Harcèlement : un guide de prévention pour la fonction publique

Harcèlement : un guide de prévention pour la fonction publique

La direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a publié un guide relatif à la prévention et au traitement des situations de violence et de harcèlement dans la fonction publique. 

Ce guide a pour vocation d’informer et d’accompagnerautant les employeurs, les services de ressources humaines,, les acteurs de la prévention, les instances représentatives mais également les victimes de harcèlement ou les témoins de ces faits.

« Les actes de violence peuvent en effet s’exercer à l’égard des agents ou entre agents, avec une origine professionnelle mais aussi extra-professionnelle, et être détectés sur le lieu de travail », écrit Annick Girardin dans la préface de l’ouvrage. « Grâce à une reconnaissance de ces situations de plus en plus affirmée dans la fonction publique − et plus largement dans le monde du travail −, poursuit-elle, celles-ci peuvent être mieux prévenues et identifiées, l’accompagnement des victimes et la sanction des auteurs également renforcés. Afin d’accompagner les employeurs publics dans l’exercice leurs responsabilités, tous les leviers d’action et tous les acteurs de la prévention et du dialogue social doivent être mobilisés, leurs retours d’expérience, capitalisables et duplicables, permettant de professionnaliser et de faire progresser la communauté de travail sur ces questions sensibles. C’est pour répondre à ces situations et aux différents engagements pris par les employeurs publics que j’ai souhaité la diffusion de ce Guide de prévention et traitement des situations de violences et de harcèlement dans la fonction publique. Ce guide a pour vocation d’informer et d’accompagner tant les employeurs, les services de ressources humaines et les acteurs de la prévention, que les agents victimes ou témoins de violences et de harcèlement ».

A la suite d’une plainte en mai 2016, d’une fonctionnaire du ministère du Travail, le principal syndicat,  SNTEFP-CGT, rappelait dans un communiqué : « 24% des agents des ministères sociaux disent avoir subi des pratiques discriminatoires dans leur déroulement de carrière, en raison de leur âge, de leur sexe, de leurs activités syndicales, de leur état de santé ou de leur origine, selon le “baromètre social 2015”, établi par la direction des ressources humaines elle-même ».

L’enquête Sumer et autres études

l’enquête « Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels » réalisée en 2010, révélait déjà que 22 % des salariés déclarent être confrontés systématiquement à un ou plusieurs

comportements hostiles dans le cadre du travail, en particulier de la part du collectif de travail (collègues ou hiérarchie). Les fonctionnaires se déclarent plus souvent touchés que la moyenne des salariés (24 %). D’autres articles et publications ont déjà également soulignés les risques qu’il s’agisse de l’article de Rapahelle Rivalin et Nicolas Sanderet (Dares N°044 – juin 2014) l’article d’Emma Davie  « les risques psyschosociaux dans la fonction publique » (DGAFP décembre 2014.) À la suite de l’accord du 20 novembre 2009 sur la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique, l’accord sur la prévention des risques psychosociaux dans la fonction publique, signé le 22 octobre 2013, a réaffirmé l’importance des enquêtes statistiques sur les risques professionnels, les conditions de travail et les risques psychosociaux.Ainsi, l’enquête « Conditions de travail – édition 2013» offre des résultats détaillés sur les conditions de travail et les risques psychosociaux dans la fonction publique, notamment par famille de métiers. Elle montrait que la fonction publique est plus souvent exposée aux « exigences émotionnelles » que le secteur privé. 43 % des agents de la fonction publique vivent des situations de tension dans leursrapports avec le public ; près de 5% déclarent avoir été victimes, au cours des douze derniers mois, d’une agression physique ou sexuelle de la part du public. C’est particulièrement le cas dans les familles de métiers « Justice » (76 %) et « Action sociale » (67 %). De par la nature de leurs métiers, les agents publics doivent souvent calmer les gens (72 %) ou côtoyer des personnes en détresse (67 %). Les familles les plus exposées sont celles des « Soins », de « l’Action sociale », de la « Justice » et de la « Sécurité, défense ».

