quels fonctionnaires seront-ils remplacés par des robots ?

quels fonctionnaires seront-ils remplacés par des robots ?

3 à 8% des effectifs de la Fonction publique d’Etat pourraient, à court terme, être affectés par la numérisation de leurs activités.

Le cabinet spécialiste des services publics et du management pour le conseil en stratégie, Roland Berger, à l’origine de cette estimation, explique que la fonction publique territoriale sera aussi touchée. Mais qu’il ne faut pas s’en alarmer., rapporte Claire Boulland dans la Gazette des Communes.

40 000 à 110 000 postes d’agents de la Fonction publique d’Etat (3 à 8% des effectifs) pourraient être affectés par l’automatisation, c’est-à-dire la numérisation des activités, à court terme. C’est l’estimation de Roland Berger, cabinet de conseils en stratégie, dans un rapport sur la transformation digitale dans le secteur public publié récemment (1).

Dans toutes les administrations, les emplois qui apparaissent comme les plus exposés à de fortes probabilités d’automatisation concernent les personnels administratifs et techniques, les secrétaires administratifs, les contrôleurs et techniciens ainsi que les ouvriers de catégorie C. « A court terme, dans toutes les administrations, les emplois qui apparaissent comme les plus exposés à de fortes probabilités d’automatisation concernent les « personnels administratifs et techniques », les secrétaires administratifs, les contrôleurs et techniciens et les adjoints administratifs et technique. L’exercice de ces professions s’appuie de plus en plus sur une forte automatisation (gestion des agendas automatisée, classification et gestion plus simple des documents via des bases de données et moteurs de recherches plus évolués, automatisation de processus internes, automatisation et ciblage des contrôles via des algorithmes prédictifs, etc.) » précise le rapport.

(1) Transformation digitale dans le secteur public, Faire converger l‘intérêt des citoyens et des agent, Roland Berger, avril 2017

Campagne Présidentielle : absents, le travail et la souffrance au travail

Campagne Présidentielle : absents, le travail et la souffrance au travail

TRAVAIL – Le bilan du 1er tour montre que parmi les absences ou les faiblesses du débat du premier tour, figurent l’ensemble des questions relatifs au travail, son organisation, son management, la pénibilité, la souffrance qu’il peut créer.

Pour Danielle Kaisergruber sur le site Métis   deux débats ont été peu ou mal traités lors de cette campagne présidentielle : l’Europe et le travail. « L’Europe comme bouc émissaire sera encore au centre des débats. Etre ou ne pas être la France au sein de l’Union européenne est une ligne de clivage très forte : elle traduit l’échec d’une certaine Europe. Celle qui a donné « la priorité au droit de la concurrence », la primauté du marché, empêchant stupidement la construction de grands groupes européens ou de politiques fortes d’innovation technologique, traitant le travail comme une circulation de marchandises et d’intérimaires  (…) sur fond d’Europe des marchés, l’Etat français a laissé tomber pour cause de décentralisation mal conduite, son rôle d’aménageur du territoire, des territoires au pluriel, laissant se créer des périphéries, des villes moyennes et des zones rurales où se cumulent de grandes difficultés. Les Régions dont le poids financier est trop faible, à raison du trop grand nombre de niveaux, n’ont pas suffisamment pris le relais ».

Le travail : très peu de propositions des différents candidats sur « sa circulation en Europe, sa qualité et sa reconnaissance, la possibilité d’avoir pour chacun des parcours, des chances de sortir des moments de chômage, de sortir de la désaffiliation engendrée par l’inactivité. Quelles règles du jeu pour l’assurance-chômage, pour la formation tout au long de la vie, pour davantage de mobilité (les outils créés, tels le Compte personnel d’activité, existent, il faut les faire vivre…). Quels encouragements pour de nouvelles initiatives d’insertion, quelle liberté de faire, quel « permis de construire ? » .

Il est inquiétant de constater que parmi les sujets de débats lors des élections présidentielles 2017, le travail apparaît seulement sous un angle économique. Les conditions de travail, la souffrance au travail sont quasiment occultées par les candidats. Et pourtant il suffit d’ouvrir les journaux, de parcourir les médias sociaux, de donner la parole aux acteurs du domaine médico-social, pour se rendre compte que la majeure préoccupation des gens est en lien avec leurs conditions de travail.

