement mais reste très général : « C’est en effet l’un des axes de ma réforme de la fonction publique: conduire rapidement une négociation associant toutes les organisations syndicales représentatives et portant sur la progression de carrière, la modernisation de la gestion des ressources humaines et la qualité de vie au travail au sein des différentes administrations. Je réaffecterai une partie des économies réalisées à l’amélioration des rémunérations.

Les agents publics devront être associés plus directement à la réflexion sur l’administration de demain et la modernisation au plus près des services, en s’appuyant sur la révolution numérique ».

Un grand plan de modernisation des ressources humaines

Sur la seconde question, portant sur la politique RH, François Fiçllon est plus précis : « Nous avons l’une des meilleures fonctions publiques du monde mais le déroulement des carrières et l’organisation du travail sont trop souvent sources de frustration. Je compte mettre en œuvre à compter de 2018 un grand plan de modernisation de la gestion des ressources humaines au sein des administrations, dans tous les domaines clés (recrutement, évaluation, formation, accompagnement des carrières, dialogue social).

Ce plan sera articulé autour de plusieurs priorités : simplifier et élargir pour les administrations le recrutement des contractuels de droit public, afin d’en faire un outil complémentaire au statut; mieux organiser la mobilité au sein et entre les fonctions publiques, en accélérant en particulier le travail de simplification statutaire, ainsi qu’entre public et privé; instituer 2 jours de carence dans la fonction publique; récompenser le mérite et valoriser les compétences plus que l’ancienneté, que ce soit en termes de salaire, d’avancement, de promotion ou de changement d’affectation des agents publics ».

Le candidat a par ailleurs dans une autre question, insister la nécessite de proximité et de l’ouverture des services publics aux usagers : ouverture de « maisons de services au publics » ; création de maisons de sante pluri-professionnelles ; services de sécurité renforcée  sur la base d »e réservistes de la gendarmerie nationale dans chaque intercommunalité, meilleurs qualité de transports entre les bassins de vie et les bassins de travail

Emmanuel Macron

Le candidat  réaffirme toput d’abord sa volonté de réduire le nombre des fonctionnaires, (notamment du fait de la dématérialisation de nombreux actes administratifs)  mais « l’objectif de 120 000 départs à la retraite non remplacés, indispensable pour rendre un meilleur service à un meilleur cout, doit s’accompagner de créations d’emplois dans des secteurs essentiels à la cohésion de notre pays : enseignement et sécurité notamment ».

Le candidat appelle à « un renforcement du dialogue social sur les questions d’intérêt collectif, notamment par le développement de la place de la négociation dans les fonctions publiques : encore aujourd’hui, le dialogue social reste cantonné à des pratiques de concertation faute d’incitations à négocier ni de responsabilisation des acteurs. Aucune réforme de la rémunération ou de la carrière des agents publics ne devrait pouvoir être décidée sans l’adhésion majoritaire des personnels concernés ».

Des négociations au niveau local

Emmanuel Macron souhaite également une décentralisation des négociations au niveau local : « Je veux redonner des marges de

manœuvre aux responsables locaux pour définir le mode d’organisation des services le plus adapté aux spécificités du territoire. Il est indispensable, en contrepartie, que les représentants des personnels soient bien, à ce niveau, force de proposition et disposent de moyens d’actions ».

Sur la nécessité de préciser une politique RH, le candidat affiche une volonté : « Recruter et gérer les agents publics, non pas en fonction de leurs statuts mais de leurs compétences, est une des clés de transformation de notre action publique. Je ne remettrai pas en cause le statut de la fonction publique mais je veux m’attaquer à ses rigidités, en offrant plus de souplesse sur le recrutement notamment sur les postes d’encadrement, en développant les passerelles filières professionnelles, y compris au niveau inter-fonctions publiques, en redonnant des perspectives d’évolution de carrière à tout nouvel agent de la fonction publique et en réorientant la politique de rémunération ».

Parallèlement, il est selon lui urgent d’améliorer les conditions de travail dans les Fonctions publiques : « d’ici à 2022, 5 Mds€ seront ainsi consacrés à l’amélioration des conditions et des outils de travail, à la simplification des procédures administratives afin de libérer du temps et d’améliorer la qualité de vie au travail des agents et de leurs encadrants ».