Les agents de la fonction publique hospitalière, les femmes, les agents de catégorie C ont également un risque plus élevé d’avoir un travail émotionnellement exigeant. Les agents de ces familles sont également plus souvent victimes d’agressions verbales de la part du public. C’est le cas de plus de 40 % des agents des familles « Sécurité, défense », « Action sociale », « Soins » et « Justice ». Les familles « Finances publiques » et « Éducation, formation, recherche » sont également plus exposées (33 % et 32 %) que la moyenne (29 %). Ainsi, les personnels du ministère de l’Éducation nationale déclarent faire sensiblement plus souvent l’objet de menaces et d’insultes que l’ensemble des salariés. Globalement, les agents de la fonction publique, qui travaillent plus souvent en contact avec le public, sont plus fréquemment victimes d’agressions de la part du public que les salariés du secteur privé. Identifier les violences dont peuvent être victimes les agents de la fonction publique, les définir et les quantifier revêt ainsi une importance particulière, afin que le collectif de travail – direction, encadrant de proximité, services des ressources humaines, acteurs de la prévention – puisse apporter des solutions adéquates : protection et accompagnement des victimes ; sanctions des auteurs de violences et harcèlement ; adaptation de l’organisation du travail pour réduire le risque de survenance de violences et harcèlement.

Pour accéder au guide : http://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/publications/politiques_emploi_public/guide-prevention-situations-violences.pdf

Fonctions publiques territoriales et d’État : nouveaux décrets sur les CHSCT

Fonctions publiques territoriales et d’État : nouveaux décrets sur les CHSCT

Pour accélérer la prise en compte des risques, les CHSCT dans les fonctions publiques doivent jouer un rôle essentiel. Diverses mesures viennent d’être décrétées pour en favoriser leur fonctionnement dans la fonction publique territoriale

Tous les employeurs privé ou public, sont tenus de rédiger un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUER). Il s’agit d’un inventaire exhaustif et hiérarchisé des risques auxquels peuvent être exposés les salariés. Ce document unique doit préconiser des actions visant à réduire les risques ou à les supprimer. Il doit faire l’objet de réévaluations régulières (au moins une fois par an).

Selon une étude de la Dares de mars 2016, dans la fonction publique, 75 % des établissements de la fonction publique Hospitalière ont élaboré ou actualisé un DUER, ce pourcentage retombe à 51 % pour les établissements de la fonction publique d’État et à 33 % pour les collectivités territoriales (FPT). En revanche, 93 % des établissements du secteur privé employant 250 salariés et plus ont élaboré ou actualisé leur DUER.

Les nouveaux décrets dans les Fonctions publiques territoriales et d’Etat

Le décret n° 2016-1624 du 29 novembre 2016, pris au nom de la loi relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires du 20 avril 2016, fixe les modalités de mise en œuvre des cinq jours minimum de formation pour les représentants du personnel membres des CHSCT (et des comités techniques qui en exercent les compétences en l’absence de ces CHSCT). Il prévoit ainsi les conditions de prise en charge des frais de déplacement et de séjour des agents en formation et institue notamment, au sein des cinq jours précités, un congé de deux jours pendant lequel ils ont la possibilité de se former au sein de l’organisme de leur choix. Le décret instaure également au bénéfice des représentants du personnel précités un contingent annuel d’autorisations d’absence destiné à faciliter l’exercice de leurs missions.

Un autre décret n° 2016 – 1626 définit pour les représentants du personnel des CHSCT et des instances en tenant lieu, les modalités du contingent annuel d’autorisations d’absence spécifique pour l’exercice de leurs missions, proportionné aux effectifs couverts et aux compétences.

Congé de formation des membres des CHSCT

Le décret n° 2016-1403 du 18 octobre 2016 relatif à la formation des membres représentants du personnel des instances compétentes en matière d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail (CHSCT) de la Fonction Publique de l’État, est paru au Journal Officiel du 20 Octobre.
Ce décret fixe les moda­li­tés de mise en œuvre du congé de for­ma­tion pour les repré­sen­tants du per­son­nel des CHSCT et des comi­tés tech­ni­ques (CT) qui exer­cent les com­pé­ten­ces des CHSCT, en l’absence de ces der­niers, et pré­voit notam­ment la pos­si­bi­lité de se former au sein de l’orga­nisme de for­ma­tion de leur choix, pour deux des cinq jours de for­ma­tion dont ils béné­fi­cient au cours de leur mandat. Il pré­cise également que :