La souffrance au travail presque totalement oubliée

« Il est inquiétant de constater que parmi les sujets de débats lors des élections présidentielles 2017, le travail apparaît seulement sous un angle économique. Les conditions de travail, la souffrance au travail sont quasiment occultées par les candidats »., constate Dan Véléa, psychiatre dans une tribune dans Hufftington Post. Le praticien après avoir constaté comme l’ensemble de ses collègues une explosion de « réactions anxio-dépressives majeures, note avec amertume «que « le stress et la mauvaise gestion du stress font partie de notre quotidien, alors qu’il faut le reconnaître comme un réel problème de santé publique.

Les principales causes ou symptômes de ce mal-être au travail :

  • Les tâches répétitives, sans explications, sans prise en compte de l’aspect relationnel, ont comme conséquence un désinvestissement et un désengagement massif des salariés
  • L’absence d’évolution, de nouveaux apprentissages, avec le sentiment de stagnation et l’absence de visibilité d’avenir
  • Une absence de relation de feed-back (positif ou négatif), réduisant le salarié à un simple exécutant des tâches
  • L’absence de sens et même l’envie de donner du sens à son travail

Pour Dan Valéa, il faut partir « d’un constat réel – l’explosion des frais de santé liés aux arrêts de maladie, du désinvestissement des salariés, de la perte d’efficacité, les turn-over et donc la perte des compétences, mais aussi de la mauvaise réputation que l’entreprise peut acquérir dans la société, le bien-être au travail doit constituer l’objectif premier des entreprises ».

Seuls deux candidats avaient porté la question de la souffrance au travail

Hervé Hamon et Jean-Luc Mélenchon, exclus tous deux du second tour avaient dans leurs propositions significativement pris en compte le dossier de la souffrance au travail, la question restant « négligeable dans les programmes de Macron, Fillon ou Le Pen » selon le site regards.fr qui a établit un rappel précis de propositions des onze candidats. Pour Hamon et Mélenchon, les propositions sont novatrices et

 Hamon : les entreprises face à leurs responsabilités

Avec la reconnaissance du burn-out, le syndrome d’épuisement professionnel et autres pathologies, comme maladie professionnelle, Benoît Hamon s’est fortement positionné sur la question. Il avait déposé un projet de loi en ce sens, en janvier 2016, et aujourd’hui il affirme que « grâce à cette mesure, les entreprises seront reconnues responsables de la souffrance au travail de leurs salariés (…), contraintes soit d’en assumer le coût, soit de modifier en profondeur leurs méthodes de management ».

Par ailleurs, le candidat socialiste veut remplacer la loi Travail par une nouvelle loi qui prévoit notamment de « renforcer le compte pénibilité » et de « conforter le droit à la déconnexion ». Au chapitre de ses mesures pour les services publics, il affirme vouloir « poursuivre le chantier de l’amélioration des conditions de travail, par le renforcement de la médecine du travail et la prévention de la pénibilité ».

Mélenchon : une « grande cause nationale »

Dans le programme de L’Avenir en commun, la préoccupation pour la souffrance au travail se manifeste au travers de principes généraux (lutte contre la précarité, réduction du temps de travail, sécurité sociale intégrale…), mais aussi de propositions. La souffrance au travail sera ainsi consacrée « grande cause nationale », afin de « mobiliser les moyens financiers et de communication contre ce fléau et subventionner les réseaux professionnels et de santé agissant sur ce thème, ainsi que les artistes mettant en lumière la souffrance au travail ».

Il s’agit notamment de renforcer la médecine du travail et d’en faire « un réseau sans faille » en l’intégrant au service public de santé, en augmentant effectifs et salaires et en garantissant ses moyens. Un « plan de santé au travail » est également envisagé. Le programme prévoit par ailleurs de restaurer les visites médicales obligatoires à l’embauche et en cours de contrat de travail, et d’ouvrir l’accès de la médecine du travail aux chômeurs. Même souci de réarmer l’Inspection du travail par un doublement des postes d’inspecteurs ou la création d’un parquet spécialisé en droit du travail, « afin d’améliorer les suites pénales en matière de droit du travail ».

Comme Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon veut que le burn-out soit reconnu comme maladie professionnelle. Il préconise de « lutter contre l’idéologie managériale et ses effets psychologiques et sanitaires et imposer l’enseignement des sciences sociales et des risques psychosociaux dans les cursus de gestion, commerce et ressources humaines ». Enfin, le nombre d’accidents du travail deviendrait un critère de sélection dans l’accès aux marchés publics.