Benoît Hamon

Pour le candidat socialiste, la période de réformes nécessaires qui s’ouvre appelle à un renforcement d’un dialogue social équilibré entre les parties : « Le rôle des instances de représentation des personnels doit donc être valorisé dans les périodes de réformes. La participation équilibrée des représentants des employeurs et de ceux des agents est un élément indispensable à l’existence d’un dialogue. Cela passe par une plus grande implication de l’ensemble des employeurs et une préoccupation constante de favoriser la représentativité des organisations syndicales ». Il attire l’attention dans les négociations nationales sus la sous-estimation de la fonction publique territoriale : « Il ne me semble pas acceptable que les quelques 50000 employeurs publics territoriaux, qui mobilisent près de 35% des agents publics, soient simplement « consultés ». Ils doivent, de droit, être associés aux négociations qui les concernent ». Benoît Hamon s’est également inquiété d’une participation insuffisante aux élections professionnelles dans la fonction publique. Il souhaite également renforcer le rôle des CHSCT : « le rôle des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), primordial dans les démarches d’amélioration de la qualité de vie au travail et de lutte contre les risques psychosociaux, doit être reconnu à sa juste valeur. Ainsi, je souhaite que les CHSCT soient systématiquement parties prenantes de ces démarches. Ils devront être associés très en amont de l’ensemble des réflexions relatives à l’organisation du travail, et notamment des rythmes de travail ».

Permettre les évolutions de carrière

Le candidat propose « en premier lieu la reconnaissance d’un droit à la reconversion personnelle des agents publics ». L’exercice de ce droit à la reconversion professionnelle s’appuiera sur :

  • L’obligation pour les employeurs publics de mettre en œuvre pour tous les agents le bilan de compétences
  • La modification des conditions d’ancienneté requises pour bénéficier du bilan de compétences dans la fonction publique d’Etat et dans la fonction publique territoriale (5 ans de serviceseffectifs au lieu de 10 ans actuellement contre 2 seulement dans la fonction publique hospitalière) ;
  • L’obligation de mettre en œuvre un dispositif d’accompagnement du parcours de reconversion
  • La mobilisation des dispositifs existants notamment le droit individuel à la formation, en s’appuyant notamment sur les acteurs de la formation professionnelle que sont les universités et le CNFPT
  • La définition, le cas échéant, d’un parcours de formation.

Enfin, le candidat du parti socialiste est également favorable « à une plus grande ouverture des recrutements dans la fonction publique, afin que le corps ou le cadre d’emplois ne représente plus un frein, mais une opportunité pour les agents qui émettent le souhait de changer de fonction publique de rattachement ».

 

 

 

Nombre de fonctionnaires : rappel des positions des principaux candidats

Nombre de fonctionnaires : rappel des positions des principaux candidats

FONCTION PUBLIQUE – A quelques jours du 1er tour de l’élection présidentielle, le rappel des positions sur le nombre de fonctionnaire et l’évolution de la fonction publique.

Comme à chaque élection présidentielle, la question du nombre de fonctionnaires en France est au cœur de la campagne. Certains proposent de les supprimer par centaines de milliers au nom de l’équilibre budgétaire. D’autres  proposent au contraire une augmentation de leurs effectifs pour améliorer qualité et présence des services publics.

5,63 millions d’agents et assimilés travaillaient dans la fonction publique fin 2015 — un actif sur cinq — contre 4,83 millions en 2000. Soit une hausse de 17 %. « Mais dans le même temps, la France a compté 6 millions d’habitants de plus qu’il faut éduquer, protéger… Rien d’hallucinant, donc », tempère Thierry Pech, directeur général du think tank Terra Nova, proche du PS, cité par le Parisien. Rappel des principaux programmes :

MARINE LE PEN : La candidate du Front national veut créer 15 000 postes de policiers et gendarmes, augmenter le nombre de magistrats, embaucher 6 000 agents des douanes et créer 40 000 places de prison (qui nécessitent 13 000 gardiens). Elle accroît l’effectif hospitalier mais supprime conseils régionaux et intercommunalités. Elle préconise aussi deux jours de délai de carence.