  • Les représentants du personnel dans les instances CHSCT, titulaires et suppléants, bénéficient d’une formation d’une durée minimale de cinq jours au cours de leur mandat. Elle est renouvelée à chaque mandat.
  • Cette formation est inscrite, de plein droit, aux plans ministériels de formation.
  • Cette formation est dispensée soit par un organisme figurant sur la liste arrêtée par le préfet de région en application de l’article R. 2325-8 du code du travail, soit par un des organismes figurant sur la liste arrêtée en application de l’article 1er du décret n° 84-474 du 15 juin 1984 relatif à l’attribution aux agents de l’Etat du congé pour la formation syndicale, soit par l’administration ou l’établissement concerné, ou un organisme public de formation.
  • L’employeur prend en charge les frais de déplacement et de séjour des agents en formation
  • Les dépenses afférentes à la formation suivie pendant le congé sont prises en charge par l’administration ou l’établissement concerné dans les conditions prévues à l’article R. 4614-34 du code du travail (un montant qui ne peut dépasser, par jour et par stagiaire, l’équivalent de trente-six fois le montant horaire du SMIC).

 

Prévention des RPS : rôle des assistants en conseillers en prévention

Par ailleurs, mais toujours d’actualité, signé le 22 octobre 2013 et complété d’une circulaire du Premier ministre et de circulaires par versant, dont la territoriale, l’accord-cadre relatif à la prévention des risques psychosociaux (RPS) dans la fonction publique, oblige chaque employeur à réaliser un plan d’évaluation et de prévention des RPS, avec un diagnostic associant les agents et les membres des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

L’échéance était fixée à 2015. Mais force est de constater qu’il y a encore du chemin à parcourir dans les trois versants de la fonction publique.

Un document de préconisations relatif au renforcement du réseau des assistants et conseillers de prévention a été élaboré en juin dernier par la commission hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) du Conseil supérieur de la fonction publique de l’État. L’accord santé sécurité au travail du 2 novembre 2009 a rénové et valorisé le rôle des acteurs de la santé au travail en mettant l’accent sur leur rôle en matière de prévention. Il a structuré un véritable réseau Hygiène et Sécurité composé notamment des assistants de prévention et conseillers en prévention

Les assistants de prévention constituent le niveau de proximité du réseau des agents de prévention. Les conseillers de prévention assurent quant à eux une mission de coordination. Le décret n° 20°12-170 du 3 février 2012 Le décret n° 2012-170 du 3 février 2012 modifie le décret n° 85-603 du 10 juin 1985 en ce sens et les conseillers et assistants de prévention remplacent les ACMO.

Leurs principales missions sont au nombre de quatre : veiller à la bonne tenue du registre de santé et de sécurité au travail, faire progresser la connaissance des problèmes de sécurité, prévenir les dangers susceptibles de compromettre la sécurité ou la santé des agents ou encore améliorer les méthodes et le milieu du travail en fonction de l’aptitude

Sources : Légifrance, Weka

Burn out : un numéro vert -0805 23 23 36-  pour les soignants

Burn out : un numéro vert -0805 23 23 36- pour les soignants

Selon une étude menée en 2015, près de la moitié des médecins interrogés estimaient avoir déjà étaient en situation d’épuisement professionnel, aussi appelé burn-out. Une association met en place un numéro vert pour répondre à la détresse des professionnels de santé.

Une détresse qu’ils ne chercheraient pas à cacher, selon la récente étude de l’association Soins aux Professionnels de Santé  (SPS). Trois-quarts des praticiens confient qu’ils chercheraient de l’aide s’ils se retrouvaient dans cette situation. Mais la quasi-totalité reconnaît ne pas savoir vers qui se tourner.

Selon cette enquête Stéthos d’octobre 2016, pour les personnels interrogés près de la moitié ne sauraient pas à qui s’adresser en effet et  leur niveau de connaissance en matière d’associations de soutien et de numéros d’écoute dédiés est extrêmement limité. De fait selon cette même étude, 95 % des 4 019 professionnels de santé interrogés ne connaissent pas d’association qui puisse prendre en charge la souffrance psychologique. Aussi, révèle l’enquête, ces derniers sont demandeurs de consultations et de structures dédiées d’écoute et de soutien, ainsi que des lieux d’accueil spécifiques. « Les résultats de la nouvelle et deuxième étude Stéthos démontrent bien l’intérêt de mettre à la disposition des professionnels rendus vulnérables et qui cherchent de l’aide un dispositif d’écoute et de soutien ainsi que des lieux d’accueil qui leur soient spécifiquement réservés », indique Henri Farina, président de Stéthos.