Montée des pulsions suicidaires liées au travail

Montée des pulsions suicidaires liées au travail

Parmi les raisons attribuées à la survenue de pensées suicidaires au sein de la population active, une hausse importante de la part des motifs professionnels (+8 points) a été observée entre 2010 et 2014. Une étude de Santé publique France, agence nationale de santé publique

Le résumé de l’étude publié sur le site de l’agence :

En France, la prévention du suicide constitue un enjeu majeur de santé publique. Selon le Baromètre santé 2014, parmi les 15 635 personnes de 15-75 ans interrogées, 4,9 % déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois, 7,1 % avoir fait une tentative de suicide au cours de la vie et 0,8 % au cours de l’année. Les femmes déclarent plus de pensées suicidaires et de tentatives de suicide au cours de la vie que les hommes et 2,3 % des femmes âgées de 15 à 19 ans rapportent une tentative de suicide dans l’année. Contrairement aux tentatives de suicide qui concernent plus souvent les jeunes et diminuent avec l’avancée en âge, les pensées suicidaires concernent davantage les 45-64 ans. Pensées suicidaires et tentatives de suicide apparaissent plus élevées parmi les profils de population les moins favorisés (chômeurs ou inactifs, personnes ayant un faible niveau d’études ou des difficultés financières,personnes isolées). Les prévalences de pensées suicidaires et de tentatives de suicide dans l’année ont globalement augmenté entre 2010 et 2014, passant  respectivement de 4,0 % à 4,9 % et de 0,5 % à 0,8 %. Ces hausses concernent essentiellement les populations présentant des facteurs de vulnérabilité (faibles niveaux de diplômes, inactivité, isolement). (…)

Par rapport à 2010, chez les actifs ayant déclaré des pensées suicidaires dans l’année, l’attribution de ces pensées à des motifs professionnels a progressé de près de 8 points (37,1 % évoquaient des raisons professionnelles en 2010 vs44,8 % en 2014 .(…)

Enfin, seules 53,0 % des personnes ayant eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois en ont parlé à quelqu’un et 42,0 % des hommes ayant fait une tentative de suicide dans l’année ne sont pas allés à l’hôpital et n’ont pas été suivis par un professionnel. Ces résultats confirment l’importance du phénomène suicidaire en population générale et la nécessité de développer des dispositifs de prévention et de prise en charge efficaces

Pour 83% des salariés : plus de QVT, même au prix d’une baisse de rémunération

Pour 83% des salariés : plus de QVT, même au prix d’une baisse de rémunération

Selon une enquête réalésée par Elabe, pour le cabinet Interactifs, à la fin du mois de janvier, 83% des salariés français un travail éventuellement moins rémunéré mais dans le cadre d’un « environnement professionnel de qualité ».

Ce choix est encore plus appuyé chez les salariés de la fonction publique d’état (87%), chez les employés (85%) et plus généralement chez les diplomés d’un bac+5 (87%).

Quelles sont les attentes ? Pour l’essentiel une amélioration des qualité relationnelles au sein de l’entreprise : respect, politesse interviennent ainsi avant la clarté ou la précision des demandes ou exigences. Une grande majorité des salariés occupent les deux tiers de leur temps de travail à des relations interpersonnelles, avec leur hiérarchie, leurs collègues, les clients, les prestataires. 40% des personnes interrogées estiment que leurs entreprises ou institutions ne valorisent pas suffisamment la qualité de ses relations quotidiennes.

Dans le cadre professionnel, quand un interlocuteur demande quelque chose, les actifs (18 ans et +) préfèrent que cela soit dit avec politesse (49%, 27% le cite en premier) et respect (46%, 20% le cite en premier), mais aussi avec clarté (41%) et précision (38%).

Attente de respect

Le besoin de respect est plus fort chez les jeunes actifs (18-24 ans) (56%) que pour les plus de 50 ans (44%). A contrario, le besoin de clarté est plus fort en fonction de l’avancée de l’âge (pour 33% des 18-24 ans, 37% des 25-34 ans, 42% des 35-49 ans et 43% des 50 ans et +).

Si 81% des actifs considèrent que les compétences relationnelles sont indispensables pour évoluer professionnellement, ils sont 89% à estimer que la qualité des relations entretenues avec leurs interlocuteurs contribue à leur performance professionnelle. Un sentiment plus fort chez les cadres (96%), que chez les employés (89%) ou les ouvriers (81%) qui reste cependant très élevé.

« La quasi-totalité du temps passé de formation vise à développer les compétences techniques et organisationnelles. On consacre très peu de temps au développement de la compétence relationnelle, alors que la relation occupe la plus grande partie du travail des Français », précise Philippe de Lapoyade, président du cabinet Interactifs, cité oppar le siteAerocontact. « Ces compétences relationnelles revêtent de la capacité à échanger, avec autrui, de façon efficace et confortable, pour chacun, de manière conforme aux convictions partagées. » précise-t-il.