EMMANUEL MACRON :  Le candidat d’En Marche ! veut à la fois réduire les effectifs de la fonction publique de 120 000 agents (50 000 dans la fonction publique d’Etat et 70 000 dans la territoriale) et recruter 10 000 policiers et gendarmes. Il veut aussi créer 12 000 postes d’enseignants en zone d’éducation prioritaire. Le régime des contractuels sera aligné sur le droit commun.

FRANÇOIS FILLON : Le candidat les Républicains veut supprimer 500 000 postes en cinq ans, les départs étant en partie compensés par le retour aux 39 heures. Aux partenaires de négocier la contrepartie. Il veut imposer « deux jours de carence pour l’ensemble de la fonction publique », faciliter le recours aux contractuels pour n’embaucher des fonctionnaires que sur les postes le justifiant.

JEAN-LUC MÉLENCHON : Le candidat de la France insoumise prévoit un « plan de recrutement dans tous les corps de métier », après audit des besoins. Mais déjà il crée 60 000 postes dans l’Éducation nationale, augmente de 62 000 le personnel soignant et les médecins, embauche 18 000 magistrats et greffiers de plus, ainsi que 10 000 policiers et gendarmes. Hausse de 7 % du point d’indice.

BENOÎT HAMON : Le candidat du Parti socialiste prévoit de créer 40 000 postes dans l’Education nationale, 9 000 postes de gendarmes et policiers, de renforcer les effectifs à l’hôpital. Il crée un service public de la petite enfance, renforce les services de l’inspection du travail et des contrôles fiscaux et sanitaires. Il revalorise le point d’indice avec un dispositif spécifique pour les agents de catégorie C.

Fonction publique : des effectifs stabilisés à 5,63 millions de salariés en 2015

Fonction publique : des effectifs stabilisés à 5,63 millions de salariés en 2015

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie les chiffres 2015 de l’emploi dans la fonction publique. Les effectifs sont stables dans les trois fonctions publiques (État, collectivités territoriales, hôpitaux).

Au 31 décembre 2015, la fonction publique emploie 5,63 millions de salariés. Ce chiffre englobe toutes les formes d’emploi (fonctionnaires, militaires, contractuels, contrats aidés).

Une stabilisation des effectifs en 2015

Dans la fonction publique d’État (FPE), l’Insee mesure une hausse de 0,1% par rapport à 2014. Cette légère hausse est due à la multiplication du nombre d’apprentis (2 500 apprentis supplémentaires) et au relèvement du plafond d’emplois des ministères de l’Éducation nationale et de la Justice. Dans la fonction publique territoriale (FPT), hors bénéficiaires de contrats aidés, les effectifs diminuent de 0,3% (évolution de +0,1% avec les contrats aidés). L’Insee constate une baisse de l’emploi dans les communes au profit des intercommunalités (-0,8% dans les communes mais +2,4% dans les intercommunalités). Dans la fonction publique hospitalière (FPH), le ralentissement de la croissance des effectifs se poursuit avec une hausse de 0,3% en tenant compte des contrats aidés. Dans les hôpitaux, les effectifs sont stables (+0,1%) mais ils augmentent dans les établissements médico-sociaux (+1,5%), notamment les établissements d’hébergement pour personnes âgées (EPHA).

Sur les 5,6 millions de salariés, les fonctionnaires sont majoritaires. Ils représentent 62,3% des effectifs dans la FPE, 74,2% dans la FPT et 70,5% dans le FPE.

L’impact des contrats aidés dans l’évolution des effectifs

En 2015, le nombre d’entrées dans la fonction publique est quasiment identique à celui des sorties. En 2015, le nombre des entrées a effectivement baissé (- 13 400) et, à l’inverse, les sorties ont augmenté (+ 20 600).

Dans l’ensemble de la fonction publique, le nombre de sortants croît de 4,6% dont 3,5 points s’expliquent par la progression des sorties de bénéficiaires de contrats aidés. En parallèle, on dénombre, en 2015, 3 700 entrées de contrats aidés en moins qu’en 2014.