Une plateforme d’appel nationale

Alors pour améliorer la protection des soignants vulnérables, l’association SPS a lancé ce lundi 28 novembre, une plateforme nationale d’appel « interprofessionnelle, indépendante, tenue au secret médical, offrant écoute psychologique, aide et orientation », accessible 24h/24 au 0805 23 23 36.

Les appelants pourront bénéficier d’une première écoute pouvant déboucher vers une orientation adaptée ou un rappel immédiat par l’un des cadres de la plateforme. « Elle vise également à engager une prise en charge psychologique immédiate des soignants soumis à un choc émotionnel, par des psychologues spécialisés et expérimentés », explique l’association.

Pour les professionnels nécessitant une hospitalisation, les écoutants pourront les orienter vers l’une des structures régionales existantes, services dédiés ou unités de prise en charge. Chaque région devrait offrir une unité de 20 à 30 lits. Ces unités auront un cahier des charges commun pour assurer une qualité des soins homogène sur tout le territoire, un fonctionnement en réseau et un maillage efficace. « Les pathologies prises en charge ciblent tout particulièrement le burn-out, la dépression, les addictions, les troubles liés à des conflits interpersonnels au sein d’établissements de soins (harcèlement…) », indique l’association.

Sources : Pourquoi Docteur, Journal des femmes.com

Accident de la route, accident du travail…

Accident de la route, accident du travail…

PRÉVENTION  – 20 Minutes, Ouest-France – Le risque routier est responsable de 44 % des décès au travail, ce qui en fait la première cause d’accident mortel en entreprise. Alors que les chiffres de la mortalité routière en 2015 révélés ce mercredi montrent qu’elle est repartie à la hausse (+ 2,3 % par rapport à 2014), les regards se tournent non seulement vers les automobilistes, mais aussi vers leurs employeurs. des articles de 20 Minutes et Ouest France :

Tous ne semblent pas conscients des dangers de la route pour leurs salariés, constate Delphine Bancaud de 20 minutes  Selonune étude menée par l’Ifop pour MMA  auprès des dirigeants d’entreprises de moins de 50 salariés dévoilée dans le Figaro mardi, 75 % d’entre eux n’ont pas conscience que le risque routier est la première cause d’accident mortel en entreprise. « Ils ignorent que leur responsabilité peut être engagée si un de leurs salariés a un accident au volant sur un trajet professionnel et ont souvent peu de temps à consacrer à la prévention routière », constate Stéphane Daeschner, en charge de la prévention des risques routiers chez MMA. « Et tant qu’une PME n’est pas touchée par un accident, elle a tendance laisser le sujet de côté », renchérit Jean-Claude Robert de l’ association PSRE (Promotion et suivi du risque routier en entreprise). Le sujet est davantage abordé dans les grands groupes, surtout quand il y a une flotte automobile importante, liée à l’activité commerciale, par exemple.

La validité des permis pas toujours vérifiée

Premier fait surprenant : toutes les entreprises ne vérifient pas systématiquement et régulièrement que leurs salariés devant conduire dans le cadre professionnel sont bien titulaire du permis. Selon l’enquête Ifop/MMA, 75 % des patrons de PME interrogés le font avant les premiers déplacements de leurs collaborateurs. Mais sur la longueur les choses se gâtent : « les patrons devraient vérifier une fois par an que leurs salariés ont bien toujours leur permis, mais seulement une minorité le font », constate Jean-Claude Robert. Une démarche dont ne s’exonère pas le groupe SGS, spécialiste de l’inspection, du contrôle et de la certification, où 2.000 salariés font des déplacements professionnels et où 1.250 véhicules d’entreprise sont en fonction. « Tous les ans, nous demandons une attestation sur l’honneur aux salariés via laquelle ils nous assurent être toujours titulaires du permis », indique Francis Bergeron, le DRH. Alors, bien sûr, ces derniers peuvent faire une fausse déclaration, mais à leurs risques et périls : « car en cas d’accident, leur mensonge pourra être reconnu comme une faute professionnelle », souligne Jean-Claude Robert.