« Le risque d’un chômage technologique de masse peut être écarté »

« Le risque d’un chômage technologique de masse peut être écarté »

NOUVELLES TECHNOLOGIES  – Rue 89 –  Des millions d’emplois supprimés, remplacés par des robots, des logiciels, des algorithmes. Plusieurs études ont dressé ces projections alarmantes au cours des trois dernières années, de l’université d’Oxford à l’institut belge Bruegel. Les économistes de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques, le « club des pays riches », qui regroupe les principaux Etats développés et prône le libre-échange et la concurrence) ont voulu reprendre les hypothèses de ces études, en particulier celles des chercheurs d’Oxford (Carl Frey et Michael Osborne) qui arrivaient à la conclusion que 47% des emplois étaient « à risque » aux Etats-Unis au cours des dix à vingt prochaines années. Selon les économistes de l’OCDE, le taux d’emplois automatisables serait plus proche de 9%. Le moindre besoin de main d’œuvre dû à l’automatisation et au numérique pourrait se traduire plutôt par… la baisse du temps de travail. Un article de Delphine Cuny, sur le site Rue 89 :  

Leur approche des jobs « automatisables » serait trop générale, a expliqué en substance Stefano Scarpetta, le directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’organisation, lors d’une présentation de l’étude cette semaine :

« Ils supposent que tous les emplois sont identiques au sein d’une profession et dans tous les pays. Il vaut mieux analyser le contenu des tâches pour chaque emploi et non en moyenne pour chaque profession. »

« Changement de la nature des tâches »

Les auteurs de l’étude de l’OCDE (l’équipe d’économistes de l’institut allemand ZEW) ont réalisé une cartographie des tâches concrètes à partir des données issues de l’enquête internationale détaillée sur les compétences des adultes (PIACC) de l’organisation. Leur conclusion :« Il est peu probable que l’automatisation et la numérisation détruisent un grand nombre d’emplois. »Stefano Scarpetta résume en chiffres : « Ce serait plutôt 9% en moyenne des emplois aux Etats-Unis et dans les pays de l’OCDE qui seraient automatisables, avec plus de 70% de tâches substituables par des machines. C’est beaucoup moins que les 47% ! »Soit tout de même de l’ordre de 2 millions de chômeurs potentiels en plus à l’échelle de la France. Sont notamment concernées toutes les tâches répétitives et les jobs intermédiaires.

Mais pour Stefano Scarpetta : « Le risque de “chômage technologique” de masse, pour reprendre l’expression mise en avant par John Maynard Keynes dès 1931, peut être écarté. En termes de volume, il n’y a pas forcément de grand risque de chômage technologique. Il faut plutôt parler de changement profond de la nature des tâches ». Si l’on regarde les jobs « à risque moyen de substitution » (soit tout de même entre la moitié et 70% des tâches pouvant être confiées à un logiciel ou un robot), on grimpe à 35% des emplois concernés en moyenne – 30% en France.

Attention aux emplois peu qualifiés

Mais l’OCDE nuance : « les travailleurs peuvent s’adapter en changeant leurs tâches », d’où la nécessité de la formation continue tout au long de la vie professionnelle, et « le changement technologique génère aussi des emplois supplémentaires », même si ces derniers ne remplacent pas les emplois perdus, car les compétences ne sont pas les mêmes. Ce sont les effets indirects :« Selon certaines estimations, chaque emploi créé par le secteur de la haute technologie entraîne la création d’environ cinq emplois complémentaires. »Pas d’angélisme pour autant : l’OCDE reconnaît qu’il y aura bien des suppressions d’emplois et « les travailleurs moins instruits sont ceux qui courent le plus de risques de voir leur emploi supprimé ». Les économistes de cette organisation libérale avancent une piste qui résonne dans le débat politique français actuel, à l’heure où les candidats à la primaire du parti Les Républicains prônent tous la fin des 35 heures et le retour aux 39 heures : « Pour s’adapter à la réduction éventuelle de la demande de main d’œuvre, il faut envisager d’autres moyens, par exemple la baisse des heures de travail. » Encore faut-il que l’on trouve une solution politique de redistribution pour maintenir le niveau de vie, comme le revenu de base universel, sur lequel l’OCDE travaille.

Un revenu de base universel ?

(…)

Pour lire l’ensemble de l’article : http://rue89.nouvelobs.com/2016/05/20/risque-dun-chomage-masse-cause-les-machines-peut-etre-ecarte-264085