La situation sur ce point pourrait cependant changer, commente Yann Besoule dans Ouest France : une mesure prévue dans la loi relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs, devrait permettre à certains employeurs, en particuliers les transporteurs, de connaître la validité ou l’invalidité du permis de conduire de leurs employés affectés à la conduite (à l’exclusion du solde de points). Selon nos informations, un décret serait actuellement en préparation pour préciser les modalités de communication de ces informations.

La route est la première cause d’accident mortel au travail, commente Yann Besoule dans Ouest France : une mesure prévue dans la loi relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs, devrait permettre à certains employeurs, en particuliers les transporteurs, de connaître la validité ou l’invalidité du permis de conduire de leurs employés affectés à la conduite (à l’exclusion du solde de points). Selon nos informations, un décret serait actuellement en préparation pour préciser les modalités de communication de ces informations. C’est une donnée méconnue mais combien réelle : les accidents de la route sur le temps de travail sont la première cause de décès au travail (20 % des accidents mortels du travail). Une étude exclusive de l’assureur MMA, réalisée par l’Ifop, explique le phénomène.

Près de 20 000 accidents par an

L’étude de MMA annonce que, chaque année, près de 20 000 accidents du travail sont des accidents de la route.« Trop souvent sous-estimé, le risque routier est un risque professionnel majeur qui se caractérise par la gravité des accidents », indique MMA qui précise que s’il est à l’origine de 3 % des accidents du travail, « il représente plus de 20 % des accidents ».En 2012, 19 565 accidents routiers se sont soldés par 115 décès et 1 878 incapacités permanentes.

Des règles pas respectées

Premier constat qui fait un peu froid dans le dos : les comportements des conductrices et conducteurs au travail.« Alors qu’ils connaissent les règles de sécurité et les conséquences de leur non-respect, une large majorité des actifs déclarent adopter des comportements à risques lors de leurs déplacements professionnels : téléphone au volant, vitesse excessive, conduite en état de fatigue… », explique l’étude.
C’est d’autant plus inquiétant que d’autres facteurs peuvent intervenir. Comme l’indique MMA, « le risque routier est d’autant plus complexe à appréhender que ses origines sont multifactorielles ». En cause, notamment : «l’environnement (météo, route…), le véhicule (entretien…), l’organisation du travail (horaires…), mais aussi le conducteur lui-même (fatigue, stress…). »

On sait, mais bon…

85 % des conducteurs admettent avoir déjà eu un comportement dangereux lors de leurs déplacements professionnels.3 sur 4 ont déjà utilisé leur téléphone au volant.7 sur 10 ont déjà dépassé la vitesse autorisée. À noter que le dépassement de la vitesse autorisée est principalement lié à un manque d’attention (pour 32 %). Ce dépassement apparaît plus important pour ceux qui ont des responsabilités managériales : 85 % des encadrants de plus de 10 personnes.
Près de 8 sur 10 ont déjà conduit en état de fatigue. Ce chiffre est directement lié au temps passé au volant lors d’une journée de travail (66 % des actifs passant moins de 30 minutes au volant contre 85 % lorsque les trajets durent 4 heures).L’usage du téléphone au volant concerne 74 % des actifs et il arrive encore à 32 % d’entre eux de tenir le téléphone à la main. En revanche, les actifs utilisent déjà majoritairement le kit mains libres sans fil (53 %). 8 conducteurs sur 10 connaissent les sanctions encourues pour, par exemple, conduire en tenant son téléphone à la main.La majorité connaît, également, les sanctions encourues pour un dépassement de vitesse de 10 km/h (58 %) et le taux maximum d’alcool autorisé dans le sang (55 %).Les professions libérales et cadres supérieurs (44 %) ainsi que les professionnels de la construction (41 %) se révèlent plus concernés que la moyenne par ces accidents et sanctions.

(…)

Sources : http://www.20minutes.fr/societe/1847511-20160518-pourquoi-entreprises-traine-securite-routiere ; http://www.ouest-france.fr/societe/securite-routiere/accidents-du-travail-la-route-est-mortelle-4233354

Bore-out : voyage au bout de l’ennui

Bore-out : voyage au bout de l’ennui

RPS  – Le Monde –  C’est ce qu’on appelle le bore-out, inspiré du mot « boring » (ennuyeux en anglais). « Etre en bore-out, c’est à bout, par manque de travail, de motivation ou de défis professionnels », écrit le docteur François Baumann dans Le Bore-out. Quand l’ennui au travail rend malade (Josette Lyon, 2016). Un article de Léonor Lumineau :

Peter Werder et Philippe Rothlin, deux consultants suisses, ont pour la première fois nommé ce phénomène dans Diagnose Boreout (en allemand, Redline Wirtschaft, 2007). Selon eux, 15 % des salariés seraient touchés. Christian Bourion, professeur à ICN Business School Nancy=Metz- et auteur de Le Bore-out syndrom. Quand l’ennui au travail rend fou (Albin Michel), évalue plutôt à 30 % le nombre d’employés atteints. Chiffrer le bore-out est particulièrement difficile car il est tabou.

La honte

« Aujourd’hui, les gens veulent que l’emploi soit source d’épanouissement. Nous éduquons nos enfants comme cela, nous leur faisons faire de longues études. Mais lorsque ces derniers arrivent sur le marché de l’emploi, c’est la grosse désillusion. Résultat : il y a encore plus de souffrance due à l’ennui », ajoute le chercheur.

Si les causes sont différentes du burn-out, un ennui prolongé au travail provoque une souffrance comparable. « Il provoque un sentiment d’inutilité. Une attaque de l’estim e de soi qui peut se transformer assez vite en questionnement de son rôle dans la société », explique Philippe Zawieja, chercheur associé à Mines ParisTech et spécialiste des risques psychosociaux. A la clé, de l’angoisse, a minima de la démotivation et, paradoxalement, une difficulté à s’impliquer dans le peu de tâches à réaliser. Les personnes perdent confiance en elles, culpabilisent, s’isolent. A terme, la dépression guette.

L’inactivité imposée est également source de grande fatigue. « J’étais nerveusement épuisée, je n’arrivais même pas à lire un article en entier, je n’en pouvais plus », confirme Estelle, 28 ans, consultante dans un cabinet de conseil. En CDI depuis trois ans, la jeune femme « ne peut excuser aucune mission, car ce ne serait pas rentable selon mes managers. Du coup, je m’ennuie terriblement ».

Et la honte accompagne souvent fortement l’impression d’inutilité. A tel point que les victimes de bore-out tentent souvent de dissimuler leur inactivité, de jouer la comédie. « L’autre perversité, c’est que finalement on ne peut pas se plaindre d’être payé à ne rien faire, surtout en période de fort chômage », ajoute Lionel, la quarantaine, qui dit avoir été « placardisé » par sa direction du jour au lendemain.

Quatre profils expoés

Pour Jean-Claude Delgènes, directeur général du cabinet Technologia, spécialisé dans les risques au travail, quatre profils de salariés sont très exposés : « Le cadre du privé ou le haut fonctionnaire qui se retrouve sans affectation ; les personnes qui sont surqualifiées par rapport à leur poste ; ceux qui ont été mis au placard ; et ceux qui font un travail intrinsèquement non nourrissant, comme les vigiles par exemple. » Et comme pour le burn-out, le syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui touche des salariés pour qui le travail est central.

Pour certains experts, les jeunes diplomés seraient particulièrement sensibles au bore-out. « Ils rament pour pouvoir s’insérer et ils se raccrochent souvent aux branches avec un boulot par défaut. L’ennui au travail est encore plus dur à vivre quand on est jeune et diplômé », affirme Jean-Claude Delgènes.

Jean Dugas, directeur des ressources humaines de transition, analyse la situation différemment : « Je vois des bac + 2 qui se battent et arrivent à décrocher des postes au-dessus de leur niveau et je vois des bac + 5 qui tombent de haut car ils croyaient que tout leur était dû, alors qu’il y a aussi le quotidien à se coltiner dans tout travail. »

Comment réagir lorsqu’on s’ennuie au travail ? Pour Piérelle Boursaly, du cabinet Psya, spécialisé en prévention et gestion des risques psychosociaux, « il faut d’abord voir si c’est un problème de sous-charge de travail ou une inadéquation entre missions et compétences. Et évidemment en parler à son manager. Il faut aussi s’interroger sur ce qu’on veut faire et le formuler ». Pour cela, un bilan de compétences peut aider, ou la formation continue.

Partir

(…)

Pour lire l’ensemble de l’article : http://www.lemonde.fr/emploi/article/2016/05/04/bore-out-voyage-au-bout-de-l-ennui_4913776_1698637.html